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AccueilJurisprudence administrativeN° TA80-2401599

Tribunal Administratif d'Amiens — Décision N° TA80-2401599

mardi 31 décembre 2024

JuridictionTribunal Administratif d'Amiens
SectionTribunal Administratif d'Amiens
N° DossierTA80-2401599
TypeDécision
RecoursExcès de pouvoir
PublicationC
FormationCHAMBRE PRESIDENT

Résumé IA

Le Tribunal Administratif d'Amiens a rejeté la demande de Mme B A, qui contestait le refus de la caisse d'allocations familiales de la Somme de lui accorder une remise gracieuse d'un indu de prime d'activité de 654,78 euros. Le juge a estimé que la requérante, qui avait minoré ses salaires et omis de déclarer des indemnités journalières lors de ses déclarations trimestrielles, ne pouvait être considérée comme de bonne foi. En application des articles L. 845-3 et R. 846-5 du code de la sécurité sociale, la bonne foi est une condition nécessaire pour obtenir une remise de dette, condition qui n'était pas remplie en l'espèce.

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête et un mémoire complémentaire enregistrés les 16 avril et 22 mai 2024, Mme B A demande au tribunal d'annuler la décision du 2 avril 2024 par laquelle la caisse d'allocations familiales de la Somme a refusé de lui accorder une remise de sa dette de prime d'activité d'un montant de 654,78 euros pour la période de juillet 2022 à mars 2023, et de lui accorder une remise de cette dette.

Elle soutient que :

- elle est de bonne foi ;

- sa situation financière ne lui permet pas de rembourser sa dette.

Par des pièces et un mémoire en défense enregistrés les 13 et 20 juin 2024, la caisse d'allocations familiales de la Somme conclut au rejet de la requête.

Elle soutient que les moyens de la requête ne sont pas fondés.

Vu les autres pièces du dossier.

Vu :

- le code de la sécurité sociale ;

- le code de justice administrative.

La présidente du tribunal a désigné M. Wavelet pour statuer sur les litiges mentionnés à l'article R. 222-13 du code de justice administrative.

Le magistrat désigné a dispensé le rapporteur public, sur sa proposition, de prononcer des conclusions à l'audience.

Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.

Au cours de l'audience publique, après l'appel de l'affaire, le rapport de M. Wavelet a été entendu et, les parties n'étant ni présentes ni représentées, la clôture de l'instruction a été prononcée en application de l'article R. 772-9 du code de justice administrative.

Considérant ce qui suit :

1. Par une décision du 12 février 2024, la caisse d'allocations familiales de la Somme a notifié à Mme B A un indu de prime d'activité d'un montant de 654,78 euros pour la période de juillet 2022 à mars 2023. Mme A a sollicité une remise gracieuse de cette dette par courrier reçu le 20 février suivant. La demande de l'intéressée a été rejetée par la caisse d'allocations familiales de la Somme par une décision du 2 avril 2024. Mme A demande au tribunal d'annuler cette décision et de lui accorder la remise gracieuse de sa dette.

2. Aux termes de l'article L. 842-1 du code de la sécurité sociale : " Toute personne résidant en France de manière stable et effective qui perçoit des revenus tirés d'une activité professionnelle a droit à une prime d'activité, dans les conditions définies au présent titre ". Aux termes de l'article L. 843-1 de ce code : " La prime d'activité est attribuée, servie et contrôlée, pour le compte de l'Etat, par les caisses d'allocations familiales et par les caisses de mutualité sociale agricole pour leurs ressortissants ". Aux termes de l'article R. 846-5 du même code : " Le bénéficiaire de la prime d'activité est tenu de faire connaître à l'organisme chargé du service de la prestation toutes informations nécessaires à l'établissement et au calcul des droits, relatives à sa résidence, à sa situation de famille, aux activités, aux ressources et aux biens des membres du foyer. Il doit faire connaître à cet organisme tout changement intervenu dans l'un ou l'autre de ces éléments ". Enfin, aux termes de l'article L. 845-3 de ce code : " Tout paiement indu de revenu de prime d'activité est récupéré par l'organisme chargé de son service () / La créance peut être remise ou réduite par l'organisme mentionné au premier alinéa du présent article, en cas de bonne foi ou de précarité de la situation du débiteur, sauf si cette créance résulte d'une manœuvre frauduleuse ou d'une fausse déclaration ".

3. Lorsqu'il statue sur un recours dirigé contre une décision refusant ou ne faisant que partiellement droit à une demande de remise gracieuse d'un indu d'une allocation versée au titre de l'aide ou de l'action sociale, il appartient au juge administratif, eu égard tant à la finalité de son intervention qu'à sa qualité de juge de plein contentieux, non de se prononcer sur les éventuels vices propres de la décision attaquée, mais d'examiner si une remise gracieuse totale ou partielle est justifiée et de se prononcer lui-même sur la demande en recherchant si, au regard des circonstances de fait dont il est justifié par l'une et l'autre parties à la date de sa propre décision, la situation de précarité du débiteur et sa bonne foi justifient que lui soit accordée une remise ou une réduction supplémentaire.

4. Lorsque l'indu résulte de ce que l'allocataire a omis de déclarer certaines de ses ressources, il y a lieu, pour apprécier la condition de bonne foi de l'intéressé, hors les hypothèses où les omissions déclaratives révèlent une volonté manifeste de dissimulation ou, à l'inverse, portent sur des ressources dépourvues d'incidence sur le droit de l'intéressé à la prime d'activité ou sur son montant, de tenir compte de la nature des ressources ainsi omises ainsi que de toute autre circonstance de nature à établir que l'allocataire pouvait de bonne foi ignorer qu'il était tenu de déclarer les ressources omises. A cet égard, si l'allocataire a pu légitimement, notamment eu égard à la nature du revenu en cause et de l'information reçue, ignorer qu'il était tenu de déclarer les ressources omises, la réitération de l'omission ne saurait alors suffire à caractériser une fausse déclaration.

5. Il résulte de l'instruction, et n'est pas contesté, que lors des déclarations trimestrielles pour la période d'avril à décembre 2022 la requérante a déclaré 9 469 euros de salaires et 178 euros de pensions alimentaires alors qu'elle a perçu sur cette période 14 208 euros de salaires, 178 euros de pensions alimentaires et 685 euros d'indemnités journalières. Mme A, en se bornant à invoquer une erreur, ne justifie pas les raisons de ces minorations de ressources et omissions de déclaration, alors qu'elle ne pouvait de bonne foi ignorer que l'ensemble des salaires devait être déclaré de même que les indemnités journalières perçues. Par suite, Mme A doit être regardée en l'espèce comme ayant effectué de fausses déclarations au sens des dispositions de l'article L. 845-3 du code de la sécurité sociale, ce qui fait obstacle, quelle que soit la situation de précarité dont elle se prévaut, à ce que lui soit accordée la remise du solde de sa dette.

6. Il résulte de ce qui précède que Mme A n'est pas fondée à demander l'annulation de la décision du 2 avril 2024 de la caisse d'allocations familiales de la Somme ni à ce qu'une remise gracieuse de sa dette lui soit accordée.

D E C I D E :

Article 1er : La requête de Mme A est rejetée.

Article 2 : Le présent jugement sera notifié à Mme B A et à la caisse d'allocations familiales de la Somme.

Rendu public par mise à disposition au greffe le 31 décembre 2024.

Le magistrat désigné,

Signé

F. Wavelet La greffière,

Signé

V. Martinval

La République mande et ordonne au préfet de la Somme en ce qui le concerne, ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

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