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AccueilJurisprudence administrativeN° TA80-2400898

Tribunal Administratif d'Amiens — Décision N° TA80-2400898

vendredi 12 juillet 2024

JuridictionTribunal Administratif d'Amiens
SectionTribunal Administratif d'Amiens
N° DossierTA80-2400898
TypeDécision
RecoursExcès de pouvoir
PublicationC
FormationReconduite à la frontière
Avocat requérantQUENNEHEN-TOURBIER

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête, enregistrée le 11 mars 2024, Mme C A, représenté par Me Tourbier, demande au tribunal :

1°) d'annuler l'arrêté du 28 février 2024 par lequel le préfet du Nord a décidé son transfert aux autorités croates comme étant responsables de l'examen de sa demande d'asile ;

2°) d'enjoindre au préfet du Nord de prendre en charge l'instruction de sa demande d'asile dans un délai d'un mois à compter de la notification de la décision à intervenir, ou à défaut, de procéder au réexamen de sa situation dans les mêmes conditions de délai ;

3°) de mettre à la charge de l'Etat une somme de 1 500 euros sur le fondement des articles L. 761-1 du code de justice administrative et 37 de la loi du 10 juillet 1991, sous réserve que son conseil renonce à percevoir le bénéfice de l'aide juridictionnelle.

Il soutient que :

- l'arrêté attaqué est entaché d'incompétence en l'absence de délégation de signature régulièrement publiée au profit de son signataire ;

- il est entaché d'un défaut de motivation ;

- il méconnait les dispositions de l'article 4 du règlement (UE) n° 604/2013, dès lors qu'il appartiendra au préfet de démontrer qu'il a bénéficié des documents d'informations prévues par ces dispositions dans une langue qu'il comprend ;

- l'entretien individuel n'a pas été réalisé selon les garanties prévues par l'article 5 du règlement (UE) n° 604/2013 ;

- le préfet ne démontre pas que les autorités croates ont été destinataires d'une demande de reprise en charge ni qu'elles auraient accepté cette prise en charge ;

- l'arrêté attaqué est entaché d'un défaut d'examen et d'une erreur manifeste d'appréciation au regard des articles 3 et 17 du règlement (UE) n° 604/2013, dès lors que la Croatie présente des défaillances systémiques dans la procédure d'asile et les conditions matérielles d'accueil des demandeurs d'asile de telle sorte qu'elle se trouverait isolée et dépourvue de ressources en cas de transfert en Croatie, tandis qu'elle bénéfice d'une prise en charge en France, qu'elle est gravement malade, qu'elle réside sur le territoire français avec son mari, lequel a été reconnu comme réfugié, et leur enfant ;

- il méconnait l'article 10 du règlement (UE) n° 604/2013, dès lors qu'elle réside sur le territoire français avec son époux, lequel elle réside en France dispose du statut de réfugié, et leur enfant mineur de telle sorte qu'elle devait bénéficier du principe de l'unité familiale ;

- pour les mêmes raisons, il méconnait l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;

- il méconnait l'article 6 du règlement (UE) n° 604/2013 et 3-1 de la convention internationale relative aux droits de l'enfant, dès lors que son enfant se trouverai séparé de son père en cas de transfert et que les conditions d'accueil sont plus favorables en France.

Le préfet du Nord n'a pas produit d'observations mais des pièces le 14 mars 2024.

Mme A a été admise au bénéfice de l'aide juridictionnelle totale par une décision du 27 mars 2024.

Vu les autres pièces du dossier.

Vu :

- la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;

- la convention internationale relative aux droits de l'enfant ;

- le règlement (UE) n° 604/2013 du Parlement européen et du Conseil du 26 juin 2013 ;

- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;

- le code de justice administrative.

Les parties ont été régulièrement convoquées à l'audience publique.

A été entendu au cours de l'audience publique le rapport de M. Thérain, vice-président.

La clôture de l'instruction a été prononcée à l'issue de l'audience.

Considérant ce qui suit :

1. En premier lieu, par un arrêté du 20 septembre 2023, publié le même jour au recueil n° 253 des actes administratifs de la préfecture, le préfet du Nord a donné délégation à Mme D B, adjointe à la cheffe du bureau de l'asile, à l'effet de signer de tels actes. Par suite, le moyen tiré de l'incompétence de Mme B pour signer la décision attaquée doit être écarté.

