lundi 24 juin 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif d'Amiens |
| Section | Tribunal Administratif d'Amiens |
| N° Dossier | TA80-2401915 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | C |
| Formation | Reconduite à la frontière |
| Avocat requérant | GABON |
Vu la procédure suivante :
Par une requête, des pièces et un mémoire complémentaires enregistrés les 16 et 21 mai 2024, M. B D, représenté par Me Gabon, demande au tribunal :
1°) de l'admettre au bénéfice de l'aide juridictionnelle à titre provisoire ;
2°) d'annuler l'arrêté du 3 mai 2024 par lequel le préfet de l'Aisne l'a assigné à résidence dans l'arrondissement de Vervins où sa résidence est fixée, chez COALLIA 1 rue des Cerisiers Cité de la Croix bossue à La Capelle, pour une durée de quarante-cinq jours et a fixé les modalités d'exécution de cette mesure ;
3°) de mettre à la charge de l'Etat la somme de 2 500 euros sur le fondement des articles L. 761-1 du code de justice administrative et 37 de la loi du 10 juillet 1991.
Il soutient que :
- la décision attaquée a été prise par une autorité incompétente ;
- la décision n'est pas motivée ;
- le préfet n'a pas procédé à un examen particulier de sa situation personnelle ;
- son droit d'être entendu a été méconnu, en méconnaissance de l'article 41 de la charte des droits fondamentaux de l'Union européenne et de l'article L. 121-1 du code des relations entre le public et l'administration ;
- aucun formulaire ne lui a été remis, en méconnaissance de l'article R. 732-5 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- il n'a pas été accompagné par un interprète lors de la notification de la décision ;
- la décision est entachée d'une erreur de droit pour défaut de base légale, en l'absence de justification de l'obligation de quitter le territoire français ;
- la décision est entachée d'une erreur de droit dès lors que le préfet ne pouvait faire application des dispositions de l'article L. 731-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile dans leur version issue de la loi du 26 janvier 2024 dès lors qu'en l'état du droit antérieur la mesure d'éloignement dont il fait l'objet n'est plus exécutoire depuis le 28 juin 2022 ;
- la décision est entachée d'une erreur de droit en ce que le préfet considère qu'il présenterait des garanties propres à prévenir le risque qu'il se soustraie à l'obligation de quitter le territoire qui lui est faite en attente de son exécution effective et que l'exécution de sa mesure d'éloignement demeure une perspective raisonnable sans le démontrer ;
- la décision attaquée porte atteinte à sa liberté d'aller et venir ;
- la décision méconnait l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;
- la décision est entachée d'une erreur manifeste d'appréciation en ce qu'il ne peut se rendre deux fois par semaine au commissariat de La Capelle compte tenu de son impécuniosité et du fait que ses enfants sont scolarisés à Laon au regard de son éloignement géographique.
Par un mémoire en défense et des pièces enregistrés les 17 et 21 mai 2024, le préfet de l'Aisne conclut au rejet de la requête.
M. B D a présenté une demande d'aide juridictionnelle le 17 mai 2024 auprès du bureau d'aide juridictionnelle du tribunal judiciaire d'Amiens.
Mme A E a été désignée en qualité d'interprète par une décision du 1er février 2021.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- la loi n° 91-647 relative à l'aide juridique ;
- le décret n° 2020-1717 du 28 décembre 2020 ;
- le code de justice administrative.
La présidente du tribunal a désigné M. Wavelet pour statuer sur les requêtes relevant des procédures mentionnées aux articles L. 352-4, L. 352-5, L. 352-6, L. 352-8, L. 352-9, L. 614-1 et suivants, L. 732-8, L. 743-20, L. 754-4, L. 754-5, L. 753-7 et suivants, L. 572-4, L. 572-5,
L. 572-6, L. 752-5, L. 752-6, L. 752-11 et L. 752-7 et suivants du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
A été entendu, au cours de l'audience publique, le rapport de M. Wavelet, magistrat désigné.
La clôture de l'instruction a été prononcée après l'appel de l'affaire à l'audience, en application de l'article R. 776-26 du code de justice administrative.
Considérant ce qui suit :
1. M. B D, ressortissant arménienne née le 2 janvier 1986, fait l'objet d'un arrêté du 6 janvier 2023 par lequel le préfet de l'Aisne lui fait obligation de quitter le territoire français. Par un arrêté du 3 mai 2024 dont M. D demande l'annulation, le préfet de l'Aisne l'a assigné à résidence pour une durée de quarante-cinq jours et a fixé les modalités d'exécution de cette mesure.
