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AccueilJurisprudence administrativeN° TA80-2402540

Tribunal Administratif d'Amiens — Décision N° TA80-2402540

mercredi 30 octobre 2024

JuridictionTribunal Administratif d'Amiens
SectionTribunal Administratif d'Amiens
N° DossierTA80-2402540
TypeOrdonnance
RecoursExcès de pouvoir
PublicationD

Résumé IA

Le Tribunal Administratif d'Amiens a rejeté la requête de Mme B qui contestait le refus du conseil départemental de l'Oise de lui délivrer une carte " mobilité inclusion " stationnement pour personnes handicapées. La requérante invoquait ses douleurs liées à la fibromyalgie, mais n'a produit aucun document médical établissant une réduction importante et durable de sa capacité de déplacement à pied (périmètre de marche inférieur à 200 mètres). En application des articles R. 222-1 (7°) et R. 411-1 du code de justice administrative, le tribunal a jugé que les moyens soulevés étaient manifestement dépourvus de précisions permettant d'en apprécier le bien-fondé, même après une demande de régularisation.

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête et un mémoire, enregistrés les 18 juin et 2 août 2024, Mme A B demande au tribunal :

1°) d'annuler la décision du 26 avril 2024 par laquelle la présidente du conseil départemental de l'Oise a refusé de lui délivrer une carte " mobilité inclusion " portant la mention " stationnement pour personnes handicapées " ;

2°) d'enjoindre à la présidente du conseil départemental de l'Oise de lui délivrer cette carte.

Elle soutient que :

- la médecine de la douleur lui a indiqué que ses douleurs seront toujours présentes voire croissantes pendant les crises, quel que soit le traitement suivi ;

- depuis le 11 juin 2024, à la demande de la médecine du travail, elle travaille à temps partiel thérapeutique à hauteur de 80 % ;

- elle souffre lors de ses déplacements à cause de sa fibromyalgie.

Vu les autres pièces du dossier.

Vu le code de justice administrative.

Considérant ce qui suit :

1. Aux termes de l'article R. 222-1 du code de justice administrative : " Les présidents de tribunal administratif () peuvent, par ordonnance : / () / 7° Rejeter, après l'expiration du délai de recours ou, lorsqu'un mémoire complémentaire a été annoncé, après la production de ce mémoire, les requêtes ne comportant que des moyens de légalité externe manifestement infondés, des moyens irrecevables, des moyens inopérants ou des moyens qui ne sont assortis que de faits manifestement insusceptibles de venir à leur soutien ou ne sont manifestement pas assortis des précisions permettant d'en apprécier le bien-fondé. / () ".

2. Aux termes de l'article R. 411-1 du code de justice administrative : " () La requête () contient l'exposé des faits et moyens, ainsi que l'énoncé des conclusions soumises au juge. / () ". Aux termes de l'article R. 772-6 du même code : " Une requête de première instance ne peut être rejetée pour défaut ou pour insuffisance de motivation, notamment en application du 7° de l'article R. 222-1, qu'après que le requérant a été informé du rôle du juge administratif et de la nécessité de lui soumettre une argumentation propre à établir que la décision attaquée méconnaît ses droits et de lui transmettre, à cet effet, toutes les pièces justificatives utiles. / () ".

3. Mme B, qui demande l'annulation de la décision du 26 avril 2024 par laquelle la présidente du conseil départemental de l'Oise a refusé de lui délivrer une carte " mobilité inclusion " portant la mention " stationnement pour personnes handicapées ", soutient notamment que la médecine de la douleur lui a indiqué que ses douleurs seront toujours présentes voire croissantes pendant les crises, et qu'elle souffre lors de ses déplacements à cause de sa fibromyalgie. Elle ne produit toutefois aucune pièce établissant qu'elle serait affectée par un handicap réduisant de manière importante et durable sa capacité et son autonomie de déplacement à pied et limitant son périmètre de marche à moins de 200 mètres, ou imposant une aide humaine ou technique, ou nécessitant qu'elle soit accompagnée par une tierce personne dans ses déplacements. Ses moyens étant dépourvus de précisions permettant d'en apprécier le bien-fondé, Mme B a été invitée, par lettre du 25 juin 2024, à régulariser sa requête à l'aide du formulaire prévu à cet effet dans un délai d'un mois. Si Mme B, qui a retourné ce formulaire au tribunal le 2 août 2024, fait valoir que son état de santé justifie la délivrance de la carte sollicitée, elle n'apporte toujours aucun élément, notamment d'ordre médical, permettant d'apprécier la limitation actuelle de sa capacité et de son autonomie de déplacement. Par suite, les moyens soulevés par Mme B étant manifestement dépourvus de précisions permettant au tribunal d'en apprécier le bien-fondé, sa requête ne peut qu'être rejetée par application de l'article R. 411-1 et du 7° de l'article R. 222-1 du code de justice administrative.

O R D O N N E :

Article 1er : La requête de Mme B est rejetée.

Article 2 : La présente ordonnance sera notifiée à Mme A B.

Fait à Amiens, le 30 octobre 2024.

La présidente,

Signé

F. Demurger

La République mande et ordonne à la préfète de l'Oise en ce qui la concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

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