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AccueilJurisprudence administrativeN° TA80-2401455

Tribunal Administratif d'Amiens — Décision N° TA80-2401455

lundi 7 octobre 2024

JuridictionTribunal Administratif d'Amiens
SectionTribunal Administratif d'Amiens
N° DossierTA80-2401455
TypeDécision
RecoursExcès de pouvoir
PublicationD
Avocat requérantSORRIAUX JONATHAN

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête, enregistrée le 12 avril 2024, M. B C A, représenté par Me Sorriaux, demande au juge des référés :

1°) d'ordonner, sur le fondement de l'article L. 521-1 du code de justice administrative, la suspension de l'exécution de l'arrêté du 13 mars 2024 par lequel la préfète de l'Oise a rejeté sa demande de titre de séjour, l'a obligé à quitter le territoire dans un délai de trente jours et a fixé le Mali comme pays de destination en cas d'exécution d'office de cette mesure ;

2°) d'enjoindre à la préfète de l'Oise de procéder au réexamen de sa demande dans un délai de 15 jours à compter de la notification de la décision à intervenir et sous astreinte de

50 euros par jour de retard, et à défaut, de procéder au réexamen de sa situation dans un délai d'un mois à compter de la notification de la décision à intervenir et sous astreinte de 150 euros par jour de retard ;

3°) de mettre à la charge de l'Etat une somme de 1 800 euros à verser à son conseil sur le fondement des articles L. 761-1 du code de justice administrative et 37 de la loi du 10 juillet 1991, ou à verser au requérant sur le fondement de l'article L. 761-1 du code de justice administrative en cas de non admission au bénéfice de l'aide juridictionnelle.

Il soutient que :

- l'arrêté contesté crée une situation d'urgence, dès lors qu'il a été mis à pied par son employeur, lequel risque de mettre fin à son contrat d'apprentissage en l'absence de régularisation de sa situation administrative, tandis qu'il souhaite l'embaucher au terme de ce contrat et que l'arrêté contesté a pour effet de le priver de ressources ;

- il existe un doute sérieux sur la légalité de l'arrêté contesté, dès lors qu'en considérant que la production de deux jugements supplétifs dans le cadre de deux procédures différentes présentait en elle-même un caractère frauduleux de nature à remettre en cause l'authenticité des pièces justifiant de son état civil, la préfète a entaché son arrêté d'une erreur manifeste d'appréciation ;

- l'arrêté contesté méconnait les stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales, dès lors qu'il dispose d'attaches sur le territoire français tandis qu'il en est dépourvu dans son pays d'origine, qu'il dispose d'un contrat d'apprentissage et qu'il est intégré à la société française.

Vu :

- les autres pièces du dossier ;

- la requête enregistrée sous le n° 2401437 par laquelle M. A demande l'annulation de la décision contestée.

Vu le code de justice administrative.

La présidente du tribunal a désigné M. Thérain, vice-président, pour statuer sur les demandes de référé.

Considérant ce qui suit :

1. Aux termes de l'article R. 222-1 du code de justice administrative : " () les présidents de formation de jugement des tribunaux () peuvent, par ordonnance : / () 3° Constater qu'il n'y a pas lieu de statuer sur une requête () "

2. Aux termes de L. 521-1 du code de justice administrative : " Quand une décision administrative, même de rejet, fait l'objet d'une requête en annulation ou en réformation, le juge des référés, saisi d'une demande en ce sens, peut ordonner la suspension de l'exécution de cette décision, ou de certains de ses effets, lorsque l'urgence le justifie et qu'il est fait état d'un moyen propre à créer, en l'état de l'instruction, un doute sérieux quant à la légalité de la décision () ". Selon l'article L. 522-3 du même code : " Lorsque la demande ne présente pas un caractère d'urgence ou lorsqu'il apparaît manifeste, au vu de la demande, que celle-ci ne relève pas de la compétence de la juridiction administrative, qu'elle est irrecevable ou qu'elle est mal fondée, le juge des référés peut la rejeter par une ordonnance motivée sans qu'il y ait lieu d'appliquer les deux premiers alinéas de l'article L. 522-1 ". Aux termes de son article R. 522-1 : " La requête visant au prononcé de mesures d'urgence doit () justifier de l'urgence de l'affaire () ".

3. Les pouvoirs conférés par l'article L. 521-1 du code de justice administrative au juge des référés ne sont susceptibles d'être mis en œuvre que pour autant que la demande tendant à cette fin conserve un objet. Par un jugement du 30 septembre 2024, la requête de

M. A enregistrée sous le n° 2401437 tendant à l'annulation de l'arrêté qu'il conteste a été rejetée. La demande présentée au titre de la présente instance de référé tendant à la suspension de son exécution, qui était au demeurant dénuée d'urgence, se trouvant ainsi dépourvue d'objet, il n'y a pas lieu d'y statuer.

4. La présente ordonnance n'impliquant aucune mesure d'exécution, les conclusions aux fins d'injonction de la requête doivent par suite être rejetées.

5. Il n'y a pas lieu de faire droit aux conclusions que le requérant présente sur le fondement des articles L. 761-1 du code de justice administrative et 37 de la loi du 10 juillet 1991.

O R D O N N E :

Article 1er : Il n'y pas lieu de statuer sur les conclusions aux fins de suspension d'exécution de la requête de M. A.

Article 2 : Le surplus des conclusions de la requête est rejeté.

Article 3 : La présente ordonnance sera notifiée à M. B C A.

Fait à Amiens, le 7 octobre 2024.

Le président de la 3ème chambre,

Juge des référés,

Signé :

S. Thérain

La République mande et ordonne à la préfète de l'Oise en ce qui la concerne et à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées de pourvoir à l'exécution de la présente ordonnance.

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