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AccueilJurisprudence administrativeN° TA80-2402003

Tribunal Administratif d'Amiens — Décision N° TA80-2402003

jeudi 25 juillet 2024

JuridictionTribunal Administratif d'Amiens
SectionTribunal Administratif d'Amiens
N° DossierTA80-2402003
TypeDécision
RecoursExcès de pouvoir
PublicationD
FormationJU1
Avocat requérantSIMSEK MORGANE

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête, enregistrée le 22 mai 2024, M. B A, représenté par Me Simsek, demande au tribunal d'annuler l'arrêté du 7 mai 2024 par lequel la préfète de l'Oise a refusé de lui délivrer un titre de séjour au titre de l'asile, l'a obligé à quitter le territoire français dans un délai de trente jours et a fixé le pays à destination duquel il pourra être reconduit.

Il soutient que :

-la décision d'obligation de quitter le territoire a été signée par une autorité incompétente ;

-la décision de refus de titre de séjour et la décision d'obligation de quitter le territoire français sont insuffisamment motivées ;

- la décision d'obligation de quitter le territoire est entachée d'une erreur manifeste d'appréciation ;

- elle est entachée d'une erreur de droit ;

-elle méconnait l'article 3 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et l'article 1er de la convention de Genève.

Par un mémoire en défense enregistré le 31 mai 2024, la préfète de l'Oise conclut au rejet de la requête.

Elle soutient que les moyens ne sont pas fondés.

La présidente du tribunal a désigné Mme Galle pour statuer sur les requêtes relevant des procédures prévues aux articles L. 614-1 et suivants du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.

Vu les autres pièces du dossier.

Vu :

- la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;

- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;

- le code de justice administrative.

Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.

A été entendu, au cours de l'audience publique :

- le rapport de Mme Galle, magistrate désignée.

Considérant ce qui suit :

1. M. A, ressortissant turc né le 6 octobre 1997 a sollicité l'asile le 18 septembre 2023. L'Office français de protection des réfugiés et apatrides (OFPRA) a rejeté sa demande d'asile par une décision du 7 décembre 2023, confirmée par la Cour nationale du droit d'asile (CNDA) le 28 mars 2024. Par un arrêté du 7 mai 2024 dont l'intéressé demande l'annulation, la préfète de l'Oise a refusé son admission au séjour au titre de l'asile, l'a obligé à quitter le territoire français dans un délai de trente jours et a fixé le pays à destination duquel il est susceptible d'être reconduit.

2. En premier lieu, l'arrêté attaqué a été signé par M. Frédéric Bovet, secrétaire général de la préfecture de l'Oise, titulaire d'une délégation de signature à cet effet en date du 14 septembre 2023, publiée le même jour au recueil des actes administratifs du département. Par suite, le moyen tiré de l'incompétence de l'auteur de l'acte doit être écarté.

3. En deuxième lieu, la décision attaquée vise les dispositions législatives et règlementaires dont elle fait application, notamment l'article L. 611-1, 4° du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile et indique les circonstances de fait et de droit sur lesquelles elle se fonde, notamment la circonstance que l'OFPRA et la CNDA ont rejeté la demande d'asile du requérant. Par suite, le moyen tiré de ce que l'arrêté attaqué est insuffisamment motivé doit être écarté.

4. En troisième lieu, la demande d'asile présentée par M. A a été rejetée par l'OFPRA, la CNDA a confirmé le rejet de cette demande, et il n'établit pas être persécuté dans son pays d'origine. En outre, s'il soutient que la préfecture n'a pris en compte aucun élément propre à sa situation, il ressort de l'arrêté attaqué que M. A est arrivé récemment en France en mars 2023 selon ses déclarations, que son épouse fait également l'objet d'une mesure d'obligation de quitter le territoire français à la suite du rejet de sa demande d'asile et qu'il n'établit pas être dépourvu d'attaches dans son pays d'origine. Par suite, le moyen tiré de l'erreur manifeste d'appréciation de la décision d'obligation de quitter le territoire français sur sa situation personnelle doit être écarté.

5. En quatrième lieu, le moyen tiré de l'erreur de droit est dépourvu de toute précision permettant d'en apprécier le bien-fondé.

6. En cinquième lieu, si le requérant fait valoir que son épouse et lui ont été discriminés en Turquie en raison de leurs opinions politiques, ce qui les a conduit à quitter leur pays, ces allégations restent très générales et il ne ressort d'aucune pièce du dossier que M. A serait exposé à des traitements inhumains ou dégradants en cas de retour dans son pays d'origine, alors que par ailleurs, sa demande d'asile a été rejetée par l'OFPRA et la CNDA. Dans ces conditions, l'intéressé n'est pas fondé à soutenir que la décision méconnait l'article 3 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme ou l'article 1er de la convention de Genève.

7. Il résulte de ce qui précède que la requête de M. A doit être rejetée.

D E C I D E :

Article 1er : La requête de M. A est rejetée.

Article 2 : Le présent jugement sera notifié à M. B A et à la préfète de l'Oise.

Rendu public par mise à disposition au greffe le 25 juillet 2024.

La magistrate désignée,

Signé

C. Galle

Le greffier,

Signé

J-F. Langlois

La République mande et ordonne à la préfète de l'Oise, en ce qui la concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

N°2402003

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