mardi 18 juin 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif d'Amiens |
| Section | Tribunal Administratif d'Amiens |
| N° Dossier | TA80-2402355 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Formation | Reconduite à la frontière |
Vu la procédure suivante :
Par une requête, enregistrée le 13 juin 2024, M. A B demande au tribunal d'annuler l'arrêté du 28 mars 2024, par lequel la préfète de l'Oise l'a assigné à résidence pour une durée de 45 jours et a fixé les modalités d'exécution de cette mesure.
Il soutient que l'arrêté attaqué est entaché d'une erreur d'appréciation, dès lors que sa situation familiale et professionnelle ne lui permet pas de le respecter.
La requête a été communiquée à la préfète de l'Oise, qui n'a pas produit d'observation.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- le code de justice administrative.
La présidente du tribunal a désigné Mme Rondepierre, première conseillère, pour statuer sur les requêtes relevant des procédures prévues aux articles L. 614-1 et suivants du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience du 18 juin 2024, à 15 heures.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de Mme Rondepierre, magistrate désignée,
- les observations de M. B, qui conclut aux mêmes fins que la requête par les mêmes moyens, en soutenant en outre que les modalités de pointage ne lui permettent pas d'exercer son activité professionnelle, ni d'accompagner ses frères et sœurs à l'école maternelle.
La clôture de l'instruction a été prononcée à l'issue de l'audience.
Considérant ce qui suit :
1. M. A B, ressortissant angolais, né le 27 juillet 2002, a fait l'objet d'une obligation de quitter le territoire français le 19 février 2024, qu'il n'a pas exécutée. Par un arrêté du 28 mars 2024, notifié le 11 juin 2024, la préfète de l'Oise l'a assigné à résidence pour une durée de 45 jours et a fixé les modalités d'exécution de cette mesure. M. B demande l'annulation de cet arrêté.
2. D'une part, M. B bénéficie d'une promesse d'embauche au sein de l'entreprise gérée par son père, établie le 1er avril 2024, alors qu'il était en centre de rétention administrative, sans toutefois justifier de l'effectivité de cet emploi. Par ailleurs, s'il soutient que les mesures de pointage sont incompatibles avec cet emploi, il ne l'établit pas sérieusement, alors qu'il estime à dix minutes le temps nécessaire pour parcourir à pied la distance entre son lieu de travail et le commissariat de police de Creil, auquel il est tenu de se présenter les lundis, mardis et vendredis matin, sans toutefois qu'une plage horaire plus précise ne lui soit imposée.
3. D'autre part, l'intéressé, qui est hébergé par son père, et assigné à l'adresse de ce dernier, est célibataire et n'a pas d'enfant à charge. S'il se prévaut d'une attestation aux termes de laquelle une union est envisagée avec une ressortissante française, il ne justifie ni de la réalité de cette relation ni, à la supposer établie, de l'impossibilité de la poursuivre du seul fait de l'assignation à résidence qu'il conteste. Par ailleurs, s'il soutient que la mesure de pointage serait incompatible avec le fait de devoir accompagner à l'école ses frères et sœurs scolarisés en maternelle, il ne le démontre pas non plus sérieusement, alors que, comme cela a été dit précédemment, l'obligation de présentation les lundis, mardis et vendredis matin n'est pas assortie d'un créneau horaire restreint. Dans ces conditions, il n'est pas fondé à soutenir que l'arrêté l'assignant à résidence serait entaché d'une erreur d'appréciation en raison de sa situation professionnelle ou familiale.
4. Il résulte de ce qui précède que les conclusions de la requête de M. B doivent être rejetées.
D E C I D E :
Article 1er : La requête de M. B est rejetée.
Article 2 : Le présent jugement sera notifié à M. A B, et à la préfète de l'Oise.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 18 juin 2024.
La magistrate désignée,
Signé
A. Rondepierre
Le greffier,
Signé
N. Verjot
La République mande et ordonne à la préfète de l'Oise en ce qui la concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution du présent jugement.
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