vendredi 26 juillet 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif d'Amiens |
| Section | Tribunal Administratif d'Amiens |
| N° Dossier | TA80-2400970 |
| Type | Ordonnance |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | D |
Vu la procédure suivante :
Par une requête enregistrée le 12 mars 2024, Mme B A, demande au tribunal d'annuler la décision du 26 février 2024 par laquelle le préfet de la Somme a rejeté sa demande de regroupement familial présentée en faveur de son compagnon.
Elle soutient que :
- les démarches réalisées pour se marier avec son compagnon en Algérie ont échoué ;
- les demandes de visa réalisées par son compagnon sont systématiquement refusées ;
- elle ne peut pas se rendre en Algérie régulièrement ;
- son compagnon remplit les conditions pour obtenir un titre de séjour en qualité de parent d'enfant français ;
- elle multiplie les démarches afin que son compagnon puisse légalement s'installer auprès d'elle et de leur fille française, sans succès.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- le code de justice administrative.
Considérant ce qui suit :
1. Aux termes de l'article R. 222-1 du code de justice administrative : " les présidents de formation de jugement des tribunaux () peuvent, par ordonnance : () 7° Rejeter, après l'expiration du délai de recours ou, lorsqu'un mémoire complémentaire a été annoncé, après la production de ce mémoire, les requêtes ne comportant que des moyens de légalité externe manifestement infondés, des moyens irrecevables, des moyens inopérants ou des moyens qui ne sont assortis que de faits insusceptibles de venir à leur soutien ou ne sont manifestement pas assortis des précisions permettant d'en apprécier le bien-fondé () ".
2. Aux termes de l'article L. 434-2 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " L'étranger qui séjourne régulièrement en France depuis au moins dix-huit mois, sous couvert d'un des titres d'une durée de validité d'au moins un an prévus par le présent code ou par des conventions internationales, peut demander à bénéficier de son droit à être rejoint, au titre du regroupement familial : 1° Par son conjoint, si ce dernier est âgé d'au moins dix-huit ans ; / () ".
3. Il résulte des dispositions précitées que la procédure de regroupement familial est ouverte au ressortissant " étranger qui séjourne régulièrement en France depuis au moins dix-huit mois ". Or, il ressort des pièces du dossier que Mme A étant de nationalité française, elle ne relève pas, pour ce seul motif, de la procédure de regroupement familial, et ne peut donc solliciter le bénéfice de cette procédure pour son compagnon et père de son enfant, résidant en Algérie. Dans ces conditions, l'autorité administrative était en situation de compétence liée pour rejeter la demande de regroupement familial présentée par la requérante, de sorte que l'ensemble des moyens de la requête sont inopérants, c'est-à-dire sans incidence sur la légalité de la décision attaquée, que le préfet de la Somme était, en tout état de cause, tenu de prendre. Si Mme A fait valoir que la possibilité de se marier en Algérie lui a été refusée, et que les demandes de visa présentées par son compagnon, parent d'un enfant français, ont été refusées, il appartient à ce dernier, s'il s'y croit fondé, de contester les décisions de refus de visa qui lui sont opposées.
4. Il résulte de ce qui précède que la requête de Mme A, qui n'invoque que des moyens inopérants, doit être rejetée par application des dispositions précitées de l'article R. 222-1 7° du code de justice administrative.
O R D O N N E :
Article 1er : La requête de Mme A est rejetée.
Article 2 : La présente ordonnance sera notifiée à Mme B A.
Fait à Amiens, le 26 juillet 2024.
La présidente de la 1ère chambre,
Signé
C. Galle
La République mande et ordonne au préfet de la Somme en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente ordonnance.
N°2400970
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