vendredi 20 septembre 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif d'Amiens |
| Section | Tribunal Administratif d'Amiens |
| N° Dossier | TA80-2401085 |
| Type | Ordonnance |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | C |
| Avocat requérant | NDIAYE |
Vu la procédure suivante :
Par une requête, enregistrée le 20 mars 2024, Mme B A représentée par Me Ndiaye, demande au tribunal :
1°) d'annuler la décision implicite par laquelle la préfète de l'Oise a refusé de lui délivrer un titre de séjour ;
2°) d'enjoindre à la préfète de l'Oise de lui délivrer une attestation provisoire de séjour à compter de la notification du jugement à intervenir titre de séjour, sous astreinte de cent euros par jour de retard ;
3°) de mettre à la charge de l'Etat une somme de 1 500 euros sur le fondement de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Il soutient que :
- la décision attaquée méconnaît les dispositions de l'article L. 423-23 du code de l'entrée et du séjour et du droit d'asile ;
- elle méconnaît les dispositions de l'article R. 431-12 du code de l'entrée et du séjour et du droit d'asile ;
- elle est insuffisamment motivée dès lors qu'elle ne mentionne pas les considérations de droit et de fait qui en constituent le fondement.
Par un courrier du 25 mars 2024, la requérante a été invitée, en application de l'article R. 412-1 du code de justice administrative à régulariser la présentation de sa requête en produisant, dans un délai quinze jours, la copie de sa demande de titre de séjour.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu le code de justice administrative.
Considérant ce qui suit :
1. D'une part, aux termes de l'article R. 222-1 du code de justice administrative : " () les présidents de formation de jugement des tribunaux () peuvent, par ordonnance : () / 4° Rejeter les requêtes manifestement irrecevables, lorsque la juridiction n'est pas tenue d'inviter leur auteur à les régulariser ou qu'elles n'ont pas été régularisées à l'expiration du délai imparti par une demande en ce sens () ".
2. D'autre part, aux termes de l'article R. 412-1 du code de justice administrative : " La requête doit, à peine d'irrecevabilité, être accompagnée, sauf impossibilité justifiée, de l'acte attaqué ou, dans le cas mentionné à l'article R. 421-2, de la pièce justifiant de la date de dépôt de la réclamation () ".
3. Enfin, selon l'article L. 612-1 du code de justice administrative : " Lorsque des conclusions sont entachées d'une irrecevabilité susceptible d'être couverte après l'expiration du délai de recours, la juridiction ne peut les rejeter en relevant d'office cette irrecevabilité qu'après avoir invité leur auteur à les régulariser () La demande de régularisation mentionne que, à défaut de régularisation, les conclusions pourront être rejetées comme irrecevables dès l'expiration du délai imparti qui, sauf urgence, ne peut être inférieur à quinze jours. La demande de régularisation tient lieu de l'information prévue à l'article R. 611-7 () ". Et selon l'article R. 611-8-6 de ce code : " Les parties sont réputées avoir reçu la communication ou la notification à la date de première consultation du document qui leur a été adressé par voie électronique, certifiée par l'accusé de réception délivré par l'application informatique, ou, à défaut de consultation dans un délai de deux jours ouvrés à compter de la date de mise à disposition du document dans l'application, à l'issue de ce délai () ".
4. A l'appui de sa demande tendant à l'annulation de la décision par laquelle la préfète de l'Oise aurait implicitement refusé de lui délivrer un titre de séjour, Mme A s'est bornée à produire un accusé de réception postal sans joindre de copie du courrier ainsi envoyé. Par un courrier du 25 mars 2024, ayant fait l'objet d'un accusé de réception délivré le 27 mars 2024 par l'application informatique mentionnée à l'article R. 414-2 du code de justice administrative, la requérante a été invitée, à peine d'irrecevabilité, à régulariser la présentation de sa requête en produisant, dans un délai de quinze jours, la copie de sa demande de titre de séjour. Si, après cette demande de régularisation sur ce point, Mme A soutient qu'elle n'aurait pas conservé copie de ce courrier, cette circonstance, qui est entièrement imputable à l'intéressée, n'est pas au nombre de celles permettant de regarder comme étant justifiée l'impossibilité de le produire au sens des dispositions précitées de l'article R. 412-2 du code de justice administrative. Il s'ensuit que Mme A, qui n'a ultérieurement produit aucune pièce, n'a pas régularisé la présentation des conclusions de sa requête à l'expiration du délai qui lui avait été imparti à cette fin et demande dès lors l'annulation d'une décision dont l'existence matérielle n'est pas rapportée. La requête est donc entachée d'une irrecevabilité manifeste et doit être rejetée par application du 4° de l'article R. 222-1 du code de justice administrative.
O R D O N N E :
Article 1er : La requête de Mme A est rejetée.
Article 2 : La présente ordonnance sera notifiée à Mme B A.
Fait à Amiens, le 20 septembre 2024.
Le président de la 3ème chambre,
signé
S. Thérain
La République mande et ordonne à la préfète de l'Oise en ce qui la concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente ordonnance.
N°2401085
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