LogoMeilleurAvocats.fr
AvocatsAssistant IABlogPrix
ConnexionDéposer ma demande

Vous avez un problème juridique ?

Décrivez votre situation en 2 minutes — un avocat spécialisé vous répond sous 24h.

Déposer ma demandeJe suis avocat
Logo MeilleurAvocats.frMeilleurAvocats.fr

Mise en relation avocat–client par l'IA. Gratuit pour les particuliers.

Particuliers

  • Déposer une demande
  • Trouver un avocat
  • Assistant IA gratuit
  • Bibliothèque juridique
  • Guides pratiques
  • Jurisprudence

Avocats

  • Pour les avocats
  • Espace avocat
  • Tarifs et formules
  • Recevoir des leads
  • Programme d'affiliation
  • Contact commercial

Spécialités

  • Droit général
  • Droit du travail
  • Droit de la sécurité sociale et de la protection sociale
  • Droit fiscal et droit douanier
  • Droit de la famille, des personnes et de leur patrimoine
  • Droit immobilier

Légal

  • Mentions légales
  • Confidentialité
  • CGU
  • Cookies
  • Contact

Newsletter juridique hebdomadaire

Décisions clés, évolutions législatives, conseils pratiques — chaque semaine.

© 2026 MeilleurAvocats.fr— KONSEIL SAS. Tous droits réservés.

Mentions légales|Confidentialité|Cookies

BOB★La messagerie française & cryptée pour des échanges confidentiels entre avocats et clients.

En savoir +TéléchargerBOB
AccueilJurisprudence administrativeN° TA80-2401505

Tribunal Administratif d'Amiens — Décision N° TA80-2401505

mardi 21 mai 2024

JuridictionTribunal Administratif d'Amiens
SectionTribunal Administratif d'Amiens
N° DossierTA80-2401505
TypeDécision
RecoursExcès de pouvoir
FormationJU1
Avocat requérantSALIGARI

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête, enregistrée 16 avril 2024, M. B E, représenté par Me Saligari, demande au tribunal :

1°) de lui accorder le bénéfice de l'aide juridictionnelle à titre provisoire ;

2°) à titre principal, d'annuler l'arrêté du 18 mars 2024 par lequel le préfet de l'Aisne a rejeté sa demande de titre de séjour au titre de l'asile, l'a obligé à quitter le territoire français dans un délai de trente jours, a fixé le pays de destination de la mesure d'éloignement, lui a fait obligation de se présenter tous les mardis et vendredis à 8h30 auprès des services de gendarmerie des Septvallons et a prononcé à son encontre une interdiction de retour sur le territoire français d'une durée deux ans ;

3°) d'enjoindre au préfet territorialement compétent de lui délivrer un titre de séjour dans un délai de quinze jours à compter de la notification du jugement à intervenir sous astreinte de 100 euros par jour de retard ou de réexaminer sa situation dans le même délai sous la même astreinte ;

4°) à titre subsidiaire, de suspendre l'exécution de l'arrêté du 18 mars 2024 ;

5°) de mettre à la charge de l'Etat, au bénéfice de son conseil, la somme de 1 500 euros en application des articles L. 761-1 du code de justice administrative et 37 de la loi du 10 juillet 1991 ou, à défaut d'admission au bénéfice de l'aide juridictionnelle, de mettre à la charge de l'Etat la même somme au titre de l'article L.761-1 du même code.

Il soutient que :

En ce qui concerne la décision portant obligation de quitter le territoire français :

- elle est insuffisamment motivée ;

- elle est entachée d'un défaut d'examen complet de sa situation ;

- elle méconnaît les dispositions du 4° de l'article L.611-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;

- elle méconnaît les dispositions de l'article L.541-2 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;

- elle méconnaît l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;

- elle est entachée d'une erreur manifeste d'appréciation de ses conséquences sur sa situation personnelle ;

En ce qui concerne la décision fixant le pays de destination de la mesure d'éloignement :

- elle est insuffisamment motivée ;

- elle est entachée d'un défaut d'examen complet de sa situation ;

- elle méconnaît l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;

- elle est entachée d'une erreur manifeste d'appréciation de ses conséquences sur sa situation personnelle ;

