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AccueilJurisprudence administrativeN° TA80-2400896

Tribunal Administratif d'Amiens — Décision N° TA80-2400896

mardi 31 décembre 2024

JuridictionTribunal Administratif d'Amiens
SectionTribunal Administratif d'Amiens
N° DossierTA80-2400896
TypeOrdonnance
RecoursExcès de pouvoir
PublicationC

Résumé IA

Le Tribunal Administratif d'Amiens a rejeté la requête de Mme B, qui demandait la cessation de son contrat de travail et une indemnisation pour harcèlement moral. La requête a été jugée manifestement irrecevable car, malgré une demande de régularisation, la requérante n'a pas produit la décision attaquée ou la preuve d'une réclamation préalable, comme l'exigent les articles R. 412-1 et R. 421-1 du code de justice administrative. L'ordonnance, prise sur le fondement du 4° de l'article R. 222-1 du même code, confirme que l'absence de cette pièce essentielle rend la requête irrecevable.

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête, enregistrée le 8 mars 2024, Mme A B demande au tribunal de mettre fin en l'état à son contrat de travail et de l'indemniser du préjudice subi.

Elle soutient qu'elle a subi des agissements constitutifs d'un harcèlement moral dans le cadre de ses fonctions.

Par un courrier du 27 mars 2024, Mme B a été invitée, en application de l'article R. 412-1 du code de justice administrative, à régulariser la présentation de sa requête dans le délai de quinze jours, d'une part, en produisant la décision attaquée ou la copie de sa réclamation préalable à fin d'indemnisation accompagnée de tout document justifiant de son dépôt auprès de l'administration et, d'autre part, en chiffrant le montant de ses prétentions.

Par un mémoire enregistré le 10 avril 2024, Mme B demande à ce que ses préjudices soient évalués à hauteur de 57 437, 32 euros.

Vu les autres pièces du dossier.

Vu le code de justice administrative.

Considérant ce qui suit :

1. D'une part, aux termes de l'article R. 222-1 du code de justice administrative : " () les présidents de formation de jugement des tribunaux () peuvent, par ordonnance : () 4° Rejeter les requêtes manifestement irrecevables, lorsque la juridiction n'est pas tenue d'inviter leur auteur à les régulariser ou qu'elles n'ont pas été régularisées à l'expiration du délai imparti par une demande en ce sens () ".

2. D'autre part, aux termes de l'article R. 421-1 du code de justice administrative : " La juridiction ne peut être saisie que par voie de recours formé contre une décision, et ce, dans les deux mois à partir de la notification ou de la publication de la décision attaquée. / Lorsque la requête tend au paiement d'une somme d'argent, elle n'est recevable qu'après l'intervention de la décision prise par l'administration sur une demande préalablement formée devant elle () ". Aux termes de l'article R. 412-1 du même code : " La requête doit, à peine d'irrecevabilité, être accompagnée, sauf impossibilité justifiée, de l'acte attaqué ou, dans le cas mentionné à l'article R. 421-1, de la pièce justifiant de la date de dépôt de la réclamation () ".

3. Enfin aux termes de l'article R. 612-1 du code de justice administrative : " Lorsque des conclusions sont entachées d'une irrecevabilité susceptible d'être couverte après l'expiration du délai de recours, la juridiction ne peut les rejeter en relevant d'office cette irrecevabilité qu'après avoir invité leur auteur à les régulariser () La demande de régularisation mentionne que, à défaut de régularisation, les conclusions pourront être rejetées comme irrecevables dès l'expiration du délai imparti qui, sauf urgence, ne peut être inférieur à quinze jours. La demande de régularisation tient lieu de l'information prévue à l'article R. 611-7 () ".

4. Par un courrier du 27 mars 2024 ayant fait l'objet d'un accusé de réception par voie postale délivré le 29 mars 2024, Mme B a été invitée, à peine d'irrecevabilité, à régulariser la présentation de sa requête dans un délai de quinze jours, d'une part, en produisant la décision attaquée ou la copie de sa réclamation préalable à fin d'indemnisation accompagnée de tout document justifiant de son dépôt auprès de l'administration et, d'autre part, en chiffrant le montant de ses prétentions. Si, par un mémoire enregistré le 10 avril 2024, Mme B a chiffré le montant de ses prétentions, elle n'a en revanche et en dépit de ce courrier qui l'informait de ce que, à défaut de régularisation dans un délai de quinze jours, sa requête serait considérée comme étant irrecevable, produit aucune pièce de nature à justifier d'une décision ou du dépôt d'une réclamation indemnitaire préalable. Il s'ensuit que ses conclusions sont manifestement irrecevables et doivent être rejetées par application du 4° de l'article R. 222-1 du code de justice administrative.

ORDONNE :

Article 1er : La requête de Mme B est rejetée.

Article 2 : La présente ordonnance sera notifiée à Mme A B.

Fait à Amiens, le 31 décembre 2024.

Le président de la 3ème chambre,

signé

S. Thérain

La République mande et ordonne au préfet de la Somme en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées de pourvoir à l'exécution de la présente ordonnance.

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