jeudi 26 septembre 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif d'Amiens |
| Section | Tribunal Administratif d'Amiens |
| N° Dossier | TA80-2401415 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | C |
| Formation | 3ème Chambre |
| Avocat requérant | PORCHER |
Vu la procédure suivante :
Par une requête, enregistrée le 11 avril 2024, Mme B A, représentée par
Me Homehr, demande au tribunal :
1°) d'annuler l'arrêté du 11 mars 2024, par lequel le préfet de la Somme a refusé de lui délivrer un titre de séjour, l'a obligée à quitter le territoire français dans un délai de trente jours et a fixé la République populaire de Chine comme pays de destination en cas d'exécution d'office de cette mesure ;
2°) d'enjoindre au préfet de la Somme de lui délivrer un titre de séjour revêtu de la mention "étudiant", dans un délai d'un mois à compter de la notification du présent jugement ou, à titre subsidiaire, de procéder au réexamen de sa situation dans le même délai et de lui délivrer une autorisation provisoire de séjour pendant ce délai ;
3°) de mettre à la charge de l'Etat une somme de 1 500 euros sur le fondement des articles L. 761-1 du code de justice administrative et 37 de la loi du 10 juillet 1991.
Elle soutient que :
- la décision lui refusant le séjour est signée par une autorité incompétente ;
- elle est insuffisamment motivée ;
- elle méconnait les dispositions de l'article L. 422-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, dès lors qu'elle a obtenu un diplôme universitaire en langue et civilisation française, ainsi que le niveau C1 en langue française, et qu'elle obtient de bonnes notes dans son nouveau domaine d'études, malgré ses problèmes de santé ;
- elle est entachée d'une erreur de fait, dès lors qu'elle a entamé ses études à l'institut national des langues et civilisations orientales.
Par un mémoire en défense, enregistré le 17 mai 2024, le préfet de la Somme conclut au rejet de la requête.
Il soutient que les moyens de la requête ne sont pas fondés.
Mme A a obtenu le bénéfice de l'aide juridictionnelle totale par une décision du
24 avril 2024.
Par ordonnance du 7 mai 2024, la clôture de l'instruction a été fixée au 22 mai 2024, à
12 heures.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;
- le code des relations entre le public et l'administration ;
- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991 ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Le président de la formation de jugement a dispensé la rapporteure publique, sur sa proposition, de prononcer des conclusions à l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de Mme Rondepierre, rapporteure,
- et les observations de Me Porcher, représentant Mme A.
Considérant ce qui suit :
1. Mme B A, ressortissante chinoise, née le 27 février 1999, est entrée en France le 22 janvier 2018, sous couvert d'un visa long séjour en qualité d'étudiante. Elle a présenté, le
6 décembre 2023, une demande de renouvellement de son titre de séjour, sur le fondement des dispositions de l'article L. 422-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile. Par un arrêté du 11 mars 2024, dont elle demande l'annulation, le préfet de la Somme a refusé de lui délivrer le titre de séjour demandé, l'a obligée à quitter le territoire français dans un délai de trente jours et a fixé la République populaire de Chine comme pays de destination en cas d'exécution d'office de cette mesure.
2. En premier lieu, par un arrêté du 15 janvier 2024, régulièrement publié le même jour au numéro spécial du recueil des actes administratifs de la préfecture de la Somme, le préfet de ce département a donné délégation à M. Emmanuel Moulard, secrétaire général de la préfecture de la Somme, à l'effet de signer notamment toutes les décisions et tous les actes de procédure prévus en matière de police des étrangers par le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile. Par suite, le moyen tiré de l'incompétence du signataire de la décision attaquée doit être écarté comme manquant en fait.
3. En deuxième lieu, le refus de délivrance d'un titre de séjour qui a été opposé à
Mme A vise les dispositions légales et réglementaires sur lesquelles il se fonde, et notamment l'article L. 422-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, et rappelle le parcours universitaire de l'intéressée, ainsi que les éléments de la situation personnelle que le préfet a pris en considération. Par suite, Mme A n'est pas fondée à soutenir que la décision refusant le renouvellement de son titre de séjour étudiant est insuffisamment motivée.
