jeudi 19 septembre 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif d'Amiens |
| Section | Tribunal Administratif d'Amiens |
| N° Dossier | TA80-2402288 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | C |
| Formation | JU2 |
| Avocat requérant | LOUAFI RYNDINA |
Vu la procédure suivante :
Par une requête, enregistrée le 8 juin 2024, M. A B, représenté par
Me Louafi Ryndina, demande au tribunal :
1°) de l'admettre au bénéfice de l'aide juridictionnelle provisoire ;
2°) d'annuler l'arrêté en date du 23 avril 2024 par lequel le préfet de l'Aisne lui a refusé le séjour, l'a obligé à quitter le territoire français dans le délai de trente jours, l'a obligé à remettre son passeport, l'a obligé à se présenter au commissariat de Tergnier tous les mardis et vendredi à 8h30, a fixé le pays à destination duquel il est susceptible d'être reconduit, a assorti ces décisions d'une interdiction de retour sur le territoire français d'une durée de deux ans et l'a signalé au système d'information Schengen ;
3°) d'enjoindre au préfet de l'Aisne de réexaminer sa situation dans un délai de quinze jours à compter de la notification du jugement à intervenir en le munissant, dans l'attente de ce réexamen, d'une autorisation provisoire de séjour l'autorisant à travailler, sous astreinte de 100 euros par jour de retard ;
4°) de mettre à la charge de l'Etat une somme de 1 500 euros sur le fondement des articles 37 de la loi du 10 juillet 1991 et L. 761-1 du code de justice administrative.
Il soutient que :
- l'arrêté attaqué est insuffisamment motivé ;
S'agissant de la décision de refus de séjour :
- la décision est entachée d'une erreur de droit au regard de l'article L. 542-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile dès lors que sa demande d'asile est encore en cours d'instruction devant la Cour nationale du droit d'asile et qu'il dispose d'une autorisation provisoire de séjour valable jusqu'au 15 mai 2024 ;
S'agissant de la décision portant obligation de quitter le territoire français :
- la décision est entachée d'une erreur de droit au regard des articles L. 541-1 et L. 541-2 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile dès lors que sa demande d'asile est encore en cours d'instruction devant la Cour nationale du droit d'asile et qu'il dispose d'une autorisation provisoire de séjour valable jusqu'au 15 mai 2024 ;
- la décision est contraire à l'article 3 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;
- la décision porte une atteinte disproportionnée à son droit au respect de sa vie privée et familiale et méconnaît les stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;
- la décision méconnaît les stipulations de l'article 3.1 de la convention internationale des droits de l'enfant ;
- la décision est entachée d'une erreur manifeste d'appréciation des conséquences qu'elle est susceptible d'entraîner sur sa situation personnelle ;
S'agissant de la décision refusant un délai de départ volontaire :
- la décision est illégale dès lors qu'il justifie de circonstances exceptionnelles exigeant qu'un délai de plus de trente jours lui soit accordé ; ;
S'agissant de la décision lui interdisant le retour sur le territoire français :
- la décision est illégale dès lors qu'il justifie de circonstances exceptionnelles au sens de l'article L. 612-6 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile et qu'elle porte une atteinte disproportionnée à son droit au respect de sa vie privée et familiale et méconnaît les stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;
S'agissant de la décision fixant le pays de renvoi :
- la décision méconnaît les stipulations de l'article 3 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;
S'agissant de la décision qui l'a obligé à remettre son passeport, et celle qui l'a obligé à se présenter au commissariat de Tergnier tous les mardis et vendredi à 8h30 :
- elles sont illégales du fait de l'illégalité de la décision portant obligation de quitter le territoire français ;
S'agissant de la décision qui l'a signalé au système d'information Schengen :
- elle est illégale du fait de l'illégalité de la décision portant interdiction de retour.
Par un mémoire en défense, enregistré le 26 juin 2024, le préfet de l'Aisne conclut au rejet de la requête.
Il fait valoir que la requête est non fondée dans les moyens qu'elle soulève.
M. B a obtenu le bénéfice de l'aide juridictionnelle totale par décision du
12 juin 2024.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;
- la convention de New-York relative aux droits de l'enfant ;
- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- le code des relations entre le public et l'administration ;
- la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991 relative à l'aide juridique ;
- le code de justice administrative.
