lundi 3 juin 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif d'Amiens |
| Section | Tribunal Administratif d'Amiens |
| N° Dossier | TA80-2401937 |
| Type | Ordonnance |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | D |
| Avocat requérant | ABDELLATIF |
Vu la procédure suivante :
Par une requête et des pièces complémentaires enregistrées les 18 et 21 mai 2024, M. A B, représenté par Me Abdellatif, demande au tribunal :
1°) d'annuler l'arrêté du 16 mai 2024 par lequel le préfet de la Somme lui a fait obligation de quitter le territoire français sans délai et a fixé le Maroc comme pays à destination duquel il doit être renvoyé ;
2°) d'enjoindre au préfet de la Somme, d'une part, de lui délivrer une autorisation provisoire de séjour conformément à l'article L. 512-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, d'autre part, de réexaminer sa situation dans le délai de quinze jours à compter de la notification de la décision à intervenir sous astreinte de 100 euros par jour de retard ;
3°) de mettre à la charge de l'Etat la somme de 1 000 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Le préfet de la Somme a produit des pièces enregistrées le 21 mai 2024.
La présidente du tribunal a désigné M. Wavelet pour statuer sur les requêtes relevant des procédures mentionnées aux articles L. 352-4, L. 352-5, L. 352-6, L. 352-8, L. 352-9, L. 614-1 et suivants, L. 732-8, L. 743-20, L. 754-4, L. 754-5, L. 753-7 et suivants, L. 572-4, L. 572-5,
L. 572-6, L. 752-5, L. 752-6, L. 752-11 et L. 752-7 et suivants du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- le code de justice administrative.
Considérant ce qui suit :
1. Aux termes de l'article R. 776-15 du code de justice administrative : " Les jugements sont rendus, sans conclusions du rapporteur public, par le président du tribunal administratif ou le magistrat qu'il désigne à cet effet. Les attributions dévolues par les dispositions réglementaires du présent code à la formation de jugement ou à son président sont exercées par ce magistrat. / Il peut, par ordonnance : / () / 2° Transmettre sans délai le dossier à la juridiction qu'il estime compétente () ". Aux termes de l'article R. 776-16 du même code : " Le tribunal administratif territorialement compétent est celui dans le ressort duquel se trouve le lieu où le requérant est () assigné à résidence au moment de l'introduction de la requête (). / Toutefois, lorsque, avant la tenue de l'audience, l'étranger est transféré dans un autre lieu de rétention, le président du tribunal administratif peut décider, dans l'intérêt d'une bonne administration de la justice, par une décision insusceptible de recours, de transmettre le dossier au tribunal administratif dans le ressort duquel est situé le nouveau lieu de rétention. / Lorsque le président d'un tribunal administratif est saisi de conclusions qu'il estime relever de la compétence d'un autre tribunal administratif, il lui transmet le dossier sans délai et par tous moyens, dans les formes prévues au premier alinéa de l'article R. 351-6 ". Aux termes de l'article R. 776-30 du même code, applicable en cas de détention : " Au dernier alinéa de l'article R. 776-16, les mots : " centre de rétention " sont remplacés par les mots : " centre pénitentiaire " ".
2. Aux termes de l'article L. 614-6 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " Lorsque la décision portant obligation de quitter le territoire français n'est pas assortie d'un délai de départ volontaire, le président du tribunal administratif peut être saisi dans le délai de quarante-huit heures suivant la notification de la mesure. Il est statué sur ce recours selon la procédure et dans les délais prévus, selon le fondement de la décision portant obligation de quitter le territoire français, aux articles L. 614-4 ou L. 614-5 ". Aux termes de l'article L. 614-4 du même code : " Lorsque la décision portant obligation de quitter le territoire français prise en application des 3°, 5° ou 6° de l'article L. 611-1 est assortie d'un délai de départ volontaire, le tribunal administratif est saisi dans le délai de trente jours suivant la notification de la décision. / () / Le tribunal administratif statue dans un délai de trois mois à compter de sa saisine ". L'article L. 614-9 du même code prévoit qu'en cas d'assignation à résidence notifiée avec une obligation de quitter le territoire français, " Le président du tribunal administratif, ou le magistrat qu'il désigne à cette fin () statue au plus tard quatre-vingt-seize heures à compter de l'expiration du délai de recours ". Aux termes de l'article L. 614-15 du même code : " Les dispositions des articles L. 614-4 à L. 614-6 sont applicables à l'étranger détenu ".
3. Il ressort des pièces du dossier que, concomitamment à l'arrêté attaqué portant obligation de quitter le territoire français sans délai qu'il a pris à l'encontre de M. B le 16 mai 2024, le préfet de la Somme a pris également à l'encontre de l'intéressé un arrêté portant assignation à résidence à Amiens pour une durée de quarante-cinq jours. Si ce dernier arrêté n'est pas contesté dans le cadre de la présente instance, il a cependant initialement fondé la compétence du président du tribunal administratif d'Amiens ou du magistrat désigné par lui pour statuer sur la mesure d'éloignement selon la procédure prévue à l'article L. 614-9 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile. Toutefois, il ressort de la fiche pénale éditée et transmise par le préfet de la Somme le 21 mai 2024 que, le lendemain de l'arrêté portant assignation à résidence, le requérant a fait l'objet le 17 mai 2024 d'un mandat de dépôt par le tribunal judiciaire d'Amiens et a été par suite écroué le même jour au centre pénitentiaire de Lille-Loos-Sequedin, avec une date de libération prévisionnelle au 17 août 2025. Par suite, l'arrêté portant assignation à résidence est devenu inapplicable en raison de l'incarcération du requérant, de sorte que l'arrêté attaqué portant obligation de quitter le territoire français sans délai relève désormais d'une formation collégiale de jugement selon la procédure prévue à l'article L. 614-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, l'intéressé n'étant au demeurant pas libérable avant l'expiration du délai de jugement mentionné à l'article R. 776-13 du code de justice administrative. Le tribunal administratif territorialement compétent pour connaître de l'arrêté attaqué selon la procédure prévue à l'article L. 614-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile est alors en l'espèce celui dans le ressort duquel se situe le centre pénitentiaire au sein duquel est incarcéré le requérant. En l'espèce, le centre pénitentiaire de Lille-Loos-Sequedin se situe dans le département du Nord. Par suite, en vertu des dispositions précitées des articles R. 776-16 et R. 776-30 du code de justice administrative, ainsi que des dispositions de l'article R. 221-3 du même code, le tribunal administratif de Lille est territorialement compétent pour connaître de la requête présentée par M. B.
4. Il résulte de ce qui précède qu'il y a lieu de transmettre le dossier de la requête introduite par M. B au tribunal administratif de Lille, compétent pour statuer sur celle-ci en application des dispositions précitées.
O R D O N N E :
Article 1er : Le dossier de la requête de M. B est transmis au tribunal administratif de Lille.
Article 2 : La présente ordonnance sera notifiée au président du tribunal administratif de Lille, à M. C et préfet de la Somme.
Fait à Amiens, le 3 juin 2024.
Le magistrat désigné,
Signé
F. Wavelet
La République mande et ordonne au préfet de la Somme en ce qui le concerne et à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026