vendredi 26 juillet 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif d'Amiens |
| Section | Tribunal Administratif d'Amiens |
| N° Dossier | TA80-2401953 |
| Type | Ordonnance |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | D |
Vu la procédure suivante :
Par une requête enregistrée le 15 mai 2024, M. B A doit être regardé comme demandant au tribunal d'annuler la décision du 19 octobre 2023 par laquelle le directeur du Conseil national des activités privées de sécurité lui a refusé la délivrance de sa carte professionnelle en qualité d'agent de sécurité, ensemble le rejet implicite de son recours gracieux formé contre cette décision.
Il soutient que ;
-il tient à son métier d'agent de sécurité ;
-l'administration l'a " retrouvé fiché " car la décision de " classement sans suite " le concernant n'avait pas encore été traitée.
Vu :
- le code de la sécurité intérieure ;
- le code de justice administrative ;
Considérant ce qui suit :
1. Aux termes de l'article R. 222-1 du code de justice administrative : " () les présidents de formation de jugement des tribunaux () peuvent, par ordonnance : / () / 7° Rejeter, après l'expiration du délai de recours ou, lorsqu'un mémoire complémentaire a été annoncé, après la production de ce mémoire, les requêtes ne comportant que des moyens de légalité externe manifestement infondés, des moyens irrecevables, des moyens inopérants ou des moyens qui ne sont assortis que de faits manifestement insusceptibles de venir à leur soutien ou ne sont manifestement pas assortis des précisions permettant d'en apprécier le bien-fondé. / () ".
2. Par une décision du 19 octobre 2023, le directeur du Conseil national des activités privées de sécurité a refusé de délivrer à M. A une carte professionnelle en qualité d'agent de sécurité.
3. Aux termes de l'article L. 612-20 du code de la sécurité intérieure : " Nul ne peut être employé ou affecté pour participer à une activité mentionnée à l'article L. 611-1 : () 2° S'il résulte de l'enquête administrative, ayant le cas échéant donné lieu à consultation, par des agents du Conseil national des activités privées de sécurité spécialement habilités par le représentant de l'Etat territorialement compétent et individuellement désignés, des traitements de données à caractère personnel gérés par les services de police et de gendarmerie nationales relevant des dispositions de l'article 31 de la loi n° 78-17 du 6 janvier 1978 relative à l'informatique, aux fichiers et aux libertés, à l'exception des fichiers d'identification, que son comportement ou ses agissements sont contraires à l'honneur, à la probité, aux bonnes mœurs ou sont de nature à porter atteinte à la sécurité des personnes ou des biens, à la sécurité publique ou à la sûreté de l'Etat et sont incompatibles avec l'exercice des fonctions susmentionnées ; () / ".
4. A l'appui de sa requête en annulation formé contre cette décision, M. A soutient que le métier d'agent de sécurité lui tient à cœur. Toutefois, ce moyen est inopérant, c'est-à-dire sans incidence sur la légalité de la décision attaquée. D'autre part, il fait valoir que s'il a été retrouvé " fiché " lors de l'enquête le concernant, c'est seulement en raison de l'absence de traitement de son dossier par le greffe du tribunal judiciaire de Compiègne, dès lors que la décision de classement sans suite le concernant n'avait pas été enregistrée. Toutefois, il ressort des pièces du dossier que la décision attaquée est fondée sur les dispositions du 2° de l'article L. 612-20 du code de la sécurité intérieure citées au point 3 et a été prise au motif que l'intéressé a été mis en cause en qualité d'auteur des faits de chantage et d'atteinte à l'intimité de la vie privée par fixation, enregistrement ou transmission de l'image d'une personne présentant un caractère sexuel commis du 1er au 9 janvier 2022 à Noyon et ayant donné lieu à un avertissement du délégué du procureur en date du 31 août 2023 assortie de l'obligation de réparer le dommage subi par la victime. Il ressort des pièces du dossier, notamment de l'avis de classement à auteur en date du 31 août 2023, que M. A ayant reconnu sa culpabilité à l'égard des faits précités, le procureur de la République a ordonné la notification d'un avertissement pénal probatoire, qui a été effectué par un délégué du procureur de la République. Alors que le requérant ne conteste pas, dans sa requête, la matérialité des faits qui lui ont été reprochés, qu'il a d'ailleurs reconnus devant le procureur de la République, la circonstance, invoquée par M. A, que la décision de classement sans suite n'avait pas encore été " enregistrée " à la date de la décision attaquée du fait de l'absence de diligence du greffe, est sans incidence sur la légalité de la décision attaquée.
5. Par suite, la requête de M. A, qui ne comporte que deux moyens inopérants, doit être rejetée par application du 7° de l'article R. 222-1 du code de justice administrative.
O R D O N N E :
Article 1er : La requête de M. A est rejetée.
Article 2 : La présente ordonnance sera notifiée à M. B A.
Copie en sera adressée au conseil national des activités privées de sécurité.
Fait à Amiens, le 26 juillet 2024
La présidente de la 1ère chambre
Signé
C. Galle
La République mande et ordonne au ministre de l'intérieur et des outre-mer en ce qui le concerne et à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
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