LogoMeilleurAvocats.fr
AvocatsAssistant IABlogPrix
ConnexionDéposer ma demande

Vous avez un problème juridique ?

Décrivez votre situation en 2 minutes — un avocat spécialisé vous répond sous 24h.

Déposer ma demandeJe suis avocat
Logo MeilleurAvocats.frMeilleurAvocats.fr

Mise en relation avocat–client par l'IA. Gratuit pour les particuliers.

Particuliers

  • Déposer une demande
  • Trouver un avocat
  • Assistant IA gratuit
  • Bibliothèque juridique
  • Guides pratiques
  • Jurisprudence

Avocats

  • Pour les avocats
  • Espace avocat
  • Tarifs et formules
  • Recevoir des leads
  • Programme d'affiliation
  • Contact commercial

Spécialités

  • Droit général
  • Droit du travail
  • Droit de la sécurité sociale et de la protection sociale
  • Droit fiscal et droit douanier
  • Droit de la famille, des personnes et de leur patrimoine
  • Droit immobilier

Légal

  • Mentions légales
  • Confidentialité
  • CGU
  • Cookies
  • Contact

Newsletter juridique hebdomadaire

Décisions clés, évolutions législatives, conseils pratiques — chaque semaine.

© 2026 MeilleurAvocats.fr— KONSEIL SAS. Tous droits réservés.

Mentions légales|Confidentialité|Cookies

BOB★La messagerie française & cryptée pour des échanges confidentiels entre avocats et clients.

En savoir +TéléchargerBOB
AccueilJurisprudence administrativeN° TA80-2401454

Tribunal Administratif d'Amiens — Décision N° TA80-2401454

lundi 13 mai 2024

JuridictionTribunal Administratif d'Amiens
SectionTribunal Administratif d'Amiens
N° DossierTA80-2401454
TypeDécision
RecoursExcès de pouvoir
PublicationC
Avocat requérantPAMLAW - AVOCATS

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête et un mémoire, enregistrés le 12 avril 2024 et le 30 avril 2024, la société Free Mobile représentée par Me Martin demande au juge des référés :

1°) de suspendre sur le fondement de l'article L. 521-1 du code de justice administrative l'exécution de l'arrêté du 4 janvier 2024 par lequel le maire de la commune de Mercin-et-Vaux s'est opposé à la déclaration préalable déposée le 6 novembre 2023 pour l'implantation d'une station de téléphonie mobile sur un terrain cadastré section A n° 1404 situé avenue de Compiègne sur le territoire de cette commune ;

2°) d'enjoindre au maire de Mercin-et-Vaux, de lui délivrer une décision de non-opposition dans un délai d'un mois à compter de la notification de l'ordonnance à intervenir sous astreinte de 500 euros par jour de retard ou, à titre subsidiaire, de réinstruire sa déclaration préalable de travaux dans le même délai ;

3°) de mettre à la charge de la commune de Mercin-et-Vaux une somme de 5 000 euros à lui verser au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Elle soutient que :

- la condition d'urgence est remplie au regard de l'intérêt public qui s'attache à la couverture du territoire national par les réseaux de téléphonie mobile et aux intérêts propres des opérateurs qui ont pris des engagements à ce titre envers l'Etat, sans qu'entre en considération les possibilités de mutualisation de leurs équipements ; en l'espèce, la couverture par le réseau de la société Free Mobile existante est insuffisante pour assurer le maillage efficient du territoire ; l'installation projetée correspondant ainsi à un intérêt public et à son intérêt propre, elle justifie donc de l'urgence à suspendre la décision attaquée ;

- la décision d'opposition est entachée d'une insuffisance de motivation faute de décrire les caractéristiques et l'intérêt du milieu justifiant de s'y opposer sur le fondement de l'article R. 111-27 du code de l'urbanisme ;

- cette décision est entachée d'erreur d'appréciation au regard de cet article dès lors que le site d'implantation est une zone dédiée aux activités artisanales et commerciales dont le bâti ne présente aucun intérêt particulier et que la station en cause est composée d'un pylône tubulaire radomé afin d'atténuer son impact visuel ;

- en l'absence d'aucun autre motif susceptible de fonder l'opposition au projet, il convient d'enjoindre la délivrance d'un arrêté de non-opposition.

