lundi 17 juin 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif d'Amiens |
| Section | Tribunal Administratif d'Amiens |
| N° Dossier | TA80-2402380 |
| Type | Ordonnance |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | C |
Vu la procédure suivante :
Par une requête, enregistrée le 14 juin 2024, M. A B doit être regardé comme demandant au juge des référés, statuant sur le fondement de l'article L. 521-2 du code de justice administrative, d'ordonner au maire de la commune d'Albert de prendre les mesures nécessaires pour lui permettre de s'inscrire sur les listes électorales de la commune et lui permettre de voter aux scrutins des 30 juin et 7 juillet 2024.
Il soutient que :
- sa demande d'inscription sur les listes électorales de la commune d'Albert a été présentée le 9 juin 2024 et a fait l'objet d'une décision favorable du maire de la commune le 11 juin 2024 ;
- le délai avec lequel sa demande a été traitée ne lui permet cependant pas de voter aux scrutins des 30 juin et 7 juillet 2024 ;
- ces circonstances révèlent une situation d'urgence et portent une atteinte grave et manifestement illégale à une liberté fondamentale, dès lors qu'elles s'opposent à ce qu'il puisse exprimer son suffrage.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code électoral ;
- le code de justice administrative.
La présidente du tribunal a désigné M. Thérain, vice-président, pour statuer sur les demandes de référé.
Considérant ce qui suit :
1. Aux termes, d'une part, de l'article L. 521-2 du même code : " Saisi d'une demande en ce sens justifiée par l'urgence, le juge des référés peut ordonner toutes mesures nécessaires à la sauvegarde d'une liberté fondamentale à laquelle une personne morale de droit public ou un organisme de droit privé chargé de la gestion d'un service public aurait porté, dans l'exercice d'un de ses pouvoirs, une atteinte grave et manifestement illégale. Le juge des référés se prononce dans le délai de quarante-huit heures ". Selon l'article L. 522-3 du même code : " Lorsque la demande ne présente pas un caractère d'urgence ou lorsqu'il apparaît manifeste, au vu de la demande, que celle-ci ne relève pas de la compétence de la juridiction administrative, qu'elle est irrecevable ou qu'elle est mal fondée, le juge des référés peut la rejeter par une ordonnance motivée sans qu'il y ait lieu d'appliquer les deux premiers alinéas de l'article L. 522-1 ".
2. Aux termes, d'autre part, de l'article L. 17 du code électoral : " Les listes électorales sont permanentes. Les demandes d'inscription sur les listes électorales, en vue de participer à un scrutin, sont déposées au plus tard le sixième vendredi précédant ce scrutin ". Selon le I de l'article L. 18 du même code : " Le maire vérifie si la demande d'inscription de l'électeur répond aux conditions mentionnées au I de l'article L. 11 ou aux articles L. 12 à
L. 15-1. Il statue sur cette demande dans un délai de cinq jours à compter de son dépôt () ". Aux termes de son article L. 20 : " I.- Tout électeur inscrit sur la liste électorale de la commune peut demander, auprès du tribunal judiciaire, l'inscription ou la radiation d'un électeur omis ou indûment inscrit ou contester la décision de radiation ou d'inscription d'un électeur. () / Le recours est formé dans un délai de sept jours à compter de la publication de la liste électorale () / II. Toute personne qui prétend avoir été omise de la liste électorale de la commune en raison d'une erreur purement matérielle ou avoir été radiée en méconnaissance de l'article L. 18 peut saisir le tribunal judiciaire, qui a compétence pour statuer jusqu'au jour du scrutin. Le jugement du tribunal judiciaire est notifié à l'électeur intéressé () ".
3. Il résulte de ces dernières dispositions que la demande de M. B, qui tend à contester les modalités de son inscription sur les listes électorales de la commune d'Albert et notamment le délai avec lequel le maire de la commune a fait droit le 11 juin 2024 à la demande qu'il a présentée en ce sens le 9 juin 2024, relève de la compétence exclusive du tribunal judiciaire et ne ressortit dès lors manifestement pas à celle de la juridiction administrative, ainsi que l'intéressé en a d'ailleurs été informé aux termes des pièces qu'il a jointes à sa requête.
4. Il résulte de ce qui précède que les conclusions de la requête présentée par
M. B doivent être rejetées selon la procédure prévue à l'article L. 522-3 du code de justice administrative.
O R D O N N E :
Article 1er : La requête de M. B est rejetée comme portée devant une juridiction incompétente pour en connaître.
Article 2 : La présente ordonnance sera notifiée à M. A B.
Fait à Amiens, le 17 juin 2024.
Le juge des référés,
signé
S. Thérain
La République mande et ordonne au préfet de la Somme, en ce qui le concerne, ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées de pourvoir à l'exécution de la présente ordonnance.
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