vendredi 7 juin 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif d'Amiens |
| Section | Tribunal Administratif d'Amiens |
| N° Dossier | TA80-2401815 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | C |
| Avocat requérant | HOMEHR |
Vu la procédure suivante :
Par une requête, enregistrée le 10 mai 2024, M. B A, représenté par Me Homehr, demande au juge des référés :
1°) de l'admettre au bénéfice de l'aide juridictionnelle ;
2°) d'ordonner, sur le fondement des dispositions de l'article L. 521-1 du code de justice administrative, la suspension de la décision du 12 mars 2024 par laquelle le directeur de l'agence France Travail de Soissons a rejeté sa demande d'inscription sur la liste des demandeurs d'emploi ;
3°) d'enjoindre à France Travail de l'inscrire sur la liste des demandeurs d'emploi ;
4°) de mettre à la charge de l'État, au bénéfice de son conseil, une somme de 1 500 euros en application de l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991 et de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Il soutient que :
- la condition d'urgence est remplie dès lors que la décision contestée le prive de la possibilité d'être recruté sur un poste proposé par l'entreprise Le Relais dans le cadre d'un contrat d'insertion via France Travail, et compromet de manière significative ses perspectives professionnelles dès lors qu'il ne peut être inscrit sur la liste des demandeurs d'emploi, ce qui porte une atteinte immédiate et sérieuse à ses intérêts, alors que sa demande de renouvellement de titre de séjour est en cours d'examen par la préfecture ;
- il existe un doute sérieux quant à la légalité de la décision attaquée :
- elle a été signée par une autorité incompétente ;
- elle ne comporte pas la signature et la mention du nom, prénom et qualité de son auteur en méconnaissance de l'article L. 212-2 du code des relations entre le public et l'administration ;
- elle est insuffisamment motivée ;
- elle est entachée d'une erreur manifeste d'appréciation dès lors qu'il a transmis un récepissé de demande de renouvellement de titre de séjour qui l'autorisait à travailler, ce dont le préfet de l'Aisne a attesté ;
- elle est entachée d'un défaut de base légale dès lors qu'aucun texte n'autorisait le directeur de l'agence France Travail à lui refuser l'inscription sur la liste des demandeurs d'emploi ;
- elle méconnait l'article R. 5221-8 du code du travail dès lors qu'il dispose d'un récépissé l'autorisant à travailler.
Par un mémoire enregistré le 23 mai 2024, France Travail conclut au rejet de la requête.
France Travail soutient que :
- les moyens de légalité externe soulevés par le requérant sont inopérants dès lors que le juge statue en tant que juge du plein contentieux et statue sur les droits de l'intéressé, sans que les vices propres de la décision puissent utilement être invoqués ;
- les ressortissants des Etats tiers doivent être titulaires de l'un des documents mentionnés à l'article R. 5221-48 du code du travail pour être inscrits sur la liste des demandeurs d'emploi ;
- M. A a produit une carte de séjour portant la mention " travailleur temporaire " valable jusqu'au 13 novembre 2023, qui ne permet pas, en vertu du 10° de l'article R. 5221-48 du code du travail, l'inscription sur la liste des demandeurs d'emploi en l'absence de preuve que son contrat de travail a été rompu du fait de l'employeur ; il produit également un récépissé de demande de renouvellement de ce titre de séjour, qui ne permet pas, en vertu du 18° de l'article R. 5221-48 du code du travail, l'inscription sur la liste des demandeurs d'emploi, dès lors que ce récépissé n'autorise pas son titulaire à travailler.
Vu :
- les autres pièces du dossier ;
- la requête enregistrée le 10 mai 2024 sous le numéro 2401824 par laquelle le requérant demande l'annulation de la décision attaquée.
Vu :
- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- le code du travail ;
- le code de justice administrative.
La présidente du tribunal a désigné Mme Galle pour statuer sur les demandes de référé.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Au cours de l'audience publique du 4 juin 2024 tenue en présence de Mme Grare, greffière d'audience, ont été entendus :
- le rapport de Mme Galle,
- les observations de Me Homehr, qui conclut aux mêmes fins que sa requête et précise que l'ensemble des documents produits attestent qu'il est autorisé à travailler et qu'il dispose actuellement d'une promesse d'embauche ;
Une note en délibéré a été produite pour M. A le 4 juin 2024.
Considérant ce qui suit :
1. Aux termes du premier alinéa de l'article L. 521-1 du code de justice administrative :
" Quand une décision administrative, même de rejet, fait l'objet d'une requête en annulation ou en réformation, le juge des référés, saisi d'une demande en ce sens, peut ordonner la suspension de l'exécution de cette décision, ou de certains de ses effets, lorsque l'urgence le justifie et qu'il est fait état d'un moyen propre à créer, en l'état de l'instruction, un doute sérieux quant à la légalité de la décision ".
2. Par une décision du 12 mars 2024, le directeur de l'agence France Travail de Soissons a refusé l'inscription de M. A, ressortissant serbe, sur la liste des demandeurs d'emploi.
M. A demande au juge des référés de suspendre l'exécution de cette décision sur le fondement de l'article L. 521-1 du code de justice administrative.
