vendredi 14 juin 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif d'Amiens |
| Section | Tribunal Administratif d'Amiens |
| N° Dossier | TA80-2402153 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Formation | Reconduite à la frontière |
Vu la procédure suivante :
Par une requête enregistrée le 2 juin 2024, M. B C, représenté par Me Taoufik, demande au tribunal :
1°) de l'admettre au bénéfice de l'aide juridictionnelle à titre provisoire ;
2°) d'annuler l'arrêté du 30 avril 2024, par lequel la préfète de l'Oise a refusé de lui délivrer un titre de séjour, l'a obligé à quitter le territoire français sans délai, a fixé le Mali comme pays à destination duquel il doit être renvoyé et a prononcé à son encontre une interdiction de retour sur le territoire français d'une durée de trois ans ;
3°) d'annuler l'arrêté du 30 avril 2024, par lequel la préfète de l'Oise l'a assigné à résidence à son domicile à Noyon pour une durée de quarante-cinq jours et a fixé les modalités d'exécution de cette mesure ;
4°) d'enjoindre à la préfète de l'Oise de réexaminer sa situation.
Il soutient que :
Sur la légalité de la décision lui refusant un titre de séjour :
- la compétence de l'auteur de l'acte n'est pas établie ;
- la décision est insuffisamment motivée ;
- la décision est entachée d'une erreur manifeste d'appréciation dès lors qu'il est entré en juin 2018, à l'âge de seize ans, sur le territoire français où il a suivi une scolarité, que son père y réside aussi et qu'il n'a jamais fait l'objet d'une condamnation pénale ;
Sur la légalité de la décision portant obligation de quitter le territoire français :
- la décision attaquée est illégale en raison de l'illégalité du refus de titre de séjour ;
- la compétence de l'auteur de l'acte n'est pas établie ;
- la décision est insuffisamment motivée ;
- elle est entachée d'une erreur manifeste d'appréciation de ses conséquences sur sa situation personnelle ;
Sur la légalité de la décision refusant un délai de départ :
- elle est entachée d'une erreur manifeste d'appréciation ;
Sur la légalité de la décision fixant le pays de renvoi :
- elle est entachée d'une erreur manifeste d'appréciation dès lors qu'il n'a pas été en mesure de choisir le pays de destination ;
Sur la légalité de la décision interdisant le retour sur le territoire français pour une durée de trois ans :
- la décision attaquée est illégale en raison de l'illégalité du refus de titre de séjour ;
- elle est entachée d'une erreur d'appréciation dès lors qu'il est présent sur le territoire français depuis le mois de juin 2018 et qu'il n'a pas fait l'objet d'une précédente mesure d'éloignement ;
Sur la légalité de l'arrêté portant assignation à résidence :
- il est illégal en raison de l'illégalité du refus de titre de séjour ;
- la compétence de l'auteur de l'acte n'est pas établie.
Par un mémoire en défense du 3 juin 2024, la préfète de l'Oise conclut au rejet de la requête.
Elle fait valoir que les moyens de la requête ne sont pas fondés.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991 ;
- le décret n° 2020-1717 du 28 décembre 2020 ;
- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- le code de justice administrative.
La présidente du tribunal a désigné M. Le Gars pour statuer sur les demandes telles que celles faisant l'objet du litige.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de M. Le Gars, magistrat désigné ;
- les observations de Me Taoufik, représentant M. C, qui reprend les conclusions et moyens de la requête en ajoutant que toutes les décisions attaquées sont entachées d'illégalité dès lors que les mentions portées sur le casier judiciaire produit par la préfète de l'Oise et sur lesquelles elle se fonde, correspondent à des faits commis par un homonyme et qu'il ne représente donc pas une menace à l'ordre public.
La clôture de l'instruction a été prononcée à l'issue de l'audience, en application de l'article R. 776-26 du code de justice administrative.
Considérant ce qui suit :
1. M. B C, ressortissant malien, né le 1er février 2002, déclare être entré sans visa sur le territoire français en juin 2018. Il a sollicité le 17 janvier 2022 un titre de séjour mention " vie privée et familiale " sans en préciser le fondement. Par un arrêté du 30 avril 2024, notifié le 31 mai 2024, dont M. C demande l'annulation, la préfète de l'Oise a refusé de lui délivrer un titre de séjour, l'a obligé à quitter le territoire français sans délai, a fixé le Mali comme pays à destination duquel il doit être renvoyé et a prononcé à son encontre une interdiction de retour sur le territoire français d'une durée de trois ans. Par un arrêté du 30 avril 2024, notifié le 31 mai 2024, dont l'intéressé demande l'annulation, la préfète de l'Oise l'a assigné à résidence à son domicile à Noyon pour une durée de quarante-cinq jours et a fixé les modalités d'exécution de cette mesure.
