mercredi 7 août 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif d'Amiens |
| Section | Tribunal Administratif d'Amiens |
| N° Dossier | TA80-2401353 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | C |
| Formation | JU3 |
| Avocat requérant | LUBELO-YOKA |
Vu la procédure suivante :
Par une ordonnance en date du 8 avril 2024, la présidente du tribunal administratif de Versailles a renvoyé au tribunal administratif d'Amiens la requête enregistrée le
21 mars 2024 présentée par M. A B.
Par cette requête, M. A B, représenté par Me Lubello-Yoka, demande au tribunal :
1°) d'annuler l'arrêté du 20 mars 2024, par lequel le préfet des Yvelines l'a obligé à quitter le territoire français sans délai, a fixé la Tunisie comme pays de destination en cas d'exécution d'office de cette mesure et a prononcé à son encontre une interdiction de retour sur le territoire français d'une durée de deux ans ;
2°) de mettre à la charge de l'Etat une somme de 1 500 euros sur le fondement de l'article L. 761-1 du code de justice administrative ainsi que les dépens.
Il soutient que :
En ce qui concerne la décision portant obligation de quitter le territoire français :
- la décision est entachée d'incompétence, dès lors que son auteur ne justifie pas d'une délégation régulièrement publiée à cet effet ;
- elle est entachée d'une insuffisance de motivation et d'un défaut d'examen de sa situation personnelle, dès lors qu'il n'est pas fait mention de son activité professionnelle ;
- elle est entachée d'une erreur manifeste d'appréciation de sa situation personnelle, dès lors qu'il réside sur le territoire français depuis plus de dix ans de telle sorte qu'il peut prétendre à la délivrance d'un titre de séjour de plein droit, qu'il est inséré à la société française et qu'il exerce une activité professionnelle
- elle méconnait l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales, dès lors qu'il exerce une activité professionnelle depuis 2016, qu'il est inséré à la société française et qu'il justifie de l'intensité de sa vie privée sur le territoire français ;
- elle est entachée d'une erreur de droit, dès lors qu'il peut prétendre à la délivrance d'un titre de séjour de plein droit sur le fondement de l'article 7 ter de l'accord franco-tunisien du 17 mars 1988 au regard de ses dix années de présence sur le territoire français.
En ce qui concerne la décision fixant la Tunisie en cas d'exécution d'office de la mesure d'éloignement :
- la décision ne peut subsister du fait de l'illégalité de la décision portant obligation de quitter le territoire français.
En ce qui concerne la décision portant l'interdiction de retour sur le territoire français :
- la décision est entachée d'incompétence, dès lors que son auteur ne justifie pas d'une délégation régulièrement publiée à cet effet ;
- elle est entachée d'une insuffisance de motivation ;
- elle est entachée d'un défaut d'examen de sa situation personnelle et d'une erreur manifeste d'appréciation de ses conséquences sur sa situation personnelle.
La présidente du tribunal a désigné M. Thérain pour statuer sur les requêtes relevant des procédures prévues aux articles L. 614-1 et suivants du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;
- l'accord du 17 mars 1988 entre le Gouvernement de la République française et le Gouvernement de la République de Tunisie en matière de séjour et de travail ;
- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus, au cours de l'audience publique :
- le rapport de M. Thérain, vice-président,
- et les observations de Me Siras, assistant M. B, qui conclut aux mêmes fins que ses écritures, par les mêmes moyens.
Considérant ce qui suit :
1. M. A B, ressortissant tunisien né le 16 mars 1977, déclare être entré en France en 2014. Par un arrêté du 20 mars 2024, dont l'intéressé demande l'annulation, le préfet des Yvelines l'a obligé à quitter le territoire français sans délai, a fixé la Tunisie comme pays de destination en cas d'exécution d'office de cette mesure et a prononcé à son encontre une interdiction de retour sur le territoire français d'une durée de deux ans
2. En premier lieu, la signataire de l'arrêté attaqué disposait d'une délégation de signature à cette fin du préfet des Yvelines en date du 29 janvier 2024, régulièrement publiée au recueil des actes administratifs de la préfecture du même jour, en cas d'absence du directeur des migrations de la préfecture. Par suite, le moyen tiré de l'incompétence du signataire de cet arrêté doit être écarté.