La présidente du tribunal a désigné M. Boutou, vice-président, conformément à l'article
R. 776-13-3 du code de justice administrative, pour statuer en qualité de juge du contentieux de l'éloignement sur les requêtes instruites selon les dispositions de l'article L. 614-5 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile en vigueur à la date de la décision attaquée.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Le rapport de M. Boutou, magistrat désigné, a été entendu au cours de l'audience publique à laquelle les parties n'étaient ni présentes ni représentées.
Considérant ce qui suit :
Sur les conclusions tendant à l'admission provisoire au bénéfice de l'aide juridictionnelle :
1. Aux termes de l'article 20 de la loi du 10 juillet 1991 : " Dans les cas d'urgence, sous réserve de l'application des règles relatives aux commissions ou désignations d'office, l'admission provisoire à l'aide juridictionnelle peut être prononcée par la juridiction compétente ou son président ".
2. M. B a obtenu le bénéfice de l'aide juridictionnelle totale par décision du
12 juin 2024. Par suite, il n'y a pas lieu de statuer sur sa demande d'admission à l'aide juridictionnelle provisoire.
Sur le moyen commun aux décisions attaquées :
3. L'arrêté attaqué vise les textes dont il fait application, notamment l'article L. 611-1 4° et l'article L. 542-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, et comporte les considérations de droit et de fait qui en constituent le fondement. Il mentionne, notamment, que la demande d'asile de M. B, de nationalité arménienne et donc issu d'un pays sûr a été rejetée par l'Office français de protection des réfugiés et apatrides, que son épouse est également dans la même situation ainsi que sa fille. L'arrêté mentionne que l'examen des quatre motifs prévus à l'article L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile a été effectué, en ce qui concerne la décision d'interdiction de retour, ainsi que l'absence de preuves d'une menace personnelle et actuelle en Arménie en ce qui concerne la désignation du pays de renvoi. Par suite, le moyen tiré de l'insuffisance de motivation manque en fait.
Sur les conclusions dirigées contre la décision de refus de séjour :
4. Aux termes de l'article L. 542-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " En l'absence de recours contre la décision de l'Office français de protection des réfugiés et apatrides dans le délai prévu à l'article L. 532-1, le droit de se maintenir sur le territoire français prend fin à la notification de cette décision./ Lorsqu'un recours contre la décision de rejet de l'office a été formé dans le délai prévu à l'article L. 532-1, le droit du demandeur de se maintenir sur le territoire français prend fin à la date de la lecture en audience publique de la décision de la Cour nationale du droit d'asile ou, s'il est statué par ordonnance, à la date de la signature de celle-ci. Dans le cas où il est statué par ordonnance, l'autorité administrative ne peut engager l'exécution de la décision portant obligation de quitter le territoire français du demandeur d'asile dont le droit au maintien a pris fin qu'à compter de la date de notification de l'ordonnance ". Aux termes de l'article L. 542-2 du même code : " Par dérogation à l'article L. 542-1, le droit de se maintenir sur le territoire français prend fin : () d) une décision de rejet dans les cas prévus à l'article L. 531-24 et au 5° de l'article L. 531-27 () ". Enfin aux termes de l'article L. 542-3 du même code : " Lorsque le droit au maintien sur le territoire français a pris fin dans les conditions prévues aux articles L. 542-1 ou L. 542-2, l'attestation de demande d'asile peut être refusée, retirée ou son renouvellement refusé () ".
5. Il résulte de ces dispositions que lorsque, comme en l'espèce, l'Office français de protection des réfugiés et apatrides a rejeté une demande d'asile sur le fondement de l'article
L. 531-24 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile et que le demandeur a exercé un recours contre cette décision devant la Cour nationale du droit d'asile, le préfet peut néanmoins obliger l'intéressé à quitter le territoire français après lui avoir retiré ou refusé le renouvellement de son attestation de demande d'asile valant autorisation provisoire de séjour. En revanche, tant que la Cour nationale du droit d'asile n'a pas statué sur le recours qui lui est présenté, il n'appartient pas au préfet, qui est lié par la décision qui sera prise par cette juridiction, de refuser la délivrance d'un titre de séjour de réfugié. Par suite, en refusant le séjour au titre de l'asile dans l'arrêté attaqué, le préfet de l'Aisne a méconnu le champ d'application de la loi. Cette décision est illégale et doit être annulée.