Sur l'admission à l'aide juridictionnelle à titre provisoire :
2. Aux termes de l'article 20 de la loi du 10 juillet 1991 relative à l'aide juridique : " Dans les cas d'urgence () l'admission provisoire à l'aide juridictionnelle peut être prononcée soit par le président du bureau ou de la section compétente du bureau d'aide juridictionnelle, soit par la juridiction compétente ou son président () ". Aux termes de l'article 61 du décret du 28 décembre 2020 portant application de la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991 relative à l'aide juridique : " L'admission provisoire peut être accordée dans une situation d'urgence () / L'admission provisoire est accordée par le président du bureau ou de la section ou le président de la juridiction saisie, soit sur une demande présentée sans forme par l'intéressé, soit d'office si celui-ci a présenté une demande d'aide juridictionnelle ou d'aide à l'intervention de l'avocat sur laquelle il n'a pas encore été statué ".
3. M. D a sollicité l'aide juridictionnelle. Il y a lieu, en application des dispositions précitées, d'admettre M. D au bénéfice de l'aide juridictionnelle à titre provisoire.
Sur les conclusions à fin d'annulation :
4. En premier lieu, par un arrêté du 13 septembre 2023, régulièrement publié le même jour au numéro spécial du recueil des actes administratifs de la préfecture de l'Aisne, le préfet de ce département a donné délégation à M. C F, directeur de cabinet et signataire de l'arrêté attaqué, en cas d'absence ou d'empêchement de M. Ngouoto, secrétaire général de la préfecture de l'Aisne, dont il n'est ni soutenu ni allégué qu'il n'était pas effectivement absent ou empêché à la date de l'arrêté litigieux, à l'effet de signer, en toutes matières, tous arrêtés, décisions, circulaires, rapports, correspondances et documents relevant des attributions de l'État dans le département de l'Aisne à l'exclusion de certaines mesures limitativement énumérées au nombre desquelles ne figurent pas les actes et décisions concernant le séjour et l'éloignement des ressortissants étrangers. Par suite, le moyen tiré de l'incompétence du signataire de l'arrêté litigieux doit être écarté.
5. En deuxième lieu, aux termes de l'article L. 732-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " Les décisions d'assignation à résidence, y compris de renouvellement, sont motivées ". Aux termes de l'article L. 211-2 du code des relations entre le public et l'administration : " Les personnes physiques ou morales ont le droit d'être informées sans délai des motifs des décisions individuelles défavorables qui les concernent. / A cet effet, doivent être motivées les décisions qui : / 1° Restreignent l'exercice des libertés publiques, ou de manière générale, constituent une mesure de police () ". Aux termes de l'article L. 211-5 du même code : " La motivation exigée par le présent chapitre doit être écrite et comporter l'énoncé des considérations de droit et de fait qui constituent le fondement de la décision ".
6. Il ressort des termes de la décision litigieuse que celle-ci mentionne les considérations de droit, en l'occurrence le 1° l'article L. 731-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, et les considérations de fait, notamment la circonstance que l'intéressé fait l'objet d'un arrêté du 6 janvier 2023 lui faisant obligation de quitter le territoire français et qu'il n'a pas satisfait à son obligation d'exécuter cette décision dans le délai de départ volontaire qui lui a été imparti, sur le fondement desquelles le préfet de l'Aisne a estimé que M. D pouvait être assigné à résidence. Par suite, la décision portant assignation à résidence est bien motivée conformément aux exigences prévues à l'article L. 732-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, de sorte que le moyen tiré de l'insuffisante motivation de la décision attaquée manque en fait et doit être écarté.
7. En troisième lieu, contrairement à ce que soutient M. D, il ne ressort ni des termes de l'arrêté attaqué, ni des autres pièces du dossier que le préfet de l'Aisne n'aurait pas procédé à un examen particulier et complet de sa situation personnelle et familiale avant de prendre la décision attaquée.
8. En quatrième lieu, aux termes du paragraphe 1 de l'article 41 de la Charte des droits fondamentaux de l'Union européenne : " Toute personne a le droit de voir ses affaires traitées impartialement, équitablement et dans un délai raisonnable par les institutions et organes de l'Union ". Aux termes du paragraphe 2 de ce même article : " Ce droit comporte notamment : / - le droit de toute personne d'être entendue avant qu'une mesure individuelle qui l'affecterait défavorablement ne soit prise à son encontre ; () ". Aux termes du paragraphe 1 de l'article 51 de la Charte : " Les dispositions de la présente Charte s'adressent aux institutions, organes et organismes de l'Union dans le respect du principe de subsidiarité, ainsi qu'aux Etats membres uniquement lorsqu'ils mettent en œuvre le droit de l'Union. () ".
9. Il résulte clairement de ces stipulations que l'article 41 de la Charte des droits fondamentaux de l'Union européenne s'adresse non pas aux États membres, mais uniquement aux institutions, aux organes et aux organismes de l'Union, de sorte que l'étranger faisant l'objet d'une assignation à résidence ne saurait tirer de ces stipulations un droit d'être entendu.
