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AccueilJurisprudence administrativeN° TA80-2401115

Tribunal Administratif d'Amiens — Décision N° TA80-2401115

vendredi 5 juillet 2024

JuridictionTribunal Administratif d'Amiens
SectionTribunal Administratif d'Amiens
N° DossierTA80-2401115
TypeDécision
RecoursExcès de pouvoir
PublicationC
FormationJU3
Avocat requérantPEREIRA EMMANUELLE

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête, enregistrée le 21 mars 2024, M. A B, représenté par Me Pereira, demande au tribunal :

1°) d'annuler l'arrêté du 22 février 2024 par lequel la préfète de l'Oise a rejeté sa demande d'admission au séjour au titre de l'asile, a abrogé son document provisoire de séjour, l'a obligé à quitter le territoire français dans un délai de trente jours et a fixé la République démocratique du Congo comme pays de destination en cas d'exécution d'office de cette mesure ;

2°) d'enjoindre à la préfète de l'Oise de lui délivrer un titre de séjour dans un délai d'un mois à compter de la notification du jugement à intervenir ;

3°) à titre subsidiaire, d'enjoindre à la préfète de l'Oise de lui délivrer une autorisation provisoire de séjour dans l'attente du réexamen de sa situation par l'office français de l'immigration et de l'intégration.

Il soutient que :

- l'arrêté attaqué méconnaît les stipulations de l'article 3 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;

- il est entaché d'une erreur manifeste dans l'appréciation de ses conséquences sur sa situation personnelle, dès lors qu'il craint pour sa santé et sa vie en cas de retour dans son pays d'origine.

Par un mémoire du 9 avril 2024, la préfète de l'Oise conclut au rejet de la requête sans l'assortir de précisions.

La présidente du tribunal administratif d'Amiens a désigné M. Le Gars pour statuer sur les demandes telles que celle faisant l'objet du présent litige.

M. B a été admis au bénéfice de l'aide juridictionnelle totale par une décision du 27 mars 2024.

Vu les autres pièces du dossier.

Vu :

- la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;

- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;

- le code de justice administrative.

Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.

A été entendu au cours de l'audience publique, le rapport de M. Le Gars, magistrat désigné.

La clôture de l'instruction a été prononcée à l'issue de l'audience, en application de l'article R. 776-26 du code de justice administrative.

Considérant ce qui suit :

1. M. A B, ressortissant congolais né le 31 octobre 1984, est entré en France, selon ses déclarations, le 10 décembre 2022. Le 10 janvier 2023, il a sollicité son admission au titre de l'asile. Sa demande a été rejetée le 14 avril 2023 par une décision de l'office français de protection des réfugiés et apatrides, confirmée par la cour nationale du droit d'asile le 14 février 2024. Par un arrêté du 22 février 2024, dont il demande l'annulation, la préfète de l'Oise a rejeté sa demande d'admission au séjour au titre de l'asile, a abrogé son document provisoire de séjour, l'a obligé à quitter le territoire français dans un délai de trente jours et a fixé la République démocratique du Congo comme pays de destination en cas d'exécution d'office de cette mesure.

2. Aux termes de l'article 3 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales : " Nul ne peut être soumis à la torture ni à des peines ou traitements inhumains ou dégradants ".

3. Il ne ressort pas des pièces du dossier que M. B serait exposé à des traitements inhumains ou dégradants en cas de retour dans son pays d'origine en raison de son appartenance à un parti politique d'opposition ni que son état de santé serait incompatible avec l'exécution de la mesure d'éloignement, alors que, par ailleurs, ses demandes d'asile ont été rejetées par l'office français de protection des réfugiés et des apatrides et par la cour nationale du droit d'asile. Dans ces conditions, l'intéressé n'est pas fondé à soutenir que l'arrêté attaqué méconnaît les stipulations citées au point précédent. Pour les mêmes raisons, il n'est pas davantage fondé à soutenir que l'arrêté du 22 février 2024 serait entaché d'une erreur manifeste dans l'appréciation de ses conséquences sur sa situation personnelle.

4. Il résulte de tout ce qui précède que les conclusions à fin d'annulation de l'arrêté du 22 février 2024 formées par M. B doivent être rejetées ainsi que, par voie de conséquence, ses conclusions à fin d'injonction.

D E C I D E :

Article 1er : La requête de M. B est rejetée.

Article 2 : Le présent jugement sera notifié à M. A B et à la préfète de l'Oise.

Rendu public par mise à disposition au greffe le 5 juillet 2024.

Le magistrat désigné,

signé

V. LE GARS

La greffière,

signé

S. CHATELLAIN

La République mande et ordonne à la préfète de l'Oise en ce qui la concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution du présent jugement.

N°2401115

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