- elle est illégale par voie d'exception de l'illégalité de la décision portant obligation de quitter le territoire français ;

- elle méconnaît les dispositions de l'article L.513-2 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;

- elle méconnaît l'article 3 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;

En ce qui concerne la décision portant obligation de se présenter tous les mardis et vendredis à 8h30 à la gendarmerie des Septvallons :

- elle est insuffisamment motivée ;

- elle est entachée d'un défaut d'examen complet de sa situation ;

- elle méconnaît l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;

- elle est entachée d'une erreur manifeste d'appréciation de ses conséquences sur sa situation personnelle ;

- elle est illégale par voie d'exception de l'illégalité de la décision portant obligation de quitter le territoire français ;

En ce qui concerne la décision portant interdiction de retour sur le territoire français :

- elle est insuffisamment motivée ;

- elle est entachée d'un défaut d'examen complet de sa situation ;

- elle est illégale par voie d'exception de l'illégalité de la décision portant obligation de quitter le territoire français ;

- elle est entachée d'une erreur manifeste d'appréciation de ses conséquences sur sa situation personnelle ;

- elle méconnaît l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;

- elle est entachée d'une erreur d'appréciation au regard de l'article L.612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;

En ce qui concerne la légalité de l'arrêté pris dans son ensemble :

- son exécution doit être suspendue en application de l'article L.752-5 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, dès lors qu'il existe un doute sérieux sur la légalité de la décision de l'OFPRA et que son absence à l'audience de la CNDA, à l'occasion de l'examen de son recours par cette juridiction, méconnaît le droit au recours effectif.

Par un mémoire en défense, enregistré le 13 mai 2024, le préfet de l'Aisne conclut au rejet de la requête.

Il fait valoir que les moyens soulevés par M. E ne sont pas fondés.

M. E a été admis au bénéfice de l'aide juridictionnelle totale par une décision du 24 avril 2024.

Vu les autres pièces du dossier.

Vu :

- la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;

- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;

- le code des relations entre le public et l'administration ;

- la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991 ;

- le code de justice administrative.

La présidente du tribunal a désigné M. Fumagalli, conseiller, pour statuer sur les requêtes relevant des procédures prévues aux articles L. 614-1 et suivants du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.

Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.

Ont été entendus, au cours de l'audience publique :

- le rapport de M. Fumagalli,

- les observations de M. E, assistée de Mme C, interprète, qui insiste sur les raisons l'ayant conduit à s'installer en France, sur le risque de persécutions encourues en Géorgie en raison de l'engagement politique de sa mère au sein du mouvement national uni (MNU) et sur la nécessité de pouvoir faire valoir les éléments propres à sa situation à l'occasion de l'audience devant la Cour nationale du droit d'asile (CNDA).

La clôture de l'instruction a été prononcée à l'issue de l'audience, en application de l'article R. 776-26 du code de justice administrative.

Considérant ce qui suit :

1. M. E, ressortissant géorgien né le 31 juillet 1994, déclare être entré en France le 13 juin 2022. Sa demande d'asile a été rejetée par une décision de l'Office français de protection des réfugiés et des apatrides le 2 mars 2023. L'intéressé a formé un recours contre cette décision, enregistré au greffe de la Cour nationale du droit d'asile le 23 mai 2023. Par un arrêté du 18 mars 2024, le préfet de l'Aisne a rejeté sa demande de titre de séjour au titre de l'asile, l'a obligé à quitter le territoire français dans un délai de trente jours, a fixé le pays de destination de la mesure d'éloignement et a prononcé à son encontre une interdiction de retour sur le territoire français d'une durée de deux ans. M. E demande au tribunal l'annulation de cet arrêté.

Sur la demande d'admission à l'aide juridictionnelle :

2. Le requérant a été admis au bénéfice de l'aide juridictionnelle totale par une décision du 24 avril 2024. Il n'y a pas lieu, dès lors, d'admettre à titre provisoire M. E au bénéfice de l'aide juridictionnelle.

