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AccueilJurisprudence administrativeN° TA80-2402223

Tribunal Administratif d'Amiens — Décision N° TA80-2402223

mercredi 25 septembre 2024

JuridictionTribunal Administratif d'Amiens
SectionTribunal Administratif d'Amiens
N° DossierTA80-2402223
TypeOrdonnance
RecoursExcès de pouvoir
PublicationC

Résumé IA

Le Tribunal Administratif d'Amiens a rejeté comme manifestement irrecevable la requête de M. B, qui contestait le refus implicite de la DDETS de la Somme de justifier ou rectifier des corrections apportées à ses demandes d’aide au titre de l’activité partielle. Le juge a constaté que la décision attaquée était purement confirmative d’une précédente décision, déjà contestée sans succès devant le tribunal, et que les délais de recours contentieux étaient expirés. La requête a été rejetée sur le fondement de l’article R. 222-1 (4°) du code de justice administrative, sans qu’il soit nécessaire de la régulariser.

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête, enregistré le 5 juin 2024, M. A B doit être regardé comme demandant au tribunal :

1°) d'annuler la décision implicite par laquelle la direction départementale du travail, de l'emploi et des solidarités de la Somme (DDETS) a rejeté sa demande présentée le 5 mars 2024 tendant, d'une part, à ce que cette administration justifie ou rectifie les corrections apportées à ses demandes d'aide au titre de l'activité partielle dans le cadre de son activité libérale exercée sous l'enseigne Custom-Made pour les mois d'août et septembre 2021 et, d'autre part, au versement de cette même aide pour les mois de janvier, février et mars 2022 ;

2°) d'enjoindre à la DDETS de la Somme, d'une part, de justifier ou de rectifier les corrections litigieuses et, d'autre part, de lui verser l'aide litigieuse pour les mois de janvier, février et mars 2022.

Il soutient que l'administration n'a pas répondu à sa demande du 5 mars 2024.

Vu le code de justice administrative.

Considérant ce qui suit :

1. D'une part, aux termes de l'article R. 222-1 du code de justice administrative : " () les présidents de formation de jugement des tribunaux () peuvent, par ordonnance : () 4° Rejeter les requêtes manifestement irrecevables, lorsque la juridiction n'est pas tenue d'inviter leur auteur à les régulariser ou qu'elles n'ont pas été régularisées à l'expiration du délai imparti par une demande en ce sens () ".

2. D'autre part, aux termes de l'article R. 421-1 du code de justice administrative : " La juridiction ne peut être saisie que par voie de recours formé contre une décision, et ce, dans les deux mois à partir de la notification ou de la publication de la décision attaquée. / Lorsque la requête tend au paiement d'une somme d'argent, elle n'est recevable qu'après l'intervention de la décision prise par l'administration sur une demande préalablement formée devant elle () ". Selon l'article R. 421-2 du même code : " Sauf disposition législative ou réglementaire contraire, dans les cas où le silence gardé par l'autorité administrative sur une demande vaut décision de rejet, l'intéressé dispose, pour former un recours, d'un délai de deux mois à compter de la date à laquelle est née une décision implicite de rejet () / La date du dépôt de la demande à l'administration, constatée par tous moyens, doit être établie à l'appui de la requête () ".

3. Il ressort des pièces du dossier que, par un courrier du 4 mars 2024 adressé à la direction départementale du travail, de l'emploi et des solidarités de la Somme qui l'a réceptionné le 5 mars suivant, M. B a contesté la décision par laquelle cette administration a, d'une part, retenu le versement de l'aide au titre de l'activité partielle dans le cadre de son activité libérale exercée sous l'enseigne Custom-Made pour les mois d'août et septembre 2021 et, d'autre part, refusé de lui versé cette même aide pour les mois de janvier, février et mars 2022. Or, cette décision a précédemment fait l'objet d'un recours hiérarchique présenté par le requérant le 5 mai 2023 devant le ministre du travail, du plein emploi et de l'insertion et la décision de rejet de ce recours a fait l'objet d'une requête présentée au tribunal le 7 novembre 2023 sous le n° 2303803, laquelle a été rejetée par une ordonnance du 7 décembre 2023 à raison de sa tardiveté. La nouvelle demande présentée par le requérant le 5 mars 2024 a dès lors donné lieu à une décision de rejet qui a le même objet que celui de cette précédente décision, à l'encontre de laquelle les délais de recours contentieux demeurent expirés. L'intervention de cette nouvelle décision de rejet n'a par suite pas ouvert un nouveau délai de recours contentieux et la requête de M. B tendant à la contestation de cette décision purement confirmative de la précédente est également tardive et, comme telle, manifestement irrecevable.

4. Il résulte de ce qui précède que la requête de M. B est entachée d'une irrecevabilité manifeste et doit, dès lors, être rejetée en application des dispositions du 4° de l'article R. 222-1 du code de justice administrative.

5. En outre, il y a lieu de rappeler, pour l'instant sans autre conséquence, qu'aux termes de l'article R. 741-12 du code de justice administrative : " Le juge peut infliger à l'auteur d'une requête qu'il estime abusive une amende dont le montant ne peut excéder 10 000 euros ".

O R D O N N E :

Article 1er : La requête de M. B est rejetée.

Article 2 : La présente ordonnance sera notifiée à M. A B.

Fait à Amiens, le 25 septembre 2024.

Le président de la 3ème chambre,

signé

S. Thérain

La République mande et ordonne au préfet de la Somme en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente ordonnance.

N°2402223

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