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AccueilJurisprudence administrativeN° TA80-2400798

Tribunal Administratif d'Amiens — Décision N° TA80-2400798

lundi 30 septembre 2024

JuridictionTribunal Administratif d'Amiens
SectionTribunal Administratif d'Amiens
N° DossierTA80-2400798
TypeDécision
RecoursExcès de pouvoir
Formation4ème Chambre
Avocat requérantQUENNEHEN-TOURBIER

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par un déféré et des mémoires, enregistrés le 29 février 2024, le 30 mai 2024 et le 20 juin 2024, le préfet de la Somme demande au tribunal d'annuler l'arrêté du 20 juin 2023 par lequel le maire de la commune de Saint-Valéry-sur-Somme a délivré à la société civile de construction vente (SCCV) Saint-Valéry-Cavée-Levêque un permis de construire un ensemble immobilier comprenant 149 logements sur un terrain situé au lieu-dit " le Chantier " sur le territoire de cette commune.

Il soutient que :

- l'arrêté déféré a autorisé le projet en méconnaissance de la directive dite DERU du 21 mai 1991 relative au traitement des eaux urbaines résiduaires, de l'arrêté ministériel du 21 juillet 2015 relatif au système d'assainissement collectif et aux installations d'assainissement non collectif, de l'arrêté préfectoral du 16 août 2016 portant prescriptions spécifiques à déclaration de la station d'épuration de l'agglomération de Saint-Valéry-sur-Somme ainsi que de l'article R. 111-2 du code de l'urbanisme dès lors que la réalisation du projet litigieux est de nature à aggraver le risque d'atteinte à la salubrité et à la santé publique du fait des non-conformités du système d'assainissement collectif de la commune de Saint-Valéry-sur-Somme ;

- cet arrêté méconnait l'article L. 111-11 du code de l'urbanisme dès lors que le maire de Saint-Valéry-sur-Somme n'était pas en mesure d'indiquer, à la date de délivrance du permis d'aménager contesté, dans quel délai les travaux nécessaires de mises aux normes de la station d'épuration et des réseaux d'assainissement collectif allaient être réalisés.

Par deux mémoires en défense, enregistrés le 7 mai 2024 et le 14 juin 2024, la commune de Saint-Valéry-sur-Somme, représentée par Me Tourbier, conclut au rejet de la requête, ou, à titre subsidiaire, à ce qu'il soit sursis à statuer dans l'attente d'une régularisation conformément aux dispositions de l'article L. 600-5-1 du code de l'urbanisme, et, en tout état de cause, à ce que soit mise à la charge de l'Etat la somme de 1 500 euros sur le fondement des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Elle fait valoir, à titre principal, que le déféré est irrecevable, d'une part, faute de justifier de la qualité de sa signataire pour représenter le préfet de la Somme en justice, d'autre part, en raison de sa tardiveté, et, à titre subsidiaire, que les moyens soulevés par le préfet ne sont pas fondés.

Les pièces de la procédure ont été communiquées à la SCCV Saint-Valéry-Cavée-Levêque, qui n'a pas produit d'écritures dans la présente instance.

Par une ordonnance du 4 juin 2024, la clôture de l'instruction a été fixée au 20 juin 2024 à 12h00.

Vu les autres pièces du dossier.

Vu :

- la directive 91/271/CEE du Conseil du 21 mai 1991 ;

- le code général des collectivités territoriales ;

- le code de l'urbanisme ;

- l'arrêté ministériel du 21 juillet 2015 relatif au système d'assainissement collectif et aux installations d'assainissement non collectif ;

- l'arrêté du 16 août 2016 portant prescriptions spécifiques à déclaration de la station d'épuration de l'agglomération d'assainissement de Saint-Valéry-sur-Somme en application des articles L. 214-1 à L. 214-3 et R. 214-1 à R. 214-60 du code de l'environnement ;

- le code de justice administrative.

Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.

Ont été entendus au cours de l'audience publique :

- le rapport de Mme Parisi, conseillère,

- les conclusions de Mme Beaucourt, rapporteure publique,

- et les observations de Me Delort, pour la commune de Saint-Valéry-sur-Somme.

Considérant ce qui suit :

1. Par un arrêté du 20 juin 2023, le maire de la commune de Saint-Valéry-sur-Somme a délivré à la société civile de construction vente (SCCV) Saint-Valéry-Cavée-Levêque un permis de construire un ensemble immobilier comprenant 149 logements sur un terrain situé au lieu-dit " le Chantier " sur le territoire de cette commune. Par le présent déféré, le préfet de la Somme demande l'annulation de cet arrêté.

