lundi 1 juillet 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif d'Amiens |
| Section | Tribunal Administratif d'Amiens |
| N° Dossier | TA80-2401910 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | C |
| Formation | JU2 |
| Avocat requérant | CHRISTOPHEL |
Vu la procédure suivante :
Par une ordonnance n° 2405400 du 14 mai 2024, la magistrate désignée du tribunal administratif de Paris a transmis au tribunal, sur le fondement de l'article R. 776-16 du code de justice administrative, la requête, enregistrée le 6 mars 2024 au greffe du tribunal administratif de Paris, présentée par M. A.
Par cette requête et un mémoire, enregistrés les 6 mars et 23 avril 2024,
M. B A, représenté par Me Christophel, demande au tribunal dans le dernier état de ses écritures :
1°) de lui accorder le bénéfice de l'aide juridictionnelle provisoire ;
2°) d'annuler l'arrêté en date du 5 mars 2024 par lequel la préfète de l'Oise l'a obligé à quitter le territoire français sans délai, a fixé le pays à destination duquel il est susceptible d'être reconduit et a assorti ces décisions d'une interdiction de retour sur le territoire français d'une durée d'un an ;
3°) d'annuler l'arrêté de la préfète de l'Oise du 5 mars 2024 qui l'a assigné à résidence à Beauvais pour une durée de 45 jours, l'a obligé à se présenter trois fois par semaine au commissariat de police de cette ville et lui a fait interdiction de sortir du département de l'Oise sans autorisation ;
4°) d'enjoindre à la préfète de l'Oise de réexaminer sa situation et de lui délivrer dans l'attente une autorisation provisoire de séjour l'autorisant à travailler dans un délai de 15 jours ;
5°) de mettre à la charge de l'Etat une somme de 1 500 euros sur le fondement des articles 37 de la loi du 10 juillet 1991 et L. 761-1 du code de justice administrative.
Il soutient que :
S'agissant de la décision portant obligation de quitter le territoire français :
- le signataire de la décision n'était pas compétent pour ce faire ;
- la décision est insuffisamment motivée et entachée d'un défaut d'examen sérieux ;
- la préfète n'a pas procédé à un examen circonstancié de sa situation personnelle ;
- le préfète a commis une erreur de droit en décidant de l'éloigner alors qu'il n'avait pas encore délivré d'autorisation provisoire de séjour avant de statuer sur sa demande de titre de séjour ;
- la décision porte une atteinte disproportionnée à son droit au respect de sa vie privée et familiale et méconnaît les stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;
S'agissant de la décision refusant un délai de départ volontaire :
- la décision est insuffisamment motivée et entachée d'un défaut d'examen sérieux ;
- la décision est entachée d'une erreur manifeste d'appréciation ;
S'agissant de la décision lui interdisant le retour sur le territoire français :
- la décision est illégale puisque fondée sur une décision l'obligeant à quitter le territoire français elle-même illégale ;
- la décision est insuffisamment motivée et entachée d'un défaut d'examen sérieux ;
- la décision méconnaît les stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales et est entachée d'une erreur manifeste d'appréciation ;
S'agissant des décisions d'assignation à résidence et d'interdiction de sortir du département de l'Oise sans autorisation :
- la décision est insuffisamment motivée et entachée d'un défaut d'examen sérieux ;
- la décision est entachée d'une erreur de droit dès lors qu'il n'a aucune résidence à Beauvais ou dans l'Oise ;
- la décision est entachée d'une erreur manifeste d'appréciation ;
- la décision méconnaît les stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales.
La requête a été communiquée à la préfète de l'Oise, qui n'a pas produit d'observations en défense.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;
- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- le code des relations entre le public et l'administration ;
- la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991 relative à l'aide juridique ;
- le code de justice administrative.
La présidente du tribunal a désigné M. Boutou, vice-président, conformément à l'article
R. 776-13-3 du code de justice administrative, pour statuer en qualité de juge du contentieux de l'éloignement sur les requêtes instruites selon les dispositions de l'article L. 614-6 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Le rapport de M. Boutou, magistrat désigné, a été entendu au cours de l'audience publique à laquelle les parties n'étaient ni présentes ni représentées.
Considérant ce qui suit :
Sur les conclusions tendant à l'admission provisoire au bénéfice de l'aide juridictionnelle :
1. Aux termes de l'article 20 de la loi du 10 juillet 1991 : " Dans les cas d'urgence, sous réserve de l'application des règles relatives aux commissions ou désignations d'office, l'admission provisoire à l'aide juridictionnelle peut être prononcée par la juridiction compétente ou son président ".
