vendredi 31 mai 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif d'Amiens |
| Section | Tribunal Administratif d'Amiens |
| N° Dossier | TA80-2401805 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | C |
| Avocat requérant | FOURET |
Vu la procédure suivante :
Par une requête, enregistrée le 9 mai 2024, Mme B C, représentée par
Me Fouret, demande au juge des référés :
1°) d'ordonner, sur le fondement des dispositions de l'article L. 521-1 du code de justice administrative, la suspension de la décision du 29 mars 2024 par laquelle le directeur académique des services de l'éducation nationale de l'Oise a mis en demeure les parents de l'enfant Helyna D C de l'inscrire dans un établissement scolaire public ou privé dans un délai de quinze jours ;
2°) de mettre à la charge de l'État une somme de 3 000 euros en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Elle soutient que :
- la condition d'urgence est remplie dès lors que la décision contestée provoque un lourd bouleversement, tant administratif que financier ; que la décision attaquée a pour effet de briser le rythme d'instruction de sa fille, qui doit intégrer une école à quelques semaines de la fin de l'année scolaire, et rencontrer des difficultés d'intégration ; qu'en outre la scolarisation de son enfant dans un établissement d'enseignement bouleversera le parcours scolaire de sa fille alors que les compétences doivent être acquises en fin de cycle et par trimestre ou par année scolaire ; que la décision de mise en demeure attaquée empêche toute possibilité d'autorisation d'instruction en famille pour l'année à venir ;
- il existe un doute sérieux quant à la légalité de la décision attaquée :
- les contrôles sur lesquels se fonde la décision contestée ont été réalisés en méconnaissance de l'article L. 131-10, III du code de l'éducation, dès lors que les deux contrôles du 18 décembre 2023 et du 25 mars 2024 sont irréguliers, ce qui doit entrainer l'annulation de la décision attaquée ;
- le contrôle du 18 décembre 2023 est irrégulier dès lors qu'il est imprécis et n'a pas été adapté à la situation personnelle de l'enfant notamment ses troubles " dys " et son trouble de l'hyperactivité, qui font obstacle à l'acquisition des connaissances, ainsi qu'à son état de santé le jour du contrôle et à l'anxiété due au contrôle ;
- le contrôle du 25 mars 2024 est irrégulier dès lors qu'il retient un bilan négatif alors même qu'une progression réelle était relevée entre les deux contrôles, et que les troubles de l'enfant n'ont pas été pris en compte, qu'il n'a pas été tenu compte de l'anxiété de l'enfant le jour du contrôle ;
- la décision attaquée est entachée d'une erreur d'appréciation dès lors que compte tenu de ses troubles, son enfant a de très faibles chances de succès dans le cadre d'une scolarisation traditionnelle, qu'elle a de bonnes compétences en compréhension orale, et qu'elle progresse.
Par un mémoire enregistré le 17 mai 2024, le recteur de l'académie d'Amiens conclut au rejet de la requête.
Il soutient que :
- l'urgence n'est pas établie dès lors qu'il n'est pas démontré que l'exécution de la décision serait susceptible de porter gravement atteinte à la situation de l'enfant et induirait un bouleversement dans son parcours scolaire ; que par ailleurs le père de l'enfant M. D a indiqué au rectorat qu'il était en faveur d'une scolarisation de son enfant dans un établissement d'enseignement scolaire et qu'il ne contestait pas la décision de mise en demeure ; qu'au vu des contrôles réalisés dont le dernier a été réalisé en mars 2024, il existe une urgence à scolariser l'enfant ; qu'enfin l'intéressée s'est placé elle-même dans une situation d'urgence en raison de sa propre négligence dès lors qu'elle ne démontre pas avoir effectué les démarches nécessaires à l'inscription dans un établissement scolaire dès réception de la mise en demeure ;
- la condition relative au doute sérieux quant à la légalité de la décision n'est pas remplie :
- il ne résulte pas de l'instruction que Mme C aurait alerté le rectorat de l'académie d'Amiens sur les problèmes de santé de leur fille qui seraient de nature à faire obstacle à sa scolarisation en établissement ; que les bilans médicaux et d'orthophonie ont été présentés en début de contrôle ; que les troubles de santé allégués ne sont pas établis et sont " toujours en cours de diagnostic " ; qu'il ne résulte pas des éléments détaillés par les deux rapports établis par les inspectrices de l'éducation nationale que celles-ci auraient apprécié de manière erronée les compétences acquises par leur fille ; que les rapports révèlent en particulier une absence de progression de l'enfant dans le domaine 1 relatif au langage, en mathématiques, et dans le domaine d'apprentissage relatif aux représentations du monde et de l'activité humaine.
Vu :
- les autres pièces du dossier ;
- la requête enregistrée le 9 mai 2024 sous le numéro 2401871 par laquelle la requérante demande l'annulation de la décision attaquée.
Vu :
- le code de l'éducation ;
- le code de justice administrative.