Par un mémoire en défense, enregistré le 29 avril 2024, la commune de Mercin-et-Vaux, représentée par Me Temps conclut au rejet de la requête et à la mise à la charge de la société Free Mobile d'une somme de 2 000 euros à lui verser au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Elle soutient que la requête ne satisfait ni à la condition d'urgence, dès lors que les installations dont la société Free Mobile dispose elle-même assurent déjà une couverture efficiente, ni à celle de doute sérieux prévues par l'article L. 521-1 du code de justice administrative.

Vu :

- la requête enregistrée le 4 mars 2024 sous le n°2400833 par laquelle la société Free Mobile demande l'annulation de l'arrêté attaqué ;

- les autres pièces du dossier.

Vu :

- le code de l'urbanisme ;

- le code des relations entre le public et l'administration ;

- le code de justice administrative.

La présidente du tribunal a désigné M. Binand, vice-président, pour statuer sur les demandes de référé.

Les parties ont été régulièrement averties de l'audience publique du 30 avril 2024 à 14h30.

Ont été entendus au cours de l'audience publique, en présence de Mme Grare, greffière :

- le rapport de M. Binand, juge des référés ;

- les observations de Me Mirabel, représentant la société Free Mobile qui reprend en les développant oralement les moyens et arguments déjà exposés ;

- et les observations de Me Temps, représentant la commune de Mercin-et-Vaux qui insiste, s'agissant du défaut d'urgence, sur l'absence de zone blanche et sur le délai d'un mois écoulé entre la requête au fond et la présente requête à fin de suspension et, s'agissant de l'absence de doute sérieux sur la légalité de l'arrêté contesté, sur l'intérêt particulier du site, compte tenu de la présence d'un lac aménagé accueillant un établissement de cure thermale à un peu plus de cinquante mètres et de la visibilité à 1700 mètres de la cathédrale de Soissons.

La clôture de l'instruction a été prononcée à l'issue de l'audience.

Considérant ce qui suit :

1. Aux termes de l'article L. 521-1 du code de justice administrative : " Quand une décision administrative, même de rejet, fait l'objet d'une requête en annulation ou en réformation, le juge des référés, saisi d'une demande en ce sens, peut ordonner la suspension de l'exécution de cette décision, ou de certains de ses effets, lorsque l'urgence le justifie et qu'il est fait état d'un moyen propre à créer, en l'état de l'instruction, un doute sérieux quant à la légalité de la décision. " et aux termes du premier alinéa de l'article R. 522-1 dudit code : " La requête visant au prononcé de mesures d'urgence doit () justifier de l'urgence de l'affaire ".

2. La société Free Mobile a déposé le 6 novembre 2023 un dossier de déclaration préalable, enregistré sous le n° DP 02477 23 AS0022, ayant pour objet l'installation d'une station de relais de téléphonie mobile sur un terrain cadastré section A n° 1404 situé avenue de Compiègne sur le territoire la commune de Mercin-et-Vaux. Par un arrêté du 4 janvier 2024, qui a été notifié le 9 janvier 2024, le maire de la commune de Mercin-et-Vaux s'est opposé à cette déclaration préalable. Par la présente requête, la société Free Mobile demande au juge des référés, sur le fondement de l'article L.521-1 du code de justice administrative, de suspendre l'exécution de cet arrêté jusqu'à ce qu'il soit statué au fond sur sa légalité.

