jeudi 4 juillet 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif d'Amiens |
| Section | Tribunal Administratif d'Amiens |
| N° Dossier | TA80-2401178 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | C |
| Formation | 1ère Chambre |
| Avocat requérant | DORE |
Vu la procédure suivante :
Par une requête et un mémoire complémentaire, enregistrés les 25 mars 2024 et le 23 avril 2024, Mme B I, représentée par Me Doré, demande au tribunal :
1°) de l'admettre au bénéfice de l'aide juridictionnelle à titre provisoire ;
2°) d'annuler l'arrêté du 29 février 2024 par lequel le préfet de la Somme lui a refusé la délivrance d'un titre de séjour, l'a obligée à quitter le territoire français dans un délai de trente jours et a fixé le pays de destination de la mesure d'éloignement ;
3°) d'enjoindre au préfet de la Somme de réexaminer sa situation dans un délai d'un mois à compter de la notification du jugement à intervenir et de lui délivrer une autorisation provisoire de séjour dans cette attente ;
4°) de mettre à la charge de l'Etat, au bénéfice de son conseil, la somme de 1 500 euros en application des articles L. 761-1 du code de justice administrative et 37 de la loi du 10 juillet 1991.
Elle soutient que :
En ce qui concerne la décision de refus de délivrance d'un titre de séjour :
- elle a été signée par une autorité incompétente ;
- elle est insuffisamment motivée ;
- elle est entachée d'une erreur d'appréciation dès lors qu'elle remplit les conditions prévues par l'article L.423-22 du code de l'entrée et du séjour et du droit d'asile pour se voir délivrer un titre de séjour ;
- elle méconnaît les stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;
- elle n'a pas été précédée d'un examen particulier de sa situation personnelle ;
- elle est entachée d'une erreur manifeste dans l'appréciation de ses conséquences de cette décision sur sa situation personnelle ;
En ce qui concerne la décision d'obligation de quitter le territoire français :
- elle est insuffisamment motivée ;
- elle n'a pas été précédée d'un examen particulier de sa situation personnelle ;
- elle est illégale en raison de l'illégalité de la décision de refus de titre de séjour qu'elle assortit ;
- elle est entachée d'une erreur manifeste dans l'appréciation de ses conséquences sur sa situation personnelle ;
En ce qui concerne la décision fixant le pays de destination de la mesure d'éloignement :
- elle est entachée d'une insuffisance de motivation ;
- elle est illégale en raison de l'illégalité de l'obligation de quitter le territoire français.
Par un mémoire en défense, enregistré le 31 mai 2024, le préfet de la Somme conclut au rejet de la requête.
Il fait valoir que les moyens soulevés par la requérante ne sont pas fondés.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;
- le code civil ;
- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- le code des relations entre le public et l'administration ;
- la loi n°91-647 du 10 juillet 1991 ;
- le code de justice administrative.
La présidente de la formation de jugement a dispensé la rapporteure publique, sur sa proposition, de prononcer des conclusions à l'audience.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de M. Fumagalli, rapporteur ;
- et les observations de Mme I.
Considérant ce qui suit :
1. Mme I, ressortissante de J démocratique du Congo, déclare être née le 17 mars 2004 et être entrée sur le territoire français en 2019. L'intéressée a été confiée à l'aide sociale à l'enfance le 26 janvier 2019, puis, devenue majeure, a sollicité le 19 avril 2023 la délivrance d'un titre de séjour sur le fondement des dispositions de l'article L. 423-22 du code de l'entrée et du séjour et du droit d'asile. Par un arrêté du 29 février 2024, dont Mme I demande l'annulation, le préfet de la Somme a refusé de lui délivrer un titre de séjour, l'a obligée à quitter le territoire français dans un délai de trente jours et a fixé le pays de destination de la mesure d'éloignement.
Sur les conclusions tendant à l'admission provisoire à l'aide juridictionnelle :
2. Aux termes de l'article 20 de la loi du 10 juillet 1991 relative à l'aide juridique : " Dans les cas d'urgence (), l'admission provisoire à l'aide juridictionnelle peut être prononcée soit par le président du bureau ou de la section compétente du bureau d'aide juridictionnelle, soit par la juridiction compétente ou son président () ".
3. Il y a lieu, dans les circonstances de l'espèce, d'admettre la requérante à l'aide juridictionnelle à titre provisoire.