Sur les conclusions dirigées contre la décision portant obligation de quitter le territoire français :
6. En premier lieu, aux termes de l'article L. 542-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " L'étranger auquel la reconnaissance de la qualité de réfugié ou le bénéfice de la protection subsidiaire a été définitivement refusé ou qui ne bénéficie plus du droit de se maintenir sur le territoire français en application de l'article L. 542-2 et qui ne peut être autorisé à demeurer sur le territoire à un autre titre doit quitter le territoire français. Sous réserve des cas où l'autorité administrative envisage d'admettre l'étranger au séjour pour un autre motif, elle prend à son encontre, dans un délai fixé par décret en Conseil d'Etat, une obligation de quitter le territoire français sur le fondement et dans les conditions prévues au 4° de l'article L. 611-1 ". Il ressort des pièces du dossier que la demande d'asile de M. B a été rejetée en procédure accélérée sur le fondement de l'article L. 531-24 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile. Par suite, en application des dispositions combinées des articles L. 542-2 et L. 542-4 de ce code, le préfet pouvait obliger le requérant à quitter le territoire français, nonobstant la circonstance qu'il avait déposé un recours contre cette décision devant la Cour nationale du droit d'asile, le préfet ayant la faculté, comme le prévoit l'article L. 542-3, d'abroger toute autorisation provisoire de séjour en cours, comme il l'a fait en l'espèce. Par suite, le moyen tiré de l'erreur de droit doit être écarté.
7. En deuxième lieu, aux termes de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales : " Toute personne a droit au respect de sa vie privée et familiale, de son domicile et de sa correspondance / Il ne peut y avoir ingérence d'une autorité publique dans l'exercice de ce droit que pour autant que cette ingérence est prévue par la loi et qu'elle constitue une mesure qui, dans une société démocratique, est nécessaire à la sécurité nationale, à la sûreté publique, au bien-être économique du pays, à la défense de l'ordre et à la prévention des infractions pénales, à la protection de la santé ou de la morale, ou à la protection des droits et libertés d'autrui ".
8. M. B soutient avoir le centre de ses intérêts privés et familiaux en France dès lors qu'elle y vit avec son épouse et sa fille depuis son entrée sur le territoire où vivent également ses parents. Il ressort, toutefois, des pièces du dossier que son épouse et sa fille sont dans la même situation que le requérant, leurs demandes d'asile ayant été rejetées par l'Office français de protection des réfugiés et apatrides. Par suite, le préfet n'a pas porté à son droit au respect de sa vie familiale une atteinte disproportionnée et n'a donc ni méconnu les stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales, ni commis une erreur manifeste d'appréciation de sa situation personnelle.
9. En troisième lieu, aux termes de l'article 3 de la convention de New-York relative aux droits de l'enfant : " Dans toutes les décisions qui concernent les enfants, qu'elles soient le fait des institutions publiques ou privées, des tribunaux, des autorités administratives ou des organes législatifs, l'intérêt supérieur de l'enfant doit être une considération primordiale ". Il résulte de ces stipulations que, dans l'exercice de son pouvoir d'appréciation, l'autorité administrative doit accorder une attention primordiale à l'intérêt supérieur des enfants dans toutes les décisions les concernant.
10. Il ne ressort pas des pièces du dossier, eu égard à ce qui a été dit au point 8, qu'en prenant l'arrêté litigieux, le préfet de l'Aisne n'aurait pas accordé une importance primordiale à l'intérêt supérieur de l'enfant de M. B. La circonstance que l'enfant soit déjà scolarisée n'indique pas qu'elle ne pourrait se réadapter à un nouveau milieu scolaire en Arménie, compte tenu de son jeune âge. Par conséquent, le moyen doit être écarté.
11. En quatrième lieu, la décision portant obligation de quitter le territoire français ne désigne pas de pays de renvoi. Le moyen tiré de la méconnaissance de l'article 3 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales est par suite inopérant et doit être écarté.
Sur les conclusions dirigées contre la décision portant refus de délai de départ volontaire :
12. Aux termes de l'article L. 612-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " L'étranger faisant l'objet d'une décision portant obligation de quitter le territoire français dispose d'un délai de départ volontaire de trente jours à compter de la notification de cette décision. L'autorité administrative peut accorder, à titre exceptionnel, un délai de départ volontaire supérieur à trente jours s'il apparaît nécessaire de tenir compte de circonstances propres à chaque cas. Elle peut prolonger le délai accordé pour une durée appropriée s'il apparaît nécessaire de tenir compte de circonstances propres à chaque cas. L'étranger est informé par écrit de cette prolongation ".
