jeudi 25 juillet 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif d'Amiens |
| Section | Tribunal Administratif d'Amiens |
| N° Dossier | TA80-2402002 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | D |
| Formation | JU1 |
| Avocat requérant | SIMSEK MORGANE |
Vu la procédure suivante :
Par une requête, enregistrée le 22 mai 2024, Mme A B, représentée par Me Simsek, demande au tribunal d'annuler l'arrêté du 7 mai 2024 par lequel la préfète de l'Oise a refusé de lui délivrer un titre de séjour au titre de l'asile, l'a obligée à quitter le territoire français dans un délai de trente jours et a fixé le pays à destination duquel elle pourra être renvoyée.
Elle soutient que :
-la décision d'obligation de quitter le territoire a été signée par une autorité incompétente ;
-la décision de refus de titre de séjour et la décision d'obligation de quitter le territoire français sont insuffisamment motivées ;
-la décision d'obligation de quitter le territoire est entachée d'une erreur manifeste d'appréciation ;
-elle est entachée d'une erreur de droit ;
-elle méconnait l'article 3 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et l'article 1er de la convention de Genève.
La préfète de l'Oise a produit des pièces le 6 juin 2024.
La présidente du tribunal a désigné Mme Galle pour statuer sur les requêtes relevant des procédures prévues aux articles L. 614-1 et suivants du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;
- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
A été entendu, au cours de l'audience publique :
- le rapport de Mme Galle, magistrate désignée.
Considérant ce qui suit :
1. Mme B, ressortissante turque née le 5 août 1997 a sollicité l'asile le 18 septembre 2023. L'Office français de protection des réfugiés et apatrides (OFPRA) a rejeté sa demande d'asile le 7 décembre 2023, sans que ce rejet ne soit suivi d'un recours auprès de la Cour nationale du droit d'asile (CNDA). Par un arrêté du 7 mai 2024 dont l'intéressée demande l'annulation, la préfète de l'Oise, a refusé de lui délivrer un titre de séjour au titre de l'asile, l'a obligée à quitter le territoire français dans un délai de trente jours et a fixé le pays à destination duquel elle est susceptible d'être reconduite.
2. En premier lieu, l'arrêté attaqué a été signé par M. Frédéric Bovet, secrétaire général de la préfecture de l'Oise, titulaire d'une délégation de signature à cet effet en date du 14 septembre 2023, publiée le même jour au recueil des actes administratifs du département. Par suite, le moyen tiré de l'incompétence de l'auteur de l'acte doit être écarté.
3. En deuxième lieu, la décision attaquée vise les dispositions législatives et règlementaires dont elle fait application, notamment l'article L. 611-1, 4° du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile et indique les circonstances de fait et de droit sur lesquelles elle se fonde, notamment la circonstance que l'OFPRA a rejeté la demande d'asile de la requérante et que cette dernière n'a pas formé de recours devant la Cour nationale du droit d'asile. Par suite, le moyen tiré de ce que l'arrêté attaqué est insuffisamment motivé doit être écarté.
4. En troisième lieu, la demande d'asile présentée par Mme B a été rejetée par l'OFPRA, l'intéressée n'a pas formé de recours auprès de la CNDA, et elle n'établit pas être persécutée dans son pays d'origine. En outre, si elle soutient que la préfecture n'a pas pris en compte les éléments propres à sa situation, il ressort des pièces du dossier que Mme B est arrivée récemment en France, qu'elle a demandé l'asile en septembre 2023, que son époux est également en situation irrégulière après le rejet de sa demande d'asile, et qu'elle n'établit pas être dépourvue d'attaches dans son pays d'origine. Par suite, le moyen tiré de l'erreur manifeste d'appréciation des conséquences de la décision d'obligation de quitter le territoire français sur sa situation personnelle doit être écarté.
5. En quatrième lieu, le moyen tiré de l'erreur de droit est dépourvu de toute précision permettant d'en apprécier le bien-fondé.
6. En dernier lieu, si la requérante fait valoir que son époux et elle ont été discriminés en Turquie en raison de leurs opinions politiques, ce qui les a conduit à quitter leur pays, ces allégations restent très générales et il ne ressort d'aucune pièce du dossier que Mme B serait exposée à des traitements inhumains ou dégradants en cas de retour dans son pays d'origine, alors que par ailleurs, sa demande d'asile a été rejetée par l'office français de protection des réfugiés et des apatrides. Dans ces conditions, l'intéressée n'est pas fondée à soutenir que la décision méconnait l'article 3 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme ou l'article 1er de la convention de Genève.
7. Il résulte de ce qui précède que la requête de Mme B doit être rejetée.
D E C I D E :
Article 1er : La requête de Mme B est rejetée.
Article 2 : Le présent jugement sera notifié à Mme A B et à la préfète de l'Oise.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 25 juillet 2024
La magistrate désignée,
Signé
C. Galle
Le greffier,
Signé
J.F Langlois
La République mande et ordonne à la préfète de l'Oise, en ce qui la concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
N°2402002
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026