lundi 27 mai 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif d'Amiens |
| Section | Tribunal Administratif d'Amiens |
| N° Dossier | TA80-2401849 |
| Type | Ordonnance |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | D |
| Avocat requérant | VAILLANT |
Vu la procédure suivante :
Par une requête enregistrée le 14 mai 2024, M. B A, représenté par Me Vaillant, demande au juge des référés :
1°) de l'admettre au bénéfice de l'aide juridictionnelle à titre provisoire ;
2°) d'ordonner, sur le fondement des dispositions de l'article L. 521-1 du code de justice administrative, la suspension de l'exécution de l'arrêté en date du 11 avril 2024 du préfet de l'Aisne en tant qu'il porte rejet de sa demande de titre de séjour ;
3°) d'enjoindre au préfet de l'Aisne de lui délivrer un document provisoire de séjour l'autorisant à travailler dans un délai de soixante-douze heures à compter de la notification de l'ordonnance à intervenir et de réexaminer sa demande de titre de séjour dans un délai d'un mois suivant cette notification, sous astreinte de 100 euros par jour de retard ;
4°) de mettre à la charge de l'Etat le versement à Me Vaillant d'une somme de 1 800 euros sur le fondement des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative et de l'article 37 de la loi n°91-647 du 10 juillet 1991.
Il soutient que :
- sa situation présente un caractère d'urgence, dès lors que le refus de délivrance d'un titre de séjour, qui met un terme au séjour en situation régulière, fait obstacle à la poursuite de l'exécution de son contrat d'apprentissage et compromet de ce fait sa situation financière ;
- les moyens tirés de ce que cette décision émane d'une autorité incompétente, qu'elle est insuffisamment motivée, qu'elle a été prise sans examen de sa situation personnelle, qu'elle méconnaît les stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales, les dispositions des articles L. 423-23 et L. 435-3 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile et qu'elle est entachée d'une erreur manifeste d'appréciation sont propres, en l'état de l'instruction à créer un doute sérieux sur la légalité de celle-ci.
Vu :
- la requête au fond de M. A enregistrée le 7 mai 2024 sous le n°2401827 ;
- les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- la loi n°91-647 du 10 juillet 1991 ;
- le code de justice administrative.
M. A a présenté le 14 mai 2024 une demande d'aide juridictionnelle.
La présidente du tribunal a désigné M. Binand, vice-président, pour statuer sur les demandes de référé.
Considérant ce qui suit :
1. M. B A, ressortissant égyptien né le 1er octobre 2004, a été confié aux services de l'aide sociale à l'enfance à l'âge de 17 ans, peu après son entrée en France et a sollicité la délivrance, à sa majorité, d'une carte temporaire de séjour portant la mention " vie privée et familiale " ou " salarié ". Par un arrêté du 11 avril 2024, le préfet de l'Aisne a rejeté la demande de M. A, lui a fait obligation de quitter le territoire français sous trente jours et a fixé le pays de renvoi en cas d'exécution d'office de cette mesure d'éloignement. Par la présente requête, M. A demande au juge des référés, sur le fondement des dispositions de l'article L. 521-1 du code de justice administrative, de suspendre l'exécution de cet arrêté en tant qu'il porte refus de délivrance d'un titre de séjour.
Sur l'admission provisoire à l'aide juridictionnelle :
2. Eu égard aux circonstances de l'espèce, il y a lieu de faire application des dispositions de l'article 20 de la loi du 10 juillet 1991 et d'admettre M. A au bénéfice de l'aide juridictionnelle à titre provisoire.