Sur les conclusions à fin d'annulation :

En ce qui concerne la décision portant obligation de quitter le territoire :

3. En premier lieu, la décision attaquée vise les dispositions du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile notamment le 4° de l'article L. 611-1 ainsi que les stipulations de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales. La décision indique que M. E n'a plus le droit de se maintenir sur le territoire français à la suite du rejet de sa demande d'asile par l'OFPRA et fait état de sa situation personnelle et familiale. Par suite, la décision d'obligation de quitter le territoire français, qui n'avait pas à faire état de tous les éléments propres à la situation personnelle ou professionnelle du requérant est suffisamment motivée. Le moyen afférent doit donc être écarté.

4. En deuxième lieu, il ressort des pièces du dossier que le préfet de l'Aisne a, avant de prendre la décision attaquée, procédé à un examen complet et personnalisé de la situation du requérant.

5. En troisième lieu, aux termes de l'article L.531-24 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " L'Office français de protection des réfugiés et apatrides statue en procédure accélérée dans les cas suivants : 1° Le demandeur provient d'un pays considéré comme un pays d'origine sûr au sens de l'article L. 531-25 () ". Aux termes de l'article L.541-2 du même code : " L'attestation délivrée en application de l'article L. 521-7, dès lors que la demande d'asile a été introduite auprès de l'Office français de protection des réfugiés et apatrides, vaut autorisation provisoire de séjour et est renouvelable jusqu'à ce que l'office et, le cas échéant, la Cour nationale du droit d'asile statuent ". Aux termes de l'article L.542-2 du même code : " Par dérogation à l'article L. 542-1, le droit de se maintenir sur le territoire français prend fin : 1° Dès que l'Office français de protection des réfugiés et apatrides a pris les décisions suivantes () d) une décision de rejet dans [le cas prévu] à l'article L. 531-24 ".Aux termes de l'article L.611-1 du même code : " L'autorité administrative peut obliger un étranger à quitter le territoire français lorsqu'il se trouve dans les cas suivants : () 4° La reconnaissance de la qualité de réfugié ou le bénéfice de la protection subsidiaire a été définitivement refusé à l'étranger ou il ne bénéficie plus du droit de se maintenir sur le territoire français en application des articles L. 542-1 et L. 542-2, à moins qu'il ne soit titulaire de l'un des documents mentionnés au 3° () ".

6. La demande d'asile de M. E a fait l'objet d'une décision de rejet le 2 mars 2023. Il ressort des pièces produites en défense que le pli recommandé afférent, portant le numéro de dossier OFPRA n°221000358, a été notifié à l'intéressé le 23 mars 2023. Or, la décision de l'OFPRA a été prise en application des dispositions de l'article L.531-24 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, M. E étant ressortissant de la Géorgie, pays considéré comme sûr, Par suite, en application des dispositions citées au point précédent, le droit de l'intéressé de se maintenir sur le territoire français avait pris fin à compter de la notification de la décision du 2 mars 2023 et M. E pouvait faire l'objet d'une obligation de quitter le territoire français. Dès lors, le préfet de l'Aisne n'a pas fait une inexacte application des dispositions de l'article L.541-2 et du 4° de l'article L.611-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.

7. En quatrième lieu, aux termes de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales : " 1. Toute personne a droit au respect de sa vie privée et familiale, de son domicile et de sa correspondance. / 2. ne peut y avoir ingérence d'une autorité publique dans l'exercice de ce droit que pour autant que cette ingérence est prévue par la loi et qu'elle constitue une mesure qui, dans une société démocratique, est nécessaire à la sécurité nationale, à la sûreté publique, au bien-être économique du pays, à la défense de l'ordre et à la prévention des infractions pénales, à la protection de la santé ou de la morale ou à la protection des droits et libertés d'autrui ".

8. Il ressort des pièces du dossier que M. E est arrivé en France en 2022, accompagnée de sa compagne et de leur fille, qui n'ont plus le droit de se maintenir sur le territoire français, ayant fait l'objet par l'OFPRA d'une décision identique à celle mentionnée au point 6, datée du même jour. Le requérant ne fait état d'aucun élément d'insertion sociale sur le territoire français et n'y dispose d'aucune attache familiale. Par ailleurs, l'intéressé n'est pas dépourvu d'attaches familiales dans son pays d'origine où rien ne fait obstacle à ce qu'il puisse s'y réinsérer, alors qu'il a vécu la majeure partie de sa vie en Géorgie. Dans ces conditions, compte tenu des conditions du séjour en France de l'intéressé, la décision attaquée n'a pas porté au droit au respect de la vie privée et familiale de M. E, une atteinte disproportionnée aux buts en vue desquels elle a été prise et n'a ainsi pas méconnu les stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales. Pour les mêmes motifs, la décision attaquée n'est pas entachée d'une erreur manifeste de ses conséquences sur la situation personnelle du requérant.