13. M. B ne justifie par aucune circonstance la nécessité de lui accorder un délai de départ volontaire plus long que le délai de droit commun de trente jours. Par suite, le moyen doit être écarté.
Sur les conclusions dirigées contre la décision lui interdisant le retour sur le territoire français :
14. En premier lieu, aux termes de l'article L. 612-6 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " Lorsqu'aucun délai de départ volontaire n'a été accordé à l'étranger, l'autorité administrative assortit la décision portant obligation de quitter le territoire français d'une interdiction de retour sur le territoire français. Des circonstances humanitaires peuvent toutefois justifier que l'autorité administrative n'édicte pas d'interdiction de retour. Les effets de cette interdiction cessent à l'expiration d'une durée, fixée par l'autorité administrative, qui ne peut excéder trois ans à compter de l'exécution de l'obligation de quitter le territoire français ".
15. M. B dispose d'un délai de départ volontaire de trente jours. Par suite, le moyen tiré de la méconnaissance de l'article L. 612-6 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile applicable au cas où aucun délai de départ n'est accordé est inopérant et doit être écarté.
16. En second lieu, pour les mêmes motifs que ceux indiqués au point 8, la décision du préfet de l'Aisne portant interdiction de retour sur le territoire français ne peut être regardée comme portant une atteinte disproportionnée au droit au respect de la vie familiale du requérant protégé par l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales.
Sur les conclusions dirigées contre la décision fixant le pays de destination :
17. En troisième lieu, aux termes de l'article 3 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales : " Nul ne peut être soumis à la torture ni à des peines ou traitements inhumains ou dégradants ".
18. M. B soutient qu'en cas de retour dans son pays d'origine, il serait exposé à des risques de peines ou traitements inhumains. Toutefois, par les quelques pièces qu'il produit, l'intéressé n'apporte pas le moindre commencement de preuve à l'appui de ses allégations. Sa demande d'asile a d'ailleurs été rejetée par l'Office français de protection des réfugiés et apatrides en procédure accélérée. Dans ces conditions, le préfet de l'Aisne n'a pas méconnu les stipulations et dispositions précitées en fixant comme pays de renvoi l'Arménie.
Sur les exceptions d'illégalité soulevées à l'encontre des autres décisions :
19. Compte tenu de ce qui précède, les exceptions d'illégalité soulevées à l'encontre de la décision obligeant le requérant à remettre son passeport, de la décision l'obligeant à se présenter au commissariat de Tergnier et de la décision l'informant d'un signalement aux fins de non-admission dans le système d'information Schengen doivent être écartées.
20. Il résulte de tout ce qui précède que M. B est seulement fondé à demander l'annulation de la décision lui refusant le séjour.
Sur les conclusions à fin d'injonction :
21. Le présent jugement, qui se borne à annuler la décision de refus de séjour et rejette l'ensemble des conclusions à fin d'annulation dirigées contre les autres décisions de l'arrêté attaqué, n'implique aucune mesure d'exécution, dès lors que le préfet ne pourra statuer sur cette demande qu'après que la Cour nationale du droit d'asile aura statué sur le recours présenté contre la décision de l'Office français de protection des réfugiés et apatrides. Les conclusions à fin d'injonction présentées par M. B doivent, par suite, être rejetées.
Sur les conclusions à fin d'application des articles 37 de la loi du 10 juillet 1991 et
L. 761-1 du code de justice administrative :
22. Dans les circonstances de l'espèce, il n'y a pas lieu de faire droit à la demande du requérant fondée sur ces dispositions.
D E C I D E :
Article 1er : Il n'y a pas lieu de statuer sur la demande d'admission à l'aide juridictionnelle provisoire de M. B.
Article 2 : La décision de refus de séjour prise par le préfet de l'Aisne dans l'arrêté attaqué du 23 avril 2024 est annulée.
Article 3 : Le surplus des conclusions de la requête de M. B est rejeté.
Article 4 : Le présent jugement sera notifié à M. A B, à Me Louafi Ryndina et au préfet de l'Aisne.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 19 septembre 2024.
Le magistrat désigné,
Signé
B. Boutou
La greffière,
Signé
F. Joly
La République mande et ordonne au préfet de l'Aisne en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
2
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026