jeudi 2 mai 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif d'Amiens |
| Section | Tribunal Administratif d'Amiens |
| N° Dossier | TA80-2401697 |
| Type | Ordonnance |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | D |
Vu la procédure suivante :
Par une requête enregistrée le 1er mai 2024, M. C B et Mme A D, épouse B, représentés par Me Sehili-Franceschini, demandent au juge des référés, statuant sur le fondement de l'article L. 521-2 du code de justice administrative :
1°) d'annuler la décision par laquelle le maire de la commune de Thiers-sur-Thève s'est opposé à la demande de renouvellement de raccordement au réseau d'électricité de leur domicile, sis 3 chemin du Pont Chantrel à Thiers-sur-Thève ;
2°) d'enjoindre au maire de la commune de Thiers-sur-Thève de donner son accord à la demande de renouvellement de raccordement au réseau d'électricité de leur domicile ;
3°) de mettre à la charge de la commune de Thiers-sur-Thève une somme de 3 000 euros sur le fondement des articles L. 761-1 du code de justice administrative.
Ils soutiennent que :
- la condition d'urgence est satisfaite dès lors qu'ils vivent au 3 chemin du Pont Chantrel à Thiers-sur-Thève avec leurs deux enfants, que cette adresse est le siège d'une association, et que la coupure d'électricité liée à la fin de leur raccordement actuel est imminente.
- le refus de renouvellement de leur raccordement au réseau électrique méconnaît leur droit à une vie privée et familiale garanti par l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales et contrevient à l'intérêt de leurs enfants et à la liberté d'association ;
- il est manifestement illégal dès lors qu'il n'est pas motivé et qu'il est disproportionné au motif que leur adresse est déjà raccordée et qu'ils y habitent depuis de nombreuses années.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu le code de justice administrative.
La présidente du tribunal a désigné Mme Minet, première conseillère, pour statuer sur les demandes de référé.
Considérant ce qui suit :
1. Aux termes de l'article L. 521-2 du code de justice administrative : " Saisi d'une demande en ce sens justifiée par l'urgence, le juge des référés peut ordonner toutes mesures nécessaires à la sauvegarde d'une liberté fondamentale à laquelle une personne morale de droit public ou un organisme de droit privé chargé de la gestion d'un service public aurait porté, dans l'exercice d'un de ses pouvoirs, une atteinte grave et manifestement illégale. Le juge des référés se prononce dans un délai de quarante-huit heures ". En vertu de l'article L. 522-3 du même code, le juge des référés peut, par une ordonnance motivée, rejeter une requête sans instruction, ni audience publique lorsque la demande ne présente pas un caractère d'urgence ou lorsqu'il apparaît manifeste, au vu de la demande, que celle-ci ne relève pas de la compétence de la juridiction administrative, qu'elle est irrecevable ou qu'elle est mal fondée.
Sur les conclusions à fin d'annulation de la décision par laquelle le maire de la commune de Thiers-sur-Thève s'est opposé à la demande de renouvellement de raccordement au réseau d'électricité de leur domicile :
2. Aux termes de l'article L. 511-1 du code de justice administrative : " Le juge des référés statue par des mesures qui présentent un caractère provisoire. Il n'est pas saisi du principal et se prononce dans les meilleurs délais ". Il résulte de ces dispositions que le juge des référés ne peut, sans excéder sa compétence, prononcer l'annulation d'une décision administrative.
3. Il résulte de ce qui précède que les requérants ne peuvent pas demander au juge des référés d'annuler la décision par laquelle le maire de la commune de Thiers-sur-Thève s'est opposé à la demande de renouvellement de raccordement au réseau d'électricité de leur domicile, sis 3 chemin du Pont Chantrel à Thiers-sur-Thève. Par suite, de telles conclusions sont irrecevables.
Sur les conclusions à fin qu'il soit enjoint au maire de la commune de Thiers-sur-Thève de donner son accord à la demande de renouvellement de raccordement au réseau d'électricité de leur domicile :
4. Lorsqu'un requérant fonde son action sur la procédure particulière instituée par l'article L. 521-2 du code de justice administrative, il lui appartient de justifier de circonstances caractérisant une situation d'urgence particulière qui implique, sous réserve que les autres conditions posées par cette disposition soient remplies, qu'une mesure visant à sauvegarder une liberté fondamentale doive être prise à très bref délai.
5. Pour justifier d'une situation d'urgence au soutien de leur demande, M. B et Mme D se bornent à faire valoir, sans le démontrer, que la coupure d'électricité liée à la fin de leur raccordement actuel est imminente alors qu'ils habitent à leur domicile depuis plusieurs années avec leurs deux enfants et que ce domicile est aussi le siège d'une association. Dans ces conditions, et alors au surplus que la société ENEDIS les a informés dès le 29 février 2024 que le maire de la commune de Thiers-sur-Thève s'opposait au branchement demandé, les requérants ne démontrent pas que leur situation rendrait nécessaire la mesure qu'ils sollicitent dans les très brefs délais impartis au juge des référés pour se prononcer lorsqu'il est saisi sur le fondement de l'article L. 521-2 du code de justice administrative.
6. Il résulte de ce qui précède que les conclusions aux fins d'injonction présentées par les requérants doivent être rejetées.
7. Il résulte de ce qui précède que les conclusions aux fins d'annulation et d'injonction présentées par M. B et Mme D doivent être rejetées sans que, par application de l'article L. 522-3 du code de justice administrative, il y ait lieu d'engager une procédure contradictoire ni de tenir une audience. Il en va de même des conclusions présentées sur le fondement de l'article
L. 761-1 du code de justice administrative.
O R D O N N E :
Article 1er : La requête de M. B et Mme D est rejetée.
Article 2 : La présente ordonnance sera notifiée à M. C B et à Mme A D, épouse B.
Fait à Amiens le 2 mai 2024.
La juge des référés,
Signé
A. Minet
La République mande et ordonne à la préfète de l'Oise en ce qui la concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Tribunal Administratif de VERSAILLES — N° TA78-2608798
03/08/2026
Tribunal Administratif de VERSAILLES — N° TA78-2606201
03/08/2026
Tribunal Administratif de VERSAILLES — N° TA78-2600562
03/08/2026
Tribunal Administratif de MELUN — N° TA77-2611484
03/08/2026