Sur les conclusions à fin d'annulation :
En ce qui concerne la décision refusant la délivrance d'un titre de séjour :
4. En premier lieu, la décision litigieuse a été signée par M. Emmanuel Moulard, secrétaire général de la préfecture de la Somme. Celui-ci disposait d'une délégation de signature en application de l'arrêté du préfet de la Somme du 15 janvier 2024 régulièrement publié au recueil des actes administratifs de la préfecture le même jour, à l'effet de signer " tous arrêtés, décisions () relevant des attributions de l'Etat dans le département ". L'arrêté dispose que cette " délégation comprend la signature de toutes les décisions () en matière de police des étrangers par le code de l'entrée et du séjour et du droit d'asile ". Le moyen tiré de l'incompétence de l'auteur de la décision doit donc être écarté.
5. En deuxième lieu, la décision attaquée vise les dispositions du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, notamment l'article L.423-22 et l'article L.811-2, l'article 47 du code civil ainsi que les stipulations de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales. Elle indique que l'interrogation du fichier Visiabo a révélé que la requérante a sollicité et obtenu un visa de court séjour délivré par les autorités consulaires du Portugal en Angola sous l'identité de Mme B M H, ressortissante angolaise, née le 17 mars 1997 et qu'il n'est donc pas établi qu'elle était âgée de moins de 16 ans à la date à laquelle elle a été placée à l'aide sociale à l'enfance. La décision précise que les incohérences du récit de l'intéressée font naître un doute sur la nationalité de l'intéressée et font obstacle, compte tenu du caractère frauduleux des documents d'état civil produits relatifs à la nationalité congolaise, à la délivrance d'un titre séjour. Par suite, la décision attaquée, qui comporte les considérations de droit et de fait qui en constituent le fondement, est suffisamment motivée.
6. En troisième lieu, il ressort des pièces du dossier que le préfet la Somme a, avant de prendre l'arrêté attaqué, procédé à un examen complet et personnalisé de la situation de la requérante.
7. En quatrième lieu, d'une part, aux termes de l'article L. 423-22 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " Dans l'année qui suit son dix-huitième anniversaire ou s'il entre dans les prévisions de l'article L. 421-35, l'étranger qui a été confié au service de l'aide sociale à l'enfance ou à un tiers digne de confiance au plus tard le jour de ses seize ans se voit délivrer une carte de séjour temporaire portant la mention " vie privée et familiale " d'une durée d'un an, sans que soit opposable la condition prévue à l'article L. 412-1. / Cette carte est délivrée sous réserve du caractère réel et sérieux du suivi de la formation qui lui a été prescrite, de la nature des liens de l'étranger avec sa famille restée dans son pays d'origine et de l'avis de la structure d'accueil ou du tiers digne de confiance sur son insertion dans la société française ". L'article R. 431-10 de ce code dispose que : " L'étranger qui demande la délivrance ou le renouvellement d'un titre de séjour présente à l'appui de sa demande : / 1° Les documents justifiants de son état civil ; / 2° Les documents justifiants de sa nationalité () ". L'article R. 431-11 du même code précise que : " L'étranger qui sollicite la délivrance d'un titre de séjour présente à l'appui de sa demande les pièces justificatives dont la liste est fixée par arrêté annexé au présent code ". Enfin, le tableau figurant à l'annexe 10 dudit code vise, en sa rubrique n° 36, au nombre des pièces justificatives à fournir " dans tous les cas " à l'appui d'une demande de carte de séjour temporaire portant la mention "vie privée et familiale" délivrée, sur le fondement des dispositions de l'article L. 423-22, à l'étranger confié au service de l'aide sociale à l'enfance : un justificatif d'état civil à savoir " une copie intégrale d'acte de naissance comportant les mentions les plus récentes accompagnée le cas échéant de la décision judiciaire ordonnant sa transcription (jugement déclaratif ou supplétif) " et un justificatif de nationalité correspondant à un " passeport (pages relatives à l'état civil, aux dates de validité, aux cachets d'entrée et aux visas) ou, à défaut, autres justificatifs dont au moins un revêtu d'une photographie permettant d'identifier le demandeur (attestation consulaire, carte d'identité, carte consulaire, certificat de nationalité, etc.) ".
8. D'autre part, aux termes de l'article L. 811-2 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " La vérification de tout acte d'état civil étranger est effectuée dans les conditions définies à l'article 47 du code civil ", lequel dispose que : " Tout acte de l'état civil des Français et des étrangers fait en pays étranger et rédigé dans les formes usitées dans ce pays fait foi, sauf si d'autres actes ou pièces détenus, des données extérieures ou des éléments tirés de l'acte lui-même établissent, le cas échéant après toutes vérifications utiles, que cet acte est irrégulier, falsifié ou que les faits qui y sont déclarés ne correspondent pas à la réalité. Celle-ci est appréciée au regard de la loi française ".
