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AccueilJurisprudence administrativeN° TA80-2401559

Tribunal Administratif d'Amiens — Décision N° TA80-2401559

mercredi 18 septembre 2024

JuridictionTribunal Administratif d'Amiens
SectionTribunal Administratif d'Amiens
N° DossierTA80-2401559
TypeOrdonnance
RecoursExcès de pouvoir
PublicationC
Avocat requérantDORE

Résumé IA

Le Tribunal administratif d'Amiens a rejeté la requête de M. A, qui contestait son assignation à résidence dans l'arrondissement de Laon pour une durée de douze mois, prise par le préfet de l'Aisne. Le juge a estimé que le moyen tiré de l'insuffisance de motivation était manifestement infondé, l'arrêté étant suffisamment motivé en droit et en fait. Le moyen d'erreur manifeste d'appréciation a été rejeté faute de précisions suffisantes pour en apprécier le bien-fondé. La requête a été rejetée sur le fondement de l'article R. 222-1 7° du code de justice administrative. En raison du caractère dilatoire de la procédure, le bénéfice de l'aide juridictionnelle accordé à M. A a été retiré en application des articles 50 et 51 de la loi du 10 juillet 1991.

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête, enregistrée le 19 avril 2024, M. B A, représentée par

Me Dore, demande au tribunal :

1°) d'annuler l'arrêté du 18 avril 2024 par lequel le préfet de l'Aisne l'a assigné à résidence dans l'arrondissement de Laon (02000) pour une durée de douze mois et a fixé les modalités d'exécution de cette mesure ;

2°) d'enjoindre au préfet de l'Aisne de procéder à un réexamen de sa situation, dans un délai d'un mois à compter du jugement à intervenir ;

3°) de mettre à la charge de l'Etat une somme de 800 euros sur le fondement des articles L. 761-1 du code de justice administrative et 37 de la loi du 10 juillet 1991.

Il soutient que :

- la décision attaquée est insuffisamment motivée ;

- elle est entachée d'une erreur manifeste d'appréciation au regard de sa situation personnelle.

M. A a obtenu le bénéfice de l'aide juridictionnelle totale par une décision du 1

2 juin 2024.

Vu les autres pièces du dossier.

Vu :

- la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991 ;

- le code de justice administrative ;

Considérant ce qui suit :

1. Aux termes de l'article R. 222-1 du code de justice administrative : " () les présidents de formation de jugement des tribunaux () peuvent, par ordonnance : () / 7° rejeter, après l'expiration du délai de recours () les requêtes ne comportant que des moyens de légalité externe manifestement infondée, des moyens irrecevables, des moyens inopérants ou des moyens qui ne sont assortis que de faits manifestement insusceptibles de venir à leur soutien ou ne sont manifestement pas assortis des précisions permettant d'en apprécier le bien-fondé () ".

2. D'une part, si M. A soutient que la décision attaquée est insuffisamment motivée, il ressort des pièces du dossier que cette dernière vise les dispositions législatives dont elle fait application et indique les circonstances de fait et de droit sur lesquelles elle se fonde. Par suite, le moyen de légalité externe tiré de l'insuffisance de motivation est manifestement infondé.

3. D'autre part, en se bornant à soutenir sans aucune autre considération que la décision attaquée a des conséquences disproportionnées sur sa situation personnelle, le requérant n'assortit manifestement pas son moyen tiré de ce qu'elle serait entachée d'erreur manifeste d'appréciation des précisions permettant d'en apprécier le bien-fondé.

4. Il s'ensuit que la requête de M. A, qui ne comporte que des moyens manifestement infondé ou non assorti des précisions permettant d'en apprécier le bien-fondé, doit être rejetée par application du 7° de l'article R. 222-1 du code de justice administrative.

5. En outre, aux termes de l'article 50 de la loi du 10 juillet 1991 relative à l'aide juridique : " () le bénéfice de l'aide juridictionnelle est retiré, en tout ou partie, même après l'instance ou l'accomplissement des actes pour lesquels il a été accordé, dans les cas

suivants : / () 4° Lorsque la procédure engagée par le demandeur bénéficiant de l'aide juridictionnelle a été jugée dilatoire, abusive, ou manifestement irrecevable () ". L'article 51 de cette même loi dispose que : " Le retrait de l'aide juridictionnelle () peut intervenir jusqu'à quatre ans après la fin de l'instance ou de la mesure. () Il peut également intervenir d'office. / Le retrait est prononcé : () / 2° Par la juridiction saisie dans le cas mentionné au 4° du même article 50 ".

6. La requête de M. A n'est assortie que de moyens dépourvus de toute consistance, en sorte que la procédure engagée par l'intéressé présente, à l'évidence, un caractère dilatoire. Par suite, il y a lieu de lui retirer le bénéfice de l'aide juridictionnelle qui lui a été octroyé par la décision du bureau d'aide juridictionnelle du 12 juin 2024.

O R D O N N E :

Article 1er : La requête de M. A est rejetée.

Article 2 : Le bénéfice de l'aide juridictionnelle accordé à M. A est retiré.

Article 3 : La présente ordonnance sera notifiée à la M. B A.

Copie en sera adressée au bureau d'aide juridictionnelle.

Fait à Amiens, le 18 septembre 2024.

Le président de la 3ème chambre,

signé

S. Thérain

La République mande et ordonne au préfet de l'Aisne en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente ordonnance.

N°2401559

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