lundi 30 septembre 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif d'Amiens |
| Section | Tribunal Administratif d'Amiens |
| N° Dossier | TA80-2401594 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Formation | 4ème Chambre |
| Avocat requérant | QUENNEHEN-TOURBIER |
Vu la procédure suivante :
Par une requête, enregistrée le 19 avril 2024, M. C B, représenté par Me Tourbier, demande au tribunal :
1°) d'annuler l'arrêté du 3 avril 2024 par lequel le préfet de la Somme lui a refusé la délivrance d'un titre de séjour, l'a obligé à quitter le territoire français dans un délai de trente jours et a fixé le pays de destination en cas d'exécution d'office de cette mesure d'éloignement ;
2°) d'enjoindre au préfet de la Somme de délivrer un titre de séjour portant la mention " vie privée et familiale " dans un délai d'un mois à compter de la notification du jugement à intervenir ou, de procéder au réexamen de sa situation ;
3°) de mettre à la charge de l'État une somme de 1 500 euros sur le fondement de l'article L. 761-1 du code de justice administrative et de l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991.
Il soutient que :
- l'arrêté attaqué, en tant qu'il lui refuse la délivrance d'un titre de séjour et porte obligation de quitter le territoire français est insuffisamment motivé ;
- il méconnait les dispositions de l'article L. 435-3 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- il méconnait les dispositions de l'article L. 422-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- il méconnait les stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;
- il est entaché d'une erreur manifeste dans l'appréciation des conséquences de la décision sur sa situation personnelle.
Par un mémoire en défense, enregistré le 21 juin 2024, le préfet de la Somme conclut au rejet de la requête.
Il fait valoir que les moyens de la requête de M. B ne sont pas fondés.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;
- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- le code des relations entre le public et l'administration ;
- la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991 ;
- le code de justice administrative.
M. B a été admis au bénéfice de l'aide juridictionnelle totale par une décision du 15 mai 2024.
Le président de la formation de jugement a dispensé le rapporteur public, sur sa proposition, de prononcer des conclusions à l'audience, en application des dispositions de l'article R. 732-1-1 du code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
A été entendu au cours de l'audience publique :
- le rapport de M. Binand, président-rapporteur.
Considérant ce qui suit :
1. M. C B, ressortissant albanais né le 4 décembre 2005, est entré en France le 31 juillet 2023, et a été pris en charge par l'aide sociale à l'enfance. A sa majorité, il a sollicité la délivrance d'un titre de séjour en qualité d'étudiant, à titre exceptionnel. Par un arrêté du 3 avril 2024, dont il demande l'annulation, le préfet de la Somme a rejeté sa demande, l'a obligé à quitter le territoire français dans un délai de trente jours et a fixé l'Albanie ou tout autre pays dans lequel il établirait être légalement admissible pour sa reconduite à la frontière.
2. En premier lieu, l'arrêté du 3 avril 2024 mentionne les articles du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile dont il est fait application, notamment l'article L. 422-1, et développe les motifs de fait qui fondent le refus de séjour attaqué. En particulier, cette décision mentionne que l'intéressé n'est pas entré sur le territoire français muni d'un visa de long séjour requis pour la délivrance de droit d'un titre de séjour portant la mention " étudiant ", qu'aucune nécessité liée au déroulement de ses études ne justifie de l'en dispenser à titre exceptionnel, et que, en l'absence d'une insertion particulière dans la société et d'implication significative dans sa formation professionnelle, il n'y a pas lieu pour l'autorité préfectorale de faire usage de son pouvoir de régularisation pour lui délivrer à titre gracieux le titre de séjour sollicité. Aussi, et alors que le préfet de la Somme n'était pas tenu de décrire l'ensemble des éléments caractérisant la situation personnelle de M. B, l'arrêté en cause, en tant qu'il refuse de lui délivrer un titre de séjour, est suffisamment motivé. Il en est de même de la décision portant obligation de quitter le territoire français qui, prise sur le fondement des dispositions 3° de l'article L. 611-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, n'avait pas à faire l'objet, en vertu du deuxième alinéa de l'article L. 613-1 du même code, d'une motivation distincte de celle de la décision relative au séjour. Il s'ensuit que le moyen tiré du défaut de motivation soulevé à l'encontre de ces décisions doit être écarté.
3. En deuxième lieu, il ressort des mentions de l'arrêté attaqué que le préfet de la Somme s'est borné à refuser de délivrer à M. B, y compris à titre exceptionnel ou gracieux, un titre de séjour portant la mention " étudiant ", en réponse à la demande dont l'intéressé l'avait saisi, comme cela ressort du formulaire signé par ce dernier, produit en défense, sans examiner d'office, la possibilité de délivrer une carte de séjour temporaire portant la mention "salarié" ou "travailleur temporaire" sur le fondement de l'article L. 425-3 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile relatif à l'admission exceptionnelle au séjour pour l'exercice d'une activité professionnelle. Il s'ensuit que le moyen tiré de la méconnaissance des dispositions de l'article
L. 435-3 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, sans rapport avec les motifs du refus opposé, est inopérant et doit être écarté.