En ce qui concerne la décision fixant le pays de destination de la mesure d'éloignement :

9. En premier lieu, la décision attaquée vise les dispositions du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile notamment ainsi que la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales, dont ses articles 3 et 8. La décision mentionne que M. E est ressortissant géorgien et fait état des éléments de sa situation personnelle et familiale. Elle indique que les pays à destination desquels l'intéressé est susceptible d'être éloigné sont la Géorgie ou tout autre pays dans lequel il sera légalement admissible. Par suite, la décision litigieuse est suffisamment motivée.

10. En deuxième lieu, il ressort des pièces du dossier que le préfet de l'Aisne a, avant de prendre la décision attaquée, procédé à un examen complet et personnalisé de la situation du requérant .

11. En troisième lieu, la décision portant obligation de quitter le territoire français n'étant pas illégale, le requérant n'est pas fondé à exciper de son illégalité à l'encontre de la décision fixant le pays de destination.

12. En quatrième lieu, le requérant ne peut utilement se prévaloir des stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales à l'encontre de la décision litigieuse.

13. En cinquième lieu, aux termes de l'article L.721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " L'autorité administrative peut désigner comme pays de renvoi : 1° Le pays dont l'étranger a la nationalité, sauf si l'Office français de protection des réfugiés et apatrides ou la Cour nationale du droit d'asile lui a reconnu la qualité de réfugié ou lui a accordé le bénéfice de la protection subsidiaire ou s'il n'a pas encore été statué sur sa demande d'asile ; () ; 3° Ou, avec l'accord de l'étranger, tout autre pays dans lequel il est légalement admissible. Un étranger ne peut être éloigné à destination d'un pays s'il établit que sa vie ou sa liberté y sont menacées ou qu'il y est exposé à des traitements contraires aux stipulations de l'article 3 de la Convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales du 4 novembre 1950. Aux termes de l'article 3 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales : " Nul ne peut être soumis à la torture ni à des peines ou traitements inhumains ou dégradants ".

14. Il ne ressort d'aucune pièce du dossier que M. E serait exposé à des traitements inhumains ou dégradants en cas de retour dans son pays d'origine, alors que par ailleurs, sa demande d'asile a été rejetée par l'office français de protection des réfugiés et des apatrides. Dans ces conditions, l'intéressé n'est pas fondé à soutenir que la décision par laquelle le préfet de l'Aisne a fixé la Géorgie comme pays de destination de la mesure d'éloignement dont il a fait l'objet méconnaît les dispositions et stipulations citées au point précédent. Compte tenu de tout ce qui précède, la décision attaquée n'est pas entachée d'une erreur manifeste d'appréciation de ses conséquences sur la situation personnelle de M. E.

En ce qui concerne la décision portant obligation de se présenter aux services de gendarmerie :

15. En premier lieu, ainsi qu'il a été dit au point 3, la décision portant obligation de quitter le territoire français, qui vise les dispositions des articles L.721-6 à L.721-9, comporte les considérations de fait et de droit qui en constituent le fondement. Par suite, alors que la motivation de la décision attaquée peut se confondre avec celle de la décision portant obligation de quitter le territoire français, le moyen soulevé à ce titre doit être écarté.

16. En deuxième lieu, il ressort des pièces du dossier que le préfet de l'Aisne a, avant de prendre la décision attaquée, procédé à un examen complet et personnalisé de la situation du requérant .

17. En troisième lieu, la décision portant obligation de quitter le territoire français n'étant pas illégale, le requérant n'est pas fondé à exciper de son illégalité à l'encontre de la décision attaquée.