2. En deuxième lieu, l'arrêté attaqué vise les stipulations et dispositions sur lesquelles il se fonde, notamment celles du règlement (UE) n° 604/2013 du 26 juin 2013, et précise les éléments de faits relatifs à la situation de Mme A, notamment la circonstance selon laquelle l'intéressée a présenté une demande d'asile en France le 4 décembre 2023, qu'il est apparu à cette occasion que ses empreintes ont été enregistrées en Grèce le 20 novembre 2019 puis le 28 septembre 2023 en Croatie et que les autorités croates, saisies par la France le 1er février 2024, ont expressément accepté de la prendre en charge le 15 février 2024. Il est également fait état de ce qu'elle déclare être mariée à un ressortissant congolais qui ne l'accompagne pas et mère d'un enfant de nationalité congolaise qui fait également l'objet d'une décision de transfert, et qu'elle fait valoir l'existence de problèmes de santé. Dans ces conditions, le moyen tiré du défaut de motivation de l'arrêté attaqué doit être écarté.

3. En troisième lieu, aux termes de l'article 4 du règlement n° 604/2013 du 26 juin 2013 susvisé : " Dès qu'une demande de protection internationale est introduite au sens de l'article 20, paragraphe 2, dans un État membre, ses autorités compétentes informent le demandeur de l'application du présent règlement, et notamment : a) des objectifs du présent règlement et des conséquences de la présentation d'une autre demande dans un État membre différent ainsi que des conséquences du passage d'un État membre à un autre pendant les phases au cours desquelles l'État membre responsable en vertu du présent règlement est déterminé et la demande de protection internationale est examinée ; b) des critères de détermination de l'État membre responsable, de la hiérarchie de ces critères au cours des différentes étapes de la procédure et de leur durée, y compris du fait qu'une demande de protection internationale introduite dans un État membre peut mener à la désignation de cet État membre comme responsable en vertu du présent règlement même si cette responsabilité n'est pas fondée sur ces critères ; c) de l'entretien individuel en vertu de l'article 5 et de la possibilité de fournir des informations sur la présence de membres de la famille, de proches ou de tout autre parent dans les États membres, y compris des moyens par lesquels le demandeur peut fournir ces informations ; d) de la possibilité de contester une décision de transfert et, le cas échéant, de demander une suspension du transfert ; e) du fait que les autorités compétentes des États membres peuvent échanger des données le concernant aux seules fins d'exécuter leurs obligations découlant du présent règlement ; f) de l'existence du droit d'accès aux données le concernant et du droit de demander que ces données soient rectifiées si elles sont inexactes ou supprimées si elles ont fait l'objet d'un traitement illicite, ainsi que des procédures à suivre pour exercer ces droits (). 2. Les informations visées au paragraphe 1 sont données par écrit, dans une langue que le demandeur comprend ou dont on peut raisonnablement supposer qu'il la comprend. Les États membres utilisent la brochure commune rédigée à cet effet en vertu du paragraphe 3 () ". Il résulte de ces dispositions que le demandeur d'asile auquel l'administration entend faire application du règlement du 26 juin 2013 doit se voir remettre, dès le moment où le préfet est informé de ce qu'il est susceptible d'entrer dans le champ d'application de ce règlement, et, en tout cas, avant la décision par laquelle l'autorité administrative décide de refuser l'admission provisoire au séjour de l'intéressé au motif que la France n'est pas responsable de sa demande d'asile, une information complète sur ses droits, par écrit et dans une langue qu'il comprend. Cette information doit comprendre l'ensemble des éléments prévus au paragraphe 1 de l'article 4 du règlement. Eu égard à la nature desdites informations, la remise par l'autorité administrative de la brochure prévue par les dispositions précitées constitue pour le demandeur d'asile une garantie.

4. Il ressort des pièces du dossier que Mme A s'est vu délivrer, le 4 décembre 2023, deux brochures d'informations rédigées en lingala, qui est l'une des langues nationales de la République démocratique du Congo dont elle détient la nationalité et qu'elle a déclaré lire, comprendre et parler au cours de son entretien individuel du même jour mené en cette même langue, avec l'assistance d'un interprète, par un agent assermenté de la préfecture de l'Oise. Ces deux brochures remises à la requérante, portant sa signature, comportent l'ensemble des informations rendues obligatoires par les dispositions précitées. Ainsi, Mme A a reçu les informations requises lui permettant de faire valoir ses observations avant que ne soit pris l'arrêté attaqué. Par suite, le moyen tiré de la méconnaissance des dispositions de l'article 4 du règlement (UE) n° 604/2023 doit être écarté.

