lundi 30 septembre 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif d'Amiens |
| Section | Tribunal Administratif d'Amiens |
| N° Dossier | TA80-2401469 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | C |
| Formation | 3ème Chambre |
| Avocat requérant | PORCHER |
Vu la procédure suivante :
Par une requête enregistrée le 15 avril 2024, Mme A C B, représentée par Me Porcher, demande au tribunal :
1°) d'annuler l'arrêté du 2 janvier 2024 par lequel le préfet de la Somme a refusé de lui renouveler son titre de séjour mention "étudiant", l'a obligée à quitter le territoire français dans un délai de trente jours et a fixé le Gabon comme pays de destination en cas d'exécution d'office de la mesure ;
2°) d'enjoindre au préfet de la Somme de lui délivrer un titre de séjour portant la mention " étudiant " dans un délai d'un mois à compter de la notification du jugement à intervenir et, subsidiairement, de réexaminer sa situation et de lui délivrer une autorisation provisoire de séjour sans délai ;
3°) de mettre à la charge de l'Etat une somme de 1 500 euros à verser à son avocat sur le fondement des articles 37 de la loi du 10 juillet 1991 et L. 761-1 du code de justice administrative, sous réserve qu'il renonce à percevoir la part contributive de l'Etat.
Elle soutient que :
- l'arrêté attaqué a été pris par une autorité incompétente ;
- l'arrêté attaqué est entaché d'un vice de forme dès lors que la signature de l'arrêté ne fait pas mention du département de compétence du préfet ;
- il est insuffisamment motivé ;
- le refus de délivrance d'un titre de séjour méconnaît les stipulations de l'article 9 la convention franco-gabonaise du 2 décembre 1992 dès lors que ses études présentent un caractère réel et sérieux.
Le préfet de la Somme a présenté des pièces le 5 juin 2024.
Par une décision du 7 février 2024, Mme B a été admise au bénéfice de l'aide juridictionnelle totale.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;
- la convention franco-gabonaise relative à la circulation et au séjour des personnes, signée à Paris du 2 décembre 1992 ;
- le code des relations entre le public et l'administration ;
- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991 relative à l'aide juridique ;
- le code de justice administrative.
Le président de la formation de jugement a dispensé la rapporteure publique, sur sa proposition, de prononcer des conclusions à l'audience.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de M. Le Gars, rapporteur,
- et les observations de Me Homehr, représentant Mme B.
Considérant ce qui suit :
1. Mme A C B, ressortissante gabonaise née le 23 août 1998, est entrée sur le territoire français le 17 octobre 2017, sous couvert d'un visa de long séjour et s'est ultérieurement vue délivrer un titre de séjour mention "étudiant". Le 16 novembre 2023, elle a déposé une demande de renouvellement de ce titre sur le fondement de l'article 9 de la convention franco-gabonaise relative à la circulation et au séjour des personnes du 2 décembre 1992. Par un arrêté du 2 janvier 2024, dont l'intéressée demande l'annulation, le préfet de la Somme a refusé de lui renouveler son titre de séjour, l'a obligée à quitter le territoire français dans un délai de trente jours et a fixé le Gabon comme pays de destination en cas d'exécution d'office de la mesure.
2. En premier lieu, par un arrêté du 15 janvier 2024, régulièrement publié le même jour au numéro spécial du recueil des actes administratifs de la préfecture de la Somme, le préfet de ce département a donné délégation à M. Emmanuel Moulard, secrétaire général de la préfecture de la Somme, à l'effet de signer notamment toutes les décisions et tous les actes de procédure prévus en matière de police des étrangers par le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile. Par suite, le moyen tiré de l'incompétence du signataire de la décision attaquée doit être écarté comme manquant en fait.
3. En deuxième lieu, l'arrêté attaqué mentionne le département, en l'espèce celui de la Somme, dont le signataire est le préfet. Dans ces conditions, le moyen tiré du défaut d'indication de cette qualité en l'absence de cette mention doit être écarté.
