mardi 24 septembre 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif d'Amiens |
| Section | Tribunal Administratif d'Amiens |
| N° Dossier | TA80-2402498 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | C |
| Formation | JU1 |
| Avocat requérant | DOGAN |
Vu la procédure suivante :
Par une ordonnance du 14 juin 2024, le premier vice-président du tribunal administratif de Lille a, en application de l'article R. 351-3 du code de justice administrative, transmis au tribunal administratif d'Amiens le dossier de la requête présentée par M. B, initialement enregistré sous le n° 2405809 le 28 mai 2024 au greffe du tribunal administratif de Lille.
Par cette requête, enregistrée au greffe du tribunal administratif d'Amiens sous le n° 2402498 le 20 juin 2024, M. D B, représenté par Me Dogan, demande au tribunal :
1°) d'annuler l'arrêté en date du 27 mai 2024 par lequel le préfet du Nord l'a obligé à quitter le territoire français sans délai, a fixé le pays à destination duquel il est susceptible d'être reconduit et lui a fait interdiction de retour sur le territoire français pendant une durée d'un an ;
2°) d'enjoindre au préfet de réexaminer sa situation dans un délai de quinze jours à compter de la notification du jugement à intervenir et, dans l'intervalle, lui délivrer une autorisation provisoire de séjour ;
3°) de mettre à la charge de l'Etat une somme de 1 500 euros sur le fondement des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Il soutient que :
S'agissant de la décision faisant obligation de quitter le territoire français :
- elle est insuffisamment motivée ;
- elle est entachée d'un défaut d'examen réel et sérieux de sa situation personnelle ;
- elle méconnaît son droit d'être entendu ;
- elle est entachée d'erreur manifeste d'appréciation.
S'agissant de la décision refusant d'accorder un délai de départ volontaire :
- elle est illégale en conséquence de l'illégalité de la décision portant obligation de quitter le territoire français.
S'agissant de la décision fixant le pays de destination :
- il a été privé de la garantie procédurale prévue à l'article L. 122-1 du code des relations entre le public et l'administration ainsi que de celle tenant au droit d'être entendu qui est un principe général du droit de l'Union européenne ;
- cette décision est illégale en conséquence de l'illégalité de la décision portant obligation de quitter le territoire français.
Le préfet du Nord a produit des pièces le 28 juin 2024.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales,
- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile,
- le code des relations entre le public et l'administration,
- le code de justice administrative.
La présidente du tribunal a désigné M. Truy pour statuer sur les requêtes relevant des procédures prévues aux articles L. 614-1 et suivants du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Le rapport de M. Truy, premier conseiller honoraire, a été entendu au cours de l'audience publique ainsi que les observations de M. B, assisté de Mme C, interprète, qui déclare se référer aux conclusions de son avocat.
La clôture de l'instruction a été prononcée à l'issue de l'audience, en application de l'article R. 776-26 du code de justice administrative.
Considérant ce qui suit :
1. M. D B, ressortissant turc né le 6 mai 1996, qui déclare avoir fui la Turquie et dont la demande d'asile a été rejetée tant par l'Office français de la protection des réfugiés et des apatrides les 28 mai 2021 et 12 octobre 2022, décision confirmée par la cour nationale du droit d'asile le 17 février 2023, demande au tribunal d'annuler l'arrêté du 27 mai 2024 par lequel le préfet du Nord lui a fait obligation de quitter le territoire français sans délai.
Sur la décision faisant obligation de quitter le territoire français :
2. En premier lieu, le préfet du Nord a indiqué de manière suffisamment précise les motifs de droit et de fait sur lesquels il s'est fondé pour prendre l'arrêté en litige, tirés notamment de ce que M. B entre dans le champ d'application des dispositions du 4° de l'article L. 611-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile et de ce que les éléments relatifs à sa vie personnelle et familiale ainsi que les conditions de son maintien sur le territoire français ne justifiaient pas de l'admettre au séjour de plein droit. Par suite, le préfet n'a pas entaché l'arrêté en litige d'un défaut de motivation.
3. En deuxième lieu, il ne ressort pas des pièces du dossier que le préfet du Nord n'a pas examiné de manière réelle et sérieuse la situation de M. B. Par suite, ce moyen doit être écarté.
