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AccueilJurisprudence administrativeN° TA80-2401253

Tribunal Administratif d'Amiens — Décision N° TA80-2401253

vendredi 28 juin 2024

JuridictionTribunal Administratif d'Amiens
SectionTribunal Administratif d'Amiens
N° DossierTA80-2401253
TypeOrdonnance
RecoursExcès de pouvoir
PublicationC

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête et des mémoires complémentaires, enregistrés les 27 février, 6 avril, 16 avril et 17 avril 2024, Mme A D et M. C B doivent être regardés comme demandant au tribunal :

1°) d'annuler une décision du 30 novembre 2020 par laquelle le président du conseil départemental de la Seine-Saint-Denis aurait prononcé le placement administratif de leur fils ;

2°) de condamner le département de la Seine-Saint-Denis et le cas échéant celui du Calvados à leur verser une somme en réparation du préjudice moral qu'ils estiment avoir subi.

Ils doivent être regardés comme soutenant que la décision attaquée est entachée de nombreuses irrégularités, de fraude et de détournement de pouvoir, et qu'elle leur a causé un préjudice moral.

Par un courrier du 3 avril 2024, les requérants ont été invités, en application de l'article R. 412-1 du code de justice administrative à régulariser la présentation de leur requête en produisant dans un délai quinze jours, d'une part, la décision attaquée et, d'autre part, la demande préalable indemnitaire présentée au président du conseil départemental de la Seine-Saint-Denis, ainsi que son accusé de réception.

Vu le code de justice administrative.

Considérant ce qui suit :

1. Aux termes de l'article R. 222-1 du code de justice administrative : " () les présidents de formation de jugement des tribunaux () peuvent, par ordonnance : () 4° Rejeter les requêtes manifestement irrecevables, lorsque la juridiction n'est pas tenue d'inviter leur auteur à les régulariser ou qu'elles n'ont pas été régularisées à l'expiration du délai imparti par une demande en ce sens () ".

2. Aux termes de l'article R. 421-1 du code de justice administrative : " La juridiction ne peut être saisie que par voie de recours formé contre une décision, et ce, dans les deux mois à partir de la notification ou de la publication de la décision attaquée. / Lorsque la requête tend au paiement d'une somme d'argent, elle n'est recevable qu'après l'intervention de la décision prise par l'administration sur une demande préalablement formée devant elle () ". Selon l'article R. 421-2 du même code : " Sauf disposition législative ou réglementaire contraire, dans les cas où le silence gardé par l'autorité administrative sur une demande vaut décision de rejet, l'intéressé dispose, pour former un recours, d'un délai de deux mois à compter de la date à laquelle est née une décision implicite de rejet () / La date du dépôt de la demande à l'administration, constatée par tous moyens, doit être établie à l'appui de la requête () ". Enfin, aux termes de son article R. 412-1 : " La requête doit, à peine d'irrecevabilité, être accompagnée, sauf impossibilité justifiée, de l'acte attaqué ou, dans le cas mentionné à l'article R. 421-2, de la pièce justifiant de la date de dépôt de la réclamation () ".

3. Aux termes de l'article R. 612-1 du code de justice administrative : " Lorsque des conclusions sont entachées d'une irrecevabilité susceptible d'être couverte après l'expiration du délai de recours, la juridiction ne peut les rejeter en relevant d'office cette irrecevabilité qu'après avoir invité leur auteur à les régulariser () La demande de régularisation mentionne que, à défaut de régularisation, les conclusions pourront être rejetées comme irrecevables dès l'expiration du délai imparti qui, sauf urgence, ne peut être inférieur à quinze jours. La demande de régularisation tient lieu de l'information prévue à l'article R. 611-7 () ". Selon l'article R. 611-8-3 du même code : " La juridiction peut proposer aux personnes physiques et morales de droit privé non représentées par un avocat, autres que les organismes de droit privé chargés de la gestion permanente d'un service public, d'utiliser le téléservice mentionné à l'article R. 414-2 ". Selon l'article R. 611-8-6 de ce code : " Les parties sont réputées avoir reçu la communication ou la notification à la date de première consultation du document qui leur a été adressé par voie électronique, certifiée par l'accusé de réception délivré par l'application informatique, ou, à défaut de consultation dans un délai de deux jours ouvrés à compter de la date de mise à disposition du document dans l'application, à l'issue de ce délai () ".

4. Enfin, aux termes de l'article R. 351-4 du code de justice administrative : " Lorsque tout ou partie des conclusions dont est saisi un tribunal administratif, une cour administrative d'appel ou le Conseil d'Etat relève de la compétence d'une de ces juridictions administratives, le tribunal administratif () est compétent, nonobstant les règles de répartition des compétences entre juridictions administratives, pour rejeter les conclusions entachées d'une irrecevabilité manifeste insusceptible d'être couverte en cours d'instance () ".

5. Par un courrier du 3 avril 2024, mis à disposition le même jour sur l'application informatique mentionnée à l'article R. 414-2 du code de justice administrative et dont ils sont réputés avoir reçu communication à l'expiration du délai de deux jours ouvrés cité ci-dessus, les requérants ont été invités, à peine d'irrecevabilité, à régulariser la présentation de leur requête en produisant, dans un délai de quinze jours, la décision attaquée et la demande préalable indemnitaire présentée au président du conseil départemental de la Seine-Saint-Denis, ainsi que son accusé de réception. Les requérants n'ont pas produit les pièces demandées à la suite de cette demande de régularisation, ni d'ailleurs ultérieurement à l'appui de leurs mémoires complémentaires. Ils n'ont pas plus justifié de l'impossibilité de produire la décision attaquée en se bornant à soutenir que cette dernière aurait été prise à leur insu, alors qu'ils ne démontrent pas même en avoir vainement demandé copie à l'administration. Il s'ensuit que les intéressés n'ont pas régularisé la présentation de leur requête dans le délai qui leur avait été imparti à cette fin et que leurs conclusions sont dès lors entachées d'une irrecevabilité manifeste. Par suite, la requête de Mme D et de M. B doit être rejetée sur le fondement du 4° de l'article R. 222-1 du code de justice administrative.

O R D O N N E :

Article 1er : La requête de Mme D et de M. B est rejetée.

Article 2 : La présente ordonnance sera notifiée à Mme A D et à

M. C B.

Fait à Amiens, le 28 juin 2024.

Le président de la 3ème chambre,

signé

S. Thérain

La République mande et ordonne au préfet de la Seine-Saint-Denis en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente ordonnance.

N°2401253

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