La présidente du tribunal a désigné Mme Galle pour statuer sur les demandes de référé.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Au cours de l'audience publique du 28 mai 2024 tenue en présence de Mme Grare, greffière d'audience, ont été entendus :
- le rapport de Mme Galle,
- les observations de Me Barrau-Azema, substituant Me Fouret, représentant
Mme C, qui conclut aux mêmes fins que sa requête par les mêmes moyens, et précise que contrairement à ce qui est indiqué par erreur dans la requête, seule
Mme C est requérante dans la présente instance ; elle précise qu'il y a urgence à suspendre l'arrêté attaqué dès lors que si le père de l'enfant s'est opposé à la demande de renouvellement de l'instruction en famille pour l'année 2024/2025, cette demande pourrait néanmoins être satisfaite, en cas de suspension de l'arrêté contesté et si Mme C obtenait l'autorité parentale exclusive à la suite de la demande qu'elle a formulée en ce sens ;
- les observations de Mme C, qui précise qu'elle a saisi le 20 mai 2024 le juge aux affaires familiales afin de se voir accorder l'autorité parentale exclusive sur ses enfants en commun avec M. D ; que les diagnostics relatifs aux troubles de l'apprentissage ne peuvent être faits qu'à compter de l'âge de six ans ce qui explique qu'ils n'aient pu tous être faits ; que les inspecteurs ont exercé des violences psychiques envers sa fille lors des deux contrôles réalisés ; que sa fille avait été scolarisée en très petite section avant d'être instruite en famille à partir de l'année 2022-2023 ;
- les observations de M. A, représentant le recteur de l'académie d'Amiens, qui conclut aux mêmes fins que ses écritures par les mêmes moyens.
Considérant ce qui suit :
1. Aux termes du premier alinéa de l'article L. 521-1 du code de justice administrative :
" Quand une décision administrative, même de rejet, fait l'objet d'une requête en annulation ou en réformation, le juge des référés, saisi d'une demande en ce sens, peut ordonner la suspension de l'exécution de cette décision, ou de certains de ses effets, lorsque l'urgence le justifie et qu'il est fait état d'un moyen propre à créer, en l'état de l'instruction, un doute sérieux quant à la légalité de la décision ".
2. Par une décision du 29 mars 2024, le recteur de l'académie d'Amiens a mis en demeure
M. D et Mme C, parents de l'enfant Helyna D C, née le
24 octobre 2017, et instruite en famille depuis l'année scolaire 2022-2023, d'inscrire l'enfant dans un établissement d'enseignement scolaire public ou privé dans un délai de quinze jours à compter de la réception de cette décision. Mme C demande au juge des référés de suspendre l'exécution de cette décision sur le fondement de l'article L. 521-1 du code de justice administrative.
3. Aux termes de l'article L. 313-10 du code de l'éducation : " Les enfants soumis à l'obligation scolaire qui reçoivent l'instruction dans leur famille, (.) sont dès la première année, et tous les deux ans, l'objet d'une enquête de la mairie compétente () L'autorité de l'Etat compétente en matière d'éducation doit au moins une fois par an, à partir du troisième mois suivant la délivrance de l'autorisation prévue au premier alinéa de l'article L. 131-5, faire vérifier, d'une part, que l'instruction dispensée au même domicile l'est pour les enfants d'une seule famille et, d'autre part, que l'enseignement assuré est conforme au droit de l'enfant à l'instruction tel que défini à l'article L. 131-1-1. A cet effet, ce contrôle permet de s'assurer de l'acquisition progressive par l'enfant de chacun des domaines du socle commun de connaissances, de compétences et de culture défini à l'article L. 122-1-1 au regard des objectifs de connaissances et de compétences attendues à la fin de chaque cycle d'enseignement de la scolarité obligatoire. Il est adapté à l'âge de l'enfant et, lorsqu'il présente un handicap ou un trouble de santé invalidant, à ses besoins particuliers. () / Les résultats du contrôle sont notifiés aux personnes responsables de l'enfant. Lorsque ces résultats sont jugés insuffisants, les personnes responsables de l'enfant sont informées du délai au terme duquel un second contrôle est prévu et des insuffisances de l'enseignement dispensé auxquelles il convient de remédier. () Si les résultats du second contrôle sont jugés insuffisants, l'autorité de l'Etat compétente en matière d'éducation met en demeure les personnes responsables de l'enfant de l'inscrire, dans les quinze jours suivant la notification de cette mise en demeure, dans un établissement d'enseignement scolaire public ou privé et de faire aussitôt connaître au maire, qui en informe l'autorité de l'Etat compétente en matière d'éducation, l'école ou l'établissement qu'elles auront choisi. Les personnes responsables ainsi mises en demeure sont tenues de scolariser l'enfant dans un établissement d'enseignement scolaire public ou privé au moins jusqu'à la fin de l'année scolaire suivant celle au cours de laquelle la mise en demeure leur a été notifiée. () ".
4. En l'état de l'instruction, aucun des moyens soulevés par la requérante et visés ci-dessus, n'est de nature à faire naitre un doute sérieux sur la légalité de la décision attaquée du 29 mars 2024.
5. Par suite, sans qu'il soit besoin de se prononcer sur la condition d'urgence, la requête présentée par Mme C sur le fondement de l'article L. 521-1 du code de justice administrative doit être rejetée, y compris les conclusions présentées sur le fondement des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
O R D O N N E :
Article 1er : La requête de Mme C est rejetée.
Article 2 : La présente ordonnance sera notifiée à Mme B C et au ministre de l'éducation nationale et de la jeunesse.
Une copie en sera adressée au recteur de l'académie d'Amiens.
Fait à Amiens, le 31 mai 2024.
La juge des référés,
Signé :
C. Galle La greffière,
Signé :
S. Grare
La République mande et ordonne à la ministre de l'éducation nationale et de la jeunesse en ce qui la concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
N°2401805
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026