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AccueilJurisprudence administrativeN° TA80-2401707

Tribunal Administratif d'Amiens — Décision N° TA80-2401707

lundi 6 mai 2024

JuridictionTribunal Administratif d'Amiens
SectionTribunal Administratif d'Amiens
N° DossierTA80-2401707
TypeOrdonnance
RecoursExcès de pouvoir
PublicationC
Avocat requérantVAILLANT

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête enregistrée le 2 mai 2024, M. B A, représenté par Me Vaillant, demande au juge des référés, statuant par application des dispositions de l'article L. 521-1 du code de justice administrative :

1°) de l'admettre au bénéfice de l'aide juridictionnelle provisoire ;

2°) d'ordonner la suspension de l'exécution de l'arrêté du 12 mars 2024 par lequel le préfet de l'Aisne a refusé de lui délivrer un titre de séjour, l'a obligé à quitter le territoire français dans le délai de trente jours, a désigné le pays de renvoi et lui a fait interdiction de retour sur le territoire français pour une durée d'un an ;

3°) d'enjoindre au préfet de l'Aisne de lui délivrer une autorisation provisoire de séjour l'autorisant à travailler, dans un délai de 72 heures suivant la notification de l'ordonnance à intervenir, et de réexaminer sa demande de titre de séjour dans un délai d'un mois suivant cette notification, sous astreinte de cent euros par jour de retard ;

4°) de mettre à la charge de l'Etat la somme de 1800 euros à verser à son conseil en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative et de l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991.

Il soutient que :

- la condition d'urgence est remplie, dès lors que l'arrêté l'empêche de poursuivre sa formation, fait obstacle à la poursuite de son projet professionnel et de son apprentissage et le prive de revenus ;

- il existe plusieurs moyens de nature à créer un doute sérieux quant à la légalité de la décision attaquée :

. l'arrêté est insuffisamment motivé et révèle un défaut d'examen de sa situation ;

. la décision de refus de séjour méconnaît l'article L. 435-3 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, est entachée d'erreur de droit et d'erreur manifeste d'appréciation ;

. la décision de refus de séjour méconnaît l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales.

Vu :

- les autres pièces du dossier ;

- la requête n°2401459, enregistrée le 12 avril 2024, par laquelle M. A demande l'annulation de la décision attaquée.

Vu :

- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;

- le code de justice administrative.

La présidente du tribunal a désigné M. Boutou, vice-président, en application de l'article L. 511-2 du code de justice administrative.

Considérant ce qui suit :

1. Aux termes de l'article L. 521-1 du code de justice administrative : " Quand une décision administrative, même de rejet, fait l'objet d'une requête en annulation ou en réformation, le juge des référés, saisi d'une demande en ce sens, peut ordonner la suspension de l'exécution de cette décision, ou de certains de ses effets, lorsque l'urgence le justifie et qu'il est fait état d'un moyen propre à créer, en l'état de l'instruction, un doute sérieux quant à la légalité de la décision () ". Aux termes de l'article L. 522-3 du code précité : " Lorsque la demande ne présente pas un caractère d'urgence ou lorsqu'il apparaît manifeste, au vu de la demande, que celle-ci ne relève pas de la compétence de la juridiction administrative, qu'elle est irrecevable ou qu'elle est mal fondée, le juge des référés peut la rejeter par une ordonnance motivée sans qu'il y ait lieu d'appliquer les deux premiers alinéas de l'article L. 522-1. ".

2. L'urgence justifie que soit prononcée la suspension d'un acte administratif lorsque l'exécution de celui-ci porte atteinte, de manière suffisamment grave et immédiate, à un intérêt public, à la situation du requérant ou aux intérêts qu'il entend défendre. Il appartient au juge des référés, saisi de conclusions tendant à la suspension d'un acte administratif, d'apprécier concrètement, compte tenu des éléments fournis par le requérant, si les effets de l'acte litigieux sont de nature à caractériser une urgence justifiant que, sans attendre le jugement de la requête au fond, l'exécution de la décision soit suspendue.

3. M. A soutient qu'il y a urgence à statuer sur sa demande dès lors que l'arrêté l'empêche de poursuivre sa formation, fait obstacle à la poursuite de son projet professionnel et de son apprentissage et le prive de revenus. Toutefois, M. A est entré en France récemment en avril 2021, a été placé et confié au service d'aide sociale à l'enfance. Il est aujourd'hui âgé de 19 ans. Son parcours de formation en CAP s'est prolongé en raison de la réorientation qu'il a choisi d'effectuer en 2022, rompant unilatéralement le contrat de travail qui le liait à son employeur. Il ne produit aucune preuve de l'existence de liens familiaux en France, alors que toute sa famille vit au pays d'origine, la Guinée. Par suite, la condition d'urgence ne peut être regardée comme satisfaite. Sa requête doit être rejetée dans toutes ses conclusions.

Sur la demande d'aide juridictionnelle provisoire :

4. Aux termes de l'article 7 de la loi n°91-647 du 10 juillet 1991 relative à l'aide juridique : " L'aide juridictionnelle est accordée à la personne dont l'action n'apparaît pas, manifestement, irrecevable, dénuée de fondement ou abusive en raison notamment du nombre des demandes, de leur caractère répétitif ou systématique () ". Il résulte de ce qui précède que la demande de M. A est manifestement infondée. Sa demande tendant au bénéfice de l'aide juridictionnelle provisoire doit par suite être rejetée.

O R D O N N E :

Article 1er : La demande d'aide juridictionnelle de M. A est rejetée.

Article 2 : La requête de M. A est rejetée.

Article 3 : La présente ordonnance sera notifiée à M. B A et à Me Vaillant.

Fait à Amiens, le 6 mai 2024

Le juge des référés,

Signé :

B. Boutou

La République mande et ordonne au préfet de l'Aisne en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

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