mardi 21 mai 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif d'Amiens |
| Section | Tribunal Administratif d'Amiens |
| N° Dossier | TA80-2401698 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | C |
| Avocat requérant | BAGARD |
Vu la procédure suivante :
Par une requête enregistrée le 1er mai 2024, Mme A B, représentée par Me Bagard, demande au juge des référés, statuant en application de l'article L. 521-1 du code de justice administrative :
1°) de lui accorder l'aide juridictionnelle provisoire ;
2°) d'ordonner la suspension de l'exécution de la décision du 14 mars 2024 par laquelle le directeur du centre pénitentiaire de Beauvais a prolongé son placement à l'isolement du 19 mars au 19 juin 2024 ;
3°) de mettre à la charge de l'Etat la somme de 2400 euros au titre des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Elle soutient que :
- la condition d'urgence est remplie, dès lors que celle-ci est présumée en ce qui concerne les décisions d'isolement ;
- il existe plusieurs moyens de nature à créer un doute sérieux quant à la légalité de l'arrêté attaqué :
- le principe du contradictoire a été méconnu, dès lors que l'évaluation en quartier d'évaluation de la radicalisation (QER) dont les conclusions motivent pour l'essentiel la décision ne lui a pas été communiquée avant ou pendant l'audience du 14 mars 2024 ;
- la décision est entachée d'une erreur sur l'exactitude matérielle des faits dès lors qu'elle n'a fait l'objet d'aucune évaluation en QER depuis son rapatriement en France le
7 juillet 2023 mais seulement d'une évaluation pluridisciplinaire classique à son entrée au centre pénitentiaire du sud francilien à Réau qui n'a pas la même valeur ;
- la décision est entachée d'une erreur dès lors qu'elle ne se fonde pas sur des circonstances de fait existantes à la date de la décision mais de circonstances antérieures ;
- la décision est entachée d'une erreur manifeste d'appréciation dès lors que la décision d'isolement ne pourrait être justifiée qu'en présence d'un idéologue très prosélyte et/ou très violent incompatible avec une prise en charge collective, ce qui n'est pas son cas, alors qu'elle était placée en détention ordinaire au centre pénitentiaire de Réau. Enfin, la mesure de prolongation est justifiée par des assertions qui ne sont nullement documentées ou justifiées ;
- la décision porte une atteinte disproportionnée à son droit au respect de sa vie privée et familiale garanti par l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales en ce qu'elle la prive de toute activité
socio-culturelle.
Par un mémoire en défense, enregistré le 17 mai 2024, le garde des sceaux, ministre de la justice conclut au rejet de la requête.
Il soutient que :
- la condition d'urgence n'est pas satisfaite compte tenu des nécessités de l'ordre public justifiant la mesure attaquée ;
- aucun des moyens de la requête n'est de nature à créer un doute sérieux quant à la légalité de la décision.
Vu :
- les autres pièces du dossier ;
- la requête n° 2401752, enregistrée le 30 avril 2024, par laquelle Mme B demande l'annulation de l'arrêté susvisé.
Vu :
- le code pénitentiaire ;
- la loi n°91-647 du 10 juillet 1991 ;
- le code de justice administrative.
La présidente du tribunal a désigné M. Boutou, vice-président, en application de l'article L. 511-2 du code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement convoquées à l'audience publique du 17 mai 2024 à 14 heures.
Après avoir lu son rapport et entendu au cours de l'audience publique en présence de Mme Grare, greffière d'audience :
- les observations orales de Me Vachon, représentant Mme B ;
- les observations orales de Mme B elle-même, présente à l'audience par visioconférence ;
- les observations orales de Mme C, de la direction interrégionale des services pénitentiaires, représentant le ministre.
Après avoir prononcé, à l'issue de l'audience, la clôture de l'instruction.