Sur l'urgence :

3. L'urgence justifie que soit prononcée la suspension d'un acte administratif lorsque l'exécution de celui-ci porte atteinte, de manière suffisamment grave et immédiate, à un intérêt public, à la situation du requérant ou aux intérêts qu'il entend défendre. Il appartient au juge des référés d'apprécier concrètement, compte tenu des justifications fournies par le demandeur, si les effets de l'acte litigieux sont de nature à caractériser une urgence justifiant que, sans attendre le jugement de la requête au fond, l'exécution de la décision soit suspendue.

4. En l'espèce, eu égard à l'intérêt public qui s'attache à la couverture du territoire national par le réseau de téléphonie mobile et aux intérêts propres de la société Free Mobile, qui d'une part, a pris des engagements de couverture du territoire envers l'Etat, notamment dans ses cahiers des charges " 4 G " et " THD " dont les exigences ne sont pas encore satisfaites par cette société au niveau national et d'autre part, à la circonstance, établie par les simulations cartographiques produites au dossier non précisément contestées en retour, que la partie du territoire de la commune de Mercin-et-Vaux sur laquelle le projet, objet du litige, doit être implanté n'est pas suffisamment couverte par les installations de réseau notamment " 4G " de téléphonie mobile exploité par la société Free Mobile, cette société justifie de l'urgence qui s'attache à ce que cette décision soit suspendue, sans attendre le jugement de la requête à fin d'annulation dirigée à son encontre. Par suite, la condition d'urgence exigée par les dispositions précitées de l'article L. 521-1 du code de justice administrative doit être regardée comme remplie.

Sur les moyens propres à créer un doute sérieux quant à la légalité de la décision attaquée :

5. En premier lieu, le maire de la commune de Mercin-et-Vaux s'est borné à mentionner, dans l'arrêté attaqué, l'existence d'un plan de prévention des risques d'inondation et de coulées de boues, ainsi que d'un plan local d'urbanisme applicables au secteur concerné et à viser différents articles du code de l'urbanisme, en rappelant particulièrement les dispositions de l'article R. 111-27 de ce code, sans exposer toutefois la moindre considération se rapportant aux faits qui l'ont conduit à s'opposer au projet de construction. Dans ces conditions, le moyen tiré de ce que l'arrêté d'opposition à déclaration préalable est entaché d'un défaut de motivation est propre à faire naître en l'état de l'instruction un doute sérieux sur la légalité de cette décision.

6. En second lieu, le projet de la société Free Mobile, qui comporte un pylône tubulaire de 30 mètres de haut peint en blanc avec radome est implanté en fond de parcelle, à l'arrière d'un supermarché, qu'il surplombe, dont l'architecture ne présente aucun intérêt particulier et d'un parking de stationnement de véhicules automobiles. Il est situé dans un environnement urbain constitué d'une part à l'est, à une centaine de mètres, par des immeubles d'habitation collective de plusieurs étages d'aspect massif, avec une perspective partielle et plus lointaine sur la cathédrale de Soissons à 1 700 mètres, d'autre part, plus au nord, par un habitat de type pavillonnaire et s'ouvre directement vers le sud sur des espaces non bâtis et agricoles dans un paysage lointain boisé. Enfin, un complexe de loisirs aquatiques et de détente d'architecture contemporaine dans les tons gris et blanc est édifié à une soixantaine de mètres à l'ouest du pylône, sur la berge d'un lac aménagé. Dans ces conditions, le moyen tiré de ce que le projet de la société Free Mobile n'est pas de nature à porter atteinte aux intérêts protégés par l'article R. 111-27 du code de l'urbanisme contrairement à l'appréciation portée par le maire de Mercin-et-Vaux, est également propre à faire naître, en l'état de l'instruction, un doute sérieux sur la légalité de l'arrêté litigieux.

7. Il résulte de tout ce qui précède que la société Free Mobile est fondée à demander au juge des référés de suspendre l'exécution de l'arrêté du 4 janvier 2024 du maire de la commune de Mercin-et-Vaux jusqu'à ce qu'il soit statué sur sa requête au fond.

