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AccueilJurisprudence administrativeN° TA80-2401613

Tribunal Administratif d'Amiens — Décision N° TA80-2401613

vendredi 20 septembre 2024

JuridictionTribunal Administratif d'Amiens
SectionTribunal Administratif d'Amiens
N° DossierTA80-2401613
TypeOrdonnance
RecoursExcès de pouvoir
PublicationC
Avocat requérantCLAEYS

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête et un mémoire, enregistrés les 23 avril et 21 mai 2024, M. A B, représenté par Me Claeys, demande au tribunal :

1°) d'annuler la décision du 5 mars 2024 par laquelle la préfète de l'Oise a classé sans suite sa demande de naturalisation ;

2°) d'enjoindre à la préfète de l'Oise de reprendre en charge l'instruction de son dossier de demande de naturalisation dans un délai d'un mois à compter de la notification de la décision à intervenir ;

3°) de mettre à la charge de l'Etat une somme de 1 000 euros à verser à son avocat sur le fondement des articles L. 761-1 du code de justice administrative et 37 de la loi du 10 juillet 1991, sous réserve que ce dernier renonce à percevoir le bénéfice de l'aide juridictionnelle, ainsi que les entiers dépens.

Il soutient que :

- la décision attaquée est entachée d'incompétence en l'absence de délégation de signature régulièrement publiée au profit de son signataire ;

- il n'a pas été en mesure de procéder à la communication de la copie intégrale de son acte de naissance en langue française et en arabe malgré ses démarches réalisées à cette fin, dès lors que ce document a été expédié depuis son pays d'origine le 16 février 2024 et a ensuite été perdu par les services postaux, de sorte que les services instructeurs de sa demande de naturalisation ont irrégulièrement procédé à son classement sans suite au motif de l'absence de cette pièce.

Par une décision du 15 mai 2024, la demande d'aide juridictionnelle présentée par µ

M. B a été rejetée.

Vu les autres pièces du dossier.

Vu le code de justice administrative.

Considérant ce qui suit :

1. Aux termes de l'article R. 222-1 du code de justice administrative : " () les présidents de formation de jugement des tribunaux () peuvent, par ordonnance : () 7° Rejeter, après l'expiration du délai de recours ou, lorsqu'un mémoire complémentaire a été annoncé, après la production de ce mémoire, les requêtes ne comportant que des moyens de légalité externe manifestement infondés, des moyens irrecevables, des moyens inopérants ou des moyens qui ne sont assortis que de faits manifestement insusceptibles de venir à leur soutien ou ne sont manifestement pas assortis des précisions permettant d'en apprécier le bien-fondé ".

2. En premier lieu, par un arrêté du 23 octobre 2023, publié le même jour au recueil des actes administratifs de la préfecture, la préfète de l'Oise a donné délégation à Mme D C, responsable de la plateforme interdépartementale d'instruction des demandes de naturalisation, à l'effet de signer, en particulier, les décisions de classement sans suite de telles demandes. Par suite, le moyen de légalité externe tiré de l'incompétence de l'auteur de la décision attaquée est manifestement infondé.

3. En second lieu, il ressort de la motivation de la décision attaquée que le classement sans suite de la demande de naturalisation de M. B a été prononcé au motif que l'intéressé n'a pas produit, après mise en demeure du 23 janvier 2024, la copie intégrale de son acte de naissance en langue française et arabe. Si M. B soutient qu'il a réalisé les démarches nécessaires à cette fin et que ce document a été expédié depuis son pays d'origine le 16 février 2024 mais a ensuite été égaré par les services postaux, il est constant, après mesure d'instruction en ce sens, que l'intéressé, en admettant même établies ses diligences pour se procurer la copie intégrale de son acte de naissance dans un délai utile, ne démontre ni même ne soutient avoir avisé les services instructeurs à l'expiration du délai imparti le 23 janvier 2024, ni même avant l'intervention de la décision attaquée le 5 mars 2024, de sa production imminente ou, le cas échéant, des raisons du retard avec lequel il avait néanmoins l'intention de la produire. Par suite, le moyen tiré de ce que les services instructeurs auraient irrégulièrement classé sans suite sa demande de naturalisation faute de production de cette pièce n'est assorti que de faits manifestement insusceptibles de venir à son soutien.

4. Il s'ensuit que les conclusions en annulation de la requête de M. B, qui ne comporte que des moyens manifestement infondé ou assorti que de faits manifestement insusceptibles de venir à son soutien, doivent être rejetées par application du 7° de l'article

R. 222-1 du code de justice administrative, ensemble les conclusions qu'il présente aux fins d'injonction ainsi que celles présentées sur le fondement de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

ORDONNE :

Article 1er : La requête de M. B est rejetée.

Article 2 : La présente ordonnance sera notifiée à M. A B.

Fait à Amiens, le 20 septembre 2024.

Le président de la 3ème chambre,

signé

S. Thérain

La République mande et ordonne à la préfète de l'Oise en ce qui la concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées de pourvoir à l'exécution de la présente ordonnance.

N°2401613

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