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AccueilJurisprudence administrativeN° TA80-2401480

Tribunal Administratif d'Amiens — Décision N° TA80-2401480

lundi 6 mai 2024

JuridictionTribunal Administratif d'Amiens
SectionTribunal Administratif d'Amiens
N° DossierTA80-2401480
TypeDécision
RecoursExcès de pouvoir
PublicationC
Avocat requérantAKHZAM KHADIJA

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête enregistrée le 15 avril 2024, M. A B, représenté par Me Azkham, demande au juge des référés :

1°) de suspendre, sur le fondement de l'article L. 521-1 du code de justice administrative, l'exécution de la décision implicite de rejet que la préfète de l'Oise a opposé à sa demande de délivrance d'un certificat de résidence algérien d'une durée de dix ans qu'il a déposée le 11 mai 2022, jusqu'à ce qu'il soit statué au fond sur la légalité de cette décision ;

2°) d'enjoindre à la préfète de l'Oise de lui délivrer un récépissé de cette demande de titre de séjour dans un délai d'un mois à compter de la notification de la décision à intervenir, sous astreinte de 200 euros par jours de retard ;

3°) de mettre à la charge de l'État une somme de 1 800 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Il soutient que :

- en l'absence de renouvellement du certificat de résidence d'une durée d'un an venu à échéance le 7 juin 2023 et d'un document provisoire autorisant son séjour depuis le 7 décembre 2023, il se trouve dans une situation de précarité et ne peut plus exercer d'activité professionnelle, la condition d'urgence est donc remplie ;

- les moyens tirés de ce que cette décision est insuffisamment motivée en droit et en fait, alors qu'il a demandé vainement la communication de ses motifs, et qu'elle méconnaît les stipulations des articles 6 et 7 bis de l'accord franco-algérien sont propres à créer un doute sérieux sur sa légalité.

La requête a été communiquée à la préfète de l'Oise qui n'a pas présenté d'observations.

Vu :

- la requête de M. B enregistrée le 11 août 2022 sous le n° 2202660 ;

- les autres pièces du dossier.

Vu :

- l'accord franco-algérien du 27 décembre 1968 ;

- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;

- le code de justice administrative.

La présidente du tribunal a désigné M. Binand, vice-président, pour statuer sur les demandes de référé.

Les parties ont été régulièrement averties de l'audience publique du 30 avril 2024 à 14h00.

Ont été entendus au cours de l'audience publique, en présence de Mme Grare, greffière :

- le rapport de M. Binand, juge des référés ;

- et les observations de M. C substituant Me Akzham pour M. B qui reprend les moyens et arguments déjà exposés dans ses écritures.

La clôture de l'instruction a été prononcée à l'issue de l'audience.

Considérant ce qui suit :

1. M, B, ressortissant algérien né le 21 août 1982 demande au juge des référés d'ordonner la suspension de la décision implicite par laquelle la préfète de l'Oise a rejeté la demande de délivrance d'un certificat de résidence d'une durée de dix ans dont il l'a saisie le 11 mai 2022.

2. Aux termes de l'article L. 521-1 du code de justice administrative : " Quand une décision administrative, même de rejet, fait l'objet d'une requête en annulation ou en réformation, le juge des référés, saisi d'une demande en ce sens, peut ordonner la suspension de l'exécution de cette décision, ou de certains de ses effets, lorsque l'urgence le justifie et qu'il est fait état d'un moyen propre à créer, en l'état de l'instruction, un doute sérieux quant à la légalité de la décision () ".

3. L'urgence justifie que soit prononcée la suspension d'un acte administratif lorsque l'exécution de celui-ci porte atteinte, de manière suffisamment grave et immédiate, à un intérêt public, à la situation du requérant ou aux intérêts qu'il entend défendre. Il appartient au juge des référés, saisi d'une demande de suspension d'une décision refusant la délivrance d'un titre de séjour, d'apprécier et de motiver l'urgence compte tenu de l'incidence immédiate du refus de titre de séjour sur la situation concrète de l'intéressé. Cette condition d'urgence est en principe constatée dans le cas d'un refus de renouvellement du titre de séjour, comme d'ailleurs d'un retrait de celui-ci. Dans les autres cas, il appartient au requérant de justifier de circonstances particulières caractérisant la nécessité pour lui de bénéficier à très bref délai d'une mesure provisoire dans l'attente d'une décision juridictionnelle statuant sur la légalité de la décision litigieuse.

4. En l'espèce, il résulte de l'instruction que M. B, s'est vu délivrer le 8 juin 2020 un certificat de résidence d'une durée d'un an en qualité de conjoint d'une ressortissante française, qui lui a été renouvelé jusqu'au 7 juin 2022. En réponse à la demande de délivrance d'un titre de séjour d'une durée de validité de dix ans qu'il a présentée le 11 mai 2022, sur le fondement des stipulations du a) de l'article 7 bis de l'accord franco-algérien du 27 décembre 1968, la préfète de l'Oise a seulement renouvelé son certificat de résidence pour une durée d'un an à compter du 8 juin 2022.

5. La décision implicite, née en 2022, refusant de délivrer un titre de séjour d'une durée de dix ans dont la suspension de l'exécution est demandée n'a eu, par elle-même, ni pour effet ni pour objet de refuser le renouvellement d'un titre de séjour ou de le retirer, puisque M. B ne disposait alors que d'un titre de séjour annuel, qui lui a été renouvelé. Aussi, il appartient au requérant de justifier de circonstances particulières caractérisant la nécessité pour lui de bénéficier à très bref délai d'une mesure provisoire dans l'attente d'une décision juridictionnelle statuant sur la légalité de cette décision. Pour cela M. B fait valoir, d'une part qu'il ne dispose plus d'aucun document l'autorisant à séjourner en France, depuis le 7 décembre 2023, date à laquelle le récépissé qui lui a été délivré pour l'instruction de la dernière demande de renouvellement de son titre de séjour annuel est venu à expiration et d'autre part, les difficultés actuelles de son foyer à faire face aux charges de la vie courante et notamment à des dettes locatives. Toutefois, il n'apporte aucun élément permettant d'apprécier les ressources des membres de son foyer et notamment les revenus professionnels dont la privation serait directement imputable à l'impossibilité de justifier du caractère régulier de son séjour et à laquelle la mesure de suspension demandée pourrait remédier à très court terme. Dans ces circonstances, et compte tenu de la date prévisible du jugement de la requête au fond de M. B, qui sera appelée à l'audience le 17 mai 2024, la situation dont ce dernier fait état ne présente pas un caractère d'urgence, justifiant qu'il soit fait application des dispositions de l'article L. 521-1 du code de justice administrative.

6. Il résulte de ce qui précède que, la condition d'urgence n'étant pas remplie, la demande de suspension doit être rejetée, sans qu'il soit besoin d'examiner la condition tenant à l'existence d'un doute sérieux sur la légalité de la décision implicite de la préfète de l'Oise. Par voie de conséquence, les conclusions à fin d'injonction et celles que M. B présente sur le fondement de l'article L. 761-1 du code de justice administrative doivent être rejetées.

O R D O N N E :

Article 1er : La requête de M. B est rejetée.

Article 2 : La présente ordonnance sera notifiée à M. A B et à la préfète de l'Oise.

Fait à Amiens, le 6 mai 2024.

Le juge des référés,

Signé :

C. Binand

La République mande et ordonne à la préfète de l'Oise, en ce qui la concerne et à tous commissaires de justice à ce requis, en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente ordonnance.

N°2401480

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