9. Il résulte de ces dispositions que la force probante d'un acte d'état civil établi à l'étranger peut être combattue par tout moyen susceptible d'établir que l'acte en cause est irrégulier, falsifié ou inexact. En cas de contestation par l'administration de la valeur probante d'un acte d'état civil établi à l'étranger, il appartient au juge administratif de former sa conviction au vu de l'ensemble des éléments produits par les parties. Pour juger qu'un acte d'état civil produit devant lui est dépourvu de force probante, qu'il soit irrégulier, falsifié ou inexact, le juge doit en conséquence se fonder sur tous les éléments versés au dossier dans le cadre de l'instruction du litige qui lui est soumis. Ce faisant, il lui appartient d'apprécier les conséquences à tirer de la production par l'étranger d'une carte consulaire ou d'un passeport dont l'authenticité est établie ou n'est pas contestée, sans qu'une force probante particulière puisse être attribuée ou refusée par principe à de tels documents.
10. Mme I a déclaré lors du dépôt de sa demande de titre de séjour et dans le cadre de la présente requête être née le 17 mars 2004 à D et être de nationalité congolaise (République démocratique du Congo). Pour refuser la délivrance d'un titre de séjour à l'intéressée, le préfet de la Somme s'est fondé sur le motif que la requérante a été titulaire d'un visa de court séjour délivré le 29 janvier 2019 par les autorités consulaires portugaises en Angola sous le nom de Mme B M H née le 17 mars 1997 à Luanda (Angola) et de nationalité angolaise, et que l'état-civil déclaré lors de sa demande de titre de séjour n'était ainsi pas authentique. Le préfet de la Somme a également relevé que les premiers bulletins scolaires obtenus par l'intéressée faisaient état d'un très bon niveau de portugais avec une moyenne de 17,71 lors du premier semestre 2019/2020 et un niveau faible en français. A l'appui de sa requête, la requérante maintient être née le 17 mars 2004 et soutient que le visa qui lui avait été délivré en 2019 l'a été sous une fausse identité afin de pouvoir voyager vers la France en tant que majeure. Elle produit à cet égard plusieurs documents, dont une copie intégrale d'acte de naissance n°982 délivrée par la commune de Kintambo le 12 novembre 2022, à la suite de la déclaration du même jour faite par la mère de la requérante, Mme F, née le 7 septembre 1957, sur présentation d'un jugement supplétif n°15166/XVI rendu par le tribunal de paix de D/E le 26 septembre 2022 et d'un certificat de non appel. Mme I verse également un acte de naissance délivré le 10 novembre 2022. Sont également produits un jugement du tribunal pour enfants de D/E du 8 janvier 2021, et un jugement supplétif du tribunal de paix de D/E du 26 septembre 2022 faisant état respectivement de demandes de jugement supplétif d'acte de naissance présentés le 7 janvier 2021 et le 26 septembre 2022.
11. Toutefois, le préfet de la Somme fait valoir, sans être contredit, que la copie intégrale de l'acte de naissance versée au dossier ne respecte pas les conditions de forme posées par le code de la famille de J démocratique du Congo, toutes les dates n'étant pas écrites en toutes lettres et l'heure d'édiction de l'acte n'étant pas indiquée. Le préfet relève également, sans être contesté, que le QR-code supporté par la copie intégrale renvoie à un site reprenant des informations différentes de celles figurant sur l'acte, en ce qui concerne le n° de l'acte et le n° de folio, mais aussi en ce qui concerne l'orthographe du prénom de l'intéressée. Il ressort en outre des pièces du dossier que le jugement supplétif du 26 septembre 2022 a été rendu le jour même de l'introduction de la requête. Par ailleurs, alors que le jugement supplétif du 26 septembre 2022 mentionne que la mère de la requérante a déclaré que la naissance de sa fille B I n'avait jamais été déclarée à l'état-civil, la requérante produit à l'instance un précédent jugement supplétif rendu le 8 janvier 2021, comportant une mention identique sur l'absence précédente de déclaration de la naissance de sa fille. Enfin, la requérante ne conteste pas, comme l'a indiqué le préfet en défense, qu'elle avait également présenté un acte de naissance dès 2019, qui a été déclaré comme faux par les services de la préfecture, ainsi que cela ressort de l'entretien entre la requérante et la référente fraude départementale du 25 mai 2023, ce qui contredit les déclarations contenues dans les deux jugements supplétifs produits, sans d'ailleurs que la requérante ne justifie de la nécessité de bénéficier de deux jugements supplétifs successifs. L'ensemble de ces circonstances ne permettent pas de regarder les pièces versées à l'instance comme suffisamment probantes. Dans ces conditions, la requérante, qui n'établit pas être née le 17 mars 2004 à D, ne peut être regardée comme ayant été confiée à l'aide sociale à l'enfance avant l'âge de 16 ans comme l'exige l'article L.423-22 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile. Le préfet de la Somme pouvait ainsi, pour ce seul motif, refuser de faire droit à sa demande. Le moyen tiré de la méconnaissance des dispositions de l'article L.423-22 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile doit être écarté.
