LogoMeilleurAvocats.fr
AvocatsAssistant IABlogPrix
ConnexionDéposer ma demande

Vous avez un problème juridique ?

Décrivez votre situation en 2 minutes — un avocat spécialisé vous répond sous 24h.

Déposer ma demandeJe suis avocat
Logo MeilleurAvocats.frMeilleurAvocats.fr

Mise en relation avocat–client par l'IA. Gratuit pour les particuliers.

Particuliers

  • Déposer une demande
  • Trouver un avocat
  • Assistant IA gratuit
  • Bibliothèque juridique
  • Guides pratiques
  • Jurisprudence

Avocats

  • Pour les avocats
  • Espace avocat
  • Tarifs et formules
  • Recevoir des leads
  • Programme d'affiliation
  • Contact commercial

Spécialités

  • Droit général
  • Droit du travail
  • Droit de la sécurité sociale et de la protection sociale
  • Droit fiscal et droit douanier
  • Droit de la famille, des personnes et de leur patrimoine
  • Droit immobilier

Légal

  • Mentions légales
  • Confidentialité
  • CGU
  • Cookies
  • Contact

Newsletter juridique hebdomadaire

Décisions clés, évolutions législatives, conseils pratiques — chaque semaine.

© 2026 MeilleurAvocats.fr— KONSEIL SAS. Tous droits réservés.

Mentions légales|Confidentialité|Cookies

BOB★La messagerie française & cryptée pour des échanges confidentiels entre avocats et clients.

En savoir +TéléchargerBOB
AccueilJurisprudence administrativeN° TA80-2401079

Tribunal Administratif d'Amiens — Décision N° TA80-2401079

mercredi 27 mars 2024

JuridictionTribunal Administratif d'Amiens
SectionTribunal Administratif d'Amiens
N° DossierTA80-2401079
TypeDécision
RecoursExcès de pouvoir
PublicationC
FormationReconduite à la frontière
Avocat requérantBOUBA

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête et un mémoire complémentaire, enregistrés le 20 mars 2024,

M. B A, représenté par Me Bouba, demande au tribunal :

1°) d'annuler l'arrêté du 18 mars 2024, par lequel le préfet de l'Aisne l'a assigné à résidence pour une durée de quarante-cinq jours ;

2°) d'annuler l'arrêté du 10 juin 2022 édicté par le préfet du Val d'Oise, en tant qu'il l'oblige à quitter le territoire français dans un délai de trente jours et fixe le pays de destination en cas d'exécution d'office de cette mesure ;

3°) d'enjoindre au préfet compétent de réexaminer sa situation et lui délivrer un titre de séjour revêtu de la mention " salarié " ;

4°) de mettre à la charge de l'Etat une somme de 1 200 euros sur le fondement de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Il soutient que :

S'agissant de l'arrêté l'assignant à résidence :

- il est signé par une autorité incompétente ;

- il est insuffisamment motivé et entaché d'un défaut d'examen ;

- il est illégal, dès lors qu'il se fonde sur une obligation de quitter le territoire français datant de 2022 ;

- il est entaché d'une erreur de fait, dès lors qu'il réside à Saint-Ouen l'Aumône ;

- il méconnait l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales et porte une atteinte disproportionnée à sa vie privée et familiale, dès lors qu'il l'oblige à parcourir plus de 300 kilomètres quotidiennement ;

- il est entaché d'une erreur manifeste dans l'appréciation de sa situation personnelle.

S'agissant de l'arrêté l'obligeant à quitter le territoire français :

- il est signé par une autorité incompétente ;

- il est entaché d'un défaut d'examen sérieux de sa situation ;

- il ne lui a pas été notifié, de sorte qu'il n'a pas pu le contester ;

- il méconnait les dispositions des articles L. 421-1 et L. 421-2 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, dès lors qu'il remplit les conditions pour obtenir un titre de séjour revêtu de la mention " salarié " ;

- il est entaché d'une erreur manifeste dans l'appréciation de sa situation personnelle.

Par un mémoire en défense, enregistré le 25 mars 2024, le préfet de l'Aisne conclut au rejet de la requête.

Il soutient que :

- les conclusions de la requête dirigées contre l'obligation de quitter le territoire français sont irrecevables, en raison de leur tardiveté ;

- les moyens de la requête ne sont pas fondés.

La requête a été communiquée au préfet du Val d'Oise, qui n'a pas produit d'observation.

Vu les autres pièces du dossier.

Vu :

- la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;

- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;

- le code de justice administrative.

La présidente du tribunal a désigné Mme Rondepierre, première conseillère, pour statuer sur les requêtes relevant des procédures prévues aux articles L. 614-1 et suivants du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.

Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience du 26 mars 2024,

à 15 h 30.

Ont été entendus au cours de l'audience publique :

- le rapport de Mme Rondepierre, magistrate désignée ;

- et les observations de Me Bouba, représentant M. A, qui conclut aux mêmes fins que la requête par les mêmes moyens.

La clôture de l'instruction a été prononcée à l'issue de l'audience.

Considérant ce qui suit :

1. M. B A, ressortissant guinéen, né le 26 mars 1994 a fait l'objet d'un arrêté du 10 juin 2022 par lequel le préfet du Val d'Oise a refusé de lui délivrer un titre de séjour et l'a obligé à quitter le territoire français dans un délai de trente jours. Par un arrêté du 18 mars 2024, le préfet de l'Aisne l'a assigné à résidence pour une durée de quarante-cinq jours. Aux termes de sa requête, M. A demande l'annulation de l'arrêté du 18 mars 2024 et demande également l'annulation de la mesure d'éloignement résultant de l'arrêté du 10 juin 2022.

