mardi 9 avril 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif d'Amiens |
| Section | Tribunal Administratif d'Amiens |
| N° Dossier | TA80-2401302 |
| Type | Ordonnance |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | C |
| Avocat requérant | CLAVEL |
Vu la procédure suivante :
Par une requête, enregistrée le 3 avril 2024, la société d'entrainement Fabrice Vermeulen, représentée par Me Clavel, demande au juge des référés :
1°) d'ordonner, sur le fondement des dispositions de l'article L. 521-1 du code de justice administrative, la suspension de l'exécution de la décision du 7 février 2024, par laquelle la commission d'appel de l'association France Galop a maintenu la décision des commissaires de France Galop du 12 décembre 2023 lui infligeant une sanction de distanciation du hongre " Damask Blade " de la première place du prix Race and Care-Prix du conseil départemental du Cantal, une amende de 10 000 euros ainsi qu'une suspension de ses autorisations de faire courir et d'entrainer des chevaux pour une durée de six mois assortie d'un sursis total révocable sur les 5 années suivantes en cas de nouvelle infraction ;
2°) de mettre à la charge de l'association France Galop une somme de 3 000 euros sur le fondement des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Elle soutient que :
- la condition d'urgence est remplie, dès lors que la décision contestée a pour effet de compromettre sa situation financière et sa viabilité économique, notamment dans l'hypothèse où elle ne pourrait honorer le plan de redressement qui lui a été prescrit ;
- il existe un doute sérieux sur la légalité de la décision contestée laquelle méconnait le principe selon lequel le doute doit profiter à l'accusé, dès lors qu'elle justifie d'éléments permettant de démontrer que le contrôle positif du cheval concerné peut être le fait d'un salarié, qu'elle n'a reçu aucune information sur le traitement dont le cheval a fait l'objet en Pologne de telle sorte que ces substances ont pu lui être administrées lorsqu'il s'y trouvait, et que ce contrôle positif peut résulter d'une contamination alimentaire liée au foin ingéré par l'animal ;
- la décision contestée méconnait le principe consacré par l'article 7 de la déclaration des droits de l'homme et du citoyen et l'article 111-3 du code pénal selon lequel nul ne peut être puni pour un crime ou un délit dont les éléments ne sont pas définis par la loi, ou pour une contravention dont les éléments ne sont pas définis par le règlement, dès lors qu'elle se fonde sur un manque de précaution du fait de l'absence de réalisation d'un contrôle sanguin du cheval lors de son arrivée au sein des écuries, alors même que cette mesure ne constitue pas une obligation prescrite par la loi ou le code des courses au galop ;
- la sanction prononcée est disproportionnée au regard des faits qui lui sont reprochés et de ses conséquences financières et sportives sur la société.
Vu :
- les autres pièces du dossier ;
- la requête enregistrée sous le n° 2401303 par laquelle la société d'entrainement Fabrice Vermeulen demande l'annulation de la décision contestée.
Vu le code de justice administrative.
La présidente du tribunal a désigné M. Thérain, vice-président, pour statuer sur les demandes de référé.
Considérant ce qui suit :
1. Aux termes de L. 521-1 du code de justice administrative : " Quand une décision administrative, même de rejet, fait l'objet d'une requête en annulation ou en réformation, le juge des référés, saisi d'une demande en ce sens, peut ordonner la suspension de l'exécution de cette décision, ou de certains de ses effets, lorsque l'urgence le justifie et qu'il est fait état d'un moyen propre à créer, en l'état de l'instruction, un doute sérieux quant à la légalité de la décision () ". Aux termes de l'article L. 522-3 du même code : " Lorsque la demande ne présente pas un caractère d'urgence ou lorsqu'il apparaît manifeste, au vu de la demande, que celle-ci ne relève pas de la compétence de la juridiction administrative, qu'elle est irrecevable ou qu'elle est mal fondée, le juge des référés peut la rejeter par une ordonnance motivée sans qu'il y ait lieu d'appliquer les deux premiers alinéas de l'article L. 522-1 ". Selon son article R. 522-1 : " La requête visant au prononcé de mesures d'urgence doit () justifier de l'urgence de l'affaire () ".
2. L'urgence justifie que soit prononcée la suspension d'un acte administratif lorsque l'exécution de celui-ci porte atteinte, de manière suffisamment grave et immédiate, à un intérêt public, à la situation du requérant ou aux intérêts qu'il entend défendre. Il appartient au juge des référés d'apprécier concrètement, compte tenu des justifications fournies par le requérant, si les effets de l'acte litigieux sont de nature à caractériser une urgence justifiant que, sans attendre le jugement de la requête au fond, l'exécution de la décision soit suspendue. L'urgence doit être appréciée objectivement et compte tenu de l'ensemble des circonstances de l'affaire.
3. Si, afin de démontrer la situation d'urgence dont elle se prévaut, la société requérante soutient que l'amende de 10 000 euros ainsi que la suspension de ses autorisations pour une durée de six mois avec sursis qui lui ont été infligées sont de nature à compromettre sa situation financière et sa viabilité économique, notamment dans l'hypothèse où elle ne pourrait honorer le plan de redressement qui lui a été prescrit, il n'est pas établi, alors qu'aucune pièce notamment comptable n'est produite sur ce point, que le seul paiement de l'amende l'exposerait à de telles conséquences, tandis que le sursis total dont a été assorti la suspension des autorisations empêche nécessairement de considérer comme immédiate l'atteinte que cette mesure est susceptible de porter à ses intérêts, alors même que ce sursis est révocable en cas de nouveau manquement. Par suite, l'intéressée ne démontre pas que l'intervention de la décision contestée porterait une atteinte grave et immédiate à sa situation.
4. Il résulte de ce qui précède que les conclusions que la requérante présente sur le fondement de l'article L. 521-1 du code de justice administrative doivent être rejetées selon la procédure prévue par son article L. 522-3 comme étant dénuées d'urgence. Les conclusions qu'elle présente sur le fondement des dispositions de l'article L. 761-1 du même code doivent, par conséquent, être également rejetées.
O R D O N N E :
Article 1er : La requête de la société d'entrainement Fabrice Vermeulen est rejetée.
Article 2 : La présente ordonnance sera notifiée à la société d'entrainement Fabrice Vermeulen.
Fait à Amiens, le 9 avril 2024.
Le président de la 3ème chambre,
Juge des référés,
Signé :
S. Thérain
La République mande et ordonne au ministre de l'agriculture et de la souveraineté alimentaire en ce qui le concerne et à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées de pourvoir à l'exécution de la présente ordonnance.
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01/06/2026
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Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026