Sur les fins de non-recevoir :

2. En premier lieu, par un arrêté du 15 janvier 2024, régulièrement publié le même jour au recueil des actes administratifs de la préfecture, le préfet de la Somme a donné délégation à M. Emmanuel Moulard, secrétaire générale de la préfecture de la Somme, à l'effet de signer " toutes requêtes, déférés, mémoires, déclinatoires de compétence auprès des différentes juridictions ". M. B avait, dès lors, qualité pour signer le présent déféré au nom du préfet de la Somme. Il s'ensuit que la fin de non-recevoir opposée à ce titre par la commune doit être écartée.

3. En second lieu, aux termes de l'article L. 2131-1 du code général des collectivités territoriales : " Les actes pris par les autorités communales sont exécutoires de plein droit dès qu'il a été procédé à leur publication ou affichage ou à leur notification aux intéressés ainsi qu'à leur transmission au représentant de l'Etat dans le département ou à son délégué dans l'arrondissement () ". Et aux termes de l'article L. 2131-6 de ce code : " Le représentant de l'État dans le département défère au tribunal administratif les actes mentionnés à l'article L. 2131-2 qu'il estime contraires à la légalité dans les deux mois suivant leur transmission. () Lorsque le représentant de l'État dans le département défère un acte au tribunal administratif, il en informe sans délai l'autorité communale et lui communique toutes précisions sur les illégalités invoquées à l'encontre de l'acte concerné. () ".

4. Il résulte de ces dispositions que le délai de deux mois suivant la transmission des actes des collectivités territoriales imparti au préfet par ce dernier article pour introduire un déféré devant le tribunal administratif court à compter de la date à laquelle cet acte a été reçu par le préfet de département, en préfecture, ou le sous-préfet d'arrondissement compétent, en sous-préfecture, ou, si elle est antérieure, à la date à laquelle le texte intégral de l'acte a été porté à sa connaissance par les services de l'Etat placés sous son autorité, lorsque la commune concernée a transmis l'acte à ces derniers en application des dispositions rappelées ci-dessus. Lorsque la transmission de l'acte au représentant de l'État, faite en application de l'article L. 2131-1 du code général des collectivités territoriales, ne comporte pas le texte intégral de cet acte ou n'est pas accompagnée des documents annexes nécessaires pour mettre le préfet à même d'en apprécier la portée et la légalité de l'acte, il appartient au représentant de l'État de demander à l'autorité territoriale, dans le délai de deux mois de la réception de l'acte transmis, de compléter cette transmission. Dans ce cas, le délai de deux mois imparti au préfet pour déférer l'acte au tribunal administratif court soit de la réception du texte intégral de l'acte ou des documents annexes réclamés, soit de la décision, explicite ou implicite, par laquelle l'autorité territoriale refuse de compléter la transmission initiale. En outre, ce délai peut être prorogé si le préfet forme, dans le délai de deux mois suivant la transmission des documents nécessaires ou la décision de refus de les transmettre un recours gracieux auprès de l'autorité auteure de l'acte en cause.

5. Il est constant que l'arrêté litigieux du 20 juin 2023 a été reçu par les services du préfet de la Somme le 10 juillet 2023 et que, par un courrier du 4 septembre 2023 reçu par la commune le 6 septembre suivant, le préfet a, en précisant que cette demande interrompait le délai du contrôle de légalité, sollicité la communication de cinq avis émis par les services consultés à l'occasion de l'instruction de la demande d'autorisation d'urbanisme de la SCCV Saint-Valéry-Cavée-Levêque, la notification de prescriptions de diagnostic archéologique de la direction régionale des affaires culturelles ainsi que les dossiers spécifiques permettant de vérifier la conformité du projet avec les règles d'accessibilité aux personnes handicapées et avec les règles de sécurité. Il ressort des pièces du dossier que cette demande était nécessaire pour mettre le préfet à même d'apprécier la légalité du permis attaqué afin, d'une part, de vérifier la légalité des prescriptions dont le maire de la commune a assorti son arrêté, lesquelles renvoient explicitement aux avis des services consultés dans le cadre de l'instruction de la demande de permis de construire, et, d'autre part, de vérifier la conformité du permis de construire litigieux aux règlementations en matière tant que sécurité que d'accessibilité aux personnes à mobilité réduite, sans qu'ait d'incidence la circonstance que le préfet ne se réfère pas à ses pièces dans ses écritures en défense. Dans ces conditions, la demande de pièces complémentaires a eu pour effet de différer le point de départ du délai imparti par l'article L. 2131- 6 du code général des collectivités territoriales, qui n'a commencé à courir qu'à compter du 12 octobre 2023, date de réception des pièces demandées, et qui a été prorogé par le recours gracieux formé par le préfet le 4 décembre 2023 auprès de la commune de Saint-Valéry-sur-Somme, rejeté par la commune par un courrier du 27 décembre 2023, reçu le 29 décembre suivant par les services de la préfecture. Dans ces conditions, le déféré du préfet de la Somme n'est pas tardif. Il s'ensuit que la fin de non-recevoir opposée à ce titre par la commune doit être écartée.