Sur la fin de non-recevoir opposée par le préfet de l'Aisne tirée de l'irrecevabilité des conclusions dirigées contre l'obligation de quitter le territoire français :

2. Aux termes de l'article L. 614-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " Lorsque la décision portant obligation de quitter le territoire français prise en application des 3°, 5° ou 6° de l'article L. 611-1 est assortie d'un délai de départ volontaire, le tribunal administratif est saisi dans le délai de trente jours suivant la notification de la décision () ".

3. Il ressort des pièces du dossier que l'arrêté contesté, qui indiquait les voies et délais de recours ouverts à son encontre et notamment le délai de trente jours résultant des dispositions précitées, a été envoyé par pli recommandé et dûment présenté le 14 juin 2022 à l'adresse que

M. A déclarait encore comme étant la sienne à la date de présentation de sa requête, puis a été retourné le 1er juillet 2022 aux services de la préfecture du Val d'Oise avec la mention " avisé non réclamé " à l'expiration du délai de garde par les services postaux. La notification de l'arrêté contesté étant réputée avoir été régulièrement accomplie à la date de première présentation du pli, les conclusions de M. A, présentées le 20 mars 2024, soit après l'expiration du délai de recours contentieux de trente jours courant à compter du 14 juillet 2022, sont tardives et la fin de non-recevoir opposée par le préfet sur ce fondement doit être accueillie.

Sur la légalité de l'arrêté du 18 mars 2024 l'assignant à résidence :

4. Aux termes de l'article L. 731-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " L'autorité administrative peut assigner à résidence l'étranger qui ne peut quitter immédiatement le territoire français mais dont l'éloignement demeure une perspective raisonnable, dans les cas suivants : / 1° L'étranger fait l'objet d'une décision portant obligation de quitter le territoire français, prise moins de trois ans auparavant, pour laquelle le délai de départ volontaire est expiré ou n'a pas été accordé () ". Aux termes de l'article R. 733-1 du même code : " L'autorité administrative qui a ordonné l'assignation à résidence de l'étranger en application des articles L. 731-1, L. 731-3, L. 731-4 ou L. 731-5 définit les modalités d'application de la mesure : / 1° Elle détermine le périmètre dans lequel il est autorisé à circuler muni des documents justifiant de son identité et de sa situation administrative et au sein duquel est fixée sa résidence ; / 2° Elle lui désigne le service auquel il doit se présenter, selon une fréquence qu'elle fixe dans la limite d'une présentation par jour, en précisant si l'obligation de présentation s'applique les dimanches et les jours fériés ou chômés ; / 3° Elle peut lui désigner une plage horaire pendant laquelle il doit demeurer dans les locaux où il réside ".

5. Pour fixer la résidence de M. A sur la commune de Laon, le préfet s'est fondé sur le motif tiré de ce que l'intéressé pouvait bénéficier d'une adresse stable dans un centre d'hébergement d'urgence à Laon. Il ressort toutefois de différentes pièces du dossier, que l'intéressé, qui produit à cet égard une attestation d'hébergement à une adresse située sur la commune de Saint-Ouen-l'Aumône, reçoit, depuis l'année 2021, divers courriers à cette même adresse, à laquelle sont également établis ses avis d'impôt sur les revenus depuis 2021, et que les bulletins de salaire établis pour les mois de janvier et février 2024, indiquent eux-aussi cette adresse. Par suite, la décision litigieuse repose sur des faits matériellement inexacts et le préfet de l'Aisne a fait une inexacte application des dispositions rappelées au point précédent.

6. Il résulte de ce qui précède, sans qu'il soit besoin de se prononcer sur les autres moyens soulevés à l'appui des conclusions dirigées contre l'arrêté du 18 mars 2024, que M. A est fondé à en demander l'annulation.

Sur les conclusions aux fins d'injonction :

7. L'exécution du présent jugement n'implique aucune mesure d'exécution. Dès lors, les conclusions de la requête aux fins d'injonction doivent être rejetées.

Sur les frais liés au litige :

8. Il y a lieu, dans les circonstances de l'espèce, de mettre à la charge de l'Etat une somme de 1 000 euros au titre des frais exposés par M. A et non compris dans les dépens.

D E C I D E :

Article 1er : L'arrêté du 18 mars 2024 par lequel le préfet de l'Aisne a assigné M. A à résidence est annulé.

Article 2 : L'Etat versera à M. A une somme de 1 000 euros sur le fondement de l'article

L. 761-1 du code de justice administrative.

Article 3 : Le surplus des conclusions de la requête de M. A est rejeté.

Article 4 : Le présent jugement sera notifié à M. B A, au préfet de l'Aisne et au préfet du Val d'Oise.

Rendu public par mise à disposition au greffe le 27 mars 2024.

La magistrate désignée,

Signé

A. RondepierreLa greffière,

Signé

A. Ribière

La République mande et ordonne au préfet de l'Aisne et au préfet du Val d'Oise en ce qui les concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution du présent jugement.

Décisions similaires

TA13Excès de pouvoir

Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292

Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.

01/06/2026

TA13Excès de pouvoir

Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430

Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.

01/06/2026

TA13Excès de pouvoir

Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432

Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.

01/06/2026

TA13Excès de pouvoir

Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881

Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.

01/06/2026

← Retour aux décisions