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AccueilJurisprudence administrativeN° TA80-2401582

Tribunal Administratif d'Amiens — Décision N° TA80-2401582

vendredi 20 septembre 2024

JuridictionTribunal Administratif d'Amiens
SectionTribunal Administratif d'Amiens
N° DossierTA80-2401582
TypeOrdonnance
RecoursExcès de pouvoir
PublicationC
Avocat requérantALEXANDRE

Résumé IA

Le Tribunal Administratif d'Amiens, statuant par ordonnance, a rejeté la requête de Mme A qui contestait le classement sans suite de sa demande de naturalisation par la préfète de l'Oise. La requérante invoquait une erreur de fait, soutenant que sa situation fiscale était régulière mais qu'elle n'avait pu produire le justificatif dans les délais impartis. Le tribunal a estimé que ce moyen n'était assorti que de faits manifestement insusceptibles de le soutenir, faute pour Mme A de démontrer avoir sollicité le document auprès de l'administration fiscale en temps utile. La requête a été rejetée sur le fondement du 7° de l'article R. 222-1 du code de justice administrative, permettant de rejeter les requêtes manifestement infondées.

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête, enregistrée le 21 avril 2024, Mme B A, représentée par

Me Alexandre, demande au tribunal :

1°) d'annuler la décision du 20 février 2024 par laquelle la préfète de l'Oise a classé sans suite sa demande de naturalisation ;

2°) d'enjoindre à la préfète de l'Oise de procéder à la réouverture de son dossier de demande de naturalisation et de lui attribuer la nationalité française.

Elle soutient que la décision attaquée est entachée d'une erreur de fait, dès lors que sa situation fiscale est conforme aux exigences imposées par l'administration afin qu'elle soit naturalisée et qu'elle n'a été destinataire du justificatif permettant d'en attester que postérieurement au délai imparti par les services instructeurs de la demande de naturalisation.

Par un courrier du 23 avril 2024, Mme A a été invitée à produire dans un délai de quinze jours, toute pièce de nature à démontrer que le bordereau de situation fiscale a été sollicité auprès de l'administration fiscale dans un délai permettant sa production aux services instructeurs de la demande de naturalisation avant la date impartie à cette fin.

Par une décision du 29 mai 2024, Mme A a été admise au bénéfice de l'aide juridictionnelle totale.

Vu les autres pièces du dossier.

Vu le code de justice administrative.

Considérant ce qui suit :

1. Aux termes de l'article R. 222-1 du code de justice administrative : " () les présidents de formation de jugement des tribunaux () peuvent, par ordonnance : () 7° Rejeter, après l'expiration du délai de recours ou, lorsqu'un mémoire complémentaire a été annoncé, après la production de ce mémoire, les requêtes ne comportant que des moyens de légalité externe manifestement infondés, des moyens irrecevables, des moyens inopérants ou des moyens qui ne sont assortis que de faits manifestement insusceptibles de venir à leur soutien ou ne sont manifestement pas assortis des précisions permettant d'en apprécier le bien-fondé ".

2. Il ressort de la motivation de la décision attaquée que le classement sans suite de la demande de naturalisation de Mme A a été prononcé au motif que l'intéressée n'a pas produit, après mise en demeure du 9 janvier 2024 de compléter son dossier sur ce point, un bordereau attestant de la régularité de sa situation fiscale. Si Mme A soutient que sa situation fiscale est régulière en produisant cette pièce devant le tribunal et si elle affirme n'avoir été destinataire de cette dernière que postérieurement au délai imparti par les services instructeurs de sa demande de naturalisation, l'intéressée ne conteste pas ne pas avoir remis cette pièce à l'administration dans les délais impartis à cette fin et ne démontre en outre pas l'avoir sollicitée auprès de l'administration fiscale dans un délai permettant de la produire utilement avant ce terme aux services instructeurs de sa demande de naturalisation. Par suite, l'intéressée ne fait état que de faits manifestement insusceptibles de venir au soutien du moyen tiré de ce que le motif de classement sans suite de sa demande de naturalisation serait entaché d'une erreur de fait.

3. Il résulte de ce qui précède que les conclusions présentées à fin d'annulation de la requête de Mme A doivent être rejetées par application des dispositions précitées du 7° de l'article R. 222-1 du code de justice administrative ainsi que, par voie de conséquence, les conclusions qu'elle présente aux fins d'injonction.

ORDONNE :

Article 1er : La requête de Mme A est rejetée.

Article 2 : La présente ordonnance sera notifiée à Mme B A.

Fait à Amiens, le 20 septembre 2024.

Le président de la 3ème chambre,

signé

S. Thérain

La République mande et ordonne à la préfète de l'Oise en ce qui la concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées de pourvoir à l'exécution de la présente ordonnance.

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