3. En deuxième lieu, l'arrêté attaqué vise les dispositions légales et réglementaires sur lesquelles il se fonde et relève, d'une part, que la situation de M. B entre dans le champ d'application des dispositions du 1° de l'article L. 611-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile dès lors qu'il ne peut justifier être entré régulièrement sur le territoire français et que l'intéressé a déclaré n'avoir réalisé aucune démarche pour régulariser sa situation, d'autre part, les éléments de faits relatifs à sa situation personnelle et familiale, et notamment que l'intéressé est célibataire et sans enfants. Par ailleurs, la mesure prescrivant à l'encontre de M. B une interdiction de retour sur le territoire français d'une durée de deux ans fait l'objet d'une motivation distincte et suffisante. Il s'ensuit que M. B n'est pas fondé à soutenir que l'arrêté attaqué serait insuffisamment motivé. Pour les mêmes raisons, l'intéressé n'est pas fondé à soutenir que l'arrêté attaqué serait entaché d'un défaut d'examen de sa situation personnelle.
4. En troisième lieu, aux termes de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales : " Toute personne a droit au respect de sa vie privée et familiale, de son domicile et de sa correspondance () ".
5. M. B, qui est célibataire et n'a pas d'enfant, ne justifie pas disposer d'attaches sur le territoire français, de même qu'il ne démontre pas en être dépourvu dans son pays d'origine. Par ailleurs, la seule circonstance que l'intéressé exercerait une activité professionnelle depuis 2016 ne suffit pas à établir que la mesure d'éloignement porterait une atteinte disproportionnée à son droit au respect de sa vie privée et familiale, alors au demeurant que l'intéressé se trouve en situation irrégulière depuis son entrée alléguée sur le territoire français en 2014 et qu'il a déclaré aux services préfectoraux n'avoir effectué aucune démarche afin de régulariser sa situation. Dans ces conditions, M. B n'est pas fondé à soutenir que l'arrêté attaqué méconnait les stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales. Pour les mêmes raisons, l'intéressé n'est pas davantage fondé à soutenir que la décision litigieuse est entachée d'une erreur manifeste d'appréciation de sa situation personnelle, y compris en ce qu'il prescrit à l'intéressé une interdiction de retour sur le territoire français.
6. En quatrième lieu, aux termes du d) de l'article 7 ter de l'accord franco-tunisien du 17 mars 1988 en matière de séjour et de travail : " Reçoivent de plein droit un titre de séjour renouvelable valable un an et donnant droit à l'exercice d'une activité professionnelle dans les conditions fixées à l'article 7 : () / Les ressortissants tunisiens qui, à la date d'entrée en vigueur de l'accord signé à Tunis le 28 avril 2008, justifient par tous moyens résider habituellement en France depuis plus de dix ans, le séjour en qualité d'étudiant n'étant pas pris en compte dans la limite de cinq ans () ".
7. M. B ne démontre pas résider habituellement en France depuis plus de dix ans à la date de l'arrêté attaqué alors que les pièces qu'il produit n'établissent ni son entrée en France avant le 20 mars 2014, ni sa présence sur le territoire français au cours de l'année 2015, ni d'ailleurs à partir de l'année 2020. Il s'ensuit que l'intéressé n'est pas fondé à soutenir que l'arrêté attaqué méconnaîtrait les stipulations précitées.
8. En dernier lieu, M. B, qui ne démontre pas l'illégalité de la décision portant obligation de quitter le territoire français, n'est pas fondé à soutenir que la décision fixant le pays de destination en cas d'exécution d'office de cette mesure serait illégale par voie d'exception.
9. Il résulte de ce qui précède que les conclusions de la requête de M. B doivent être rejetées, y compris ses conclusions présentées sur le fondement de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
D E C I D E :
Article 1er : La requête de M. B est rejetée.
Article 2 : Le présent jugement sera notifié à M. A B et au préfet des Yvelines.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 7 août 2024.
Le vice-président désigné,
signé
S. Thérain
La greffière,
signé
S. Chatellain
La République mande et ordonne à la préfète des Yvelines en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution du présent jugement.
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026