5. En quatrième lieu, aux termes de l'article 5 du règlement n° 604/2013 susvisé : " 1. Afin de faciliter le processus de détermination de l'État membre responsable, l'État membre procédant à cette détermination mène un entretien individuel avec le demandeur. Cet entretien permet également de veiller à ce que le demandeur comprenne correctement les informations qui lui sont fournies conformément à l'article 4. 2. L'entretien individuel peut ne pas avoir lieu lorsque : a) le demandeur a pris la fuite ; ou b) après avoir reçu les informations visées à l'article 4, le demandeur a déjà fourni par d'autres moyens les informations pertinentes pour déterminer l'État membre responsable. L'État membre qui se dispense de mener cet entretien donne au demandeur la possibilité de fournir toutes les autres informations pertinentes pour déterminer correctement l'État membre responsable avant qu'une décision de transfert du demandeur vers l'État membre responsable soit prise conformément à l'article 26, paragraphe 1. 3. L'entretien individuel a lieu en temps utile et, en tout cas, avant qu'une décision de transfert du demandeur vers l'État membre responsable soit prise conformément à l'article 26, paragraphe 1. 4. L'entretien individuel est mené dans une langue que le demandeur comprend ou dont on peut raisonnablement supposer qu'il la comprend et dans laquelle il est capable de communiquer. Si nécessaire, les États membres ont recours à un interprète capable d'assurer une bonne communication entre le demandeur et la personne qui mène l'entretien individuel. 5. L'entretien individuel a lieu dans des conditions garantissant dûment la confidentialité. Il est mené par une personne qualifiée en vertu du droit national. 6. L'État membre qui mène l'entretien individuel rédige un résumé qui contient au moins les principales informations fournies par le demandeur lors de l'entretien. Ce résumé peut prendre la forme d'un rapport ou d'un formulaire type. L'État membre veille à ce que le demandeur et/ou le conseil juridique ou un autre conseiller qui représente le demandeur ait accès en temps utile au résumé ".

6. Compte-tenu de ce qui a été dit au point 4 et du résumé de l'entretien de Mme A produit au dossier par la préfecture, aucun élément ne laisse supposer que celui-ci n'a pas été mené dans le respect des exigences posées par les dispositions précitées. Par suite, le moyen tiré de la méconnaissance de l'article 5 du règlement (UE) n° 604/2013 doit être écarté.

7. En cinquième lieu, il ressort des pièces du dossier que Mme A a déposé sa demande d'asile le 4 décembre 2023 et que le préfet a saisi les autorités croates le 1er février 2024 d'une demande de prise en charge de l'intéressée, laquelle a été expressément acceptée le 15 février 2024. Il s'ensuit que le moyen tiré du défaut de cette demande et de cette acceptation manque en fait.

8. En sixième lieu, aux termes de l'article 3 du règlement (UE) n° 604/2013 du 26 juin 2013 : " 2. () / Lorsqu'il est impossible de transférer un demandeur vers l'État membre initialement désigné comme responsable parce qu'il y a de sérieuses raisons de croire qu'il existe dans cet État membre des défaillances systémiques dans la procédure d'asile et les conditions d'accueil des demandeurs, qui entraînent un risque de traitement inhumain ou dégradant au sens de l'article 4 de la charte des droits fondamentaux de l'Union européenne, l'État membre procédant à la détermination de l'État membre responsable poursuit l'examen des critères énoncés au chapitre III afin d'établir si un autre État membre peut être désigné comme responsable. / Lorsqu'il est impossible de transférer le demandeur en vertu du présent paragraphe vers un État membre désigné sur la base des critères énoncés au chapitre III ou vers le premier État membre auprès duquel la demande a été introduite, l'État membre procédant à la détermination de l'État membre responsable devient l'État membre responsable ". Aux termes de l'article 17 du même règlement : " 1. Par dérogation à l'article 3, paragraphe 1, chaque État membre peut décider d'examiner une demande de protection internationale qui lui est présentée par un ressortissant de pays tiers ou un apatride, même si cet examen ne lui incombe pas en vertu des critères fixés dans le présent règlement () ".

9. D'une part, si Mme A soutient qu'elle est gravement malade, cette circonstance n'est démontrée par aucune pièce. D'autre part, si elle se prévaut de ce qu'elle réside sur le territoire français avec son mari, lequel a été reconnu comme réfugié, aucune pièce du dossier ne permet d'établir l'existence d'une vie commune alors même qu'il résulte de l'attestation d'hébergement pour demandeur d'asile produite par le directeur territorial de l'Office français de l'immigration et de l'intégration que seules l'intéressée et sa fille sont hébergés par cette structure. Si elle se prévaut également de ce qu'elle réside sur le territoire français avec sa fille mineure, il ressort toutefois des pièces du dossier que cette dernière fait également l'objet d'un arrêté de transfert vers la Croatie de telle sorte qu'aucune circonstance ne s'oppose à ce que sa famille l'accompagne. Enfin, la requérante n'établit pas que la procédure d'asile ou que les conditions d'accueil mises en œuvre par les autorités croates, se heurteraient, à la date de la décision attaquée, à des défaillances systémiques au sens de l'article 3 du règlement (UE) n°604/2013 du 26 juin 2013. Dans ces conditions, et alors même que les conditions matérielles d'accueil offertes par les autorités françaises seraient plus favorables, l'intéressée n'est pas fondée à soutenir que le préfet du Nord aurait méconnu l'article 3 du règlement (UE) n° 604/2013 ou entaché son 'arrêté d'une erreur manifeste d'appréciation au regard de son article 17.