12. En quatrième lieu, aux termes de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales : " 1. Toute personne a droit au respect de sa vie privée et familiale, de son domicile et de sa correspondance. / 2. Il ne peut y avoir ingérence d'une autorité publique dans l'exercice de ce droit que pour autant que cette ingérence est prévue par la loi et qu'elle constitue une mesure qui, dans une société démocratique, est nécessaire à la sécurité nationale, à la sûreté publique, au bien-être économique du pays, à la défense de l'ordre et à la prévention des infractions pénales, à la protection de la santé ou de la morale ou à la protection des droits et libertés d'autrui ".
13. Il ressort des pièces du dossier que la requérante, qui est célibataire et sans enfant à charge, est arrivée en France en 2019. Elle se prévaut de la présence en France de Mme A G, présentée comme sa sœur et ressortissante de J démocratique du Congo et titulaire d'une carte de résident, sans toutefois établir par aucune pièce le lien de parenté allégué. Si l'intéressée a suivi sa scolarité au lycée Lamarck d'Amiens avant d'obtenir un certificat d'aptitude professionnelle spécialité équipier polyvalent de commerce le 14 septembre 2023, enfin, la requérante n'établit pas être dépourvue d'attaches familiales dans son pays d'origine ni être dans l'impossibilité de s'y réinsérer professionnellement. Dans ces conditions, compte tenu des conditions du séjour en France de l'intéressée, la décision attaquée n'a pas porté au droit au respect de la vie privée et familiale de la requérante, une atteinte disproportionnée aux buts en vue desquels il a été pris et n'a ainsi pas méconnu les stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales. Pour les mêmes motifs, le moyen tiré de l'erreur manifeste d'appréciation des conséquences de la décision sur la situation personnelle de Mme I ne peut qu'être écarté.
En ce qui concerne la décision d'obligation de quitter le territoire français :
14. En premier lieu, ainsi qu'il a été dit au point 5, la décision de refus de titre de séjour est suffisamment motivée. Par suite, le moyen tiré du défaut de motivation de la décision portant obligation de quitter le territoire français, prise sur le fondement du 3° de l'article L.611-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, doit être écarté par application des dispositions l'article L. 613-1 de ce code.
15. En deuxième lieu, il ressort des pièces du dossier que le préfet de la Somme a, avant de prendre l'arrêté attaqué, procédé à un examen complet et personnalisé de la situation de la requérante.
16. En troisième lieu, compte tenu de ce qui a été exposé aux points 4 à 13, la requérante n'est pas fondée à exciper de l'illégalité de la décision lui refusant un titre de séjour pour demander l'annulation de la décision l'obligeant à quitter le territoire français.
17. En dernier lieu, pour les mêmes motifs qu'exposés au point 13, le moyen de tiré de l'erreur manifeste d'appréciation des conséquences de la décision sur la situation personnelle de Mme C doit être écarté.
En ce qui concerne la décision fixant le pays de destination de la mesure d'éloignement :
18. En premier lieu, la décision attaquée vise l'article L. 721-3 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ainsi que les stipulations de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales, en particulier son article 3. Elle précise que les pays à destination desquels l'intéressée est susceptible d'être éloignée sont celui dont elle a la nationalité ou tout autre pays dans lequel elle sera légalement admissible. Par suite, la décision litigieuse est suffisamment motivée.
19. En second lieu, la décision d'éloignement n'étant pas illégale, compte tenu des motifs exposés aux points 8 à 11, le moyen tiré de l'exception d'illégalité de cette décision entraînant l'annulation de la décision fixant le pays de destination doit être écarté.
20. Il résulte de tout ce qui précède que les conclusions à fin d'annulation de la requête de Mme I doivent être rejetées, ainsi que, par voie de conséquence, ses conclusions à fin d'injonction et celles présentées sur le fondement des articles L. 761-1 du code de justice administrative et 37 de la loi du 10 juillet 1991.
D E C I D E :
Article 1er : Mme I est admise à titre provisoire à l'aide juridictionnelle.
Article 2 : La requête de Mme I est rejetée.
Article 3 : Le présent jugement sera notifié à Mme B I, au préfet de la Somme et à Me Doré.
Délibéré après l'audience du 20 juin 2024, à laquelle siégeaient :
Mme Galle, présidente,
M. Richard, premier conseiller,
M. Fumagalli, conseiller.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 4 juillet 2024.
La présidente,
Signé
C. Galle
Le rapporteur,
Signé
E. Fumagalli Le greffier,
Signé
J.-F. Langlois
J mande et ordonne au préfet de la Somme en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
N°2401178
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026