Considérant ce qui suit :
Sur les conclusions tendant à l'admission provisoire au bénéfice de l'aide juridictionnelle :
1. Aux termes de l'article 20 de la loi du 10 juillet 1991 : " Dans les cas d'urgence, sous réserve de l'application des règles relatives aux commissions ou désignations d'office, l'admission provisoire à l'aide juridictionnelle peut être prononcée par la juridiction compétente ou son président ".
2. Il y a lieu, eu égard à l'urgence qui s'attache à ce qu'il soit statué sur la requête de Mme B, de prononcer son admission provisoire à l'aide juridictionnelle.
Sur les conclusions présentées au titre de l'article L. 521-1 du code de justice administrative :
3. Aux termes de l'article L. 521-1 du code de justice administrative : " Quand une décision administrative, même de rejet, fait l'objet d'une requête en annulation ou en réformation, le juge des référés, saisi d'une demande en ce sens, peut ordonner la suspension de l'exécution de cette décision, ou de certains de ses effets, lorsque l'urgence le justifie et qu'il est fait état d'un moyen propre à créer, en l'état de l'instruction, un doute sérieux quant à la légalité de la décision () ". Aux termes de l'article L. 522-1 du même code : " Le juge des référés statue au terme d'une procédure contradictoire écrite ou orale () ". Enfin, aux termes du premier alinéa de l'article R. 522-1 dudit code : " La requête visant au prononcé de mesures d'urgence doit () justifier de l'urgence de l'affaire. () ".
4.Pour soutenir qu'il existe un doute sérieux quant à la légalité de la décision attaquée, la requérante soutient en premier lieu, que le principe du contradictoire a été méconnu, dès lors que l'évaluation en quartier d'évaluation de la radicalisation (QER) dont les conclusions motivent pour l'essentiel la décision ne lui a pas été communiquée avant ou pendant l'audience du 14 mars 2024 ; en deuxième lieu, que la décision est entachée d'une erreur sur l'exactitude matérielle des faits dès lors qu'elle n'a fait l'objet d'aucune évaluation en QER depuis son rapatriement en France le 7 juillet 2023 mais seulement d'une évaluation pluridisciplinaire classique à son entrée au centre pénitentiaire du sud francilien à Réau qui n'a pas la même valeur ; en troisième lieu, que la décision est entachée d'une erreur dès lors qu'elle ne se fonde pas sur des circonstances de fait existantes à la date de la décision mais de circonstances antérieures ; en quatrième lieu, que la décision est entachée d'une erreur manifeste d'appréciation dès lors que la décision d'isolement ne pourrait être justifiée qu'en présence d'un idéologue très prosélyte et/ou très violent incompatible avec une prise en charge collective, ce qui n'est pas son cas, alors qu'elle était placée en détention ordinaire au centre pénitentiaire de Réau et que la mesure de prolongation est justifiée par des assertions qui ne sont nullement documentées ou justifiées ; en sixième lieu, que la décision porte une atteinte disproportionnée à son droit au respect de sa vie privée et familiale garanti par l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales en ce qu'elle la prive de tout contact social et de toute activité socio-culturelle. Toutefois, en l'état de l'instruction, aucun de ces moyens n'est de nature à faire naître un doute sérieux quant à la légalité de la décision attaquée.
5. Il résulte de ce qui précède que, sans qu'il soit besoin de statuer sur la condition d'urgence, les conclusions à fin de suspension de la requête de Mme B doivent être rejetées, ainsi que par voie de conséquence, ses conclusions fondées sur l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
O R D O N N E :
Article 1er : Mme B est admise au bénéfice de l'aide juridictionnelle provisoire.
Article 2 : La requête de Mme B est rejetée.
Article 3 : La présente ordonnance sera notifiée à Mme A B, à Me Bagard et au garde des sceaux, ministre de la justice. Copie en sera adressée au directeur du centre pénitentiaire de Beauvais.
Fait à Amiens, le 21 mai 2024,
Le juge des référés,
Signé :
B. BoutouLa greffière,
Signé :
S. Grare
La République mande et ordonne au garde des sceaux, ministre de la justice en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026