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AccueilJurisprudence administrativeN° TA80-2402092

Tribunal Administratif d'Amiens — Décision N° TA80-2402092

jeudi 6 juin 2024

JuridictionTribunal Administratif d'Amiens
SectionTribunal Administratif d'Amiens
N° DossierTA80-2402092
TypeOrdonnance
RecoursExcès de pouvoir
PublicationC

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête enregistrée le 27 mai 2024 Mme A C épouse B a transmis au tribunal un recours gracieux adressé au président de la commission nationale indépendante de reconnaissance et de réparation des préjudices subis par les Harkis et les autres personnes rapatriées d'Algérie ainsi que divers justificatifs.

Vu les autres pièces du dossier.

Vu le code de justice administrative.

Considérant ce qui suit :

1. Aux termes de l'article R. 222-1 du code de justice administrative : " () les présidents de formation de jugement des tribunaux () peuvent, par ordonnance : / () / 4° Rejeter les requêtes manifestement irrecevables, lorsque la juridiction n'est pas tenue d'inviter leur auteur à les régulariser ou qu'elles n'ont pas été régularisées à l'expiration du délai imparti par une demande en ce sens () ".

2. Aux termes de l'article R. 411-1 du même code : " La juridiction est saisie par requête. () Elle contient l'exposé des faits et moyens, ainsi que l'énoncé des conclusions soumises au juge () ". Aux termes de l'article R. 421-1 de ce code : " La juridiction ne peut être saisie que par voie de recours formé contre une décision, et ce, dans les deux mois à partir de la notification ou de la publication de la décision attaquée. / Lorsque la requête tend au paiement d'une somme d'argent, elle n'est recevable qu'après l'intervention de la décision prise par l'administration sur une demande préalablement formée devant elle () ".

3. La présente requête adressée par voie postale au tribunal par Mme C épouse B comporte d'une part la copie d'un recours gracieux adressé par l'intéressée au président de la commission nationale indépendante de reconnaissance et de réparation des préjudices subis par les Harkis et les autres personnes rapatriées d'Algérie, en vue d'obtenir de cette autorité la révision d'une décision du 11 avril 2024 par laquelle cette commission lui a octroyé la somme de 6000 euros. D'autre part, l'envoi transmis par Mme C comporte un bordereau de pièces jointes et un ensemble de pièces justificatives. Ces documents ne comportent aucune conclusion, c'est à dire aucune demande, adressée au juge administratif, et constituent en réalité un recours gracieux adressé à l'administration, dirigé contre la décision précitée du 11 avril 2024, aux termes duquel l'intéressée sollicite l'octroi d'une somme complémentaire au motif qu'elle aurait séjourné dans l'une des structures mentionnées à l'annexe du décret n°2022-394 du 18 mars 2022 modifié durant une période plus longue que celle retenue par l'administration.

4. Il n'appartient toutefois pas au juge administratif, qui, en vertu des dispositions citées au point précédent, ne peut être saisi que de requêtes à fin d'annulation d'une décision administrative ou à fin de condamnation de l'administration au paiement d'une indemnité, de connaître d'un recours gracieux, lequel doit être adressé au seul auteur de la décision contestée, en l'espèce la commission nationale indépendante placée auprès de l'Office national des anciens combattants et victimes de guerre.

5. Dès lors, la requête de Mme C épouse B - qui peut, si elle s'y croit fondée, présenter une nouvelle requête comportant des conclusions adressées au juge et non à l'administration - est manifestement irrecevable et doit, par suite, être rejetée comme telle en application du 4° de l'article R. 222-1 du code de justice administrative.

O R D O N N E :

Article 1er : La requête de Mme C épouse B est rejetée.

Article 2 : La présente ordonnance sera notifiée à Mme C épouse B.

Fait à Amiens, le 6 juin 2024.

La présidente de la 1ère chambre,

Signé

C. Galle

La République mande et ordonne à l'Office national des anciens combattants et victimes de guerre, en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

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