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AccueilJurisprudence administrativeN° TA80-2401692

Tribunal Administratif d'Amiens — Décision N° TA80-2401692

mardi 7 mai 2024

JuridictionTribunal Administratif d'Amiens
SectionTribunal Administratif d'Amiens
N° DossierTA80-2401692
TypeOrdonnance
RecoursExcès de pouvoir
PublicationD
Avocat requérantJOSSERAN

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête, enregistrée le 30 avril 2024, M. C D, Mme E A épouse D, la SCI Sylvie Immo, la SARL Débarras Picardie, la SCI Anel, la SCI Elorac, la SCI Niala et M. F B, représentés par Me Josseran, demandent au juge des référés :

1°) d'ordonner, sur le fondement des dispositions de l'article L. 521-1 du code de justice administrative, la suspension de l'exécution de l'arrêté du n°18/2024 du 1er mars 2024 par lequel le maire de la commune de Balagny-sur-Thérain a interdit du 1er mars au 31 décembre 2024 la circulation de certains véhicules dans l'allée des Tilleuls ;

2°) de mettre à la charge de la commune de Balagny-sur-Thérain une somme de 1 000 euros à chacun d'entre eux sur le fondement de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Ils soutiennent que :

-la condition d'urgence est remplie dès lors que l'interdiction de circuler fera disparaitre les activités économiques des entreprises dont les locaux sont desservis par l'allée des Tilleuls et qu'elle viole en outre l'autorité de la chose jugée attachée au jugement rendu par le tribunal administratif d'Amiens le 26 octobre 2023 ;

- la condition relative au doute sérieux est remplie dès lors que :

- l'arrêté attaqué méconnaît l'autorité de chose jugée dont est revêtu le jugement n° 2103301 et 2200741 du 26 octobre 2023 ;

- l'arrêté du 1er mars 2024 est insuffisamment motivé ;

- l'arrêté attaqué est fondé sur des faits qui ne sont pas suffisamment établis, il présente un caractère trop général et il est disproportionné dès lors qu'il porte une atteinte excessive aux activités commerciales des entreprises concernées.

Vu :

- l'arrêté dont la suspension est demandée et la copie de la requête à fin d'annulation de cet arrêté ;

- les autres pièces du dossier.

Vu :

- le code général des collectivités territoriales ;

- le code de justice administrative.

La présidente du tribunal a désigné Mme Galle, vice-présidente, en application de l'article L. 511-2 du code de justice administrative

Considérant ce qui suit :

1. Aux termes de l'article L. 521-1 du code de justice administrative : " Quand une décision administrative, même de rejet, fait l'objet d'une requête en annulation ou en réformation, le juge des référés, saisi d'une demande en ce sens, peut ordonner la suspension de l'exécution de cette décision, ou de certains de ses effets, lorsque l'urgence le justifie et qu'il est fait état d'un moyen propre à créer, en l'état de l'instruction, un doute sérieux quant à la légalité de la décision () ". Aux termes de l'article R. 522-1 du même code : " La requête visant au prononcé de mesures d'urgence doit () justifier de l'urgence de l'affaire. () ". En vertu de l'article L. 522-3 du même code, le juge des référés peut, par une ordonnance motivée, rejeter une requête sans instruction ni audience lorsque la condition d'urgence n'est pas remplie ou lorsqu'il apparaît manifeste, au vu de la demande, que celle-ci ne relève pas de la compétence de la juridiction administrative, qu'elle est irrecevable ou qu'elle est mal fondée.

2. Il appartient au juge des référés, saisi de conclusions tendant à la suspension d'un acte administratif, d'apprécier concrètement et objectivement, compte tenu des justifications fournies par le requérant, si les effets de l'acte litigieux sont de nature à caractériser une urgence justifiant que, sans attendre le jugement de la requête au fond, l'exécution de la décision soit suspendue. Il en va ainsi lorsque l'exécution de cette décision porte atteinte, de manière suffisamment grave et immédiate, à un intérêt public, à la situation du requérant ou aux intérêts qu'il entend défendre. Il est tenu compte de l'ensemble des circonstances de l'espèce, et notamment des objectifs d'intérêt public poursuivis par la décision critiquée.

3. Pour justifier de l'urgence à suspendre l'exécution de l'arrêté du 1er mars 2024 par lequel le maire de la commune de Balagny-sur-Thérain a interdit du 1er mars au 31 décembre 2024 la circulation à tous les véhicules de l'allée des Tilleuls à l'exception des véhicules appartenant aux propriétaires des parcelles desservies par cette voie et aux services communaux et des véhicules prioritaires, les requérants, qui sont tous soit des entreprises individuelles, soit des sociétés, se bornent à soutenir que cet arrêté aura pour conséquence de faire disparaitre les activités économiques de leurs entreprises, et qu'il viole en outre l'autorité de la chose jugée par le tribunal administratif d'Amiens le 26 octobre 2023. À l'appui de leurs allégations, les requérants se bornent toutefois à produire des titres de propriété et des extraits K-bis dont la majorité sont au demeurant antérieurs de plusieurs années à l'arrêté en litige ainsi qu'une attestation comptable de la société Débarras Picardie de 2021, qui, outre qu'elle est particulièrement ancienne, ne permet en rien d'établir que l'arrêté attaqué causerait un préjudice grave et actuel à cette société. Ces seuls documents qui ne comportent aucune information précise et circonstanciée, n'établissent pas que les différentes entreprises dont les locaux sont situés allée des Tilleurs exercent, à la date de l'arrêté attaqué, une activité économique réelle à laquelle l'arrêté attaqué pourrait porter préjudice. En outre, la seule circonstance que l'arrêté attaqué méconnaitrait l'autorité de la chose jugée par le tribunal n'est pas de nature à établir l'existence d'une situation d'urgence au sens de l'article L. 521-1 du code de justice administrative. Dans ces conditions, les requérants ne peuvent être regardés comme établissant l'existence de circonstances particulières de nature à caractériser une situation d'urgence qui justifierait que soit ordonnée la suspension de l'exécution de l'arrêté contesté, en application des dispositions précitées de l'article L. 521-1 du code de justice administrative.

4. Il résulte de ce qui précède que la requête de M. D et autres doit être rejetée dans toutes ses conclusions, sans instruction ni audience publique, selon la procédure prévue à l'article L. 522-3 du code de justice administrative.

O R D O N N E :

Article 1 : La requête de M. D et autres est rejetée.

Article 2 : La présente ordonnance sera notifiée à M. C D, premier requérant dénommé.

Fait à Amiens, le 7 mai 2024.

La juge des référés,

Signé :

C. Galle

La République mande et ordonne à la préfète de l'Oise en ce qui la concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution du présent jugement.

N°2401692

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