Sur l'étendue du litige :
2. Aux termes de l'article R. 776-17 du code de justice administrative : " Lorsque l'étranger est placé en rétention ou assigné à résidence après avoir introduit un recours contre la décision portant obligation de quitter le territoire ou après avoir déposé une demande d'aide juridictionnelle en vue de l'introduction d'un tel recours, la procédure se poursuit selon les règles prévues par la présente section. Les actes de procédure précédemment accomplis demeurent valables. L'avis d'audience se substitue, le cas échéant, à celui qui avait été adressé aux parties en application de l'article R. 776-11. / Toutefois, lorsque le requérant a formé des conclusions contre la décision relative au séjour notifiée avec une obligation de quitter le territoire, il est statué sur cette décision dans les conditions prévues à la sous-section 1 ou à la sous-section 2 de la section 2, selon le fondement de l'obligation de quitter le territoire. () ".
3. Il résulte de ces dispositions qu'il n'appartient pas au magistrat désigné par la présidente du tribunal administratif de se prononcer sur les conclusions tendant à l'annulation d'un refus de titre de séjour. Dès lors, il n'y a lieu de statuer, dans la présente instance, que sur les conclusions tendant à l'annulation de la mesure d'éloignement et des décisions fixant le délai de départ volontaire, le pays de destination, portant interdiction de retour sur le territoire français et assignant l'intéressé à résidence. En conséquence, les conclusions à fin d'annulation dirigées contre la décision du 30 avril 2024 par laquelle la préfète de l'Oise a refusé à M. C un titre de séjour sont renvoyées devant une formation collégiale du tribunal administratif. Il en va de même des conclusions à fin d'injonction qui en sont l'accessoire.
Sur l'admission à l'aide juridictionnelle à titre provisoire:
4. Aux termes de l'article 20 de la loi du 10 juillet 1991 relative à l'aide juridique : " Dans les cas d'urgence () l'admission provisoire à l'aide juridictionnelle peut être prononcée soit par le président du bureau ou de la section compétente du bureau d'aide juridictionnelle, soit par la juridiction compétente ou son président () ". Aux termes de l'article 61 du décret du 28 décembre 2020 portant application de la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991 relative à l'aide juridique : " L'admission provisoire peut être accordée dans une situation d'urgence () / L'admission provisoire est accordée par le président du bureau ou de la section ou le président de la juridiction saisie, soit sur une demande présentée sans forme par l'intéressé, soit d'office si celui-ci a présenté une demande d'aide juridictionnelle ou d'aide à l'intervention de l'avocat sur laquelle il n'a pas encore été statué ".
5. Il y a lieu, dans les circonstances de l'espèce et eu égard à l'urgence qui s'attache à ce qu'il soit statué sur la requête de M. C, de prononcer son admission provisoire à l'aide juridictionnelle.
Sur les conclusions à fin d'annulation :
En ce qui concerne la légalité de la décision portant obligation de quitter le territoire français :
S'agissant du moyen tiré de l'exception d'illégalité du refus de titre de séjour à l'encontre de l'obligation de quitter le territoire français :
6. En premier lieu, par un arrêté du 30 octobre 2023, régulièrement publié le même jour au numéro spécial du recueil des actes administratifs de la préfecture, la préfète de l'Oise a donné délégation à M. D A, sous-préfet de Beauvais, secrétaire général de la préfecture de l'Oise, à l'effet de signer notamment toutes les décisions et tous les actes de procédure prévus par le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile. Par suite, le moyen tiré de l'incompétence du signataire de la décision attaquée doit être écarté comme manquant en fait.
7. En deuxième lieu, le refus de délivrance d'un titre de séjour qui a été opposé à
M. C vise les dispositions légales et réglementaires sur lesquelles il se fonde et précise les éléments de sa situation personnelle que la préfète a pris en considération pour le prendre. Elle vise les dispositions des articles L. 432-1, L. 423-23 et L. 435-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile et relève notamment que M. C est célibataire et sans enfants, qu'il déclaré être entré en France en juin 2018 à l'âge de seize ans et qu'il a fait l'objet de quatre condamnations pénales. Par suite, le moyen tiré du défaut de motivation doit être écarté.
