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AccueilJurisprudence administrativeN° TA80-2402055

Tribunal Administratif d'Amiens — Décision N° TA80-2402055

lundi 27 mai 2024

JuridictionTribunal Administratif d'Amiens
SectionTribunal Administratif d'Amiens
N° DossierTA80-2402055
TypeDécision
RecoursExcès de pouvoir
PublicationD
Avocat requérantSCUDERONI

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par requête, enregistrée au greffe du tribunal le 24 mai 2024, sous le n° 2402055

M. A B, représenté par Me Scuderoni, demande au juge des référés :

1°) d'ordonner, sur le fondement des dispositions de l'article L. 521-1 du code de justice administrative, la suspension de l'exécution de la décision de la préfète de l'Oise en date du 14 mai 2024 portant suspension de son permis de conduire pour une durée de six mois ;

2°) de mettre à la charge de l'Etat la somme de 1 500 euros au titre des dispositions de l'article L.761-1 du code de justice administrative.

M. B soutient :

- que les conditions d'application de l'article L. 521-1 du code de justice administrative sont réunies dès lors qu'il a besoin de son permis de conduire pour l'exercice de sa future activité professionnelle nécessitant des déplacements quotidiens pour se rendre sur des chantiers se trouvant en Normandie ;

- qu'il existe un doute sérieux sur la légalité de la décision contestée.

Vu la décision attaquée.

Vu :

- la requête enregistrée le 27 mai 2024 sous le n°2402056 par laquelle M. B demande l'annulation de la décision attaquée ;

- le code de la route ;

- le code de justice administrative.

La présidente du tribunal a désigné M. Truy, premier conseiller honoraire, dans les fonctions de juge des référés.

Considérant ce qui suit :

1. Aux termes de l'article L. 521-1 du code de justice administrative : "Quand une décision administrative, même de rejet, fait l'objet d'une requête en annulation ou en réformation, le juge des référés, saisi d'une demande en ce sens, peut ordonner la suspension de l'exécution de cette décision, ou de certains de ses effets, lorsque l'urgence le justifie et qu'il est fait état d'un moyen propre à créer, en l'état de l'instruction, un doute sérieux quant à la légalité de la décision () " et aux termes de l'article L. 522-1 dudit code : "Le juge des référés statue au terme d'une procédure contradictoire écrite ou orale. Lorsqu'il lui est demandé de prononcer les mesures visées aux articles L. 521-1 et L. 521-2, de les modifier ou d'y mettre fin, il informe sans délai les parties de la date et de l'heure de l'audience publique ()". L'article L. 522-3 du même code dispose : "Lorsque la demande ne présente pas un caractère d'urgence ou lorsqu'il apparaît manifeste, au vu de la demande, que celle-ci ne relève pas de la compétence de la juridiction administrative, qu'elle est irrecevable ou qu'elle est mal fondée, le juge des référés peut la rejeter par une ordonnance motivée sans qu'il y ait lieu d'appliquer les deux premiers alinéas de l'article L. 522-1".

2. Aux termes de l'article R. 312- 8 du code de justice administrative : " Les litiges relatifs aux décisions individuelles prises à l'encontre de personnes par les autorités administratives dans l'exercice de leurs pouvoirs de police relèvent de la compétence du tribunal administratif du lieu de résidence des personnes faisant l'objet des décisions attaquées à la date desdites décisions. " ; l'article R. 221-3 du même code dispose que : " Le siège et le ressort des tribunaux administratifs sont fixés comme suit : ( ) / Montreuil: Seine-Saint-Denis; () ". Selon l'article R. 522-8-1 du même code : " Par dérogation aux dispositions du titre V du livre III du présent code, le juge des référés qui entend décliner la compétence de la juridiction rejette les conclusions dont il est saisi par voie d'ordonnance. ".

3. Le domicile de M. B se situe sur le territoire de la commune de Montreuil dans le département de la Seine-Saint-Denis. Ainsi, en application de l'article R. 221-3 précité du code de justice administrative, le litige soulevé par la requête de M. B relève de la compétence territoriale du tribunal administratif de Montreuil. Dès lors, en application des dispositions précitées de l'article R. 522-8-1 du code de justice administrative, les conclusions à fin de suspension de l'exécution de cette décision de la préfète de l'Oise doivent être rejetées ainsi, par voie de conséquences, que celles tendant au bénéfice des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

O R D O N N E :

Article 1er : La requête de M. B est rejetée.

Article 2 : La présente ordonnance sera notifiée à M. A B. Copie en sera adressée à la préfète de l'Oise.

Fait à Amiens, le 27 mai 2024.

Le magistrat désigné,

Signé :

G. Truy

La République mande et ordonne au ministre de l'intérieur et de l'outre-mer en ce qui le concerne et à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

2402055

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