jeudi 5 septembre 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif d'Amiens |
| Section | Tribunal Administratif d'Amiens |
| N° Dossier | TA80-2402408 |
| Type | Ordonnance |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | D |
| Avocat requérant | HERREN |
Vu la procédure suivante :
Par une ordonnance n° 2412895 en date du 10 juin 2024, le président de la cinquième section du tribunal administratif de Paris a transmis au tribunal le dossier de la requête de Mme B sur le fondement des dispositions combinées des articles R. 221-3 et R. 312-12 du code de justice administrative selon la procédure prévue par l'article R. 351-3 du même code.
Par une requête enregistrée le 23 mai 2024, Mme A B, représentée par
Me Herren, demande au tribunal :
1°) d'annuler la décision du 18 avril 2024 de la directrice générale du centre national de gestion mettant fin à sa formation en qualité d'élève directrice d'établissement sanitaire, social et médico-social à compter du 1er juin 2024 et la remettant à disposition de son administration d'origine à compter de la même date ;
2°) d'enjoindre à l'autorité compétente de la réintégrer en qualité d'élève directrice d'établissement sanitaire, social et médico-social, avec toutes conséquences de droit notamment concernant son rappel de traitement depuis le 1er juin 2024, dans un délai d'un mois à compter de la notification de la décision à intervenir, sous astreinte de 150 euros par jour de retard ;
3°) de mettre à la charge du centre national de gestion une somme de 3 000 euros en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu le code de justice administrative.
Considérant ce qui suit :
1. D'une part, aux termes de l'article R. 351-6 du code de justice administrative :
" () Lorsque le président () du tribunal administratif, auquel un dossier a été transmis en application du premier alinéa ou de la seconde phrase du second alinéa de l'article R. 351-3, estime que cette juridiction n'est pas compétente, il transmet le dossier, dans le délai de trois mois suivant la réception de celui-ci, au président de la section du contentieux du Conseil d'Etat, qui règle la question de compétence et attribue le jugement de tout ou partie de l'affaire à la juridiction qu'il déclare compétente ".
2. D'autre part, aux termes de l'article R. 312-12 du même code : " Tous les litiges d'ordre individuel, y compris notamment ceux relatifs aux questions pécuniaires, intéressant les fonctionnaires ou agents de l'Etat et des autres personnes ou collectivités publiques, ainsi que les agents ou employés de la Banque de France, relèvent du tribunal administratif dans le ressort duquel se trouve le lieu d'affectation du fonctionnaire ou agent que la décision attaquée concerne./ Si cette décision prononce une nomination ou entraîne un changement d'affectation, la compétence est déterminée par le lieu de la nouvelle affectation./ Si cette décision prononce une révocation, une admission à la retraite ou toute autre mesure entraînant une cessation d'activité, ou si elle concerne un ancien fonctionnaire ou agent, ou un fonctionnaire ou un agent sans affectation à la date où a été prise la décision attaquée, la compétence est déterminée par le lieu de la dernière affectation de ce fonctionnaire ou agent () ". Aux termes de l'article R. 221-3 de ce code : " Le siège et le ressort des tribunaux administratifs sont fixés comme suit / () : Rennes : () Ille-et-Vilaine () ".
3. Pour transmettre au tribunal administratif d'Amiens, sur le fondement des dispositions combinées des articles R. 221-3 et R. 312-12 du code de justice administrative et selon la procédure prévue par l'article R. 351-3 de ce même code, la requête de Mme B, le tribunal administratif de Paris s'est basé sur le fait que Mme B était remise à disposition de son administration d'origine à compter du 1er juin 2024 et que, dès lors qu'elle avait occupé avant son détachement un poste au sein de l'université de technologie de Compiègne (UTC), dans le département de l'Oise, le lieu de sa nouvelle affectation, à la date d'enregistrement de sa requête, était Compiègne. Toutefois, si Mme B, qui détient le grade de maître de conférences, doit être regardée comme ayant été remise à disposition de son administration d'origine, à savoir le ministère de l'éducation nationale, à la date du 1er juin 2024, il ne ressort d'aucune pièce du dossier qu'à la date d'enregistrement de sa requête, elle était affectée à l'UTC. Par suite, le lieu de sa dernière affectation, au sens de l'article
R. 312-12 du code de justice administrative précité, restait, à cette dernière date, l'Ecole des Hautes Etudes en Santé Publique située à Rennes (Ille-et-Vilaine). Le président de la cinquième chambre de la section du contentieux du Conseil d'Etat a d'ailleurs rejeté, dans son ordonnance n° 495198 du 17 juillet 2024, le pourvoi de Mme B dirigé contre l'ordonnance du juge des référés du tribunal administratif d'Amiens n° 2402149 du 3 juin 2024 qui avait rejeté sa requête en référé suspension pour incompétence territoriale. Dans ces conditions, il y a lieu de faire application des dispositions précitées de l'article R. 351-6 du code de justice administrative et de transmettre le dossier de la requête de Mme B au Conseil d'Etat afin de régler la question de la compétence territoriale.
O R D O N N E
Article 1er : Le dossier de la requête susvisée de Mme B est transmis au président de la section du contentieux du Conseil d'Etat.
Article 2 : La présente ordonnance sera notifiée au président de la section du contentieux du Conseil d'Etat, à Mme A B et au centre national de gestion.
Fait à Amiens, le 5 septembre 2024.
La présidente du tribunal,
Signé
F. Demurger
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