8. En troisième et dernier lieu, d'une part, aux termes de l'article L. 423-23 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " L'étranger qui n'entre pas dans les catégories prévues aux articles L. 423-1, L. 423-7, L. 423-14, L. 423-15, L. 423-21 et L. 423-22 ou dans celles qui ouvrent droit au regroupement familial, et qui dispose de liens personnels et familiaux en France tels que le refus d'autoriser son séjour porterait à son droit au respect de sa vie privée et familiale une atteinte disproportionnée au regard des motifs du refus, se voit délivrer une carte de séjour temporaire portant la mention " vie privée et familiale " d'une durée d'un an, sans que soit opposable la condition prévue à l'article L. 412-1. / Les liens mentionnés au premier alinéa sont appréciés notamment au regard de leur intensité, de leur ancienneté et de leur stabilité, des conditions d'existence de l'étranger, de son insertion dans la société française ainsi que de la nature de ses liens avec sa famille restée dans son pays d'origine. / L'insertion de l'étranger dans la société française est évaluée en tenant compte notamment de sa connaissance des valeurs de la République. ". D'autre part, aux termes de l'article L. 435-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " L'étranger dont l'admission au séjour répond à des considérations humanitaires ou se justifie au regard des motifs exceptionnels qu'il fait valoir peut se voir délivrer une carte de séjour temporaire portant la mention " salarié ", " travailleur temporaire " ou " vie privée et familiale ", sans que soit opposable la condition prévue à l'article L.412-1. () ".
9. M. C soutient être entré en juin 2018, à l'âge de seize ans, en France où son père réside. Toutefois, il ressort des pièces du dossier que M. C, célibataire et sans enfants, n'est pas entré régulièrement sur le territoire français et que, par une attestation du 19 octobre 2018, visée par la mairie de Bamako, son père a délégué sa prise en charge en France à une cousine alléguée. L'intéressé ne produit aucune pièce de nature à justifier de la réalité et de l'intensité de liens personnels et familiaux entretenus en France. Si M. C soutient avoir été scolarisé au sein d'un lycée professionnel à Senlis au titre de l'année scolaire 2019-2020, en produisant des bulletins scolaires faisant état d'absences répétées et d'un manque de sérieux dans le suivi de ses études, il n'établit ni même n'allègue avoir poursuivi des études ou avoir exercé une activité professionnelle après cette période. Dans ces conditions, alors que M. C n'établit pas être dépourvu d'attaches au Mali où il a vécu la majeure partie de sa vie jusqu'à l'âge de seize ans, le moyen tiré de ce que la décision l'obligeant à quitter le territoire français est illégale à raison de l'erreur manifeste d'appréciation dont serait entachée la décision lui refusant un titre de séjour doit être écarté.
10. Si la préfète de l'Oise s'est également fondée sur le motif tiré de ce que la présence de M. C sur le territoire français constituerait une menace grave à l'ordre public, notamment en ce qu'il a fait l'objet de quatre condamnations pénales, il ressort des pièces du dossier, sans que cela soit contesté par la préfète, que les dates de naissance et l'identité des parents des auteurs des faits délictuels mentionnés sur le casier judiciaire produit en défense diffèrent de celles du requérant. Il n'est ainsi pas établi que l'intéressé en soit l'auteur et, par suite, qu'il représente une menace pour l'ordre public. Toutefois, il ressort de la lecture de la décision attaquée que la préfète de l'Oise aurait pris la même décision si elle ne s'était pas fondée sur ce motif, qui est surabondant. Par suite, le moyen tiré de ce que la décision l'obligeant à quitter le territoire français est illégale à raison de l'illégalité de la décision lui refusant le séjour en l'absence de menace à l'ordre public doit être écarté.
11. Il résulte de ce qui précède que M. C n'est pas fondé à soutenir que la décision l'obligeant à quitter le territoire français est illégale à raison de l'illégalité du refus de délivrance d'un titre de séjour qui lui a été opposé.
S'agissant du moyen tiré de l'incompétence de l'auteur de la décision portant obligation de quitter le territoire français :
12. Le moyen tiré de l'incompétence de l'auteur de l'acte doit être écarté pour les mêmes motifs que ceux exposés au point 6.