10. En septième lieu, aux termes de l'article 10 du règlement (UE) n° 604/2013 : " Si le demandeur a, dans un État membre, un membre de sa famille dont la demande de protection internationale présentée dans cet État membre n'a pas encore fait l'objet d'une première décision sur le fond, cet État membre est responsable de l'examen de la demande de protection internationale, à condition que les intéressés en aient exprimé le souhait par écrit ". Aux termes de l'article 2 de ce règlement : " Aux fins du présent règlement, on entend par : () g) membres de la famille", dans la mesure où la famille existait déjà dans le pays d'origine, les membres suivants de la famille du demandeur présents sur le territoire des États membres: - le conjoint du demandeur, ou son ou sa partenaire non marié(e) engagé(e) dans une relation stable, () - les enfants mineurs des couples visés au premier tiret ou du demandeur, () - lorsque le demandeur est mineur et non marié, le père, la mère ou un autre adulte qui est responsable du demandeur de par le droit ou la pratique de l'État membre dans lequel cet adulte se trouve, - lorsque le bénéficiaire d'une protection internationale est mineur et non marié, le père, la mère ou un autre adulte qui est responsable (). ".

11. D'une part, si Mme A se prévaut de la présence sur le territoire français de son mari, lequel a d'ailleurs déjà fait l'objet d'une décision sur le fond de sa demande de protection internationale, l'intéressée ne justifie pas par les pièces du dossier qu'elle soit effectivement mariée avec celui qu'elle présente comme tel, alors qu'en outre ce dernier a seulement indiqué être en concubinage aux termes de sa demande d'asile. Il ne ressort pas davantage des pièces du dossier que les intéressés entretiennent une relation stable. D'autre part, il n'est pas démontré que sa fille fasse l'objet d'une procédure d'asile en cours d'examen, alors même que celle-ci fait également l'objet d'une décision de transfert. Dans ces conditions, le moyen tiré de la méconnaissance de l'article 10 du règlement (UE) 604/2013 doit être écarté.

12. En huitième lieu, aux termes de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales : " Toute personne a droit au respect de sa vie privée et familiale, de son domicile et de sa correspondance ".

13. Compte-tenu de ce qui a été dit au point 11 et de ce qu'aucune circonstance ne s'oppose à ce que sa famille l'accompagne en cas de transfert en Croatie, l'intéressée n'est pas fondée à soutenir que l'arrêté méconnait les stipulations précitées de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales.

14. En dernier lieu, d'une part, aux termes de l'article 6 du règlement (UE) n°604/2013 : " 1. L'intérêt supérieur de l'enfant est une considération primordiale pour les Etats membres dans toutes les procédures prévues par le présent règlement ". D'autre part, aux termes de l'article 3-1 de la convention de New-York relative aux droits de l'enfant : " Dans toutes les décisions qui concernent les enfants, qu'elles soient le fait des institutions publiques ou privées de protection sociale, des tribunaux, des autorités administratives ou des organes législatifs, l'intérêt supérieur de l'enfant doit être une considération primordiale ".

15. Si Mme A soutient que sa fille se trouverait séparée de son père en cas de transfert, aucune circonstance ne s'oppose à ce que celui-ci les accompagne. Par suite, et alors même que les conditions matérielles d'accueil offertes par les autorités françaises seraient plus favorables, le préfet n'a porté aucune atteinte à l'intérêt supérieur de son enfant et n'a ainsi méconnu ni l'article 6 du règlement (UE) n° 604/2013 du Parlement européen et du Conseil du 26 juin 2013, ni l'article 3 de la convention internationale relative aux droits de l'enfant.

16. Il résulte de tout ce qui précède que Mme A n'est pas fondée à demander l'annulation de l'arrêté attaqué. Par voie de conséquence, ses conclusions à fin d'injonction et celles présentées sur le fondement des articles L. 761-1 du code de justice administrative et 37 de la loi du 10 juillet 1991, doivent également être rejetées.

D E C I D E :

Article 1er : La requête de Mme A est rejetée.

Article 2 : Le présent jugement sera notifié à Mme C A et au préfet du Nord.

Rendu public par mise à disposition au greffe le 12 juillet 2024.

Le vice-président désigné,

Signé

S. Thérain La greffière,

Signé

V. Martinval

La République mande et ordonne au préfet du Nord, en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis, en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution du présent jugement.

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