mercredi 24 juillet 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif d'Amiens |
| Section | Tribunal Administratif d'Amiens |
| N° Dossier | TA80-2402108 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | C |
| Formation | JU3 |
| Avocat requérant | HUG & ABOUKHATER |
Vu les procédures suivantes :
I. Par une requête n° 2402108, enregistrée le 29 mai 2024, M. A B, représenté par Me Hug, demande au tribunal :
1°) de l'admettre au bénéfice provisoire de l'aide juridictionnelle ;
2°) d'annuler l'arrêté du 15 mai 2024 par lequel la préfète de l'Oise a rejeté sa demande d'admission au séjour au titre de l'asile, a abrogé son document provisoire de séjour, l'a obligé à quitter le territoire dans un délai de trente jours et a fixé la République démocratique du Congo comme pays de destination en cas d'exécution d'office de cette mesure ;
3°) de mettre à la charge de l'Etat une somme de 1 400 euros sur le fondement de l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991.
Il soutient que :
- l'arrêté attaqué est entaché d'incompétence en l'absence de délégation régulièrement publiée au profit de son signataire ;
- il est entaché d'un défaut de motivation et d'examen de sa situation personnelle ;
- il méconnait l'article 41 de la charte des droits fondamentaux de l'Union européenne ;
- il méconnait l'article L. 542-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, dès lors que sa demande d'asile est en cours d'examen de telle sorte qu'il bénéficie d'un droit au maintien sur le territoire français ;
- il méconnait l'article 3 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales, dès lors qu'il craint de faire l'objet de persécutions en cas de retour dans son pays d'origine.
Par une décision du 26 juin 2024, M. B a été admis au bénéfice de l'aide juridictionnelle totale.
II. Par une requête n°2402118, enregistrée le 29 mai 2024, M. A B, représenté par Me Sangue, demande au tribunal :
1°) de l'admettre au bénéfice provisoire de l'aide juridictionnelle ;
2°) d'annuler l'arrêté du 15 mai 2024 par lequel la préfète de l'Oise a rejeté sa demande d'admission au séjour au titre de l'asile, a abrogé son document provisoire de séjour, l'a obligé à quitter le territoire dans un délai de trente jours et a fixé la République démocratique du Congo comme pays de destination en cas d'exécution d'office de cette mesure ;
3°) d'enjoindre à la préfète de l'Oise, à titre principal, de lui délivrer une attestation de demande d'asile dans un délai de huit jours, sous astreinte de 50 euros par jour de retard et, à titre subsidiaire, de procéder au réexamen de sa situation dans les mêmes conditions ;
4°) de mettre à la charge de l'Etat une somme de 1 500 euros sur le fondement de l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991 à verser à son avocat, ou à verser cette somme à
M. B dans l'hypothèse où le bénéfice de l'aide juridictionnelle ne lui serait pas accordé.
Il soutient que :
- l'arrêté attaqué est entaché d'incompétence en l'absence de délégation régulièrement publiée au profit de son signataire ;
- il est entaché d'un défaut de motivation et d'examen de sa situation personnelle ;
- il méconnait l'article L. 542-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, dès lors que sa demande d'asile est en cours de réexamen de telle sorte qu'il bénéficie d'un droit au maintien sur le territoire français ;
- il méconnait l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales et porte une atteinte disproportionnée à son droit au respect de sa vie privée et familiale ;
- il méconnait l'article 3 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales, dès lors que sa demande d'asile est pendante et qu'il craint pour sa sécurité en cas de retour dans son pays d'origine.
Vu les autres pièces des dossiers.
Vu :
- la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;
- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, dans ses dispositions applicables de la date d'intervention de la décision attaquée ;
- la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991 ;
- le code de justice administrative, dans ses mêmes dispositions.
La présidente du tribunal a désigné M. Truy pour statuer sur les demandes telles que celles faisant l'objet du litige.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
A été entendu, au cours de l'audience publique, le rapport de M. Truy, magistrat désigné.
La clôture de l'instruction a été prononcée à l'issue de l'audience, en application de l'article R. 776-26 du code de justice administrative.
Considérant ce qui suit :
Sur la jonction des requêtes :
1. Les requêtes enregistrées sous les n° 2402108 et 2402118 concernent le même requérant et présentent à juger le même arrêté litigieux de telle sorte qu'il y a lieu de les joindre pour qu'il soit statuer par un seul jugement.
2. Postérieurement à l'enregistrement de sa requête, sous le n° 2402108, M. B a adressé par l'intermédiaire d'un autre avocat au greffe du tribunal une requête enregistrée sous le n° 2402118, tendant à l'annulation du même arrêté. Cette seconde requête a le même objet que la précédente et en constitue en réalité un doublon de telle sorte qu'il convient de prononcer sa radiation des registres du greffe du tribunal pour être jointe à la procédure de la requête n° 2402108.
Sur l'admission provisoire à l'aide juridictionnelle :
3. M. B a été admis au bénéfice de l'aide juridictionnelle totale par une décision du bureau d'aide juridictionnelle en date du 26 juin 2024. Il n'y a donc plus lieu de statuer sur sa demande d'aide juridictionnelle provisoire.