S'agissant du moyen tiré du défaut de motivation de la décision portant obligation de quitter le territoire français :
13. L'arrêté en litige vise et mentionne les textes dont il fait application, notamment le 3° de l'article L. 611-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile. Par ailleurs, la préfète de l'Oise, qui n'est pas tenue de mentionner l'ensemble des éléments relatifs à la situation de l'étranger faisant l'objet d'une obligation de quitter le territoire français, précise notamment que l'intéressé, compte tenu du rejet de sa demande de titre de séjour, entre dans le champ d'application des dispositions précitées et est donc susceptible de faire l'objet d'une obligation de quitter le territoire français, et qu'il ne démontre pas relever de l'une des situations prévues à l'article L. 611-3 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile. Par suite, la décision portant obligation de quitter le territoire français comporte l'ensemble des considérations de fait et de droit qui en constituent le fondement, de sorte que le moyen tiré de l'insuffisante motivation doit être écarté.
S'agissant du moyen tiré de ce que la décision portant obligation de quitter le territoire français est entachée d'une erreur manifeste d'appréciation sur sa situation personnelle :
14. Pour les mêmes motifs que ceux exposés au point 9 et compte tenu de ce qui a été dit au point 10, alors que M. C n'établit pas être dépourvu d'attaches au Mali où il a vécu la majeure partie de sa vie jusqu'à l'âge de seize ans, le moyen tiré de ce que la décision l'obligeant à quitter le territoire français est entachée d'une erreur manifeste d'appréciation doit être écarté.
15. Il résulte de ce qui précède que les conclusions à fin d'annulation de la décision obligeant M. C à quitter le territoire français sont rejetées.
En ce qui concerne la légalité de la décision refusant un délai de départ volontaire :
16. Aux termes de l'article L. 612-2 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " Par dérogation à l'article L. 612-1, l'autorité administrative peut refuser d'accorder un délai de départ volontaire dans les cas suivants : 1° Le comportement de l'étranger constitue une menace pour l'ordre public (). ".
17. Il résulte de ce qui a été dit au point 10 que la préfète de l'Oise n'établit pas que
M. C constitue une menace à l'ordre public. Dans ces conditions, la préfète ne pouvait légalement fonder sa décision refusant un délai de départ volontaire sur le motif tiré de ce que l'intéréssé représente une menace pour l'ordre public en application du 1° de l'article L. 612-2 du code précité.
18. Il résulte de ce qui précède, sans qu'il soit besoin d'examiner les autres moyens soulevés à l'appui des conclusions à fin d'annulation dirigées à son encontre, que la décision par laquelle la préfète de l'Oise a refusé à M. C un délai de départ volontaire doit être annulée.
En ce qui concerne la légalité de la décision fixant le pays de renvoi :
19. Aux termes de l'article L. 721-3 du même code : " L'autorité administrative fixe, par une décision distincte de la décision d'éloignement, le pays à destination duquel l'étranger peut être renvoyé en cas d'exécution d'office () d'une peine d'interdiction du territoire français (). ". Aux termes de l'article L. 721-4 du même code : " L'autorité administrative peut désigner comme pays de renvoi : 1° Le pays dont l'étranger a la nationalité, sauf si l'Office français de protection des réfugiés et apatrides ou la Cour nationale du droit d'asile lui a reconnu la qualité de réfugié ou lui a accordé le bénéfice de la protection subsidiaire ou s'il n'a pas encore été statué sur sa demande d'asile ; 2° Un autre pays pour lequel un document de voyage en cours de validité a été délivré en application d'un accord ou arrangement de réadmission européen ou bilatéral ; 3° Ou, avec l'accord de l'étranger, tout autre pays dans lequel il est légalement admissible./ Un étranger ne peut être éloigné à destination d'un pays s'il établit que sa vie ou sa liberté y sont menacées ou qu'il y est exposé à des traitements contraires aux stipulations de l'article 3 de la Convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales du 4 novembre 1950. ".
20. Si M. C se borne à soutenir que la préfète de l'Oise n'est pas fondée à fixer le Mali comme pays d'exécution de la mesure d'éloignement sans lui laisser le choix du pays de destination, il n'établit pas être légalement admissible dans un autre pays que le Mali dont il a la nationalité. Dans ces conditions, le moyen doit être écarté.