Sur les conclusions à fin d'annulation :

6. Les trois premiers alinéas du point 1 de l'article 3 de la directive du Conseil du 21 mai 1991 relative au traitement des eaux urbaines résiduaires prévoient que les États membres de l'Union européenne veillent à ce que toutes les agglomérations soient équipées de systèmes de collecte des eaux urbaines résiduaires à différentes dates selon la situation de l'agglomération concernée. Ces dispositions sont transposées à l'article R. 2224-10 du code général des collectivités territoriales, dont le premier alinéa dispose que : " Les communes dont tout ou partie du territoire est compris dans une agglomération d'assainissement dont les populations et les activités économiques produisent des eaux usées dont la charge brute de pollution organique est supérieure à 120 kg par jour doivent être équipées, pour la partie concernée de leur territoire, d'un système de collecte des eaux usées ".

7. Les exigences minimales fixées par la directive précitée sont complétées au niveau national par l'arrêté ministériel du 21 juillet 2015 relatif au système d'assainissement collectif et aux installations d'assainissement non collectif lequel détermine les obligations à respecter en termes de surveillance, de performance et de niveau d'équipement, ainsi que les prescriptions propres à chaque acte administratif réglementant la surveillance et le rejet des installations de collecte et de traitement. En outre, l'arrêté du 16 août 2016 portant prescriptions spécifiques à déclaration de la station d'épuration de l'agglomération d'assainissement de Saint-Valéry-sur-Somme en application des articles L. 214-1 à L. 214-3 et R. 214-1 à R. 214-60 du code de l'environnement décline ces exigences au niveau local. A cet égard, son article 2 indique que " La station d'épuration, d'une capacité nominale de 500 kg de DBO5/jour (~ 8 300 EH) est située sur la commune de Saint-Valéry-sur-Somme. / Cette station traite les eaux usées des communes de Saint-Valéry-sur-Somme, Arrest, Noyelles-sur-Mer et Boismont. / La station d'épuration est de type boues activées en aération prolongée () ".

8. En premier lieu, l'article L. 111-11 du code de l'urbanisme dispose que : " Lorsque, compte tenu de la destination de la construction ou de l'aménagement projeté, des travaux portant sur les réseaux publics de distribution d'eau, d'assainissement ou de distribution d'électricité sont nécessaires pour assurer la desserte du projet, le permis de construire ou d'aménager ne peut être accordé si l'autorité compétente n'est pas en mesure d'indiquer dans quel délai et par quelle collectivité publique ou par quel concessionnaire de service public ces travaux doivent être exécutés () ". Ces dispositions poursuivent notamment le but d'intérêt général d'éviter à la collectivité publique ou au concessionnaire d'être contraints, par le seul effet d'une initiative privée, de réaliser des travaux d'extension ou de renforcement des réseaux publics, sans prise en compte des perspectives d'urbanisation et de développement de la collectivité, et de garantir leur cohérence et leur bon fonctionnement. Un permis de construire doit être refusé lorsque, d'une part, des travaux d'extension ou de renforcement de la capacité des réseaux publics de distribution d'eau, d'assainissement ou d'électricité sont nécessaires à la desserte de la construction projetée et, d'autre part, lorsque l'autorité compétente n'est pas en mesure d'indiquer dans quel délai et par quelle collectivité publique ou par quel concessionnaire de service public ces travaux doivent être exécutés, après avoir, le cas échéant, accompli les diligences appropriées pour recueillir les informations nécessaires à son appréciation.

9. Le projet envisagé, du fait de sa situation en secteur d'assainissement collectif sur le territoire de la commune de Saint-Valéry-sur-Somme, dépend de la station d'épuration de Saint-Valéry-sur-Somme pour le traitement des eaux usées communales. Il ressort des pièces du dossier, et plus précisément du courrier du 5 octobre 2022 de la direction départementale des territoires et de la mer de la Somme produit par le préfet, que, pour l'année 2021, ce système d'assainissement ne répond pas aux critères de conformité fixés au niveau local tant en termes de collecte du fait de son état de surcharge hydraulique chronique qu'en termes d'équipements de la station. Il ressort ainsi des pièces du dossier, et n'est pas contesté par la commune, que des travaux de mise aux normes du système d'assainissement collectif de la commune sont nécessaires préalablement à la réalisation du projet litigieux, portant plus précisément sur la réhabilitation de la station d'épuration de la commune et la réalisation de travaux, après diagnostic, sur le réseau d'assainissement collectif particulièrement endommagé sur le territoire de la commune de Noyelles-sur-Mer.