Sur les conclusions à fin d'annulation et d'injonction :
4. M. B, ressortissant de la République démocratique du Congo né le
4 janvier 1990, déclare être en France le 10 juillet 2023. Il a présenté une demande d'asile le
26 juillet 2023, laquelle a été rejetée par une décision de l'office français de protection des réfugiés et des apatrides le 2 novembre 2023, confirmée par une décision de la cour nationale du droit d'asile le 15 avril 2024. Par un arrêté du 15 mai 2024, dont l'intéressé demande l'annulation, la préfète de l'Oise a rejeté sa demande d'admission au séjour au titre de l'asile, a abrogé son document provisoire de séjour, l'a obligé à quitter le territoire dans un délai de trente jours et a fixé la République démocratique du Congo comme pays de destination en cas d'exécution d'office de cette mesure.
5. En premier lieu, par un arrêté du 30 octobre 2023, régulièrement publié au recueil des actes administratifs de la préfecture de l'Oise le même jour, la préfète de l'Oise a donné délégation à M. Frédéric Bovet, secrétaire général de la préfecture, à l'effet de signer, en toutes matières, tous arrêtés, décisions, circulaires, rapports, correspondances et documents relevant des attributions de l'État dans le département de l'Oise sous réserve d'exceptions au nombre desquelles ne figurent pas les décisions résultant de l'arrêté attaqué. Par suite, le moyen tiré de l'incompétence dont serait entaché l'arrêté attaqué doit être écarté.
6. En deuxième lieu, l'arrêté attaqué vise les dispositions légales et règlementaires sur lesquelles il se fonde, notamment les dispositions du 4° de l'article L. 611-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, et relève les éléments de faits relatifs à la vie privée et familiale de M. B, notamment la circonstance que sa demande d'asile a été définitivement rejetée. Par suite, le moyen tiré du défaut de motivation et d'examen de sa situation personnelle, fondés sur les mêmes considérations, doit être écarté.
7. En troisième lieu, aux termes de l'article L. 542-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " () / Lorsqu'un recours contre la décision de rejet de l'office a été formé dans le délai prévu à l'article L. 532-1, le droit du demandeur de se maintenir sur le territoire français prend fin à la date de la lecture en audience publique de la décision de la Cour nationale du droit d'asile ou, s'il est statué par ordonnance, à la date de la notification de celle-ci ".
8. Si M. B soutient que sa demande d'asile est en cours de réexamen de telle sorte qu'il bénéficie d'un droit au séjour jusqu'à cette date, sa demande d'asile a été rejetée par une décision du 15 avril 2024 de la cour nationale du droit d'asile. Il s'ensuit que son droit au séjour a pris fin à cette dernière date en application des dispositions précitées, que l'arrêté attaqué ne méconnaît pas.
9. En quatrième lieu, aux termes de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales : " Toute personne a droit au respect de sa vie privée et familiale, de son domicile et de sa correspondance () ".
10. Il ressort des termes de l'arrêté attaqué que M. B ne dispose pas d'attaches familiales sur le territoire français ni ne démontre en être dépourvu dans son pays d'origine, alors en outre que le moyen tiré de la méconnaissance des stipulations dont il se prévaut n'est assorti d'aucune précision. Par suite, il n'est pas fondé à soutenir que l'arrêté attaqué méconnait les stipulations précitées de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales.
11. En dernier lieu, aux termes de l'article 3 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales : " Nul ne peut être soumis à la torture ni à des peines ou traitements inhumains ou dégradants ".
12. Il ne ressort d'aucune pièce du dossier que M. B serait exposé à un risque de peine ou de traitement inhumains ou dégradants en cas de retour dans son pays d'origine, alors en outre que la méconnaissance des stipulations dont il se prévaut n'est assortie d'aucune précision. Par suite, il n'est pas fondé à soutenir que l'arrêté attaqué méconnait les stipulations précitées de l'article 3 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales.
13. Il résulte de tout ce qui précède que la requête de M. B, qu'il a lieu d'admettre au bénéfice provisoire de l'aide juridictionnelle, doit être rejetée, y compris ses conclusions aux fins d'injonction, ainsi que celles qu'il présente sur le fondement de l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991.
O R D O N N E :
Article 1er : La requête enregistrée sous le n° 2402118 est radiée des registres du greffe du tribunal administratif d'Amiens pour y être jointe à la requête n°2402108.
Article 2 : Il n'y a plus lieu de statuer sur la demande d'admission au bénéfice provisoire de l'aide juridictionnelle de M. B.
Article 3 : Le surplus des conclusions de la requête n°2402108 de M. B est rejeté.
Article 4 : Le présent jugement sera notifié à M. A B et à la préfète de l'Oise.
Fait à Amiens, le 24 juillet 2024.
Le magistrat désigné,
signé
G. Truy
La greffière,
signé
S. Chatellain
La République mande et ordonne à la préfète de l'Oise en ce qui la concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente ordonnance.
N°2402108 et 2402118
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026