En ce qui concerne la légalité de la décision interdisant le retour sur le territoire français pour une durée de trois ans :
21. Aux termes de l'article L. 612-6 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " Lorsqu'aucun délai de départ volontaire n'a été accordé à l'étranger, l'autorité administrative assortit la décision portant obligation de quitter le territoire français d'une interdiction de retour sur le territoire français. Des circonstances humanitaires peuvent toutefois justifier que l'autorité administrative n'édicte pas d'interdiction de retour. / Les effets de cette interdiction cessent à l'expiration d'une durée, fixée par l'autorité administrative, qui ne peut excéder trois ans à compter de l'exécution de l'obligation de quitter le territoire français. ". Aux termes de l'article L. 612-10 du même code : " Pour fixer la durée des interdictions de retour mentionnées aux articles L. 612-6 et L. 612-7, l'autorité administrative tient compte de la durée de présence de l'étranger sur le territoire français, de la nature et de l'ancienneté de ses liens avec la France, de la circonstance qu'il a déjà fait l'objet ou non d'une mesure d'éloignement et de la menace pour l'ordre public que représente sa présence sur le territoire français. ".
22. Ainsi qu'il a été dit aux points 17 et 18, il y a lieu d'annuler la décision refusant un délai de départ à M. C. Par voie de conséquence, la préfète de l'Oise ne pouvait se fonder sur les dispositions de l'article L. 612-6 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile pour interdire à M. C le retour sur le territoire français pour une durée de trois ans.
23. Il résulte de ce qui précède, sans qu'il soit besoin d'examiner les autres moyens soulevés à l'appui des conclusions à fin d'annulation dirigées à son encontre, que la décision par laquelle la préfète de l'Oise a interdit à M. C le retour sur le territoire français pour une durée de trois ans doit être annulée.
En ce qui concerne l'arrêté portant assignation à résidence :
24. Aux termes de l'article L. 731-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " L'autorité administrative peut assigner à résidence l'étranger qui ne peut quitter immédiatement le territoire français mais dont l'éloignement demeure une perspective raisonnable, dans les cas suivants : / 1° L'étranger fait l'objet d'une décision portant obligation de quitter le territoire français, prise moins de trois ans auparavant, pour laquelle le délai de départ volontaire est expiré ou n'a pas été accordé () ".
25. Ainsi qu'il a été dit aux points 17 et 18, il y a lieu d'annuler la décision refusant un délai de départ à M. C. Par voie de conséquence, sans qu'il soit besoin d'examiner les autres moyens soulevés à l'appui des conclusions à fin d'annulation dirigées à son encontre, il y a lieu d'annuler l'arrêté portant assignation à résidence.
26. Il résulte de tout ce qui précède que, d'une part, l'arrêté portant obligation de quitter le territoire français est annulé en tant qu'il refuse à M. C un délai de départ volontaire et qu'il lui interdit le retour sur le territoire français pour une durée de trois ans et, d'autre part, l'arrêté l'assignant à résidence est annulé.
D E C I D E :
Article 1er : M. C est admis au bénéfice de l'aide juridictionnelle à titre provisoire.
Article 2 : Le jugement des conclusions à fin d'annulation de la décision refusant à M. C un titre de séjour et celles à fin d'injonction qui en sont l'accessoire est renvoyé à une formation collégiale du tribunal administratif d'Amiens.
Article 3 : Les décisions du 30 avril 2024 par lesquelles la préfète de l'Oise a refusé un délai de départ volontaire à M. C et lui a interdit le retour sur le territoire français pour une durée de trois ans sont annulées.
Article 4 : L'arrêté du 30 avril 2024 par lequel la préfète de l'Oise a assigné M. C à résidence est annulé.
Article 5 : Le surplus des conclusions de la requête de M. C est rejeté.
Article 6 : Le présent jugement sera notifié à M. B C, à Me Taoufik et à la préfète de l'Oise.
Copie en sera adressée au bureau d'aide juridictionnelle.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 14 juin 2024.
Le magistrat désigné,
Signé
V. LE GARS
Le greffier,
Signé
N. VERJOT
La République mande et ordonne à la préfète de l'Oise en ce qui la concerne, ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies d'exécution de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution du présent jugement.
Tribunal Administratif de VERSAILLES — N° TA78-2608798
03/08/2026
Tribunal Administratif de VERSAILLES — N° TA78-2606201
03/08/2026
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03/08/2026
Tribunal Administratif de MELUN — N° TA77-2611484
03/08/2026