2. Il y a lieu, eu égard à l'urgence qui s'attache à ce qu'il soit statué sur la requête de
M. A, de prononcer son admission provisoire à l'aide juridictionnelle.
Sur les conclusions dirigées contre la décision portant obligation de quitter le territoire français :
3. Il ressort des pièces du dossier que par jugement du 22 juillet 2022, le tribunal administratif de Besançon a annulé un arrêté du 23 mai 2022 en tant que le préfet du territoire de Belfort refusait à M. A la délivrance d'un titre de séjour et a enjoint à ce préfet de procéder au réexamen de sa demande de délivrance d'un titre séjour dans le délai de deux mois suivant la notification de ce jugement. Par un arrêt du 1er juin 2023, la cour administrative d'appel de Nancy a quant à elle annulé les décisions portant obligation de quitter le territoire français sans délai, interdiction de retour sur le territoire français et désignation du pays de renvoi, contenues dans le même arrêté du 23 mai 2022. Il en résulte que l'autorité préfectorale était saisie à nouveau de la demande de titre de séjour de M. A. Or, en l'absence de défense de la préfète de l'Oise, il n'est nullement établi que le préfet territorialement compétent se serait prononcé sur cette demande. Par suite, la préfète de l'Oise ne pouvait légalement décider de l'éloignement du requérant sans qu'il ait été statué sur sa demande de titre de séjour et M. A est fondé à soutenir qu'elle a commis une erreur de droit. Il en résulte qu'il y a lieu d'annuler cette décision portant obligation de quitter le territoire français ainsi que, par voie de conséquence, l'ensemble des décisions contenues dans les arrêtés attaqués du 5 mars 2024 portant refus d'un délai de départ volontaire, interdiction de retour sur le territoire français, désignation du pays de renvoi, assignation à résidence à Beauvais pour une durée de 45 jours, obligation de se présenter trois fois par semaine au commissariat de police de cette ville et interdiction de sortir du département de l'Oise sans autorisation.
Sur les conclusions à fin d'injonction :
4. En application de l'article L. 614-16 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, il y a lieu d'enjoindre à la préfète de l'Oise, ou au préfet compétent au regard du lieu de résidence actuel de l'intéressé, de réexaminer la situation de M. A dans le délai d'un mois à compter de la notification du présent jugement et de lui délivrer, dans l'attente une autorisation provisoire de séjour.
Sur les conclusions à fin d'application des articles 37 de la loi du 10 juillet 1991 et
L. 761-1 du code de justice administrative :
5. M. A a obtenu le bénéfice de l'aide juridictionnelle provisoire. Par suite, son avocat peut se prévaloir des dispositions de l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991. Il y a lieu, dans les circonstances de l'espèce, de mettre à la charge de l'Etat le versement à Me Christophel de la somme de 1 000 euros dans les conditions fixées à l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991 et sous réserve de l'admission définitive de M. A à l'aide juridictionnelle.
D E C I D E :
Article 1er : M. A est admis au bénéfice de l'aide juridictionnelle provisoire.
Article 2 : L'arrêté en date du 5 mars 2024 par lequel la préfète de l'Oise a obligé
M. A à quitter le territoire français sans délai, a fixé le pays à destination duquel il est susceptible d'être reconduit et a assorti ces décisions d'une interdiction de retour sur le territoire français d'une durée d'un an est annulé.
Article 3 : L'arrêté du 5 mars 2024 par lequel la préfète de l'Oise a assigné M. A à résidence à Beauvais pour une durée de 45 jours, l'a obligé à se présenter trois fois par semaine au commissariat de police de cette ville et lui a fait interdiction de sortir du département de l'Oise sans autorisation est annulé.
Article 4 : Il est enjoint à la préfète de l'Oise ou au préfet territorialement compétent de réexaminer la situation de M. A dans le délai d'un mois suivant la notification du présent jugement et de lui accorder, dans l'attente de ce réexamen une autorisation provisoire de séjour.
Article 5 : L'Etat versera une somme de 1 000 euros à Me Christophel, dans les conditions fixées à l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991.
Article 6 : Le présent jugement sera notifié à M. B A, à
Me Christophel et à la préfète de l'Oise.
Copie en sera adressée au bureau d'aide juridictionnelle d'Amiens.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 1er juillet 2024.
Le magistrat désigné,
Signé
B. Boutou
La greffière,
Signé
F. Joly
La République mande et ordonne à la préfète de l'Oise en ce qui la concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026