10. Il ressort de l'ensemble des dispositions des livres VI et VII du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile que le législateur a entendu déterminer l'ensemble des règles de procédure administrative et contentieuse auxquelles sont soumises les décisions par lesquelles l'autorité administrative assigne à résidence un ressortissant étranger. Dès lors, l'article L. 121-1 du code des relations entre le public et l'administration, qui fixe les règles générales de procédure applicables aux décisions devant être motivées en vertu de l'article L. 211-2 du même code, ne peut être utilement invoqué par le requérant. L'administration n'était donc pas tenue, sur le fondement de ces dispositions, d'inviter le requérant à faire valoir ses observations spécifiquement sur l'assignation à résidence dont il fait l'objet. Par suite, il ne peut utilement soutenir qu'il n'a pu être entendu et présenter des observations en méconnaissance de ces dispositions. En tout état de cause, le requérant, qui se borne à soutenir que son droit d'être entendu a été méconnu, ne précise pas en quoi il disposait d'informations pertinentes tenant à l'évolution de sa situation personnelle depuis l'adoption de la mesure d'éloignement du 6 janvier 2023 qu'il aurait été empêché de porter à la connaissance de l'administration avant que ne soit prise la mesure d'assignation à résidence contestée et qui, si elles avaient pu être communiquées à temps, auraient été de nature à y faire obstacle. Dès lors, le moyen tiré de la méconnaissance du droit d'être entendu doit être écarté.
11. En cinquième lieu, aux termes de l'article L. 732-7 de ce code : " Il est remis aux étrangers assignés à résidence en application de l'article L. 731-1 une information sur les modalités d'exercice de leurs droits, les obligations qui leur incombent et, le cas échéant, la possibilité de bénéficier d'une aide au retour. Les modalités d'application du présent article sont fixées par décret en Conseil d'Etat ". Aux termes de l'article R. 732-5 du même code : " L'étranger auquel est notifiée une assignation à résidence en application de l'article L. 731-1, est informé de ses droits et obligations par la remise d'un formulaire à l'occasion de la notification de la décision par l'autorité administrative ou, au plus tard, lors de sa première présentation aux services de police ou aux unités de gendarmerie. () ".
12. Les dispositions précitées imposent, notamment, que l'information qu'elles prévoient soit communiquée, une fois la décision notifiée, au plus tard lors de la première présentation de l'assigné à résidence aux services de police ou de gendarmerie. Il en résulte que l'absence d'information telle que prévue par cet article est sans incidence sur la légalité de la décision contestée, laquelle s'apprécie à la date de son édiction. Pour le même motif, M. D ne peut utilement faire valoir que le formulaire prévu par l'article R. 732-5 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ne lui a pas été remis ou qu'il n'aurait pas été assisté d'une personne de son choix.
13. En sixième lieu, les dispositions des articles L. 141-3 et L. 141-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile étant applicables aux seules procédures qui prévoient qu'une information doit être communiquée à l'étranger dans une langue qu'il comprend, dès lors qu'une décision portant assignation à résidence ne prévoit pas une telle information le requérant ne peut utilement soutenir qu'elles ont été méconnues en ce qu'il n'aurait pas été informé et n'aurait pas été entendu préalablement à l'édiction de l'arrêté contesté en présence d'un interprète.
14. En septième lieu, il ressort de la décision contestée que le préfet de l'Aisne s'est fondé sur la circonstance que le requérant fait l'objet d'une obligation de quitter le territoire français prise le 6 janvier 2023. Outre qu'il ne ressort pas des pièces du dossier que l'intéressé ne ferait pas l'objet de la mesure d'éloignement précitée, dès lors que le requérant soutient par ailleurs lui-même qu'il a fait l'objet de cette mesure qui n'est selon lui plus exécutoire depuis le 3 janvier 2024, il n'est pas fondé à soutenir qu'il n'est pas justifié de cette mesure et qu'en conséquence la décision attaquée serait entachée d'une erreur de droit en raison d'un défaut de base légale.