4. En troisième lieu, aux termes de l'article L. 422-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " L'étranger qui établit qu'il suit un enseignement en France ou qu'il y fait des études et qui justifie disposer de moyens d'existence suffisants se voit délivrer une carte de séjour temporaire portant la mention " étudiant " d'une durée inférieure ou égale à un an./En cas de nécessité liée au déroulement des études ou lorsque l'étranger a suivi sans interruption une scolarité en France depuis l'âge de seize ans et y poursuit des études supérieures, l'autorité administrative peut accorder cette carte de séjour sous réserve d'une entrée régulière en France et sans que soit opposable la condition prévue à l'article L. 412-1 / Cette carte donne droit à l'exercice, à titre accessoire, d'une activité professionnelle salariée dans la limite de 60 % de la durée de travail annuelle ".
5. Il résulte des dispositions du deuxième alinéa de cet article que le préfet peut délivrer un titre de séjour en qualité d'étudiant au demandeur qui ne peut présenter un visa de long séjour dans les cas très particuliers qu'elles énoncent et en tenant compte des motifs pour lesquels le visa de long séjour ne peut être présenté, du niveau de formation de l'intéressé, ainsi que des conséquences que présenterait un refus de séjour pour la suite de ses études. Sans préjudice de ces dispositions, il peut, par ailleurs, faire usage de son pouvoir de régularisation pour admettre au séjour à titre gracieux un étranger qui ne remplit pas l'ensemble des conditions prévues pour la délivrance de plein droit d'un titre de séjour.
6. Pour refuser à M. B la délivrance d'un titre de séjour en qualité d'étudiant, le préfet de la Somme s'est fondé sur l'absence de détention par l'intéressé d'un visa de long séjour. Si M. B, est inscrit en première année de CAP " agent accompagnant au grand âge " au titre de l'année 2023-2024, il n'établit pas être dans l'impossibilité de poursuivre ses études dans son pays d'origine où réside sa famille et ne démontre pas, en faisant valoir ses efforts d'insertion, être dans une situation particulière permettant de déroger à la condition de présentation d'un visa de long séjour ni être dans l'impossibilité de retourner temporairement dans son pays d'origine afin de solliciter auprès du consulat français un visa de long séjour portant la mention " étudiant " lui permettant de poursuivre régulièrement ses études en France. Par suite, et en dépit de son implication et des bons résultats qui ressortent du seul bulletin scolaire versé au dossier, correspondant au dernier trimestre de l'année scolaire, et donc portant sur une période en grande partie postérieure à l'arrêté attaqué, c'est sans méconnaitre les dispositions de l'article L. 422-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ni entacher sa décision d'une erreur manifeste d'appréciation en ne faisant pas usage de son pouvoir de régularisation que le préfet de la Somme a refusé de délivrer à M. B un titre de séjour portant la mention " étudiant ".
7. En quatrième et dernier lieu, il ressort des pièces du dossier que M. B est entré récemment sur le territoire le 31 juillet 2023 et a été confié aux services de l'aide sociale à l'enfance après ses 16 ans. Il est célibataire et sans enfant à charge, et ne justifie pas de liens suffisamment stables, anciens et intenses sur le territoire français en se bornant à faire état de la présence de son frère en situation régulière de séjour en France et de la formation professionnelle encore peu avancée qu'il a entamée, ni n'établit être isolé dans son pays d'origine où vivent ses parents. Dans ces conditions, le requérant n'est pas fondé à soutenir que l'arrêté du préfet de la Somme, en tant qu'il refuse de lui délivrer un titre de séjour et lui fait obligation de quitter le territoire français sous un délai de trente jours méconnait les stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales. Pour les mêmes motifs, le préfet n'a pas a entaché ces décisions d'une erreur manifeste d'appréciation au regard des conséquences qu'elles emportent sur la situation de M. B.
8. Il résulte de tout ce qui précède, que les conclusions à fin d'annulation présentées par M. B doivent être rejetées. Il en va de même, par voie de conséquence, des conclusions à fin d'injonction de la requête et de celles présentées au titre des frais non compris dans les dépens de l'instance.
D E C I D E :
Article 1er : La requête de M. B est rejetée.
Article 2 : Le présent jugement sera notifié à M. C B, au préfet de la Somme et à Me Tourbier.
Délibéré après l'audience du 9 juillet 2024, à laquelle siégeaient :
- M. Binand, président,
- Mme D et Mme A conseillères.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 30 septembre 2024.
Le président-rapporteur
Signé
C. BINAND
L'assesseure la plus ancienne,
Signé
J. D
Le greffier,
Signé
N. VERJOT
La République mande et ordonne au préfet de la Somme en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026