3. Aux termes de l'article L. 5411-4 du code du travail : " Lors de l'inscription d'une personne étrangère sur la liste des demandeurs d'emplois, l'opérateur France Travail vérifie la validité de ses titres de séjour et de travail. / L'opérateur France Travail peut avoir accès aux fichiers des services de l'Etat pour obtenir les informations nécessaires à cette vérification y compris lors du renouvellement des titres de séjour et de travail afin de s'assurer du maintien de l'intéressé sur la liste des demandeurs d'emploi. () " En vertu de l'article R. 5221-47 du code du travail, pour demander son inscription sur la liste des demandeurs d'emploi, le travailleur étranger doit satisfaire aux conditions prévues par la section 1 du chapitre premier du titre premier du livre IV de ce code et notamment justifier, ainsi que le prévoit l'article R. 5411-3 de ce code, de la régularité de sa situation au regard des dispositions réglementant l'exercice d'activités professionnelles salariées par les étrangers. L'article R. 5221-48 du même code prévoit enfin que : " Pour être inscrit sur la liste des demandeurs d'emploi, le travailleur étranger doit être titulaire de l'un des documents et titres de séjour suivants : () 10° La carte de séjour temporaire portant la mention " travailleur temporaire ", délivrée en application de l'article L. 421-3 du même code ou le visa de long séjour valant titre de séjour mentionné au 8° de l'article R. 431-16 du même code, lorsque le contrat de travail, conclu avec un employeur établi en France, a été rompu avant son terme, du fait de l'employeur, pour un motif qui lui est imputable ou pour un cas de force majeure ; ()
15° L'autorisation provisoire de séjour portant la mention " autorise son titulaire à travailler " ; () 17° Le récépissé de première demande de titre de séjour portant la mention " autorise son titulaire à travailler " ; / 18° Le récépissé de renouvellement de titre de séjour portant la mention " autorise son titulaire à travailler " ; /() ".
4. Lorsqu'il statue sur un recours dirigé contre une décision par laquelle l'administration, sans remettre en cause des versements déjà effectués, détermine les droits d'une personne en matière d'aide ou d'action sociale, de logement ou au titre des dispositions en faveur des travailleurs privés d'emploi, et sous réserve du contentieux du droit au logement opposable, il appartient au juge administratif, eu égard tant à la finalité de son intervention qu'à sa qualité de juge de plein contentieux, non de se prononcer sur les éventuels vices propres de la décision attaquée, mais d'examiner les droits de l'intéressé, en tenant compte de l'ensemble des circonstances de fait qui résultent de l'instruction et, notamment, du dossier qui lui est communiqué en application de l'article R. 772-8 du code de justice administrative. Au vu de ces éléments, il lui appartient d'annuler ou de réformer, s'il y a lieu, cette décision, en fixant alors lui-même tout ou partie des droits de l'intéressé et en le renvoyant, au besoin, devant l'administration afin qu'elle procède à cette fixation pour le surplus, sur la base des motifs de son jugement. Dans le cas d'un contentieux portant sur le droit à l'inscription sur la liste des demandeurs d'emploi, qui relève des dispositions en faveur des travailleurs privés d'emploi, c'est au regard des dispositions applicables et de la situation de fait existant au cours de la période en litige que le juge doit statuer.
5. D'une part, il résulte de ce qui a été dit au point 4 que les moyens susvisés relatifs aux vices propres dont serait entachée la décision du 12 mars 2024 portant refus d'inscription sur la liste des demandeurs d'emploi ne sont pas susceptibles de créer un doute sérieux sur la légalité de la décision litigieuse. D'autre part, il résulte de l'instruction que pour la période en litige prise en compte par France Travail, M. A était titulaire d'un récépissé de demande de renouvellement de titre de séjour, valable du 8 février au 7 mai 2024, ne comportant aucune mention autorisant son titulaire à travailler. Compte tenu du caractère limitatif de l'énumération des titres ou documents mentionnés à l'article R. 5221-48, les circonstances que M. A était en attente du renouvellement d'une carte de séjour temporaire portant la mention " travailleur temporaire " valable du 14 novembre 2022 au 13 novembre 2023, ou que la préfecture de l'Aisne a indiqué, dans une attestation du 27 février 2024, que tant le récépissé de la demande de renouvellement de titre de séjour de M. A que sa carte de séjour temporaire " l'autoris[ent]à travailler ", ou encore que la préfecture aurait méconnu l'article R. 431-15 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile en ne lui délivrant pas un récépissé de demande de renouvellement de titre de séjour l'autorisant expressément à travailler, ne sont pas davantage de nature, en l'état de l'instruction, à créer un doute sérieux sur la légalité de la décision attaquée. Aucun des autres moyens visés ci-dessus n'est, enfin, de nature à créer un tel doute.
6. Par suite, sans qu'il soit besoin de se prononcer sur la condition d'urgence, la requête présentée par M. A sur le fondement de l'article L. 521-1 du code de justice administrative doit être rejetée, y compris les conclusions à fin d'injonction et celles présentées sur le fondement des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative et de l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991.
O R D O N N E :
Article 1er : M. A est admis au bénéfice de l'aide juridictionnelle provisoire.
Article 2 : La requête de M. A est rejetée.
Article 3 : La présente ordonnance sera notifiée à M. B A, à France Travail et à Me Homehr.
Copie en sera transmise au bureau d'aide juridictionnelle.
Fait à Amiens, le 7 juin 2024.
La juge des référés,
Signé :
C. Galle La greffière,
Signé :
S. Grare
La République mande et ordonne à la ministre du travail, de la santé et des solidarités, en ce qui la concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
N°2401815
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026