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AccueilJurisprudence administrativeN° TA80-2402168

Tribunal Administratif d'Amiens — Décision N° TA80-2402168

jeudi 10 octobre 2024

JuridictionTribunal Administratif d'Amiens
SectionTribunal Administratif d'Amiens
N° DossierTA80-2402168
TypeDécision
RecoursExcès de pouvoir
PublicationC
Formation1ère Chambre
Avocat requérantQUENNEHEN-TOURBIER

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête, enregistrée le 31 mai 2024, M. B A, représenté par Me Tourbier, demande au tribunal :

1°) d'annuler l'arrêté du 2 mai 2024 par lequel le préfet de l'Aisne l'a obligé à quitter le territoire français dans un délai de trente jours, a fixé le pays de renvoi et a prononcé une interdiction de retour sur le territoire français d'une durée de trois ans ;

2°) d'enjoindre au préfet de l'Aisne de lui délivrer un titre de séjour dans un délai d'un mois à compter de la notification du jugement à intervenir, ou, à défaut, de procéder au réexamen de sa situation ;

3°) de mettre à la charge de l'Etat la somme de 1 500 euros, à verser à son conseil, sur le fondement de l'article L. 761-1 du code de justice administrative et de l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991.

Il soutient que :

En ce qui concerne la décision de refus de titre de séjour :

- elle est insuffisamment motivée ;

- elle est entachée d'une erreur manifeste d'appréciation au regard des stipulations de l'article 10 de l'accord franco-tunisien.

En ce qui concerne la décision portant obligation de quitter le territoire français :

- elle est illégale par exception d'illégalité de la décision de refus de titre de séjour ;

- elle porte une atteinte disproportionnée à son droit au respect de sa vie privée et familiale ;

- elle porte atteinte à l'intérêt supérieur de l'enfant.

Par un mémoire en défense, enregistré le 18 juin 2024, le préfet de l'Aisne conclut au rejet de la requête.

Il fait valoir que les moyens invoqués par le requérant ne sont pas fondés.

Vu les autres pièces du dossier.

Vu :

- la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;

- l'accord franco-tunisien du 17 mars 1988 modifié ;

- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;

- la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991 ;

- le code de justice administrative.

Le président de la formation de jugement a dispensé le rapporteur public, sur sa proposition, de prononcer des conclusions à l'audience.

Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.

Ont été entendus au cours de l'audience publique :

- le rapport de M. Lebdiri, président-rapporteur ;

- les observations de Me Niquet, substituant Me Tourbier, représentant M. A, ainsi que les observations de ce dernier ;

- le préfet de l'Aisne n'étant ni présent, ni représenté.

Considérant ce qui suit :

1. M. B A, ressortissant tunisien, né le 26 août 1982, est entré en France le 14 juillet 2017 selon ses déclarations. Le 9 février 2023, il a sollicité son admission au séjour en qualité de parent d'enfant français. Par un arrêté du 2 mai 2024, le préfet de l'Aisne a rejeté la demande de titre de séjour de l'intéressé, lui a fait obligation de quitter le territoire français dans un délai de trente jours, a fixé le pays de renvoi et a prononcé à son encontre une interdiction de retour sur le territoire français pour une durée de trois ans. Dans le cadre de la présente instance, M. A demande l'annulation de cet arrêté.

Sur la décision de refus de titre de séjour :

2. En premier lieu, la décision attaquée vise les dispositions législatives et règlementaires dont elle fait application et indique les circonstances de fait et de droit sur lesquelles elle se fonde. Par suite, le moyen tiré de ce que cette décision est insuffisamment motivée doit être écarté.

3. En second lieu, aux termes de l'article 10 de l'accord franco-tunisien : " Un titre de séjour d'une durée de dix ans, ouvrant droit à l'exercice d'une activité professionnelle, est délivré de plein droit, sous réserve de la régularité du séjour sur le territoire français : () Au ressortissant tunisien qui est père ou mère d'un enfant français résidant en France, à la condition qu'il exerce, même partiellement, l'autorité parentale à l'égard de cet enfant ou qu'il subvienne effectivement à ses besoins ".

4. M. A ne peut utilement se prévaloir de ces stipulations, dès lors qu'à la date de l'arrêté contesté, il séjournait irrégulièrement sur le territoire français.

Sur la décision portant obligation de quitter le territoire français :

5. En premier lieu, il résulte de ce qui précède que la décision de refus de titre de séjour n'est pas entachée d'illégalité. Par suite, le moyen tiré de l'exception d'illégalité de cette décision soulevée à l'encontre de la décision d'obligation de quitter le territoire français doit être écarté.

6. En second lieu, si le requérant se prévaut de ce que l'obligation de quitter le territoire français litigieuse porte une atteinte disproportionnée à son droit au respect de sa vie privée et familiale, ainsi qu'à l'intérêt supérieur de l'enfant, il n'assortit ces moyens d'aucune précision de nature à permettre d'en apprécier le bien-fondé.

7. Il résulte de tout ce qui précède que les conclusions à fin d'annulation de la requête de M. A doivent être rejetées, ainsi que, par voie de conséquence, ses conclusions aux fins d'injonction et celles présentées sur le fondement des articles 37 de la loi du 10 juillet 1991 et L. 761-1 du code de justice administrative.

D E C I D E :

Article 1er : La requête de M. A est rejetée.

Article 2 : Le présent jugement sera notifié à M. B A, à Me Tourbier et au préfet de l'Aisne.

Délibéré après l'audience du 26 septembre 2024, à laquelle siégeaient :

- M. Lebdiri, président,

- M. Richard, premier conseiller,

- M. Fugamalli, conseiller.

Rendu public par mise à disposition au greffe le 10 octobre 2024.

L'assesseur le plus ancien,

signé

J. Richard

Le président-rapporteur,

signé

S. Lebdiri

La greffière,

signé

M.-A. Boignard

La République mande et ordonne au préfet de l'Aisne en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution du présent jugement.

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