4. En dernier lieu, aux termes de l'article L. 422-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " L'étranger qui établit qu'il suit un enseignement en France ou qu'il y fait des études et qui justifie disposer de moyens d'existence suffisants se voit délivrer une carte de séjour temporaire portant la mention " étudiant " d'une durée inférieure ou égale à un an. / () ". Pour l'application des dispositions précitées, il appartient à l'administration, saisie d'une demande de renouvellement d'un titre de séjour en qualité d'étudiant, d'apprécier, sous le contrôle du juge, le caractère réel et sérieux des études poursuivies en tenant compte, notamment, de l'assiduité, de la progression et de la cohérence du cursus suivi et que le postulant dispose de moyens d'existence suffisants, ces critères présentant un caractère cumulatif.
5. Mme A est entrée en France le 22 janvier 2018, sous couvert d'un visa de long séjour étudiant et a obtenu, à l'issue de l'année universitaire 2018/2019, un diplôme universitaire de langue et civilisation française, délivré par l'université de Paris Diderot, ainsi que la validation du niveau C1 en langue française. Pour refuser de renouveler son dernier titre de séjour étudiant, le préfet de la Somme a relevé que l'intéressée a été inscrite en première année de licence en " langues, littérature et civilisations étrangères et régionales ", mention " chinois ", pour les années universitaires 2019/2020, 2020/2021, 2021/2022 et 2022/2023, sans toutefois valider le second semestre de cette formation. Par ailleurs également inscrite, à compter de l'année universitaire 2020/2021, en deuxième année de la même licence, elle a été notée défaillante et ajournée à l'ensemble des sessions d'examen, jusqu'à ce que son inscription pour le second semestre de l'année 2022/2023 soit annulée en janvier 2023. Si elle se prévaut de son état de santé pour justifier ces défaillances, elle ne l'établit pas sérieusement, en se bornant à produire un certificat médical rédigé le 24 février 2021 et aux termes duquel son état de santé justifie son absence jusqu'au 24 juin 2021, ainsi qu'une ordonnance pour un traitement médical en vue d'un voyage à l'étranger, délivrée par le même praticien, le 29 mars 2021. Enfin, alors même qu'elle se prévaut de l'obtention de résultats encourageants obtenus dans le cadre du programme " propédeutique hôtellerie et restauration " dans lequel elle est inscrite au titre de l'année 2023/2024, elle ne justifie pas de la cohérence de cette nouvelle orientation. Dans ces conditions, elle n'est pas fondée à soutenir que le préfet de la Somme aurait méconnu les dispositions précitées en refusant de renouveler son titre de séjour étudiant, la circonstance que l'arrêté, qui a relevé à tort qu'elle était inscrite au sein de l'université de Picardie Jules Verne, alors qu'elle était inscrite à l'institut national des langues et civilisations orientales, n'ayant pas d'incidence sur sa légalité.
6. Il résulte de ce qui précède que les conclusions de la requête de Mme A doivent être rejetées, y compris ses conclusions à fins d'injonction, ainsi que celles qu'elle présente sur le fondement des dispositions des articles L. 761 1 du code de justice administrative et 37 de la loi du 10 juillet 1991.
D E C I D E :
Article 1er : La requête de Mme A est rejetée.
Article 2 : Le présent jugement sera notifié à Mme B A, à Me Homher et au préfet de la Somme.
Délibéré après l'audience du 5 juin 2024, à laquelle siégeaient :
- M. Thérain, président,
- Mme Rondepierre, première conseillère,
- M. Le Gars, conseiller.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 26 septembre 2024.
La rapporteure,
signé
A. Rondepierre
Le président,
signé
S. Thérain
La greffière,
signé
S. Chatellain
La République mande et ordonne au préfet de la Somme en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution du présent jugement.
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026