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AccueilJurisprudence administrativeN° TA80-2401192

Tribunal Administratif d'Amiens — Décision N° TA80-2401192

jeudi 2 mai 2024

JuridictionTribunal Administratif d'Amiens
SectionTribunal Administratif d'Amiens
N° DossierTA80-2401192
TypeOrdonnance
RecoursExcès de pouvoir
PublicationD
Avocat requérantGENTILHOMME

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête enregistrée le 25 mars 2024, la commune de Persan et le regroupement des organismes de sauvegarde de l'Oise, représentés par Me Gentilhomme, demandent au tribunal :

1°) d'annuler l'arrêté du 24 novembre 2023 par lequel la préfète de l'Oise a délivré à la société Victor Martinet une autorisation environnementale modifiant l'autorisation environnementale du 26 novembre 2020 pour l'exploitation d'une plate-forme logistique sur le territoire de la commune du Mesnil-en-Thelle ;

2°) de mettre à la charge de l'Etat la somme de 5 000 euros sur le fondement de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Vu :

- les autres pièces du dossier.

Vu :

- le code de l'environnement,

- le code de justice administrative.

Considérant ce qui suit :

1. Aux termes de l'article R. 222-1 du code de justice administrative : " () les présidents de formation de jugement des tribunaux () peuvent, par ordonnance () 4° Rejeter les requêtes manifestement irrecevables, lorsque la juridiction n'est pas tenue d'inviter leur auteur à les régulariser ou qu'elles n'ont pas été régularisées à l'expiration du délai imparti par une demande en ce sens ; () ".

2. Aux termes de l'article L. 181-18 du code de l'environnement, dans sa rédaction applicable au cas d'espèce : " I. Le juge administratif qui, saisi de conclusions dirigées contre une autorisation environnementale, estime, après avoir constaté que les autres moyens ne sont pas fondés : / 1° Qu'un vice n'affecte qu'une phase de l'instruction de la demande d'autorisation environnementale, ou une partie de cette autorisation, peut limiter à cette phase ou à cette partie la portée de l'annulation qu'il prononce et demander à l'autorité administrative compétente de reprendre l'instruction à la phase ou sur la partie qui a été entachée d'irrégularité ; / 2° Qu'un vice entraînant l'illégalité de cet acte est susceptible d'être régularisé par une autorisation modificative peut, après avoir invité les parties à présenter leurs observations, surseoir à statuer jusqu'à l'expiration du délai qu'il fixe pour cette régularisation. Si une telle autorisation modificative est notifiée dans ce délai au juge, celui-ci statue après avoir invité les parties à présenter leurs observations. "

3. Il résulte de ces dispositions que les parties à l'instance ayant donné lieu à la décision de sursis à statuer en vue de permettre la régularisation de l'acte attaqué ne peuvent contester la légalité de l'acte pris par l'autorité administrative en vue de cette régularisation que dans le cadre de cette instance et qu'elles ne sont, en revanche, pas recevables à présenter devant le tribunal administratif une requête tendant à l'annulation de cet acte.

4. Par un jugement avant-dire droit n° 2102029 en date du 25 mai 2023, le tribunal administratif d'Amiens a sursis à statuer, en application des dispositions citées au point 2, sur les conclusions présentées par la commune de Persan et le Regroupement des organismes de sauvegarde de l'Oise, jusqu'à l'expiration d'un délai de six mois à compter de la notification du jugement, afin de permettre la régularisation de l'autorisation environnementale délivrée par la préfète de l'Oise à la société Victor Martinet par un arrêté du 26 novembre 2020, pour l'exploitation d'une plateforme logistique sur le territoire de la commune de Mesnil-en-Thelle. Par un arrêté du 25 novembre 2023, la préfète de l'Oise a délivré à la société Victor Martinet une autorisation environnementale modifiant celle délivrée le 26 novembre 2020, afin de procéder à la régularisation du vice relevé au point 28 du jugement n°2102029 du 25 mai 2023. Cet arrêté, produit par la préfète de l'Oise dans l'instance n°2102029 le 27 novembre 2023, a été communiqué le même jour dans le cadre de l'instance n°2102029 au conseil de la commune de Persan et du Regroupement des organismes de sauvegarde de l'Oise, qui en a accusé réception le 28 novembre 2023. Un délai d'un mois a été accordé aux requérants pour présenter leurs observations et la clôture de l'instruction a été fixée au 15 janvier 2024 par une ordonnance du 28 novembre 2023. La commune de Persan et le Regroupement des organismes de sauvegarde de l'Oise n'ont produit aucune observation dans le cadre de l'instance n°2102029 afin de contester la légalité de l'acte pris par l'autorité administrative en vue de la régularisation.

5. Ces requérants demandent, par une requête distincte enregistrée le 25 mars 2024 sous le n°2401192, l'annulation de l'arrêté du 25 novembre 2023 pris pour la régularisation de l'autorisation environnementale du 26 novembre 2020. Toutefois, il appartenait aux requérants, en application des principes rappelés au point 3, dès lors qu'ils sont parties à l'instance n°2102029 ayant donné lieu au jugement du 25 mai 2023, de contester la légalité de cet acte dans le cadre de cette même instance, conformément à l'invitation qui leur en a été faite par le tribunal. Par suite, leur requête distincte tendant à l'annulation de l'arrêté du 25 novembre 2023 est manifestement irrecevable. Par suite, la requête n°2401192 présentée par la commune de Persan et le regroupement des organismes de sauvegarde de l'Oise ne peut qu'être rejetée sur le fondement du 4° de l'article R. 222-1 du code de justice administrative.

O R D O N N E :

Article 1er : La requête de la commune de Persan et du Regroupement des organismes de sauvegarde de l'Oise est rejetée.

Article 2 : La présente ordonnance sera notifiée à la commune de Persan et au Regroupement des organismes de sauvegarde de l'Oise.

Copie en sera adressée à la préfète de l'Oise, au ministre de la transition écologique et de la cohésion des territoires, et à la société Victor Martinet.

Fait à Amiens, le 2 mai 2024.

La présidente de la 1ère chambre,

Signé

C. Galle

La République mande et ordonne au ministre de la transition écologique et de la cohésion des territoires en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

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