4. En troisième lieu, le refus de délivrance d'un titre de séjour qui a été opposé à
Mme B vise les stipulations de la convention franco-gabonaise du 2 décembre 1992 sur lesquelles il se fonde et précise les éléments qu'il a pris en compte pour considérer que les études de l'intéressée ne présentaient pas un caractère réel et sérieux. Par ailleurs, la décision obligeant Mme B à quitter le territoire français vise le 3° de l'article L. 611-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile et n'avait pas à faire l'objet d'une motivation distincte de celle de la décision lui refusant un titre de séjour. En outre, en indiquant que Mme B n'établissait pas être exposée à des peines ou des traitements contraires à la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales en cas de retour au Gabon, le préfet a également suffisamment motivé sa décision fixant le pays de destination. Enfin, la décision accordant à Mme B le bénéfice d'un délai de départ volontaire de trente jours n'avait pas à faire l'objet d'une motivation distincte en l'absence de demande par l'intéressé d'un délai plus long que celui de droit commun. Dans ces conditions, le moyen tiré de l'insuffisance de motivation en fait de l'arrêté attaqué doit être écarté.
5. En quatrième et dernier lieu, aux termes, d'une part, de l'article 9 de la convention franco-gabonaise du 2 décembre 1992 : " Les ressortissants de chacune des Parties contractantes désireux de poursuivre des études supérieures ou d'effectuer un stage de formation de niveau supérieur sur le territoire de l'autre doivent, outre le visa de long séjour prévu à l'article 4, justifier d'une attestation d'inscription ou de préinscription dans l'établissement d'enseignement où s'effectue le stage, ainsi que, dans tous les cas, de moyens d'existence suffisants () ". Pour l'application de cette stipulation, il appartient à l'administration, saisie d'une demande de renouvellement d'une carte de séjour portant la mention "étudiant", d'apprécier, sous l'entier contrôle du juge, si le demandeur peut être regardé comme poursuivant effectivement ses études. Le renouvellement de ce titre de séjour est ainsi subordonné au caractère réel et sérieux des études poursuivies.
6. Mme B est entrée en France le 17 octobre 2017 afin d'y effectuer des études en faculté de droit à l'Université de Picardie. Il ressort toutefois des pièces du dossier qu'elle a été ajournée au terme de sa première année de Licence de droit en 2018 après avoir obtenu une moyenne générale 6,8/20. Si Mme B a validé sa première année de Licence de droit en 2019, elle a toutefois été ajournée en 2020 à l'issue de sa deuxième année de Licence avec une moyenne générale de 8,5/20. En 2021, l'intéressée a validé par compensation sa deuxième année de Licence et a été défaillante pour sa troisième année de Licence de droit qu'elle n'a pas validée aux termes des deux années universitaires 2021/2022 et 2022/2023. Si Mme B se prévaut d'avoir été contrainte d'exercer une activité professionnelle en 2019 après avoir été victime d'une escroquerie, cette seule circonstance ne saurait justifier que l'intéressée n'ait pas validé sa troisième année Licence de droit au terme de six années d'études, alors qu'il résulte des stipulations précitées que le demandeur d'un titre étudiant doit par ailleurs justifier de ressources suffisantes. Dans ces conditions,
Mme B n'est pas fondée à soutenir que le préfet de la Somme a méconnu les stipulations de l'article 9 de la convention franco-gabonaise du 2 décembre 1992 en considérant que ses études ne présentaient pas un caractère réel et sérieux.
7. Il résulte de tout ce qui précède que Mme B n'est pas fondée à demander l'annulation de l'arrêté attaqué. En conséquence, ses conclusions à fin d'injonction et celles présentées sur le fondement de l'article L. 761-1 du code de justice administrative doivent être rejetées.
D E C I D E :
Article 1er : La requête de M. B est rejetée.
Article 2 : Le présent jugement sera notifié à Mme A C B, à Me Porcher et au préfet de la Somme.
Délibéré après l'audience du 3 juillet 2024, à laquelle siégeaient :
- M. Thérain, président,
- Mme Rondepierre, première conseillère,
- M. Le Gars, conseiller.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 30 septembre 2024.
Le rapporteur,
signé
V. Le Gars
Le président,
signé
S. Thérain
La greffière,
signé
S. Chatellain
La République mande et ordonne au préfet de la Somme en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution du présent jugement.
No 2401469
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026