Sur les autres conclusions de la requête :
3. Aux termes de l'article L. 521-1 du code de justice administrative : " Quand une décision administrative, même de rejet, fait l'objet d'une requête en annulation ou en réformation, le juge des référés, saisi d'une demande en ce sens, peut ordonner la suspension de l'exécution de cette décision, ou de certains de ses effets, lorsque l'urgence le justifie et qu'il est fait état d'un moyen propre à créer, en l'état de l'instruction, un doute sérieux quant à la légalité de la décision () ". Aux termes de l'article L. 522-3 du même code : " Lorsque la demande ne présente pas un caractère d'urgence ou lorsqu'il apparaît manifeste, au vu de la demande, que celle-ci ne relève pas de la compétence de la juridiction administrative, qu'elle est irrecevable ou qu'elle est mal fondée, le juge des référés peut la rejeter par une ordonnance motivée sans qu'il y ait lieu d'appliquer les deux premiers alinéas de l'article L. 522-1 ".
4. En premier lieu, l'urgence justifie que soit prononcée la suspension d'un acte administratif lorsque l'exécution de celui-ci porte atteinte, de manière suffisamment grave et immédiate, à un intérêt public, à la situation du requérant ou aux intérêts qu'il entend défendre. Il appartient au juge des référés, saisi d'une demande de suspension d'une décision refusant la délivrance d'un titre de séjour, d'apprécier et de motiver l'urgence compte tenu de l'incidence immédiate du refus de titre de séjour sur la situation concrète de l'intéressé. Cette condition d'urgence est en principe constatée dans le cas d'un refus de renouvellement du titre de séjour, comme d'ailleurs d'un retrait de celui-ci. Dans les autres cas, il appartient au requérant de justifier de circonstances particulières caractérisant la nécessité pour lui de bénéficier à très bref délai d'une mesure provisoire dans l'attente d'une décision juridictionnelle statuant sur la légalité de la décision litigieuse.
5. En l'espèce, il est constant que M. A est entré en France sans disposer d'un visa valant titre de séjour et qu'il ne s'est vu délivrer aucun titre de séjour. Ainsi, l'arrêté du 11 avril 2024, n'a ni pour objet ni pour effet de refuser de renouveler ou de retirer un titre de séjour. La circonstance, avancée par le requérant, que le refus opposé à sa première demande de titre de séjour pourra faire légalement obstacle à la poursuite de l'exécution de son contrat d'apprentissage ainsi qu'à la pérennisation ultérieure de son engagement envisagée par son employeur n'est pas suffisante à caractériser la nécessité de bénéficier à très bref délai d'une mesure provisoire dans l'attente de la décision juridictionnelle qui statuera sur son recours introduit le 7 mai 2024 à l'encontre des mesures contenues dans l'arrêté du préfet de l'Aisne, compte tenu, d'une part, du délai de jugement imparti pour ce faire en matière d'éloignement des étrangers et d'autre part de l'absence d'éléments au dossier permettant au juge des référés d'apprécier la gravité des incidences emportées à court terme par ce refus de titre de séjour sur la situation financière du requérant ou même sur l'obtention du diplôme préparé, alors que le terme normal de son contrat d'apprentissage est fixé au mois d'août 2024. Dans ces conditions, M. A ne justifie pas que le refus opposé à sa demande de délivrance d'un titre de séjour par le préfet de l'Aisne caractérise une situation d'urgence au sens et pour l'application des dispositions de l'article L. 521-1 du code de justice administrative.
6. Il résulte ce qui précède qu'il y a lieu de faire application des dispositions de l'article L. 522-3 du code de justice administrative citées au point 3 et de rejeter les conclusions de la requête de M. A présentées sur le fondement de l'article L. 521-1 de ce code, les conclusions à fin d'injonction ainsi que celles tendant à ce qu'une somme soit mise à la charge de l'Etat au titre des dispositions combinées de l'article L. 761-1 du même code et de l'article 37 de la loi du
10 juillet 1991.
O R D O N N E :
Article1er : M. A est admis à l'aide juridictionnelle à titre provisoire.
Article 2 : Le surplus des conclusions de la requête de M. A est rejeté.
Article 3 : La présente ordonnance sera notifiée à M. B A et à Me Vaillant.
Fait à Amiens, le 27 mai 2024.
Le juge des référés,
Signé :
C. Binand
La République mande et ordonne au préfet de l'Aisne en ce qui le concerne, ou à tous commissaires de justice à ce requis, en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente ordonnance.
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026