mardi 9 avril 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif d'Amiens |
| Section | Tribunal Administratif d'Amiens |
| N° Dossier | TA80-2401343 |
| Type | Ordonnance |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | D |
Vu la procédure suivante :
Par une requête enregistrée le 8 avril 2024, M. B C, représenté par Me Koszczanski, demande au juge des référés, sur le fondement de l'article L. 521-2 du code de justice administrative :
1°) d'enjoindre à la préfète de l'Oise de le convoquer et de lui délivrer un récépissé de demande de renouvellement de titre de séjour dans un délai de vingt-quatre heures, sous astreinte de 100 euros par jour de retard ;
3°) de mettre à la charge de l'Etat la somme de 1 500 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Il soutient que :
- la condition d'urgence est satisfaite ; il est entré en France mineur en 2014 et a toujours séjourné régulièrement en France depuis sa majorité ; il a demandé le renouvellement de son titre de séjour expirant le 15 mars 2024 dès le 19 janvier 2024, en sollicitant un changement de statut afin de se voir délivrer un titre de séjour portant la mention " vie privée et familiale " ; sa demande était complète ce que ne conteste pas la préfecture, qui a estimé à tort que sa demande était une demande de régularisation pour lui refuser la délivrance d'un récépissé de demande de titre de séjour ; que ce refus a pour effet de le maintenir dans une situation précaire s'agissant de son travail, car son employeur lui réclame la production d'un titre de séjour ; en outre l'absence de récépissé l'empêche de voyager afin d'assister en Guinée aux funérailles de sa grand-mère qui l'a élevé et qui est décédée le 24 mars 2024 ;
- il est porté une atteinte grave et manifestement illégale à sa liberté d'aller et venir ; l'article 5 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales a été méconnu et il en est de même de l'article 2 du protocole additionnel n°4 à cette convention ;
- il est porté une atteinte grave à son droit au respect de sa vie privée et familiale, en méconnaissance de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales dès lors qu'il réside en France depuis dix ans, que toute sa famille y réside et qu'il est inséré professionnellement.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- le code de justice administrative.
La présidente du tribunal a désigné Mme A pour statuer sur les demandes de référé.
Considérant ce qui suit :
1. Aux termes de l'article L. 521-2 du code de justice administrative : " Saisi d'une demande en ce sens justifiée par l'urgence, le juge des référés peut ordonner toutes mesures nécessaires à la sauvegarde d'une liberté fondamentale à laquelle une personne morale de droit public ou un organisme de droit privé chargé de la gestion d'un service public aurait porté, dans l'exercice d'un de ses pouvoirs, une atteinte grave et manifestement illégale. Le juge des référés se prononce dans un délai de quarante-huit heures ". Selon l'article L. 522-1 du même code : " Le juge des référés statue au terme d'une procédure contradictoire écrite ou orale. / Lorsqu'il lui est demandé de prononcer les mesures visées aux articles L. 521-1 et L. 521-2, de les modifier ou d'y mettre fin, il informe sans délai les parties de la date et de l'heure de l'audience publique ". L'article L. 522-3 dispose cependant que " lorsque la demande ne présente pas un caractère d'urgence ou lorsqu'il apparaît manifeste, au vu de la demande, que celle-ci ne relève pas de la compétence de la juridiction administrative, qu'elle est irrecevable ou qu'elle est mal fondée, le juge des référés peut la rejeter par une ordonnance motivée sans qu'il y ait lieu d'appliquer les deux premiers alinéas de l'article L. 522-1 ".
2. Le requérant qui saisit le juge des référés sur le fondement des dispositions de l'article L. 521-2 du code de justice administrative doit justifier des circonstances particulières caractérisant la nécessité pour lui de bénéficier à très bref délai d'une mesure de la nature de celles qui peuvent être ordonnées sur le fondement de cet article.
3. M. C, ressortissant guinéen né le 2 mars 1999, soutient qu'il existe une urgence à lui délivrer un récépissé de demande de renouvellement de carte de séjour dès lors que sa carte de séjour temporaire portant la mention " recherche d'emploi - création d'entreprise " délivrée à l'issue de ses études expirait le 15 mars 2024, qu'il a déposé sa demande de renouvellement avec changement de statut par courrier du 19 janvier 2024, reçu le 25 janvier 2024, et que l'absence de délivrance de récépissé lui fait courir le risque de perdre son emploi, alors qu'il est titulaire d'un contrat à durée indéterminée. Toutefois, il résulte de l'instruction que M. C n'est titulaire d'un contrat de travail en qualité d'équipier polyvalent dans une entreprise de restauration que depuis le 1er janvier 2024, qu'il vit chez sa sœur, et n'a pas de charges de famille. En outre, il a sollicité le 19 janvier 2024, à l'expiration de sa carte de séjour temporaire portant la mention " recherche d'emploi - création d'entreprise " délivrée à l'issue de ses études en application de l'article L. 422-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, non pas la délivrance de la carte de séjour temporaire portant la mention salarié prévue au second alinéa de l'article L. 422-11 de ce code, mais la délivrance d'une carte de séjour temporaire portant la mention " vie privée et familiale " sur le fondement des articles L. 423-23 ou L. 435-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile. Par suite, le récépissé de titre de séjour dont il a vocation à bénéficier en vertu de l'article R. 431-12 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ne peut, en tout état de cause, au regard du fondement de sa demande, avoir pour effet de l'autoriser à travailler durant la validité de ce récépissé, dès lors que sa situation n'entre dans aucun des cas visés aux articles R. 431-14 et R. 431-15 de ce code. Par suite, l'existence d'une situation d'urgence, au regard de sa situation professionnelle, justifiant l'intervention à très bref délai d'une décision du juge des référés sur le fondement de l'article L. 521-2 du code de justice administrative en vue de la délivrance d'un récépissé de demande de titre de séjour n'est pas établie.
4. D'autre part, la seule circonstance que la grand-mère de M. C, qui l'a élevée en Guinée avant son arrivée en France en 2014, soit décédée le 24 mars 2024 et que le requérant souhaite assister à ses funérailles en Guinée, à une date au demeurant non précisée, ce qui implique la délivrance d'un récépissé de demande de titre de séjour lui permettant de voyager et de revenir sur le territoire français, ne permet pas davantage d'établir l'existence d'une telle situation d'urgence.
5. Par suite, les conclusions de la requête aux fins d'injonction et d'astreinte doivent être rejetées selon la procédure prévue par l'article L. 522-3 du code de justice administrative. Par voie de conséquence, doivent être rejetées les conclusions présentées sur le fondement de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
O R D O N N E :
Article 1er : La requête de M. C est rejetée.
Article 2 : La présente ordonnance sera notifiée à M. B C.
Fait à Amiens, le 9 avril 2024.
La juge des référés,
Signé
C. A
La République mande et ordonne à la préfète de l'Oise en ce qui la concerne ou à tous les commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Tribunal Administratif de VERSAILLES — N° TA78-2608798
03/08/2026
Tribunal Administratif de VERSAILLES — N° TA78-2606201
03/08/2026
Tribunal Administratif de VERSAILLES — N° TA78-2600562
03/08/2026
Tribunal Administratif de MELUN — N° TA77-2611484
03/08/2026