10. A ce titre, la commune de Saint-Valéry-sur-Somme, consciente de l'état de non-conformité de la station d'épuration en cause, fait valoir que des travaux visant à y remédier ont été décidés et programmés pour s'achever au mois de mars 2026, et produit, pour le démontrer, un rapport de l'étude diagnostique du système d'assainissement de Saint-Valéry-sur-Somme, Noyelles-sur-mer et Arrest daté du 8 décembre 2022, trois compte-rendus de réunions concernant ces travaux auxquels elle était partie prenante, les 22 décembre 2022, 21 février 2023 et 12 juillet 2023, une synthèse historique des études du système d'assainissement de la commune, non-datée, et une étude avant-projet du 19 avril 2024. Toutefois, il ne ressort d'aucune de ces pièces, ainsi que le soutient le préfet de la Somme, que le maire de Saint-Valéry-sur-Somme était en mesure de connaître, le 20 juin 2023, dans quel délai et par quelle collectivité les travaux de réhabilitation et de mise aux normes du réseau d'assainissement collectif nécessaires à la desserte du projet devaient être exécutés. En tout état de cause, il ressort de l'étude avant-projet du 19 avril 2024 que l'état d'avancement du projet, dans l'attente d'une décision de la DREAL quant à la nécessité de réaliser ou non une étude environnementale, ne permet pas d'établir de façon certaine les délais dans lesquels ces travaux pourront être exécutés.

11. Dans ces conditions, compte tenu de l'état de non-conformité de la station d'épuration en cause et d'endommagement du réseau public d'assainissement à la date d'édiction de l'arrêté attaqué, le maire de la commune de Saint-Valéry-sur-Somme a méconnu, en délivrant le permis de construire en cause, les dispositions de l'article L. 111-11 du code de l'urbanisme.

12. En second lieu, aux termes de l'article R. 111-2 du code de l'urbanisme : " Le projet peut être refusé ou n'être accepté que sous réserve de l'observation de prescriptions spéciales s'il est de nature à porter atteinte à la salubrité ou à la sécurité publique du fait de sa situation, de ses caractéristiques, de son importance ou de son implantation à proximité d'autres installations ".

13. Lorsqu'un projet de construction est de nature à porter atteinte à la salubrité ou à la sécurité publique, le permis de construire ne peut être refusé que si l'autorité compétente estime, sous le contrôle du juge, qu'il n'est pas légalement possible, au vu du dossier et de l'instruction de la demande de permis, d'accorder le permis en l'assortissant de prescriptions spéciales qui, sans apporter au projet de modifications substantielles nécessitant la présentation d'une nouvelle demande, permettraient d'assurer la conformité de la construction aux dispositions législatives et réglementaires dont l'administration est chargée d'assurer le respect.

14. Pour les mêmes motifs que ceux exposés aux points 9 à 11 du présent jugement, le préfet de la Somme est également fondé à se prévaloir de la méconnaissance par le maire de la commune de Saint-Valéry-sur-Somme des dispositions de l'article R. 111-2 du code de l'urbanisme.

15. Il résulte de l'ensemble de ce qui précède que l'arrêté du 20 juin 2023 doit être annulé, les vices dont le projet est entaché n'étant pas susceptibles d'être régularisés en l'état de l'instruction.

Sur les frais du litige :

16. Les dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative font obstacle à ce que soit mise à la charge de l'État, qui n'est pas dans la présente instance la partie perdante, la somme demandée par la commune de Saint-Valéry-sur-Somme au titre des frais exposés par elle et non compris dans les dépens.

D É C I D E :

Article 1er : L'arrêté du 20 juin 2023 de la commune de Saint-Valéry-sur-Somme est annulé.

Article 2 : Les conclusions présentées par la commune de Saint-Valéry-sur-Somme sur le fondement de l'article L. 761-1 du code de justice administrative sont rejetées.

Article 3 : Le présent jugement sera notifié au préfet de la Somme, à la commune de Saint-Valéry-sur-Somme et à la société civile de construction vente Saint-Valéry-Cavée-Levêque.

Délibéré après l'audience du 6 septembre 2024, à laquelle siégeaient :

- M. Binand, président,

- Mme Parisi et Mme A, conseillères.

Rendu public par mise à disposition au greffe le 30 septembre 2024.

La rapporteure,

Signé

J. PARISILe président,

Signé

C. BINAND

Le greffier,

Signé

N. VERJOT

La République mande et ordonne au préfet de la Somme en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

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