4. En troisième lieu, il résulte de la jurisprudence de la Cour de justice de l'Union européenne, notamment de son arrêt C 383/13 M. A, N. R./Staatssecretaris van Veiligheid en Justitie du 10 septembre 2013, que toute irrégularité dans l'exercice des droits de la défense lors d'une procédure administrative concernant un ressortissant d'un pays tiers en vue de son éloignement ne saurait constituer une violation de ces droits et, en conséquence, que tout manquement, notamment, au droit d'être entendu n'est pas de nature à entacher systématiquement d'illégalité la décision prise. Il revient à l'intéressé d'établir devant le juge chargé d'apprécier la légalité de cette décision que les éléments qu'il n'a pas pu présenter à l'administration auraient pu influer sur le sens de cette décision et il appartient au juge saisi d'une telle demande de vérifier, lorsqu'il estime être en présence d'une irrégularité affectant le droit d'être entendu, si, eu égard à l'ensemble des circonstances de fait et de droit spécifiques de l'espèce, cette violation a effectivement privé celui qui l'invoque de la possibilité de mieux faire valoir sa défense dans une mesure telle que cette procédure administrative aurait pu aboutir à un résultat différent. En l'espèce, si M. B fait valoir qu'il n'a pas été entendu préalablement à l'édiction de la décision attaquée, non seulement, il a été en mesure de faire état de sa situation à l'occasion de l'interpellation dont il a fait l'objet et alors qu'il était assisté d'un interprète, il ne se prévaut d'aucun élément qui aurait pu influer sur le sens de la décision qu'il conteste. Par suite, son moyen doit être écarté.
Sur la décision refusant d'accorder un délai de départ volontaire :
5. En premier lieu, il résulte des points 2 à 4 que l'exception d'illégalité de l'obligation de quitter le territoire français dont le requérant est l'objet, en tant qu'elle est soulevée à l'encontre de la décision refusant de lui accorder un délai de départ volontaire doit être écartée.
6. En second lieu, il ressort des motifs de l'arrêté contesté que, pour refuser d'accorder à M. B un délai volontaire pour quitter le territoire français, le préfet du Nord s'est fondé sur l'existence d'un risque que l'intéressé se soustraie à l'exécution de cette mesure d'éloignement, cas prévu au 3° de l'article L. 612-2 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, dès lors d'une part, qu'il était entré irrégulièrement en France et qu'il n'avait pas demandé de titre de séjour, d'autre part qu'il ne présentait aucune garantie de représentation, faute d'avoir justifié d'un domicile stable. M. B n'apporte aucun élément de nature à remettre en cause l'exactitude de ces motifs, qui sont d'ailleurs corroborés par ses propres déclarations effectuées dans le cadre des opérations de vérification de son droit au séjour et qui suffisent à regarder comme établi le risque de fuite en vertu du 1° et du 8° de l'article L. 612-3 du même code. Par suite, le moyen tiré de la méconnaissance de l'article L. 612-2 de ce code doit être écarté.
Sur la décision fixant le pays de destination :
7. En premier lieu, il ressort des pièces du dossier, et il n'est pas sérieusement contesté, que M. B à l'occasion de la vérification de son droit de séjour a été mis à même de présenter toute observation qu'il jugeait utile sur la mesure d'éloignement dont il était susceptible de faire l'objet. Par suite, M. B n'est pas fondé à soutenir qu'il a été privé des garanties attachées au droit d'être entendu qui est un principe général du droit de l'Union européenne. Par ailleurs, il ne peut utilement se prévaloir de la méconnaissance des dispositions de l'article L. 122-1 du code des relations entre le public et l'administration dès lors que le législateur a entendu déterminer, par les dispositions du livre VI du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile l'ensemble des règles de procédure administrative et contentieuse auxquelles sont soumises l'intervention et l'exécution des décisions par lesquelles l'autorité administrative signifie à l'étranger l'obligation de quitter le territoire français.
8. En dernier lieu, aux termes de l'article 3 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales : " Nul ne peut être soumis à la torture ni à des peines ou traitements inhumains ou dégradants ".
9. M. B fait valoir qu'il craint pour sa vie en cas de retour dans son pays d'origine. Toutefois, le requérant se borne à produire des photos s'agissant d'une situation dont l'Office français de protection des réfugiés et apatrides et la Cour nationale du droit d'asile ont déjà eu à connaitre. Dans ces conditions, le moyen tiré de la méconnaissance des stipulations précitées de l'article 3 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales doit être écarté. Pour les mêmes motifs, le moyen tiré de l'erreur manifeste d'appréciation doit être écarté.
10. Il résulte de tout ce qui précède que la requête de M. B doit être rejetée ainsi, par voie de conséquence, que celles aux fins d'injonction et bénéfice des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
D E C I D E :
Article 1er : La requête de M. B est rejetée.
Article 2 : Le présent jugement sera notifié à M. D B et au préfet du Nord.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 24 septembre 2024.
Le magistrat désigné, La greffière,
signésigné
G. Truy M-A. Boignard
La République mande et ordonne au préfet du Nord en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026