jeudi 4 juillet 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif d'Amiens |
| Section | Tribunal Administratif d'Amiens |
| N° Dossier | TA80-2401757 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | C |
| Formation | 2ème Chambre |
| Avocat requérant | DOUILLY |
Vu la procédure suivante :
Par une requête, enregistrée le 1er mai 2024, Mme A B, représentée par
Me Douilly, demande au tribunal :
1°) d'annuler l'arrêté du 11 janvier 2024 par lequel la préfète de l'Oise lui a refusé un titre de séjour, lui a fait obligation de quitter le territoire français dans un délai de trente jours et a fixé le pays de destination ;
2°) d'enjoindre à la préfète de l'Oise de la munir d'un visa portant la mention " passeport talent-chercheur ", ou à défaut, " étudiant " ou encore " vie privée et familiale ".
Elle soutient que :
- l'arrêté attaqué a été pris en méconnaissance de l'article L. 421-14 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- il est entaché d'erreur de droit alors que la condition que l'enseignement soit dispensé en présentiel en France n'est pas une condition posée par l'article L. 421-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- il méconnait l'article L. 435-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
Par un mémoire en défense, enregistré le 5 juin 2024, la préfète de l'Oise conclut au rejet de la requête.
Elle fait valoir que :
- la requête est tardive ;
- en tout état de cause, les moyens soulevés par Mme B ne sont pas fondés.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
-
- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- le code de justice administrative.
Le président de la formation de jugement a dispensé le rapporteur public, sur sa proposition, de prononcer des conclusions à l'audience.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
A été entendu au cours de l'audience publique, le rapport de Mme Pierre.
Considérant ce qui suit :
1. Mme B, ressortissante tunisienne, née le 16 avril 1995, déclare être entrée en France le 10 septembre 2023 munie d'un visa " passeport talent-chercheur ". Elle a sollicité son admission au séjour le 18 septembre 2023. Cette demande a toutefois été rejetée par l'arrêté attaqué du 11 janvier 2024 par lequel la préfète de l'Oise lui fait également obligation de quitter le territoire français dans un délai de trente jours et fixe la Tunisie comme pays à destination duquel elle sera renvoyée en cas d'exécution d'office de cette mesure.
2. Aux termes de l'article L. 614-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " Lorsque la décision portant obligation de quitter le territoire français prise en application des 3°, 5° ou 6° de l'article L. 611-1 est assortie d'un délai de départ volontaire, le tribunal administratif est saisi dans le délai de trente jours suivant la notification de la décision. / () ". Aux termes du I de l'article R. 776-2 du code de justice administrative : " Conformément aux dispositions de l'article L. 614-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, la notification d'une obligation de quitter le territoire français avec délai de départ volontaire, prise en application de l'article L. 251-1 ou des 3°, 5° ou 6° de l'article L. 611-1 du même code, fait courir un délai de trente jours pour contester cette obligation ainsi que les décisions relatives au séjour, au délai de départ volontaire, au pays de renvoi et à l'interdiction de retour ou à l'interdiction de circulation notifiées simultanément () ".
3. Il ressort des pièces du dossier que l'arrêté attaqué, qui précisait ses voies et délais de recours, a été notifié par pli recommandé avec accusé de réception à Mme B à l'adresse dont elle se prévaut aux termes de sa requête. Le pli a été présenté le 24 janvier 2024, puis a été retourné par les services postaux aux services de la préfecture avec la mention " avisé non réclamé " à l'expiration du délai de mise en instance. La notification de l'arrêté contesté étant réputée avoir été régulièrement accomplie à la date de première présentation du pli le 24 janvier 2024, à la date d'enregistrement de la requête le 1er mai 2024, le délai de trente jours prévu à l'article L. 614-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile était expiré. Par suite, la requête de Mme B est tardive et ne peut qu'être rejetée.
D É C I D E :
Article 1er : La requête de Mme B est rejetée.
Article 2 : Le présent jugement sera notifié à Mme A B et à la préfète de l'Oise.
Délibéré après l'audience du 27 juin 2024, à laquelle siégeaient :
M. Boutou, président,
Mme Pierre, première conseillère,
M. Menet, premier conseiller.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 4 juillet 2024.
La rapporteure,
Signé
A-L Pierre
Le président,
Signé
B. Boutou
La greffière,
Signé
A. Ribière
La République mande et ordonne à la préfète de l'Oise en ce qui la concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
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