18. En quatrième lieu, aux termes de l'article L.721-7 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " L'étranger auquel un délai de départ volontaire a été accordé peut, dès la notification de la décision portant obligation de quitter le territoire français, être astreint à se présenter à l'autorité administrative ou aux () unités de gendarmerie pour y indiquer ses diligences dans la préparation de son départ. Cette décision est prise pour une durée qui ne peut se poursuivre au-delà de l'expiration du délai de départ volontaire ".

19. En l'espèce, le préfet de l'Aisne a fait obligation à M. E de se présenter tous les mardis et vendredis à 8h30 auprès de la gendarmerie de Les Septvallons (Oise). Il ressort du mémoire en défense, sans que cette circonstance soit contestée, que le préfet de l'Aisne a choisi la commune de résidence de l'intéressé connue de l'administration à la date de l'arrêté attaqué. Le requérant ne se prévaut par ailleurs d'aucune contrainte particulière l'empêchant de satisfaire à cette obligation, à l'exception de la présence de sa fille, âgée de trois ans. Les modalités prévues par la décision attaquée ne sont donc pas disproportionnées. Les modalités prévues par la décision attaquée ne sont donc pas disproportionnées. Par suite, la décision attaquée ne méconnaît pas les stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales. Pour les mêmes motifs, la décision attaquée n'est pas entachée d'une erreur manifeste d'appréciation de ses conséquences sur sa situation personnelle.

En ce qui concerne la décision portant interdiction de retour sur le territoire français :

20. En premier lieu, la décision attaquée vise les dispositions du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile applicables, en particulier les articles L.612-8 et L.612-10, ainsi que les stipulations de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales. Elle précise que M. E ne fait état d'aucun motif exceptionnel ou d'aucune considération humanitaire et indique les éléments relatifs à sa situation personnelle et familiale. Par suite, la décision litigieuse est suffisamment motivée.

21. En deuxième lieu, il ressort des pièces du dossier que le préfet de l'Aisne a, avant de prendre la décision attaquée, procédé à un examen complet et personnalisé de la situation du requérant.

22. En troisième lieu, la décision portant obligation de quitter le territoire français n'étant pas illégale, le requérant n'est pas fondé à exciper de son illégalité à l'encontre de la décision attaquée.

23. En quatrième lieu, aux termes de l'article L. 612-8 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " Lorsque l'étranger n'est pas dans une situation mentionnée aux articles L. 612-6 et L. 612-7, l'autorité administrative peut assortir la décision portant obligation de quitter le territoire français d'une interdiction de retour sur le territoire français. Les effets de cette interdiction cessent à l'expiration d'une durée, fixée par l'autorité administrative, qui ne peut excéder cinq ans à compter de l'exécution de l'obligation de quitter le territoire français. ". Aux termes de l'article L.612-10 du même code : " Pour fixer la durée des interdictions de retour mentionnées aux articles L. 612-6 et L. 612-7, l'autorité administrative tient compte de la durée de présence de l'étranger sur le territoire français, de la nature et de l'ancienneté de ses liens avec la France, de la circonstance qu'il a déjà fait l'objet ou non d'une mesure d'éloignement et de la menace pour l'ordre public que représente sa présence sur le territoire français. Il en est de même pour l'édiction et la durée de l'interdiction de retour mentionnée à l'article L. 612-8 () ".

24. Compte tenu de ce qui a été exposé au point 8 le moyen tiré de la méconnaissance des stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales doit être écarté. Pour les mêmes motifs, la décision attaquée n'est pas entachée d'une erreur manifeste d'appréciation de ses conséquences sur la situation personnelle de M. E.

25. En dernier lieu, ainsi qu'il a été exposé ci-dessus, et alors même que le comportement de M. E ne constitue pas une menace pour l'ordre public, la préfète de l'Aisne n'a pas fait une inexacte application des dispositions des articles L.612-8 et L.612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile. Le moyen afférent, à le supposer soulevé, doit être écarté.