15. En huitième lieu, aux termes de l'article L. 731-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile dans sa version issue de la loi du 26 janvier 2024, entrée en vigueur le surlendemain : " L'autorité administrative peut assigner à résidence l'étranger qui ne peut quitter immédiatement le territoire français mais dont l'éloignement demeure une perspective raisonnable, dans les cas suivants : / 1° L'étranger fait l'objet d'une décision portant obligation de quitter le territoire français, prise moins de trois ans auparavant, pour laquelle le délai de départ volontaire est expiré ou n'a pas été accordé () ". Aux termes de l'article L. 732-3 du même code issu de la même version : " L'assignation à résidence prévue à l'article L. 731-1 ne peut excéder une durée de quarante-cinq jours. () ". Aux termes de son article R. 733-1 : " L'autorité administrative qui a ordonné l'assignation à résidence de l'étranger en application des articles L. 731-1 () définit les modalités d'application de la mesure : / 1° Elle détermine le périmètre dans lequel il est autorisé à circuler muni des documents justifiant de son identité et de sa situation administrative et au sein duquel est fixée sa résidence ; / 2° Elle lui désigne le service auquel il doit se présenter, selon une fréquence qu'elle fixe dans la limite d'une présentation par jour, en précisant si l'obligation de présentation s'applique les dimanches et les jours fériés ou chômés ; / 3° Elle peut lui désigner une plage horaire pendant laquelle il doit demeurer dans les locaux où il réside. ". Si une décision d'assignation à résidence prise en application de l'article L. 731-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile doit comporter les modalités de contrôle permettant de s'assurer du respect de cette obligation et notamment préciser le service auquel l'étranger doit se présenter et la fréquence de ces présentations, ces modalités de contrôle sont divisibles de la mesure d'assignation elle-même.
16. Il ressort des termes du 1° de l'article L. 731-1 du code précité sur lequel s'est fondé l'arrêté attaqué que l'autorité administrative peut assigner à résidence l'étranger qui a fait l'objet d'une obligation de quitter le territoire français prise moins de trois ans auparavant et pour laquelle le délai de départ volontaire est expiré ou n'a pas été accordé. Dans ces conditions, c'est sans méconnaître les dispositions précitées, en vigueur à la date de l'arrêté attaqué, que par décision du 3 mai 2024 le préfet de l'Aisne a pu assigner à résidence M. D qui avait fait l'objet, le 6 janvier 2023, d'un arrêté portant obligation de quitter le territoire français, décision dont le caractère exécutoire n'avait pas pris fin par l'écoulement du délai d'un an mentionné par les dispositions de l'article L. 731-1 du code précité dans leur version en vigueur avant le 28 janvier 2024 . Dès lors, contrairement à ce qu'il soutient, le préfet de l'Aisne a pu sans erreur de droit assigner le requérant à résidence.
17. En neuvième lieu, M. D soutient que la décision attaquée doit être annulée en ce que le préfet considère qu'il présenterait des garanties propres à prévenir le risque qu'il se soustraie à l'obligation de quitter le territoire français qui lui est faite en attente de son exécution effective et que l'exécution de sa mesure d'éloignement demeure une perspective raisonnable sans le démontrer. Cependant, il ne ressort pas des pièces du dossier que l'exécution de la mesure d'éloignement, prise le 6 janvier 2023, ne demeurerait pas une perspective raisonnable à la date de l'arrêté attaqué, le requérant ne faisant état d'aucune circonstance de nature à rendre son éloignement impossible. Dès lors, le préfet de l'Aisne n'a ni commis d'erreur d'appréciation ni méconnu les dispositions de l'article L. 731-1 du code précité en considérant que l'éloignement de M. D demeurait une perspective raisonnable.
18. En dixième lieu, si l'intéressé soutient que l'arrêté attaqué porte une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et à sa vie privée et familiale telle qu'elle est protégée par l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales, il n'apporte toutefois au soutien de ce moyen aucune précision permettant au juge d'en apprécier le bien-fondé.
19. En dernier lieu, M. D soutient que la décision attaquée est entachée d'une erreur manifeste d'appréciation en ce qu'il ne peut se rendre deux fois par semaine au commissariat de La Capelle compte tenu de son impécuniosité et du fait que ses enfants sont scolarisés à Laon, au regard de son éloignement géographique. Toutefois, outre que l'impécuniosité dont se prévaut le requérant, au demeurant non justifiée, est insuffisante pour établir que le préfet aurait porté sur sa situation une appréciation manifestement erronée, l'intéressé n'établit pas ses allégations selon lesquelles ses enfants seraient scolarisés à Laon, alors par ailleurs qu'il ressort des pièces du dossier que l'intéressé réside à La Capelle. Le moyen tiré de l'erreur manifeste d'appréciation doit ainsi être écarté.
20. Il résulte de tout ce qui précède que les conclusions à fin d'annulation de l'arrêté attaqué présentées par M. D doivent être rejetées ainsi que, par voie de conséquence, les conclusions relatives aux frais liés au litige.
D E C I D E :
Article 1er : M. D est admis au bénéfice de l'aide juridictionnelle à titre provisoire.
Article 2 : La requête de M. D est rejetée.
Article 3 : Le présent jugement sera notifié à M. B D, au préfet de l'Aisne et à
Me Gabon.
Copie en sera adressée au bureau d'aide juridictionnelle.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 24 juin 2024.
Le magistrat désigné,
Signé
F. Wavelet
Le greffier,
Signé
J.-F. Langlois
La République mande et ordonne au préfet de l'Asine en ce qui le concerne, ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies d'exécution de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution du présent jugement.
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026