Sur les conclusions à fin d'injonction :

8. Lorsque le juge suspend un refus d'autorisation ou une opposition à une déclaration après avoir censuré l'ensemble des motifs que l'autorité compétente a énoncés dans sa décision conformément aux prescriptions de l'article L. 424-3 du code de l'urbanisme ainsi que, le cas échéant, les motifs qu'elle a pu invoquer en cours d'instance, il doit, s'il est saisi de conclusions à fin d'injonction, ordonner à l'autorité compétente de délivrer l'autorisation ou de prendre une décision de non-opposition. Il n'en va autrement que s'il résulte de l'instruction que les dispositions en vigueur à la date de la décision ainsi suspendue interdisent de l'accueillir pour un motif que l'administration n'a pas relevé, ou que, par suite d'un changement de circonstances, la situation de fait existant à la date de l'ordonnance y fait obstacle. La décision de l'administration prise en exécution de cette injonction ne revêt toutefois qu'un caractère provisoire dans l'attente du jugement à intervenir sur la requête tendant à l'annulation de l'autorisation d'urbanisme ou de la déclaration préalable en cause.

9. En l'espèce, il ne résulte pas de l'instruction et il n'est pas allégué par la commune de Mercin-et-Vaux, y compris à l'audience, que les dispositions en vigueur à la date de la décision suspendue et notamment celles du plan local d'urbanisme applicable, interdiraient que la demande puisse être accueillie pour un motif que l'administration n'a pas relevé ou que, par suite d'un changement de circonstances, la situation de fait existant à la date de la présente ordonnance y ferait obstacle. Par suite, la présente ordonnance implique nécessairement d'enjoindre au maire de la commune de Mercin-et-Vaux de délivrer, à titre provisoire, une décision de non opposition à déclaration préalable à la société Free Mobile dans un délai d'un mois à compter de sa notification. Il n'y a pas lieu, en l'espèce, d'assortir cette injonction d'une astreinte.

Sur les conclusions tendant à l'application de l'article L.761-1 du code de justice administrative :

10. Dans les circonstances de l'espèce, il y a lieu de mettre à la charge de la commune de Mercin-et-Vaux une somme de 1 000 euros sur le fondement des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative. En revanche, la société Free Mobile n'étant pas la partie perdante, les conclusions présentées par la commune de Mercin-et-Vaux tendant à l'application de ces mêmes dispositions doivent être rejetées.

O R D O N N E :

Article 1er : L'exécution de l'arrêté du 4 janvier 2024 du maire de la commune de Mercin-et-Vaux est suspendue jusqu'à ce qu'il soit statué au fond sur la requête de la société Free Mobile tendant à son annulation.

Article 2 : Il est enjoint au maire de Mercin-et-Vaux de délivrer à titre provisoire une décision de non-opposition à la déclaration préalable la société Free Mobile dans le délai d'un mois suivant la notification de la présente ordonnance.

Article 3: La commune de Mercin-et-Vaux versera une somme de 1 000 euros à la société Free Mobile au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Article 4 : Les conclusions présentées par la commune de Mercin-et-Vaux au titre des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative sont rejetées.

Article 5 : Le surplus des conclusions de la société Free Mobile est rejeté.

Article 6 : La présente ordonnance sera notifiée à la société Free Mobile et à la commune de Mercin-et-Vaux.

Fait à Amiens, le 13 mai 2024.

Le juge des référés, La greffière,

Signé : Signé :

C. Binand S. Grare

La République mande et ordonne au préfet de l'Aisne, en ce qui le concerne et à tous commissaires de justice à ce requis, en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente ordonnance.

N°2401454

Décisions similaires

TA13Excès de pouvoir

Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292

Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.

01/06/2026

TA13Excès de pouvoir

Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430

Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.

01/06/2026

TA13Excès de pouvoir

Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432

Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.

01/06/2026

TA13Excès de pouvoir

Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881

Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.

01/06/2026

← Retour aux décisions