26. Il résulte de tout ce qui précède que les conclusions à fin d'annulation présentées par M. E doivent être rejetées.

Sur les conclusions à fin de suspension :

27. Aux termes de l'article L.752-5 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " L'étranger dont le droit au maintien sur le territoire a pris fin en application [du] d du 1° de l'article L. 542-2 et qui fait l'objet d'une décision portant obligation de quitter le territoire français peut, dans les conditions prévues à la présente section, demander au tribunal administratif la suspension de l'exécution de cette décision jusqu'à l'expiration du délai de recours devant la Cour nationale du droit d'asile ou, si celle-ci est saisie, soit jusqu'à la date de la lecture en audience publique de la décision de la cour, soit, s'il est statué par ordonnance, jusqu'à la date de la notification de celle-ci. "

28. Il ressort des pièces du dossier que l'Office français de protection des réfugiés et apatrides a rejeté la demande d'asile de M. E dans un des cas prévus à l'article L.531-24 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile. Le requérant peut ainsi légalement demander la suspension de l'exécution de l'obligation de quitter le territoire français litigieuse sur le fondement des dispositions précitées du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile. Les moyens tirés des vices propres entachant la décision de l'Office ne peuvent utilement être invoqués à l'appui des conclusions a fin de suspension de la mesure d'éloignement, à l'exception de ceux ayant trait à l'absence, par l'Office, d'examen individuel de la demande ou d'entretien personnel en dehors des cas prévus par la loi ou de défaut d'interprétariat imputable à l'Office.

29. En l'espèce, le requérant ne fait état d'aucun élément de nature à caractériser un doute sérieux sur le bien-fondé de la décision qui lui a été opposée par l'Office français de protection des réfugiés et des apatrides. Par suite, les conclusions présentées à fin de suspension de l'exécution de l'arrêté attaqué doivent être rejetées.

30. Il résulte de tout ce qui précède que la requête de M. E doit être rejetée, y compris ses conclusions à fin d'injonction et d'astreinte et celles présentées sur le fondement des articles L. 761-1 du code de justice administrative et 37 de la loi du 10 juillet 1991.

Sur le montant de la part contributive à l'aide juridictionnelle :

31. Aux termes de l'article 92 du décret n° 2020-1717 du 28 décembre 2020 : " La part contributive versée par l'Etat à l'avocat () choisi ou désigné pour assister plusieurs personnes dans une procédure reposant sur les mêmes faits en matière pénale ou dans un litige reposant sur les mêmes faits et comportant des prétentions ayant un objet similaire dans les autres matières est réduite par le juge de 30 % pour la deuxième affaire () ".

32. La requête de M. E enregistrée sous le n°2401505 repose sur les mêmes faits que la requête n°2401506, présentée par Mme D, sa compagne, et comporte des prétentions similaires et des moyens présentés de manière identique. Comme sa compagne, M. E bénéficie de l'aide juridictionnelle et est assisté par Me Saligari. Par suite, il y a lieu, dans la présente affaire, de réduire de 30 % la part contributive versée par l'Etat à Me Saligari.

D É C I D E :

Article 1er : Il n'y pas lieu d'admettre M. E, à titre provisoire, au bénéfice de l'aide juridictionnelle.

Article 2 : Il est appliqué une réduction de 30 % sur le montant de la part contributive à l'aide juridictionnelle versée à Me Saligari au titre de la présente requête n° 2401505.

Article 3 : Le surplus des conclusions de la requête de M. E est rejeté.

Article 4 : Le présent jugement sera notifié à M. B E, à Me Saligari et au préfet de l'Aisne.

Copie en sera adressée au bureau d'aide juridictionnelle.

Rendu public par mise à disposition au greffe le 21 mai 2024.

Le magistrat désigné,

Signé

E. FUMAGALLILe greffier,

Signé

J-F. LANGLOIS

La République mande et ordonne au préfet de l'Aisne, en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

N°2401505

Décisions similaires

TA78Excès de pouvoir

Tribunal Administratif de VERSAILLES — N° TA78-2608798

03/08/2026

TA78Excès de pouvoir

Tribunal Administratif de VERSAILLES — N° TA78-2606201

03/08/2026

TA78Excès de pouvoir

Tribunal Administratif de VERSAILLES — N° TA78-2600562

03/08/2026

TA77Excès de pouvoir

Tribunal Administratif de MELUN — N° TA77-2611484

03/08/2026

← Retour aux décisions